Acte II L'Empire
montluçonnais contre-attaque . La Riposte de jcf :
D'abord un peu de respect bleu-bite.... C'est pas en
Creuse, que vous
venez, mais en bourbonnais, pays du raffinement, en gastronomie comme
en tout autre domaine. L'extrême délicatesse de ses
mâââââles en
direction des gouzesses par exemple, est une particularité
attestée dans des
chroniques historiques, ceci dès le haut moyen-âge.....
L'historien que vous emmenez avec vous en terre sainte le 17/1/2005
vous le confirmera....
Et bien entendu, faudrait voir à pas confondre la vulgaire
tourte aux
pommes de terre, issue de contrées moins favorisées par
les dieux que
le doux Bourbonnais, avec notre noble et délicat
pâté aux pommes de
terre, dont on dit à Montluçon que la reine Victoria,
lors d'un séjour
à Paris, demanda qu'on lui servît ce plat connu et
apprécié de toutes
les têtes couronnées d'Europe.
Donc, siouplait, triste sire et néanmoins manant, ne confondez
pas
tourrrrrte et pââââté. Les
sonorités mêmes de ces deux vocables très
différents, devraient vous indiquer, avant même d'avoir
recours à vos
autres sens, que les deux produits désignés
par ces termes ne jouent
pas dans la même division, ne sauraient être
comparés, ne sont pas
destinés aux mêmes palais....
Mais de vulgaires "sudistes" pourront-ils apprécier les nuances
entre
la vulgaire tourrrrrte et le subtile
pââââââté (prononcer
à la
Montluçonnaise avec un "a" aristocratique bien ouvert... )
Car il convient en effet de se défier encore plus du
pâté confectionné
à Vichy, Moulins et autres lieux aux noms trompeurs -
censés être moins
populaires que le bassin industriel Monltuçonnais, et tentant
d'obtenir
sournoisement l'AOC tant convoitée, sous prétexte qu'ils
se trouvent
également dans l'Allier - que de la vulgaire tourte.
Celle-là au moins avance sur le terrain du pâté
à découvert. Elle ne
tente pas, par une publicité mensongère, en empruntant le
nom d'un
produit bien plus raffiné, de tromper le consommateur peu
averti,
venant généralement du sud, et habitué à
des mets grossièrement relevés
ou trop lourds, car utilisant sans parcimonie la graisse de pauvres
volatiles gavés de manière cruelle,
procédés qui font l'objet de
critiques justifiés de nos voisins anglo-saxons. Le
frêle et
délicieux pâââââté lui, ne
doit rien à la souffrance animale ; il est
recommandé pour les régimes et pour ceux qui
souffrent du cholestérol.
Mais oui ............ malgré la crème entrant (en grande
quantité) dans
la composition de ce plat réservé aux fins gourmets, et
les pommes de
terre tapissant la pââââte dans laquelle elles
sont jetées en
abondance, le soupçon de persil et d'échalottes
mélangé aux fines et
légères patates, suffit pour en faire un plat complet,
léger et
équilibré, apportant la quantité
journalière de légumes verts et de
fibres recommandée par tous les diététiciens
post-modernes. Il n'est
d'ailleurs que de voir la ligne élancée des habitants de
Montluçon -
vous vous en persuaderez vous-mêmes en déambulant dans nos
rues et en
admirant la silhouette de l'auteur de ces lignes - pour se rendre
compte que le plat de base de notre cité, haut lieu de la
nouvelle
cuisine, constitue une nourriture convenant à des sportifs
de haut
niveau. Il est bien connu par exemple, que les coureurs du tour de
France en consomment encore plus que les pâtes italiennes, et que
la
brigade médicale du tour envisage de procéder à
des contrôles
anti-dopage destinés à trouver des traces de crème
et de pommes de
terre dans le sang des coureurs, tant les effets
bénéfiques de ce plat
sur les performances des athlètes sont désormais reconnus
par la
communauté scientifique ....
Virenque fut d'ailleurs contrôlé positif. Il en avait
consommé, comme
vous le savez tous .. à l'insu de son plein gré....
Mais oui, cela a été prouvé scientifiquement.. ne
vous en déplaise.
Vous pouvez vous gausser, mais de grâce ne nous dirigez pas vers
les
lieux de perdition gastronomique que sont les sites
dédiés à la
"tourrrrrrte" aux pommes de terre, creusoise ou limousine, voire
perchoise qui plus est ...... Quelle décadence ........
D'ailleurs, les vrais connaisseurs parlent de
pââââté
à la crème
et non aux pommes de terre. Prenez ça dans les dents, grossiers
consommateurs de tourte....aux pommmes de terre......... et au .....
boursin, comme le précise l'une des infâmes recettes
préconisée dans
l'un des non moins infâmes liens signalés par le teuton de
service.
