
jcf tel qu'il est resté
dans les souvenirs de JP :Je m'souviens de la manière dont mon surnom, "Paupiette" a été adopté immédiatemment par l'ensemble de
la promo et des normiauds à mon grand désespoir. Comme un débile j'avais bien essayé une intervention
larmoyante devant la promo, expliquant que je n'aimais pas ce surnom, m'ayant été donné à l'occasion
d'une sortie avec les éclaireurs au cours de laquelle j'avais essayé sans succès de faire cuire, en
brochette, une paupiette qui m'avait été donnée par mes parents. Je précise (mais vous le savez bien sûr)
que mes géniteurs tenaient une boucherie dont l'enseigne affichait fièrement "Spécialité de
paupiettes", ce qui n'avait pas peu contribué à fixer à jamais ce surnom maudit, qui me complexait,
me collait à la peau et dont je souhaitais me débarasser à l'occasion de mon arrivée dans un nouveau
contexte. Ma supplique naïve auprès des copains était évidemment précisément ce qu'il ne fallait pas faire.
Cela a eu pour effet d'apprendre ce patronyme à ceux qui ne le connaissaient pas et qui l'ont
utilisé "en temps réel" comme on dit maintenant, pour ne plus jamais s'adresser à moi autrement...
Auteur : jcf

Jcf, les snats et la prof :
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Je m'souviens vaguement de la prof de snats (pas vraiment une beauté, ni une grosse marrante,
je crois....)
Elle nous faisait faire des croquis à partir de choses observées à l'oeil ou au microscope.
Je n'étais pas vraiment passionné par cette matière où il fallait quand même plus apprendre
que comprendre...
Et là ça tombait vraiment mal avec mes capacités de l'époque...
De plus, comme elle était très à cheval sur la qualité et l'exactitude des schémas demandés,
et que j'étais (et suis encore ) d'un naturel peu soigneux, - le genre "destroy no limit" -,
elle ne m'appréciait pas beaucoup et me le fit comprendre à plusieurs reprises.
Et enfin, j'avais vraiment l'impression qu'elle me prenait pour un demeuré pour des raisons
- le manque de soin, l'incapacité à dessiner et la réticence à se conformer strictement à ses
petites manies tatillonnes relatives à la manière dont les croquis devaient être légendés et
présentés - que j'estimais n'avoir que peu de chose à voir avec la bétise ou l'intelligence.
Cela m'irritait énormément, pour employer la litote du siècle........
D'ailleurs,je pensais en fait que sa discipline - mais là j'avais tort ! - était une matière
pour bons élèves obéissants et bébètes, indigne d'être travaillée par le littéraire pour
lequel je me prenais.
On est ben con quand on a Dix-huit ans !
Il n'en fallait pas plus pour que je trouve ce bon prétexte de la prof m'ayant pris en grippe
pour travailler encore moins.
Toujours est-il que malgré cette absence de dispositions et le manque de travail, j'ai obtenu
une note très convenable au bac : 13 ou 14 je crois....)
Il m'est même arrivé, très immodestement, de me vanter de ce haut fait d'armes à plusieurs
reprises dans ma vie, avec les enfants notamment, pour leur donner l'exemple d'un père bon élève
travailleur à prendre en exemple.
J'aurais mieux fait de fermer ma gueule !
Lors de la reprise de contact avec Jacquin au téléphone, il m'a rappelé que j'avais copié le
jour du bac en snats....
Merde alors. Je ne me souvenais vraiment plus de cette histoire....
J'avais dû inconsciemment l'éliminer de ma mémoire......
Si l'on croise cette info avec celle de Coco Lafont - elle aussi oubliée comme par hasard..
- décrivant par le menu, dans son anecdote à mon sujet, comment je pompais d'une manière éhontée
pendant les interros, il faut bien avouer que j'étais quand même sacrément gonflé en ce temps là !
Deux témoins différents ne s'étant nullement concertés préalablement et confirmant une image
d'un potache peu fréquentable ne peuvent se tromper tous les deux.
J'étais un tricheur ..."invertébré" (en snats...) et invétéré ailleurs.......
Je puis cependant affirmer que les notes obtenues lors de mes études en fac et aux concours
professionnels que j'ai passés par la suite ne sont pas dues à la triche... Juré, je crache par
terre. Même si l'envie me démangea parfois, j'étais dans une autre vie, prof tout en étudiant,
et à ce titre grand pourfendeur d'élèves "indélicats".
J'étais devenu un adulte responsable, sinon honnête,du moins trop trouillard ou conscient du
ridicule de la situation, au cas où je me serais fait prendre, pour oser braver cet interdit suprême...
Dans mon rôle de prof et pendant les devoirs sur table, je devais même être particulièrement chiant
car l'un de mes anciens élèves, devenu un ami par la suite, me raconta que j'avais la réputation
d'être très difficile à tromper.
A la réflexion, ce témoignage tend à confirmer ce qu"affirment Coco et Jacquin..
En effet, étant sans doute plus averti que d'autres enseignants des méthodes employées pour copier,
je me rappelle maintenant avoir été particulièrement méfiant envers tous les élèves, arpentant
les rangées à la recherche d'anti-sèches, demandant parfois à ceux que je soupçonnais de complicité
de changer de place, allant même parfois jusqu'à ramasser et corriger les copies des voisins deux
par deux, dans le but de repérer des similitudes suspectes entre deux devoirs ou en tout cas afin
de dissuader à l'avenir ceux qui auraient eu la tentation de communiquer.
En fait, j'étais semblable au coureur de jupons, beaucoup plus jaloux envers sa compagne que
l'homme fidèle car il connaît trop bien la faiblesse des femmes qu'il a séduites.
