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| Le Roi George V | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
| La Reine Mary | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Pendant ce temps, les choses allaient mal en Russie, accabl�s par la pauvret�, la faim et les calamit�s caus�es par la guerre, les russes s'�taient r�volt�s et avaient forc� Nicholas II � abdiquer. Nicholas �tait cousin au premier degr� du roi George, il �tait le fils de la soeur de la reine Alexandra, l'imp�ratrice Marie Feodorovna. Le tsar et le roi se ressemblaient tellement physiquement que Nicholas avait �t� confondu avec son cousin lors du mariage de ce dernier � Londres en 1893. Le roi George �tait plus �g� que Nicholas de trois ans et, ils �taient, depuis toujours, les meilleurs amis du monde. Quand il apprit l'abdication du tsar, le roi George lui envoya un t�l�gramme: 'Les �v�nements de la semaine derni�re m'ont profond�ment boulevers�s. Mes pens�es sont constamment avec vous et je demeurerai toujours votre ami loyal et d�vou� comme je l'ai �t� par le pass�'. Nicholas ne re�ut jamais ce message qui fut intercept� par le gouvernement provisoire russe. Contrairement au roi, Lloyd George �prouvait plus de sympathie pour le nouveau r�gime que pour le tsar. Il envoya un message au dirigeant du gouvernement provisoire dans lequel il d�clarait que la r�volution repr�sentait un grand service que les russes avaient rendu � la cause pour laquelle les Alli�s combattaient; que la guerre �tait une lutte autant pour les gouvernements populaires que pour la libert�. Toutefois, Lloyd George et son Cabinet avaient accept� d'offrir l'asile politique au tsar et � sa famille mais, le roi craignait que la pr�sence de son cousin en Angleterre ne soit pas bien per�ue par l'opinion publique ce qui nuirait � sa popularit�. Le 20 mars 1917, le secr�taire priv� du roi, Sir Arthur Bigge Lord Stamfordham, �crivit � Arthur Balfour, le secr�taire des Affaires �trang�res: 'Mon cher Balfour, la roi a beaucoup r�fl�chi � la proposition du gouvernement selon laquelle l'empereur Nicholas et sa famille devraient venir en Angleterre. Comme vous le savez sans doute, le roi �prouve une grande amiti� pour l'empereur et, il lui plairait de lui accorder son aide en ce temps de crise. Mais, Sa Majest� ne peut s'emp�cher d'�mettre des doutes autant � propos des dangers inh�rents � ce voyage que sur sa convenance et le fait de savoir s'il est recommendable que la famille imp�riale vienne r�sider dans ce pays. Le roi serait heureux que vous consultiez le Premier Ministre puisque Sa Majest� comprend qu'aucune d�cision d�finitive n'a encore �t� prise sur le sujet par le gouvernement russe'. Quelques jours plus tard, Standfordham �crivit de nouveau � Balfour: 'Le roi se sent chaque jour de plus en plus soucieux au sujet de la venue de l'empereur et de l'imp�ratrice dans ce pays. Les membres travaillistes de la Chambre des Communes expriment des opinions contradictoires sur cette proposition. Comme vous le savez, le roi, depuis le d�but, a toujours pens� que la pr�sence de la famille imp�riale (surtout celle de l'imp�ratrice) dans ce pays allait provoquer toutes sortes de difficult�s et, je suis certain que vous �tes conscient que cel� serait embarassant pour notre famille royale qui est si �troitement li�e autant � l'empereur qu'� l'imp�ratrice'. Le roi George se trouvait lui-m�me dans une situation d�licate, d'un c�t� se trouvait l'amiti� qu'il �prouvait pour son cousin et de l'autre, la crainte qu'en acceptant que le tsar se r�fugie en Angleterre, l'opinion publique n'identifie ce geste comme l'approbation du roi vis-�-vis l'autocratie tsariste, ce qui pourrait nuire � sa r�putation de monarque constitutionnel et provoquer une recrudescence du r�publicanisme. Il prit finalement sa d�cision et ordonna � Lloyd George de retirer l'offre d'asile faite par le gouvernement britannique � la famille imp�riale. En entendant la nouvelle de l'assassinat de Nicholas, le roi �crivit dans son journal: 'May et moi avons assist� � une c�r�monie � l'�glise russe de Welbeck Street � la m�moire de ce cher Nicky qui, j'en ai peur, a �t� abattu le mois dernier. J'�tais attach� � Nicky qui �tait le