Peut-on se fier à un "Siegfried", d'ailleurs, pour planifier un
tour de
France gastronomique ? La réponse à cette question
est, je crois,
évidente....... Point n'est besoin de développer
..........
Acte
III Le limousin persiste dans l'erreur. Jacques
esquive la critique et remet le couvert :
Deux recettes qui représentent à elles seules des
sommets gastronomiques de la Région Auvergne-Limousin,
à méditer (ceci concerne les creusois) ou à
déguster (je m'adresse aux autres), mais auparavant,
un peu de vocabulaire : l'assiette à calotte
L'assiette à calotte est
bien connue de tous ceux qui ont eu le bonheur, sinon de le faire
eux-même, du moins de le voir faire par un vrai
pépé de chez nous, en pantalon de velours
côtelé
marron, avec la moustache, la vraie moustache (pas de celles qu'on fait
de nos jours), de celles qui passent le bouillon et retiennent les fils
de poireau.
L'assiette à
calotte est née en Creuse, de la nécessité. La
contrée est si démunie de tout que lorsqu'on demandait
à la petite de mettre le couvert on lui disait : "Chtiotte, va
donc mèt' l'assiette !" (sous entendu, l'assiette à
calotte).
Le
pépé s'asseyait au bout de la grande table, ouvrait son
couteau, l'essuyait d'abord sur sa cuisse, puis sur sa manche,
s'enquillait un verre de vin, aspirait très bruyamment sa soupe
en basculant l'assiette vers sa moustache sans la décoller de la
table. Il en laissait un peu au fond qu'il rallongeait d'un
peu de piquette, et prolongeait le plaisir par le fameux chabrol. Enfin
venait le cérémonial du lissage de moustache que je ne
décrirai pas.
Puis
venait le tour des enfants qui se contentaient jusque là
d'observer la scène (et non la cène). Le
pépé coupait autant de croûtons qu'il y avait
d'enfants
et les plongeait (les croûtons) dans la soupe. Puis l'assiette
passait
devant chacun d'eux et ils ne devaient pas prendre plus d'un
croûton
trempé. Sinon, c'était la gifle.
D'où l'assiette à calotte.
Mais
alors, pourquoi pas l'assiette à calottes, au pluriel ? Tout
simplement pas que dans la Creuse il suffisait d'une calotte, à
cette époque, pour se faire entendre.
Pour donner
satisfaction à Jean-Claude Fournier, qui s'est offusqué
de ce que j'aie pu débaptiser le très
célèbre "pâté de pomm'terre" et donner
à sa
place les recettes de la "tourte aux pommes de terre", voici les
recettes que je possédais depuis des années dans mon
recueil personnel.
Je vous en livre
une autre en prime.
(Inutile de donner ici cette recette de
soi-disant pâté aux pommes de terre in extenso. Il suffit
de la liste des ingrédients donnée ci-dessous pour se convaincre que nous sommes ici en
présence d'une grossière contrefaçon .......)
Le
Pâté de Pommes de Terre
Ingrédients
:
- 250 grammes de
farine
-
1 œuf
-
2 gousse d'ail
- 6 ou 7
pommes de terre
- 100 grammes
de beurre
- 500 grammes
de viande hachée
-
1 oignon
- Sel, poivre
Potée
limousine
(Inutile ici également de
redonner la recette que vous avez pu lire dans le mail qui vous a
été envoyé. La controverse ne porte pas sur la
recette elle-même, mais sur l'appellation non
contrôlée d'un plat limousin que l'on ose nommer
"potée"
Voir ci-dessous, la réponse
cinglante de jcf)
Acte IV :
Jcf fait une mise au point, qu'il espère définitive :
Le
traître teuton-basco-corrézien Tardif, passé
longuement par
l'Afrique, ne sachant plus très bien où il en est
de ses racines
gastronomiques après toutes ces errances dans le vaste monde et
en
Navarre où il réside désormais, persiste et signe.
Il continue
sournoisement à traîter de Pâté de
(et
non aux!) pommes de terre le fleuron de
la cuisine montluçonnaise, ceci de manière à vous
"enduire avec de
l'erreur", à vous proposer lâchement une recette n'ayant
rien à voir
avec le pâté aux
pommes de
terre. En effet, la crème est absente des ingrédients
cités dans la
recette du "pâté de
pommes de terres"
donné en exemple, et, dans le plat barbare cité par
le triste teuton,
on ajoute, sacrilège suprème, 500g de viande
hachée..........
Pourquoi pas un hamburger de chez Macdo pendant que vous y
êtes.... Non
mais alors......
