Je m'souviens, en Snat, de Mlle Lalo
alias la Lopette avec son Spallanzani et son Mendel
aux petits pois. Je me souviens
avoir avec Zhoun craché
opiniâtrement des heures durant jusqu'à bouche
sèche comme amadou pour exposer ensuite
devant la classe émerveillée, ça se comprend, les
subtilités enzymatiquement exaltantes de la digestion par
l'amylase salivaire.
Quel succès ! Je revois encore Mauran
extatique grimper aux rideaux.
Auteur : JP Daudé
Jcf, les snats et la prof :
Je m'souviens vaguement de la prof de snats (pas vraiment une beauté, ni une grosse marrante, je crois....)
Elle nous faisait faire des croquis à partir de choses observées à l'oeil ou au microscope.
Je n'étais pas vraiment passionné par cette matière où il fallait quand même plus apprendre que comprendre...
Et là ça tombait vraiment mal avec mes capacités de l'époque...
De plus, comme elle était très à cheval sur la qualité et l'exactitude des schémas demandés, et que j'étais (et suis encore )
d'un naturel peu soigneux, - le genre "destroy no limit" -, elle ne m'appréciait pas beaucoup et me le fit comprendre à plusieurs reprises.
Et enfin, j'avais vraiment l'impression qu'elle me prenait pour un demeuré pour des raisons - le manque de soin, l'incapacité à dessiner
et la réticence à se conformer strictement à ses petites manies tatillonnes relatives à la manière dont les croquis devaient être légendés et
présentés - que j'estimais n'avoir que peu de chose à voir avec la bétise ou l'intelligence. Cela m'irritait énormément, pour employer la litote du siècle........
D'ailleurs,je pensais en fait que sa discipline - mais là j'avais tort ! - était une matière pour bons élèves obéissants et bébètes, indigne d'être
travaillée par le littéraire pour lequel je me prenais.
On est ben con quand on a Dix-huit ans !
Il n'en fallait pas plus pour que je trouve ce bon prétexte de la prof m'ayant pris en grippe pour travailler encore moins.
Toujours est-il que malgré cette absence de dispositions et le manque de travail, j'ai obtenu une note très convenable au bac : 13 ou 14 je crois....)
Il m'est même arrivé, très immodestement, de me vanter de ce haut fait d'armes à plusieurs reprises dans ma vie, avec les enfants notamment,
pour leur donner l'exemple d'un père bon élève travailleur à prendre en exemple.
J'aurais mieux fait de fermer ma gueule !
Lors de la reprise de contact avec Jacquin au téléphone, il m'a rappelé que j'avais copié le jour du bac en snats....
Merde alors. Je ne me souvenais vraiment plus de cette histoire.... J'avais dû inconsciemment l'éliminer de ma mémoire......
Si l'on croise cette info avec celle de Coco Lafont - elle aussi oubliée comme par hasard.- décrivant par le menu, dans son anecdote à mon sujet,
comment je pompais d'une manière éhontée pendant les interros, il faut bien avouer que j'étais quand même sacrément gonflé en ce temps là !
Deux témoins différents ne s'étant nullement concertés préalablement et confirmant une image d'un potache peu fréquentable ne peuvent se
tromper tous les deux. J'étais un tricheur ..."invertébré" (en snats...) et invétéré ailleurs.......
Je puis cependant affirmer que les notes obtenues lors de mes études en fac et aux concours professionnels que j'ai passés par la suite ne sont
pas dues à la triche... Juré, je crache par terre. Même si l'envie me démangea parfois, j'étais dans une autre vie, prof tout en étudiant,
et à ce titre grand pourfendeur d'élèves "indélicats".
J'étais devenu un adulte responsable, sinon honnête,du moins trop trouillard ou conscient du ridicule de la situation, au cas où je me serais fait
prendre, pour oser braver cet interdit suprême...
Dans mon rôle de prof et pendant les devoirs sur table, je devais même être particulièrement chiant car l'un de mes anciens élèves, devenu un ami
par la suite, me raconta que j'avais la réputation d'être très difficile à tromper.
A la réflexion, ce témoignage tend à confirmer ce qu"affirment Coco et Jacquin..
En effet, étant sans doute plus averti que d'autres enseignants des méthodes employées pour copier, je me rappelle maintenant avoir été
particulièrement méfiant envers tous les élèves, arpentant les rangées à la recherche d'anti-sèches, demandant parfois à ceux que je soupçonnais
de complicité de changer de place, allant même parfois jusqu'à ramasser et corriger les copies des voisins deux par deux, dans le but de repérer des
similitudes suspectes entre deux devoirs ou en tout cas afin de dissuader à l'avenir ceux qui auraient eu la tentation de communiquer.
En fait, j'étais semblable au coureur de jupons, beaucoup plus jaloux envers sa compagne que l'homme fidèle car il connaît trop bien la faiblesse
des femmes qu'il a séduites.
Comme on dit chez nous en Bourbonnais (et sans doute ailleurs aussi), "Où c'est qu'ça va s'nicher ....."
Auteur : jcf