plus gentil des hommes et un v�ritable gentleman: il aimait son pays et son peuple'. Un mois plus tard, il �crivit: 'Des nouvelles de Russie me font croire qu'il est tr�s probable qu'Alicky, ses quatre filles et son fils aient �t� assassin�s en m�me temps que Nicky. C'est trop horrible et cel� d�montre bien quels monstres sont ces bolch�viques. Pour la pauvre Alicky, peut-�tre que c'�tait mieux ainsi. Mais ces enfants innocents!' Il n'existe aucune preuve �crite que le roi ait accept� d'admettre sa culpabilit� pour n'avoir pas r�ussi � sauver le tsar et sa famille. En 1934, Lloyd George �crivit dans ses 'M�moires de Guerre', au chapitre concernant l'affaire du tsar: Le pays commen�ait � �tre agit� ce qui d�montrait l'existence, dans les cercles de travailleurs, d'un sentiment d'hostilit� � la venue du tsar en Grande-Bretagne. Malgr� tout, l'invitation ne fut pas retir�e. Le r�sultat final de cette affaire fut d�termin� par le gouvernement russe qui s'ent�tait � faire obstacle au d�part du tsar.' Cette affirmation n'�tait pas compl�tement vraie mais, elle sauva l'honneur du roi. |
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| Le Roi George V de Grande-Bretagne et le Tsar Nicholas II de Russie | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
| En mars 1918, une importante offensive allemande se concentra sur le front ouest et, le 21 mars, � 7:30 heures du matin, les allemands attaqu�rent la 5e Arm�e britannique pr�s de la Somme ce qui eut pour effet de cr�er une br�che entre les arm�es britanniques et fran�aises. Le roi dit alors � sa femme: 'Je me sens tr�s souvent d�sesp�r�, si ce n'�tait de vous, je m'effondrerais'. Le 26 mars 1918, apr�s l'am�re d�faite de la Somme, le pr�sident fran�ais Raymond Poincare, le ministre Georges Clemenceau et le mar�chal Ferdinand Foch se rassembl�rent avec les d�l�gu�s du Haut Commandemant britannique, Lord Milner, ministre de la Guerre, Douglas Haig, commandant en chef et Sir Henry Wilson, chef de l'�tat-major et, la d�cision fut prise de confier le front alli� au commandement d'un seul chef, le mar�chal Foch. Trois mois plus tard, le roi George et la reine Mary, malgr� l'�poque tourment�e, c�l�br�rent leurs noces d'argent par un service d'Action de Gr�ce � la cath�drale St-Paul. La nouvelle arm�e des Alli�s, dirig�e par Foch, battit les allemands en ao�t. Cette d�faite sonna le glas des pouvoirs centraux; la Turquie capitula le 30 octobre, l'Autriche le 4 novembre et l'Allemagne une semaine plus tard. Le 11 novembre, le roi George �crivit: 'Aujourd'hui a vraiment �t� une journ�e magnifique, la plus grande dans l'Historie de ce si�cle'. L'ann�e suivante, 1919, la premi�re ann�e de la paix, le roi George et la reine Mary subirent une grande perte. En d�but d'ann�e, le 18 janvier, leur fils cadet, le prince John, mourut subitement � Sandringham suite � une crise d'�pilepsie. Isol� de sa famille, il avait v�cu � Wood Farm, Wolferton dans le domaine de Sandringham depuis 1917, avec une infirmi�re, Melle. Lalla Bill, charg�e de s'occuper de lui; � sa mort, il n'avait que 13 ans. La reine Mary �crivit dans son journal: 'Lalla Bill a t�l�phon� de Wood Farm, Wolferton pour annoncer que notre pauvre cher Johnnie est d�c�d� subitement apr�s une de ses attaques. La nouvelle m'a donn�e un grand choc quoique pour l'�me du petit gar�on la mort soit une d�livrance. J'ai transmis la nouvelle � George et nous nous sommes rendus � Wood Farm. Avons trouv� la pauvre Lalla r�sign�e mais avec le coeur bris�. Le petit Johnnie avait l'air en paix... Pour lui, c'est une grande d�livrance car sa maladie empirait � mesure qu'il vieillissait, beaucoup de souffrances lui ont donc �t� �pargn�es. Je ne peux dire combien nous sommes reconnaissants � Dieu pour l'avoir emport� si paisiblement, il s'est endormi, tranquillement... pas de douleur, pas de combat, la paix seulement pour ce pauvre petit esprit tourment� qui fut une source d'inqui�tude pour nous depuis ses 4 ans'. Le 21 janvier, le prince John fut enterr� dans le petit cimeti�re de l'�glise de Sandringham. L'Irlande causait des ennuis � la Grande-Bretagne depuis longtemps. En 1914, la contreverse entourant le 'Irish Home Rule' (l'autonomie irlandaise) �tait sur