De grâce, cher Jacques, nommez comme vous voulez vos haggish
limougeo-auvergnats, mais n'employez surtout pas, pour les
désigner, un
nom s'approchant de celui d'un plat parfait, ayant fait, à
l'échelle
mondiale, le renom de la grande cuisine française......
On comprend dès lors que nous autres bourbonnais ne fûmes
pas très
chauds, à l'époque de la régionalisation pour
être rattachés,
administrativement ou culturellement, encore moins culinairement,
à la
région que vous inventez plus bas pour la circonstance, ceci
afin
d'étayer votre laborieuse démonstration.
Non content de rebaptiser un noble plat né dans l'ondoyante
vallée du Cher, vous avez également l'audace
d'associer, en un
oxymore
pathétique, le terme désignant le sommet de la cuisine
auvergnate, la
"Potée" et le vil adjectif "limousine". Par la
même occasion, vous
tentez, dans le même mouvement insidieux, de procéder
à un "Anschluss"
limousin sur la belle région d'Auvergne. Non, cher
corrézien
cosmopolite apatride, la région Auvergne-Limousin n''existe que
dans
votre imagination fertile de peuple inférieur envieux de la
grandeur
auvergnate et bourbonnaise. Votre éloignement prolongé
des terres qui
vous ont vu naître vous fait sans doute oublier votre
géographie et la
décence élémentaire, mais vous ne tromperez pas
nos papilles gustatives
aiguisées par des décennies de "Kaïsses*" normiaudes
à Moulins, en
ayant recours à d'ignobles manipulations lexicales...
Taisez-vous à jamais sur ce sujet, sinon j'informe la brigade
montluçonnaise de répression des fraudes aux appellations
contrôlées de
votre venue le 17 janvier, et je lui ordonne, en tant que gardien du
temple, de se poster sur la route de Néris, de vous intercepter,
et de
vous interdire à jamais l'entrée dans notre fière
cité.
Montluçon est et restera vierge de toute souillure limousine...
ou
basque ...ou germanique........
Les auvergnats seront tolérés car eux ne tentent pas de
tromper le
consommateur. On ne peut en effet confondre la potée auvergnate
et le
pâââté aux
(je dis bien "aux" !!!) pommes
de terre...
* Kaïsse : terme normiaud moulinois
Voir définition ci-dessous :
Les "Kaïsses" (les grailles) "Kaïsser", "grailler", "bouffer":
(Extrait de la rubrique "Expressions normiaudes", du site de la promo de Moulins. Se reporter
à l'article complet sur le site en question pour une version complète de l'article... )
Compléments presque indispensables aux guinches, surtout à la campagne. Elles permettaient,
par moultes ripailles et libations, de consoler le normiaud bredouille s'étant
"pris des bâches" (refus de danser par un cavalière convoitée) à répétitions, ou ayant réussi
à entraîner certaines payses sur la piste magique sans les convaincre cependant, malgré de
savantes papouilles administrées avec assiduité et par vagues indiscontinues pendant le frotteur,
de l'accompagner dehors afin de contempler les étoiles.
- Une Kaïsse digne de ce nom se terminait rarement sans entonner un florilège de chansons
paillardes fort goûtées par le normiaud de base pour favoriser la digestion, prévenir la
gueule de bois, et surtout panser l'amertume des échecs amoureux en célébrant en chanson les exploits
qu'il n'avait pu réaliser lui-même cette nuit là ...
- Cela n'empêchait pas ceux qui avaient "fait fort" (pécho en langage "djeune" moderne) de se substanter
et de se rafraîchir la glotte après l'effort, en compagnie de compagnons d'armes plus malchanceux, en leur
contant par le menu (et en brodant souvent !), ses ébats réels ou supposés avec la "bozelle"
(jeune fille bourbonnaise)
Acte V :
Tardif fait amende honorable et admet son erreur :
Après m'être copieusement
fait assaisonner par l'hyène intraitable, je me rends et prends
acte. Voici donc la vraie recette du Pâté AUX Pomme
de Terre (variante creusoise des précédentes, mais sans
viande, et pour cause).
Pâté
"aux" pommes de terre
(suit une
recette approchant l'originale, pouvant à la rigueur convenir
à des papilles impies, mais n'atteignant pas les sommets de la
véritable recette, pratiquée en secret dans les
chaumières montluçonnaises...)
Acte
VI Epilogue ...( provisoire ?) jcf accepte les
excuses de l'offenseur :
Bon,
enfin, à l'extrême rigueur, par
bienveillance envers un vassal qui se soumet humblement, et à
condition
de bien souligner
qu'il s'agit là d'une version abatardie (pour ne pas dire
"abatardivienne", creusoise de
la recette originale montluçonnaise
("the real thing" comme dirait coca
cola...), qui elle est classée "secret défense" et ne
peut donc être
divulguée ici........