le point de provoquer une guerre civile parce que l'Ulster, la r�gion nord de l'Irlande, o� la majorit� des habitants �taient protestants, �tait contre l'autonomie alors que le sud et sa majorit� catholique �tait en faveur de celle-ci. Quand la Premi�re Guerre Mondiale fut d�clar�e, les irlandais accept�rent de retarder le 'Home Rule' jusqu'� la fin de la guerre mais, en 1916, une r�bellion qu'on appela la 'R�bellion de P�ques' �clata en Irlande, celle-ci avait �t� organis�e par le Sinn Fein et les repr�sailles des soldats britanniques furent sanglantes. � la fin de la guerre, en 1919, le Sinn Fein remporta la majorit� des si�ges irlandais � la Chambre des Communes mais, ses membres refus�rent d'assister aux sessions; ils se rassembl�rent plut�t � Dublin et y form�rent l'Assembl�e Nationale irlandaise, le Dail Eireann qui proclamait l'ind�pendance de la r�publique d'Irlande plac�e sous la pr�sidence de Eamon de Valera. Le Dail Eireann entreprit alors une campagne de terrorisme contre la domination britannique, cette campagne dura une ann�e enti�re. En 1920, le gouvernement de Lloyd George �tablit deux parlements irlandais aux pouvoirs limit�s, un � Dublin et l'autre � Belfast en Ulster. Le sud refusa l'application de cette mesure mais l'Ulster l'accepta et invita le roi George � ouvrir son nouveau parlement. Le 22 juin 1921, le roi pronon�a ce discours � Belfast: 'Les yeux de tout l'Empire sont fix�s sur l'Irlande aujourd'hui... Je parle avec mon coeur quand je prie que ma venue en Irlande devienne le premier pas vers la fin du conflit qui opposent ses habitants, peu importe leur race ou leurs croyances. C'est dans cet espoir que je lan�e cet appel � tous les irlandais de faire une tr�ve, de tendre la main de la tol�rance et de la r�conciliation, de pardonner et d'oublier, et de s'unir pour faire na�tre dans ce pays qu'ils aiment une �re de paix, de satisfaction et de bonne volont�... Le futur repose dans la main de mon peuple irlandais lui-m�me. Puisse ce rassemblement historique �tre le pr�lude du jour o� les irlandais, du nord et du sud, plac�s sous l'�gide d'un parlement ou deux, comme ces parlements le d�cideront eux-m�mes, travaillerons ensemble, dans leur amour commun de l'Irlande, sur les fondations solides de la justice mutuelle et du respect.' Le discours fut bien re�u par les irlandais de Belfast. le roi �crivit: 'Je n'ai jamais entendu rien de comparable � leurs applaudissements'. Il pressa Lloyd George de prendre avantage de cet atmosph�re pour signer une entente avec les dirigeants irlandais. Le Ministre invita de Valera et Sir James Craig, premier Ministre d'Ulster � se rencontrer � Londres. En juillet 1921, le Sinn Fein et le gouvernement britannique s'entendirent sur l'armistice et le 6 d�cembre, ils sign�rent un pacte �tablissant que l'�tat libre d'Irlande serait d�sormais un territoire autonome; l'Ulster demeurerait toutefois sous gouverne britannique. Le roi �crivit dans son journal: J'ai confiance que maintenant, apr�s sept si�cles, la paix puisse r�gner en Irlande'. Mais, de Valera n'accepta pas la s�paration de l'Irlande et continua le combat par une guerre civile interminable et meurtri�re. En 1930, le roi George dit � Ramsay McDonald: 'Nous avons �t� sots de ne pas accepter l'autonomie propos�e par Gladstone. L'Empire n'aurait pas � composer avec l'�tat libre d'Irlande qui nous cause tant d'ennuis et nous met en pi�ces'. Contrairement � son p�re Edward VII qui avait apport� � la monarchie une touche de simplicit� et de gaiet�, le roi George suivait lui les standards �tablis par la reine Victoria; il croyait que la monarchie s'appuyait sur des principes rigides de moralit� et de comportement. C'est cette fa�on de penser qui alimentait ses constants conflits avec son fils, le Prince de Galles qui, � 27 ans, �tait toujours soumis � la s�v�re vigilance paternelle. Le Prince �tait tr�s populaire avec son air bon enfant et sa charmante simplicit�, on l'applaudissait � chacune de ses apparitions publiques, il �tait toutefois timide et nerveux. Pendant un voyage outremer, il agit avec un manque de tact �vident alors que son entourage avait esp�r� plus de diplomatie. L'ambassadeur britannique � Tokyo rapporte ainsi la visite du Prince au Japon: 'Il ne montra aucun int�r�t pour le pays, ses institutions et son gouvernement'. Il modifiait son programme d'activit�s au gr� de sa volont�, refusant d'entreprendre des exp�ditions qui avaient �t� pr�par�es avec soin et dont les co�ts �taient importants. Il fit �galement des commentaires peu respectueux au sujet des gouverneurs de Hong-Kong et de Singapour et, profita de la compagnie de jeunes femmes sans montrer aucune discr�tion. Le roi George, dont les principes �taient tr�s stricts le r�primanda avec s�v�rit�. Il critiqua �galement le manque de formalit� de son fils; � une occasion, alors qu'il avait trente ans, le Prince fut grond� devant les invit�s, � Sandringham, parce qu'il �tait venu prendre le th� rev�tu des v�tements qu'il portait pour ses exercices de tir. Le roi d�testait �galement que son fils fume constamment et n'appr�ciait pas son go�t pour l'alcool ni son style �questre, il dit � ce sujet: 'Pourquoi mon fils ne monte-t-il pas comme un gentilhomme?'. Ce qui hantait le plus le roi George �tait le refus du Prince de se marier alors que son nom �tait constamment accol� � celui de femmes mari�es comme lady Coke et Mme. William Dudley Wrad. Le roi voulait voir son fils mari� et il le suppliait occasionnellement de mettre de l'ordre dans sa vie pour son bien et pour celui de la monarchie. Il avait l'habitude de dire au Prince que, malgr� sa popularit�, les gens allaient un jour s'apercevoir qu'il menait une double vie et qu'� ce moment, il se retourneraient contre lui; le roi lui assura qu'il ne serait pas compl�tement heureux tant qu'il ne se serait pas fix�. Le Prince r�pliqua que ces scandales n'�taient que des inventions au sujet de sa vie priv�e et qu'il croyait la nation assez tol�rante pour ne pas porter de jugement sur des questions morales. Il mit clairement les choses au point en expliquant � son p�re que l'id�e d'�pouser une princesse �trang�re lui r�pugnait et le roi lui r�pondit qu'il lui accorderait la permission de choisir une anglaise bien n�e. En fait, il avait d�j� permis � la princesse Mary d'�pouser le vicomte Lascelles en 1922 et au prince Albert de s'unir � Lady Elizabeth Bowes-Lyon en 1923. Le roi subit un �chec avec son fils a�n� dont la plus notable des aventures amoureuses restait � venir. Heureusement, le roi George ne vivrait plus quand celle-ci allait se produire. Les sentiments du Prince envers son p�re furent expos�s dans ce message de condol�ances qu'il offrit � Lord Mountbatten � l'occasion de la mort de son p�re: 'Je vous envie d'avoir eu un p�re que vous pouviez aimer. Si mon p�re mourait, que pourrais-je ressentir d'autre que du soulagement?' Et, ce n'�tait pas parce qu'il �tait press� d'h�riter du tr�ne. La relation du roi avec son second fils, Albert, �tait moins contradictoire. Il reconnaissait plusieurs de ses vertus chez le prince Albert, la sobri�t�, l'attachement � la vie familiale et la passion pour la navigation. En 1923, le roi George �crivit cette lettre � son fils: 'Vous avez toujours �t� trop sensible et il est facile de travailler avec vous, vous avez toujours �t� pr�t � �couter mes conseils et � montrer votre accord avec mes opinions � propos du peuple, je sens que nous nous sommes toujours bien entendus (tr�s diff�rent d'avec ce cher David)'. En ce qui concerne les deux plus jeunes fils du roi, les choses �taient encore plus faciles. Le prince Henry �tait un officier de la cavalerie d�vou� et eut rarement des difficult�s avec son p�re. Le prince George, le plus jeune et le plus s�duisant, �tait g�n�ralement prot�g� par la reine Mary des outrages possibles de son p�re. Quand � la princesse Mary, c'est la reine qui l'�levait. Quand elle �pousa le vicomte Lascelles, elle alla vivre dans le nord de l'Angleterre. Le roi George �crivit � son sujet: '�tant mon unique fille, j'avoue que je crains de la perdre, mais, Dieu merci, elle va vivre en Angleterre'. En 1932, son p�re la fit princesse royale. Malgr� son succ�s dans les affaires d'Irlande, le prestige dont b�n�ficiait Lloyd George commen�a � diminuer vers 1922 � cause des �checs de sa politique �trang�re (le support qu'il avait apport� aux grecs contre les turcs ne plaisait pas au parti conservateur) et