Acte VII.. Bien que s'étant
fait moucher à plusieurs reprises, le corrézien remet le
couvert :
Je n'aime pas faire les choses sans les
avoir convenablement préparées.
Partir
à Saint-Eloy (le saint-patron des orfèvres et pas des
chats) pour me rendre ensuite à Montluçon, en terra
incognita, où je n'ai jamais mis les pieds encore,
nécessitait que je me préserve des mauvaises aventures en
recueillant un minimum d'informations !
Comme je
savais que je ne pouvais pas compter sur Jean-Claude, et sachant aussi
qu'on n'est jamais mieux servi que par soi même (ni mieux trahi
que par certains), j'ai pris les devants (c'est toujours ça) et
j'ai trouvé tout de même pas mal de renseignements
pertinents, parmi lesquels, ce site :
J'y ai
découvert que le "pâté
aux pommes de terre" est bien une recette
pratiquée aussi dans la Creuse, à
côté du Fondu creusois, du Gâteau Creusois, du Veau
des Salles, de la Flognarde de Marie Lestrade, du Civet de carpe de
Patrck Sonlière, etc... spécialités que je ne
demande pas mieux que de découvrir à cette occasion ou
même à d'autres.
Voici donc
une recette qui est présentée comme étant authentique (nous attendons toujours
celles de Jean-Claude que je ne trouve pas très
coopératif en ce domaine, décidément !...
Mais bon, il faut bien reconnaître... et
finir par admettre que, bon...
Voici un site
à ranger parmi vos trésors,
même si avec un peu de viande ça arrange un peu les choses.
Toutefois, je me réserve de vous faire
saliver avec certaines de nos spécialités à
nous telles que :
Lo milhasson (que les non-pratiquants prononcent
millasou), la farcidura de Trainhac ( monasson ou mounassou de
Treignac), et bien d'autres délices encore !
A très bientôt !
(Suit la soi-disant recette de
pâté aux pommes de terre", qui vous a déjà
été communiquée dans un mail. Il sufit
pourtant de parcourir la liste des ingrédients pour savoir qu'il
ne peut s'agir de la "chose vraie" - "the real thing" - puisqu'ellle
comporte du ...... cochon.......
Ingrédients :
- qq pommes de terre
- qq morceaux de lard
- des fines herbes et
des oignons
- de la pâte
feuilletée
- 1 oeuf
- 2 dcl de
crème fraiche
Acte VIII Réponse de
jcf, qui,
on l'espère, mettra fin définitivement à la
polémique. Mais sait-on jamais avec le fourbe goupil...
Après avoir fait mine de reconnaître son erreur et de se
soumettre
humblement à ses hôtes avant de fouler le sol sacré
du bourbonnais,
voilà -t-y pas que le basco-corrézien teutonique
recommence à divaguer.
D'abord, il a pas encore compris, semble-t-il, qu'il venait dans
l'Allier, et pas en Creuse. J'avais déjà dû lui
expliquer, dans un
autre mail, que de Clermont à Montlu, il ne risquait pas
de rencontrer
de Corbeaux creusois volant le ventre en l'air pour ne pas voir la
misère en dessous, puisque les dits volatiles, en bourbonnais,
pouvaient voler normalement, en contemplant des contrées
prospères s'étalant sous ses yeux.
Il aggrave son cas en utilisant encore une fois son arme favorite pour
tromper le consommateur peu averti. Sous prétexte que le
pâté aux
pommes de terre serait aussi "pratiqué" en Creuse (mais il faut
voir
comment !!!! avec l'improbable recette donnée en
exemple, dénaturant
gravement le produit original) il omet de dire que Montluçon fut
le
véritable berceau de ce met exquis et le seul lieu où ce
plat est
cuisiné comme il se doit.
Bien plus, il ose nous parler de recette "authentique" à propos
d'une
vulgaire croûte informe, dans laquelle on commet l'infâmie
de mettre -
je n'ose prononcer ce terme de crainte de déclencher l'ire de la
brigade
des bonnes moeurs montluçonnais, composée exclusivement
de pasdarans
locaux fanatiques, veillant religieusement à la
pureté de notre bien
aimé pâââté aux pommes de terre - je
cite, "quelques morceaux de lard"
et , au lieu du tendre persil bien de cheu nous, des ...."fines
herbes", produit exotique, venu d'ailleurs, non endémique
au bel
Allier qui vit naître le subtil pâté aux pommes de
terre .....