du taux �lev� de ch�mage en Angleterre. Plusieurs membres conservateurs de son Cabinet, avec � leur t�te Stanley Baldwin, se mirent � comploter contre lui et, en octobre 1922, il dut d�missionner pour �tre remplac� par Andrew Bonar Law qui nomma Baldwin chancellier de l'�chiquier. Le mauvais �tat de sant� de Bonar Law le for�a � d�missionner � son tour le 20 mai 1923, le roi George re�ut la nouvelle avec chagrin; il devait maintenant exercer la plus importante de ses pr�rogatives: la nomination d'un nouveau Premier Ministre. Il �crivit dans son journal: 'La d�mission de Bonar Law me place dans une situation difficile car il est malais� de choisir entre Curzon et Baldwin'. George Nathaniel, marquis Curzon de Kedlestone avait �t� vice-roi des Indes et si�geait � la Chambre des Lords. Il n'aurait pas �t� sage de la part du roi George de nommer au poste de Premier Ministre quelqu'un qui appartenait � la Chambre des Lords puisqu'il y avait d�j� un nombre anormalement �lev� des membres du Cabinet qui si�geaient aussi � la Chambre des Lords; de plus, le parti travailliste aurait �t� hostile � une telle nomination puisqu'il occupait la majorit� des si�ges de l'opposition aux Communes. Le roi George nomma donc Stanley Baldwin au poste de Premier Ministre parce qu'il �tait membre de la Chambre des Communes. Bonar Law mourut en octobre de la m�me ann�e. |
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| Andrew Bonar Law | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Stanley Baldwin | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
| James Ramsey MacDonald | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
| �� Apr�s cinq mois pass�s au gouvernement, Baldwin demanda au roi George de dissoudre le Parlement afin de lever une �lection g�n�rale sur la r�forme des tarifs. Le roi essaya de l'en dissuader mais le Premier Ministre insista et poussa son parti (les conservateurs) vers une �lection g�n�rale. Celle-ci ne laissa aux conservateurs que 258 si�ges suivi par les 191 du parti travailliste. Baldwin d�cida de d�missionner apr�s avoir men� son parti � la d�faite. Gr�ce � la d�mission de Baldwin, le parti travailliste avait, pour la premi�re fois, l'opportunit� de prendre la t�te du gouvernement avec James Ramsay MacDonald, l'Angleterre avait maintenant son premier gouvernement socialiste. Le roi George commenta: 'un gouvernement socialiste aurait l'opportunit� d'apprendre quelles seraient ses devoirs et ses responsabilit�s dans des conditions favorables, il est essentiel que ses droits constitutionnels ne soient en aucun cas bafou�s'. Le 22 janvier 1924, il �crivit dans son journal: 'J'ai tenu un conseil au cours duquel M. Ramsay MacDonald a �t� asserment�. Je lui ai ensuite demand� de former un gouvernement et il a accept�. J'ai eu une discussion d'une heure avec lui et il m'a grandement impressionn�; il d�sire faire la bonne chose. Il y a 23 ans aujourd'hui, ma ch�re grand-m�re mourait. je me demande ce qu'elle aurait pens� d'un gouvernement travailliste'. Le roi George �tait beaucoup mieux pr�par� � travailler en harmonie avec le parti travailliste que la reine Victoria ou le roi Edward VII auraient pu l'�tre. Ce m�me matin de janvier, il dit � Ramsay McDonald qu'il avait servi 14 ans dans la Marine et qu'il avait eu la chance de voir le monde et de se m�ler aux gens de races et de classes sociales diff�rentes, il offrit de conseiller son Ministre. Pendant son premier bref minist�re, Ramsay MacDonald renouvella l'amiti� de la Grande-Bretagne avec la France et l'Italie, r�solut le probl�me caus� par la r�paration allemande (suite � la Premi�re Guerre) et appuya le d�sarmement international. Il travailla �galement � �tablir de nouveau des relations avec la Russie sovi�tique, ce qui allait d�truire son gouvernement. Depuis 1918, ann�e de l'assassinat de son cousin Nicholas II, le roi George d�testait implacablement le gouvernement sovi�tique. Lors de sa premi�re audience avec MacDonald le roi lui dit qu'il esp�rait que rien ne serait fait pour 'le forcer � serrer la main des meurtriers de ses parents'. Mais, comme le parti travailliste, dans son manifeste �lectoral, avait promis une am�lioration des relations anglo-russes, MacDonald instruisit le Bureau des Affaires �trang�res de reconna�tre le gouvernement sovi�tique. Le gouvernement de MacDonald tenta d'�tablir un trait� commercial avec la Russie, parmi les termes de celui-ci, se trouvait un pr�t offert par les britanniques. Cette clause d�pl�t aux conservateurs et aux lib�raux et contribua � la d�faite des travaillistes en octobre 1924. Au m�me moment, un autre scandale �clata; R.J. Campbell, un journaliste communiste, �crivit un article qui incitait les soldats � d�sob�ir � leurs officiers si ceux-ci leur ordonnaient de prendre action contre les gr�vistes. Le procureur g�n�ral, Sir Patrick Hastings, accusa Campbell de s�dition mais, plus tard, en accord avec le Cabinet, il retira cette accusation. On accusa le gouvernement d'interf�rer dans le cours normal de la justice; MacDonald nia avoir �t� consult� ou m�me inform� de l'abandon des charges, malgr� tout, cette affaire contribua aussi � la d�faite de MacDonald. Un autre �v�nement vint empirer la situation; en octobre 1924, une lettre �crite par Grigory Zinoviev, pr�sident du Comit� en Union Sovi�tique, apparut � Londres, cette lettre pressait les communistes britanniques de promouvoir la r�volution par des actes de s�dition. La lettre fut publi�e dans 'The Times' et dans 'The Daily Mail' et fut aussi une des causes de la d�faite de MacDonald lors des �lections g�n�rales d'octobre au cours desquels les conservateurs et les lib�raux remport�rent 364 votes contre 198 pour les travaillistes. MacDonald d�missionna le 4 novembre 1924. Le roi se montra amical envers le Premier Ministre d�fait; il le remercia de ce qu'il avait accompli et �crivit dans son journal: 'Je l'aime bien et l'ai toujours trouv� plut�t honn�te'. Baldwin s'�leva de nouveau au pouvoir. Le roi fut soulag� par le retour des conservateurs m�me si le ministre le d�sappointa par certaines nominations au Cabinet comme par exemple celle de Winston Churchill au poste de chancelier de l'�chiquier. M�me s'il fut surpris par cette nomination, le peu de confiance que le roi avait pour Churchill en temps de guerre avait �t� peu � peu contr� par la patience et le tact de Churchill lors des accords irlandais. Churchill, de son c�t�, tenta d'�tre aussi correct que possible dans sa relation avec le roi. Pendant le second mandat de Baldwin, la livre sterling fut consolid� mais, le doute s'installa et les industries britanniques connurent plusieurs difficult�s quand elles voulurent se montrer comp�titives au niveau des exportations. La d�flation causa un conflit s�rieux: la gr�ve g�n�rale de 1926. Le roi George joua un r�le important lors de cet �v�nement en persuadant le gouvernement britannique de ne pas prendre de mesures agressives contre les unions form�es pendant la gr�ve. Le 21 novembre 1928, le roi George tomba gravement malade. Pour la premi�re fois, il fut incapable d'�crire dans son journal, il dicta un court paragraphe � la reine Mary: 'Je suis tomb� malade ce soir, un rhume fi�vreux disent-ils et je me suis alit�'. On le soumis � plusieurs examens m�dicaux qui r�v�l�rent une infection de la poitrine caus�e par un streptocoque. Une radiographie montra que les deux tiers du poumon droit du roi �taient atteints. L'infection du poumon fut suivie d'une infection du sang qui se r�v�la �tre une forme grave de septic�mie dont la cause �tait un abc�s situ� sous le diaphragme, tr�s difficile � rep�rer m�me � l'aide de rayons-X. Le 2 d�cembre, le bulletin m�dical qui annon�a 'un d�clin cardiaque' fit penser que le roi se mourait et le Prince de Galles qui participait � un safari en Afrique fut rappel� � Londres. Le 12 d�cembre, le roi, atteint par une forte se fi�vre se mit � d�lirer avant de sombrer dans l'inconscience. Le m�me jour, Lord Dawson de Penn, le m�decin du roi, finit par localiser la source de l'infection et le docteur Hugh Rigby op�ra le roi afin de drainer l'abc�s. Le 6 janvier, le roi se sentait assez bien pour entretenir une conversation avec la reine Mary et le lendemain, il re�ut son secr�taire priv�, lord Stanfordham pour la premi�re fois en six semaines. � la fin de janvier, le roi fut transf�r� sur la c�te sud de l'Angleterre, � Bognor, pour y passer sa convalescence. Il y re�ut