Je lui avais pourtant expliqué, vous en serez
témoins, que le noble
pâté était un plat végétarien et
diététique, propre donc à la
consommation par les adeptes des trois grandes religions
monothéistes aussi bien que des bouddistes et autres indouistes,
mais non content de suggérer l'ajout de viande hachée
dans une recette
précédente, ce qui en soi était déjà
très grave, il commet le
sacrilège suprème en proposant cette fois d'inclure
sournoisement
du.... cochon dans ce plat tout à la fois kacher et
hallal..........,
certifié conforme à la tradition musulmane et
hébraïque par le grand
rabbin de Montluçon et l'imam de la même
cité......, tous deux nommés
par une commission composée de membres de la confrérie du
pâté aux
pommes de terre, elle même composée exclusivement de
montluçonnais de
souche depuis 6 générations......
Quelle audace, quel manque de respect ...... Ne recommencez
plus, vil
barbare, sinon j'avale ma souris d'ordinateur et je vous provoque en
duel ....
Quant à ma discrétion relative à la recette
authentique et originale,
les autres philosophes non cosmopolites et apatrides comme le Jacquot
errant, attachés comme moi à leurs traditions locales,
comprendront que
je ne puisse trahir le secret défense et
révéler à l'ennemi la
recette que le monde entier envie aux montluçonnais et tente de
leur
ravir....
Non, vous ne nous tromperez pas par la flatterie, je ne serai pas le
corbeau (ni creusois, ni bourbonnais) de la fable, baissant la garde
devant les belles paroles d'un sournois renard venu du sud-ouest avec
un mercenaire corrézien, une esclave auvergnate capturée
en route et un
fils d'immigré italien mal intégré en haute loire,
installé depuis
quelques décénnies seulement en terre polako
-auvergnate située dans
la grande banlieue montluçonnaise........
Acte IX Le
corrézien est têtu et ne désarme jamais ......
Kanteskesavafinir ?????? :
Alors là ! Il ne pourra pas contester
l'authenticité. L'hyène
sauvage de Bourbon !
La voici : Recepta terrae incognitae Arvernorum (mais les
montluçonnais sont-ils encore des Arvernes ou déjà
des Héduens... des
Lyonnais ou des Creusois... ?
Ils appellent ça le...
• Gâteau bourbonnais
(Suit, ladite recette, non
reproduite ici car donnée dans le mail qui vous fut
adressé par Jacques, recette qui suscitera évidemment une
enième réponse dans l'acte X, redondante, par la force des
choses , avec celles qui ont précédé.. Mais que
voulez-vous, certaines énormités ne peuvent rester sans
réponse ....)
Acte X. Où il est à nouveau
question de géographie, de vocabulaire, d'histoire des
idées et d'histoire tout court :
(Décidément
cette pièce ne pourra jamais être montée par
Rondepierre à Cusset, bien trop longue, devenant pire encore que
le soulier de Satin....!!!)
Cette recette
là est à peu près conforme à la
vraie, je dois l'avouer, mais je ne vous révèlerai pas le
petit détail
qui fait toute la différence....
Il me faut cependant encore protester violemment contre
l'insanité
lexicale consistant à désigner un plat salé
du nom de "gâteau".
Et je réfute absolument l'adjectif bourbonnais, puisque, comme
je l'ai
déjà expliqué, malgré les
prétentions vichyssoises ou moulinoises à
l'AOC, le Pâté aux pommes de terre - le vrai, celui qu'est
fait ni pour
les pédés ni pour les gonzesses, mais pour les hommes,
les vrais, les
tatoués, celui qui donne le
"viâââââ" (sorte de spleen
montluçonnais
peu métaphysique mais plutôt intestinal) - est lui, bel et
bien né à
"Montlu" et pas n'importe où dans l'Allier.
Pour calmer les esprits et pour faire la trêve, contentons-nous
donc de
la locution "aux pommes de terre", plus diplomatique, plus apte
à
dégager le consensus, car ne risquant pas de froisser des
puristes
originaires des diverses bourgades du 0-3, revendiquant toutes
l'invention du pâââté......
Mais entre nous et commme dirait Copernic "Et pourtant il est
montluçonnais...." C'est prouvé scientifiquement
..........
Mais vous
ne comprendriez pas, cher Tardif, la démonstration.......
Après
avoir subi, dans les camps de rééducation encadrés
par Nelly, un intense matraquage fondamentaliste chrétien, anti
darwinien et crypto bushien avant la lettre, Vous n'êtes pas, comme moi qui ai su
résister vaillamment à cet embrigadement, un éminent
"scientiste comtien"...
Tant pis pour vous .......
Enfin (last but not least), concernant l'allusion aux
montluçonnais, arvernes et autres peuplades improbables, que
puis-je dire sinon ceci :
"Ca y est, y
r'commence avec la Creuse... Mais
keskifofer pour le faire taire.....? "
Et que vient faire le Lyonnais dans cette galère.