la visite de vieux amis ainsi que de sa petite-fille, la fille a�n�e du prince Albert, la princesse Elizabeth, dont il raffolait bien et qui n'avait pas encore trois ans. Elle avait l'habitude de le surnommer 'Grandpapa England'. Le 15 juillet, le roi subit une nouvelle intervention chirurgicale afin de drainer ce qui restait de l'abc�s. Le matin suvant, le roi demanda du th�, des r�tis et des oeufs pour le petit-d�jeuner et entama une convalescence ininterrompue. Les �lections g�n�rales de mai 1929 remirent le parti travailliste au pouvoir et Ramsay MacDonald occupa de nouveau le poste de Premier Ministre. Pendant ce second mandat, MacDonald dut affronter une grave d�pression �conomique � laquelle s'ajouta un taux de ch�mage sans cesse grandissant. Le gouvernement forma un comit� ind�pendant charg� de r�duire les d�penses nationales, celui-ci �tait dirig� par Sir George May. Le comit� sugg�ra de r�duire les d�penses de 97 millions de livres en r�duisant de 67 millions les prestations de ch�mage et en obtenant 30 millions en taxation. MacDonald accepta cette suggestion mais, la majorit� des membres du Cabinet vota contre. Quand MacDonald annon�a au roi qu'il souhaitait d�missionner � cause de l'opposition du Cabinet aux mesures pr�sent�es par sir George May, le roi George lui assura qu'il �tait le seul homme capable de sortir le pays de cette crise, il lui demanda de reconsid�rer sa d�cision et le persuada de former un gouvernement de coalition incluant les ministres conservateurs, lib�raux et travaillistes. MacDonald se joignit � Baldwin, leader des conservateurs et � Sir Herbert Samuel, leader des lib�raux pour former un gouvernement national dirig� par MacDonald lui-m�me, ce gouvernement n'en serait pas un de coalition mais de coop�ration dans lequel les individus allaient se d�vouer � faire �conomiser 70 millions de livres au pays. Cette d�cision plut au roi George mais pas au parti travailliste qui expulsa MacDonald de ses rangs. Les �lections g�n�rales de 1931 furent d�sastreuses pour le parti travailliste et permirent � MacDonald de poursuivre, avec son gouvernement national, la mise en place des mesures �conomiques prescrites par May. Pendant ce temps, ce gouvernement national acqu�rait de plus en plus des allures conservatrices. Le roi George consid�rait MacDonald comme un patriote et un ami. Quand David Lloyd George publia ses m�moires de guerre, il reproduisit le manifeste de 1917 de MacDonald dans lequel il promettait de faire pour l'Angleterre ce que la r�volution russe avait fait pour la Russie. Le roi George fit de grands efforts pour prot�ger son Ministre du discr�dit que pouvait lui causer son pass� radical. Pendant la mont�e du nazisme, au d�but des ann�es trente, le roi George exprima son d�go�t pour ce parti et pour ses m�thodes antis�mites. Il d�fendit au Prince de Galles d'assister au mariage du prince de la Couronne su�doise avec la princesse Sibylla de Saxe-Cobourg parce que le p�re de cette derni�re, Charles Edward, duc de Saxe-Cobourg, cousin du roi au premier degr�, �tait pro-Hitler. Le jour de No�l 1932 fut une journ�e historique dans l'histoire britannique et dans la vie du roi George. Le roi diffusa un bref message de 251 mots � tout le pays sur les ondes de la BBC � 3:35 PM; le reste du monde l'entendit � 3:50 PM. Le texte �tait �crit par Rudyard Kipling: 'Je vous parle de ma demeure et du fond de mon coeur, � vous tous, hommes et femmes si isol�s par la neige, le d�sert ou la mer que seuls les voix retransmises par les ondes peuvent les atteindre....' � partir de ce jour, cel� devint une tradition pour le roi de diffuser un message de No�l. Le 29 novembre 1929, le roi eut la joie de voir son fils cadet, le prince George, duc de Kent, �pouser la princesse Marina de Gr�ce, fille du prince Nicholas de Gr�ce et de la grande-duchesse Vladimirovna de Russie. L'ann�e suivante, le prince Henry, duc de Gloucester, �pousa Lady Alice Montagu-Douglass-Scott, une des filles du duc de Buccleuh. Ce soir-l�, le roi �crivit dans son journal: 'Maintenant, tous les enfants sont mari�s, sauf David'. Le Prince David avait maintenant 40 ans. Il avait exprim� une forte propension envers l'Allemagne nazie. Le roi le r�primanda et l'avertit des dommages que pouvait causer une d�claration politique faite sans d'abord consulter le gouvernement mais, le Prince continua � faire des commentaires imprudents. La vie priv�e de son fils d�rangeait encore plus le roi que ses imprudences politiques. Depuis le d�but de 1934, le Prince �tait romantiquement impliqu� avec une divorc�e remari�e, Mme. Wallis Warfield Simpson. Le roi apprit la relation de David avec col�re. Il consid�rait que Mme.Simpson '�tait une ami non convenable, une ma�tresse � la mauvaise r�putation et une reine d'Angleterre impensable'. Il la rencontra une fois � Buckingham Palace quand David la pr�senta � ses parents. Le roi, bien que gentil avec elle, �tait furieux et il se plaignit qu'on l'eut invit�e au palais sans sa permission et contre sa volont�. Le 6 mai 1935, le roi George se rendit � la Cath�drale St-Paul accompagn�e de sa famille pour assister � un service d'Action de Gr�ces c�l�brant ses 25 ans de r�gne. Dix jours apr�s le Jubil�, Ramsay MacDonald avisa le roi qu'il devait d�missionner sur les ordres de son m�decin. Le roi dut consentir mais il insista pour que MacDonald demeure Lord Pr�sident du Cabinet du Conseil. Le 7 juin, il d�missionna du poste de Premier Ministre et fut remplac� par Stanley Baldwin. Lors d'une audience d'aurevoir, le roi lui dit: 'J'aurais esp�r� que vous restiez avec moi jusqu'� la fin mais je sais maintenant que c'est impossible. Je crois que la fin n'est pas tr�s loin. Je me demande comment vous avez fait pour endurer tout �a, sp�cialement le comportement bestial de certains de ceux qui �taient sens�s �tre vos amis. Vous avez �t� le Premier Ministre que j'ai pr�f�r�, vous avez tant de qualit�s, vous avez su conserver la dignit� de ce poste sans l'utiliser pour promouvoir votre propre dignit�. Vous me verrez aussi souvent que vous le d�sirerez et bien s�r, vous viendrez � Balmoral cette ann�e et, comme vous n'avez maintenant plus rien � faire, pourquoi ne pas y passer la fin de semaine?' Vers la fin de l'ann�e, l'�tat de sant� du roi George avait empir�. Le r�tr�cissement des art�res menant � son cerveau le portait � s'endormir le jour et � souffrir d'insomnies la nuit. Son infirmi�re priv�e, soeur Black, qui s'�tait occup� de lui depuis sa maladie en 1928, devait souvent lui administrer de l'oxyg�ne afin qu'il puisse se reposer. Le 3 d�cembre, sa soeur favorite, la princesse Victoria s'�teignit, le roi tomba dans une profonde d�pression. Au d�but de l'ann�e 1936, le roi �tait faible et se sentait triste. Pendant les premiers jours de janvier, il continua � monter son poney blanc Jock et � se promener dans les jardins de Sandringham avec la reine Mary. Le 17 janvier, la reine r�alisa que son �poux �tait gravement malade et elle envoya chercher Lord Dawson de Penn. Ce jour-l�, le roi �crivit pour la derni�re fois dans son journal: 'Dawson est arriv� en soir�e, je l'ai vu et je me sens tr�s mal'. Le bulletin m�dical rapporta que la bronchite du roi n'�tait pas grave mais qu'il montrait des signes de faiblesses cardiaques. Pendant les deux jours qui suivirent, le roi alternait entre la conscience � l'inconscience alors que son coeur faiblissait. Il mourut le 20 janvier � 11:15 PM, la reine Mary et les enfants du couple �taient � son chevet. La reine Mary prit la main de son fils a�n� et la baisa. Elle �crivit plus tard dans son journal: 'J'ai le coeur bris�... � minuit moins cinq, mon cher �poux est mort paisiblement. Le cr�puscule de sa mort � teint� le ciel du monde'. Le Prince David succ�da � son p�re sous le nom de Edward VIII. Il abdiqua un an plus tard, le 10 d�cembre 1936 pour �pouser Mme. Wallis Simpson. Son fr�re Albert lui succ�da sous le nom de George VI et dirigea le pays durant la Deuxi�me Guerre Mondiale. La reine Mary v�cut encore 17 ans et elle surv�cut � deux de ses fils, le prince George, duc de Kent dont l'avion fur abattu � Morven en �cosse alors qu'il �tait en service actif et le roi George VI qui mourut le 6 f�vrier 1952. La reine Mary mourut le 24 mars 1953, un an apr�s l'accession au tr�ne de sa petite-fille, la souveraine actuelle de Grande-Bretagne, Sa Majest� la reine Elizabeth II. |
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