Prétendrait-on
maintenant que l'ancienne capitale des gaules, c'est à dire des
barbabes gaulois, peut rivaliser, gastronomiquement parlant, avec la
très romaine, bourgeoise et sérénissime Montus
Lucius (latin non garanti par un ancien
élève de cours complémentaire n'en ayant jamais
fait..) devenue
Montluçon par la suite...?
Acte
XI. après la Creuse et le Limousin....on se retrouve
maintenant dans le limes germanique :
Bon !...
Passons aux choses sérieuses désormais. Et parlons
sérieusement de choses si sérieuses.
Le pâté aux pomm'terre ou le pâté de
pomm'terre ou la tourte de pommes de terre, c'est bien beau, c'est bien
bon, mais ce n'est qu'un pâle aménagement, une vague
copie, une triste acculturation de ce que nous avons piqué aux
alsaciens, et à propos desquels on comprend mieux qu'ils aient
des pantalons dont la coupe ne peut en rien s'apparenter à nos
pauvres et chiches pantalons de maigres !
D'un ample et fier mouvement, l'Alsacien attache la ceinture
de son pantalon nettement au-dessus de l'estomac, sans trop serrer. On
ne sait pas ce que veut dire, là-bas, la si triste expression
"se serrer la ceinture". C'est pourquoi, et afin de prévenir
tout risque, l'Alsacien suspend son pantalon à d'étranges
bretelles sans lesquelles on n'est pas un Alsacien. On ne l'est pas non
plus sans cette immense braguette qui se prolonge donc si haut
en soulignant cette colossale et tonique bedaine de ces vrais
hommes. Comme aux temps de Rabelais, la braguette alsacienne constitue
une composante vestimentaire d'importance et sert de
référence pour évaluer sans équivoque
le rang social de l'homme.
Je ne détaillerai pas ici l'inimaginable
variété des spécialités gastronomiques
ayant pour base, en Alsace aussi, la pomme de terre. Parmi
celles-ci, il y en a une foule qui auront pu donner naissance à
nos différentes variantes de pâtés de pomme de
terre ou "aux" pommes de terre. Alors ne nous chamaillons plus !
Je vous livrerai la recette très secrète de l'une
d'elle, extraite de ma très documentée
bibliothèque de haute gastronomie, la su-bli-mis-sime
recette du Baekenofe Strasbourgeois, celui des riches, de ces recettes
qu'on ne divulgue pas auprès de n'importe qui. Ne
cherchez pas trop la pâte. Ne cherchez pas trop les pommes de
terre non plus. La patate y est, la farine aussi... Mais ce ne peut pas
être pareil là-bas ou tout est si différent, au
pays de l'Ami Fritz... Avez vous relu, l'Ami Fritz?
La voici tout de même, mais chuuuuuuuuuuut
!... :
Le Baekenofe
Préparation: 20 minutes
Marinade: 12 heures
Cuisson: 4 heures au moins
Ingrédients (pour 6 personnes)
- 500g d'épaule de mouton
- 500g d'épaule de porc
(désolé Shlomo, mais on peut faire sans)
- 500g de bœuf (paleron, gîte)
- 1kg d'oignons
- 3 clous de girofle
- 2 gousses d'ail
- 1 bouquet garni
- 50cl de vin blanc
- 1kg de
pommes de terre
- saindoux
- farine
- sel et poivre
Il existe
bien des orthographes du nom de ce plat qui veut dire
littéralement "four du boulanger". C'est un ragoût de
viandes mélangées typiquement campagnard, très
longuement mijoté, plat traditionnel du lundi, jour de lessive,
où les femmes portaient leurs marmites chez le boulanger pour
qu'il les fasse cuire dans son four.
(Suit
la recette que vous avez déjà eue par courriel.)
Acte XII.
jcf a recours à l'histoire, à l'anthropologie, à
la pédagogie..... pour fermer le clapet au teuton. Y
parviendra-t-il ? :
Ca ne s'arrêtera donc jamais !!!!! N'ayant plus
rien à dire sur les
tourtes, gâteaux, et autres potées, soi-disant
montluçonnaises, vla t-y pas que le
basque fou et néanmoins teuton, se prend pour l'ami Fritz et
nous
entraîne dans une spirale infernale, un tour de France
délirant des recettes les
plus nuisibles à la santé. Avant c'était de la
viande hachée, du porc
et des lardons dans le délicieux, l'exquis, le délicat,
le léger, le
végétarien.... pâté aux pommes de terre.
On franchit maintenant un palier qualitatif dans la perversion,
puisqu'il est désormais question de mélanger porc, boeuf,
mouton
et.........saindoux... pour concocter un improbable ragoût peu
ragoûtant (sorte de "stew" englicchhhe, de haggish bas-saxon),
que l'on
voudrait nous présenter comme l'ancêtre de notre
incréé, immanent et
donc inimitable ..... pâté aux pommes de terre, surgi des
mythes, sagas
et "dreamtime" des peuplades ayant colonisé, aux débuts
des temps, la
brumeuse vallée du Cher, inspiré par les génies
des eaux stagnantes du
barrage de Rochebut, issu miraculeusement du seul "Folkgeist"
montluçonnais......
Tout un programme de réécriture d'une histoire culinaire
intemporelle,
avec lequel, bien sûr je me désolidarise
radicalement..
Où c'est qu'ça va s'nicher comme on dit chez nous .....
et peut-être
ailleurs.......
Laissons-le s'enfoncer ...........
Comme disait un grand pédagogue de la non directivité, De
Peretti :
"Transmettre
n'est pas nécessairement émettre. Et pour mieux
transmettre, il faut
parfois cesser d'émettre..." Pourquoi y s'inspirerait pas un peu
de
cette maxime l'ami Fritz ?????
Sachez que toutes les spécialités germaniques, ou
alsaciennes (ce qui
est la même chose..) les choucroutes, saucisses de Strasbourg et
autres
Baeken....Bauer (ou quelque chose dans ce genre et de mes deux...) sont
bannies de Montluçon par arrêté municipal, ceci
depuis la défaite de
Sedan. Alors, n'insistez plus siouplait
Signé jcf, qui après Billancourt, se
désespère et voudrait bien
vous voir prendre le relai ........
Acte XIII. Le teuton fait amende honorable.
Le Pâté a fait son office :
Alors, c’est
vrai : perdu au milieu de tout cela,
le pauvre « Pâté aux pommes de
terre », objet prétendu de ce symposium
international, allait presque passer inaperçu. C’était
sans compter sans mon entêtement à vérifier si le
mets présenté par Jean-Claude comme
« le » sommet gastronomique du Bourbonnais avait
la capacité de rivaliser avec ce qu’il prétend
n’être que des usurpations.
Allais-je
moi-même être capable du discernement indispensable
à une expertise objective dans ce contexte tellement
euphorisant ? N’allais-je pas me laisser distraire… voire
même corrompre ? Mais non ! Il m’en faut davantage,
surtout quand il s’agit de gastronomie, cette forme si
évoluée, si significative de l’aboutissement de l’esprit
humain, de sa transcendance, que je me suis allé, un jour,
à créer pour elle ce néologisme
de « métaculture » qui ne saurait
s’apparenter à un quelconque barbarisme tant il s’intègre
parfaitement à l’authenticité de notre culture gauloise.
Sans tricher.
Donc il me fallait faire abstraction du soin que Jean-Claude avait pris
pour retenir finalement ce lieu, ignorer les consignes d’excellence
qu’il n’avait pas manqué de donner au Chef, explorer d’un regard
neuf et vierge de toute prévention. Il faut un écrin aux
mets : cet écrin, selon moi, c’est le vin, lequel doit
s’accorder avec eux comme s’accordent les instruments de virtuoses
préalablement à l’exécution d’un chef d’œuvre.
Comme on m’avait prié de donner mon avis dans le choix du vin je
n’ai pas hésité longtemps et, malgré le peu de
soutien d’Annie Guillaume, j’ai tout de même opté pour le
Saint Pourçain qui représente l’expression la plus
remarquable de ce terroir.
Il était
« gaillard » à souhait,
c'est-à-dire qu’il tirait, comme il convient, sur les Bourgogne
virils dont il est le très proche parent. Tannique et rustique,
bien sûr, mais tonique, ample et riche. Un peu retenue au
début, la longueur en bouche promettait toutefois de
s’amplifier. Servi un peu trop frais, il est progressivement devenu
majestueux et noble, c’est vrai.
Il était
bien devenu l’écrin rêvé, le cadre authentique pour
le Pâté aux Pommes de Terre Bourbonnais dont il me restait
à concevoir la procédure d’évaluation. J’avais
déjà mon idée sur le sujet.
Dans un premier
temps j’explorerais les attributs strictement physiques de ce chef
d’œuvre, c'est-à-dire l’aspect, l’éclat, le
« nez », l’aptitude à éveiller
l’appétit, la capacité à suggérer le
terroir d’origine, à évoquer son indubitable
originalité, tous ces facteurs étant analysés un
peu « à la louche », forcément. A
ce niveau les objectifs étaient atteints, c'est-à-dire
que l’ensemble captait l’attention et déclenchait le
désir, même si la rusticité attendue n’était
pas totalement au rendez-vous : pas tout à fait assez
sauvage, le Pâté. Puis il me
reviendrait d’apprécier le doré, la brillance, la texture
et le croustillant de la pâte feuilletée, le ratio
pâte / garniture : c’est le plus délicat parce qu’il
est nécessaire d’intervenir avec le couteau pour explorer par
palpations d’intensité progressive afin d’éprouver le
crissement de la pâte et, comparativement, le moelleux de la
garniture. L’impression était excellente de ce point de vue.
Au terme de ce
premier niveau d’analyse, mon impression
était déjà très favorable. Restait encore
à pénétrer dans le second temps de mon
évaluation : le volet proprement
gustatif, le monde des textures, des saveurs et du rêve.
Techniquement, c’est l’univers le plus complexe, celui où il est
le plus facile de « se louper ». En effet, il est
cruellement contraignant de s’empêcher de se laisser aveugler par
le
charme du plat sans jamais mettre en veilleuse son objectivité.
C’est là que le risque de corruption est le plus à
redouter. Surtout ne pas précipiter les choses, mais les laisser
venir d’elles-mêmes : c’est à nous de nous laisser
accompagner d’abord, puis conduire ensuite, peut-être
jusqu’à la jouissance si nous le décidons.
L’alliance des
saveurs était optimale. Le moelleux de la pomme de terre avait
été savamment dosé par une cuisson lente et un
heureux mariage avec la crème, laquelle faisait tellement corps
avec son épousée qu’elle ne semblait plus même
être là physiquement et s’être perdue en elle. La
texture était parfaite : ni trop ferme, ni trop
effondrée. Le croquant de la pâte restait bien en surface
sans chercher à dominer le plat. Les saveurs, subtiles,
étaient difficiles à identifier tant elles oeuvraient
toutes en synergie. Impossible, pratiquement, de distinguer l’ail, le
persil l’échalote. Le dosage sel / poivre était
distingué. L’ensemble tendait déjà vers
l’excellence à ce niveau de la dégustation.
Restait enfin
à explorer le troisième volet des vertus du mets :
sa puissance d’évocation, l’expression de sa singularité,
son aptitude à contribuer à la convivialité. C’est
à ce moment que le cadre, l’écrin, intervient pour
beaucoup et risque de corrompre l’analyse. Le Saint Pourçain,
bien entendu, fierté (orgueil ?) totalement
justifiée des Bourbonnais. Il s’était délicatement
« ouvert » en cours de dégustation au
point de devenir parfait pour accompagner ce mets d’exception.
Toutefois, et prenant largement le pas sur le Saint Pourçain,
l’autre partie de l’écrin, c’était la compagnie. Sublime,
évidemment. J’ai entendu parler de
« jubilation » : c’est vrai.
C’est vrai aussi
que le Pâté de Pomme de Terre, dans ce contexte,
était proprement divin et, je l’admets, j’ai dû
m’abandonner à l’extase annoncée. J’en rends grâce
à Jean-Claude qui est parvenu à me convaincre de
l’excellence et de l’inimitabilité du Pâté aux
Pommes de Terre Bourbonnais.
Je demeure
malgré cela totalement convaincu que ma métaculture ne
s’accommode pas de la pensée unique et que le chemin du
progrès humain, si cher à qui nous savons, passe
nécessairement par l’exploration de toutes les facettes de son
génie gastronomique. L’exclusive est inhibitrice.
C’est pourquoi,
à côté d’une nouvelle recette du Pâté
aux Pomme de Terre Bourbonnais qui me semble totalement authentique, je
me permets de vous joindre celle d’une variante pratiquée en
Ardèche et colorée à leur manière par les
gastronomes de cette charmante contrée. Il y a de bonnes chances
que nous nous y retrouvions tous bientôt puisque Bruno Jacquin
nous a proposé de tous l’y rejoindre pour nos vraies
retrouvailles.
Jacques, l'ami
Fritz.
Acte XIV et, on
l'espère .....épilogue :
Le
teuton se range enfin à mes arguments... Il était
temps..... Le pâté aux pommes de tere a fait son
oeuvre et parlé
de lui-même mieux que mes mots......
Bon, il persiste àç qualifier notre pâté de
bourbonnais et non de "montluçonnais",
mais
j'accepte donc cet hommage.... et la recette de tourte aux pommes de
terre et roquefort ardéchoise qui nous est décrite,
puisque contrairement à ce qu'on lisait dans des courriels
précédents, elle nous est ici présentée
sans comparaison hérétique à notre monument
bourbonnais.
Je trouve le teuton d'ailleurs bien élogieux à
l'égard du St Pourçain, qui ne mérite en
général, ni ne méritait ce jour
là ces louanges.....
Mais, bon, l'ami Fritz semble avoir été subjugué
par le voyage dans le bocage de combraille particulièrement
ensoleillé ce jour là, et par les hôtes de ce
banquet sublime....
C'est l''essentiel....
jcf