Comme on dit chez nous en Bourbonnais (et sans doute ailleurs aussi), "Où c'est qu'ça va s'nicher ....."
Auteur : jcfJcf drible..et se trompe de panier:
Je m'souviens m'être fait remarquer par des titulaires de l'équipe de basket de l'ENG, lors de petits
matchs amicaux joués dans la cour. Je fus donc convoqué un jeudi comme remplaçant pour jouer dans le championnat
scolaire. Je commence sur le banc comme remplaçant evidemment. C'était ma première titularisation comme on dit
maintenant. Et je passe presque tout le match sur le banc... Normal, ceux du cinq majeur sont quand même
meilleurs.... Vers la fin de la seconde mi-temps, je ne sais plus vraiment ce qu'il se passe sur le terrain, croyant
finir la partie sur la touche.
C'est à ce moment que le capîtaine de l'équipe décide de faire sa BA et me fait entrer. Je m'exécute un peu dans
le brouillard. Assez rapidement on me passe la balle. Surpris de ce geste généreux, je commence à dribler et
ne rencontrant aucune opposition, je m'approche de la zone de lancer. J'entends bien que mes partenaires me crient
des choses que je n'entends pas et comme aucun n'adversaire ne s'interpose, je tente un shoot, et ne marque pas.
Heureusement ! Cela semble difficile à croire, mais j'avais essayé de marquer contre ... notre camp.
Inutile de vous dire que je ne fis pas long feu sur le terrain après cet exploit, et que je ne fus pas pressenti
pour d'autres compétitions...
De mon côté j'avais tellement la "tehon sur ma face" comme disent les gamins des cités en verlan, que je n'ai
jamais osé protester contre cette mise à l'écart ....
Une brillante carrière de futur basketteur international brisée dans l'oeuf par le sort en quelque sorte,
ou si vous préférez, Michael Jordan (ou Tony Parker) assassinés....
Auteur : jcf
Jcf en slip à l'ENF :
Je m'souviens m'être fait raccommoder un pantalon déchiré par une fille pendant la pause déjeuner.
J'ai oublié le nom de la couturière, mais ça devait être une moulinoise pour avoir osé le lui demander.
Nous nous isolâmes donc, en tout bien tout honneur, dans une salle vide entre midi et 2 heures.
Ca devait être une salle de sciences je crois.
En tout cas, je n'étais pas tranquille pendant que la demoiselle s'activait à son ouvrage avec ses
petits doigts de fée. J'étais en slip quand même, à l'ENF... avec une normiaude tenant mon pantalon
dans ses mains !!!
Je me demande comment nous aurions pu expliquer la situation si nous nous étions fait prendre ...
la main dans le sac. Je ne parle pas au sens propre bien sûr (encore moins au sens sâââle...),
surtout pour la normiaude, qui, elle, était restée habillée....
Clermont et Chamalières n'étaient quand même pas Sodome et Gomorrhe...........
Pour ma part, je ne saurais cependant affirmer n'avoir eu aucune pensée libidineuse alors que
j'offrais mes membres inférieurs dénudés - deux membres seulement... le troisème étant resté sagement
à l'abri de l'écrin douillet et peu sexy que constituait à l'époque le slip kangourou de base
- au regard modeste et non concupiscent (je veux m'en persuader)de celle qui prenait des risques
pour me rendre le service demandé.
Qui que tu sois, chère normiaude, je te remercie encore, par dessus les décennies envolées,
pour ce moment d'intimité très chaste volé à la barbe de l'institution républicaine chargée,
comme dirait Foucault, de "Surveiller et punir" (avec beaucoup de clémence, il faut bien l'avouer,
en ce qui concernait les Ecoles Normales que j'ai fréquentées...)
Auteur : jcf
jcf fait del'humour au ref (Ca rime !) :
Je m'souviens d'une scène au réfectoire de l'EN de filles.
Coup de sonnette énergique d'une surveillante. Silence total
"Il a été trouvé une petite bourse..."
J.C Fournier se déplie et proclame dignement
"Si c'est une petite bourse, c'est pas celle de Mauran..."
Auteur : J Louis Audoux
jcf profite (en tout bien tout honneur..) de Coco Lafont :
Je m’souviens
d’un certain Jean-Claude, assis juste derrière moi, en classe de
philo. Il
avait de longues jambes qui lui
permettaient d’atteindre sans problème les pieds de ma chaise et
comme je ne pesais pas bien lourd il s’amusait
régulièrement à me déplacer
pendant les cours pour faire rigoler son voisin Rondepierre, complice
de toutes
ses déconnades
et ma voisine Bes , qui , connaissait bien ma personnalité
timide et effacée et se demandait comment je le prenais .
Moi, ça
m’amusait aussi, faisant tout de même en sorte que les
profs ne
remarquent rien.
L’exercice se
révélait très commode
pendant les
contrôles de matières à leçons : JCF
pouvait, de cette façon, régler
confortablement son angle de vue sur ma copie. Comme j’avais la
réputation
d’être sérieuse et bosseuse (ce qui se révéla
être de moins en moins vrai au
fil de l’année) j’étais censée savoir, ce qui
était parfois le cas, mais pas
toujours !
Je
me prêtais volontiers au manège, très
flattée de la confiance qu’on m’accordait,
d’autant plus que le JC, ayant récolté
les renseignements utiles, en faisait à son tour
généreusement profiter
les copains autour de lui. Je n’avais qu’à bien me tenir !
Malheureusement,
comme mon enthousiasme pour le travail
faiblissait (il m’était venu d’autres
préoccupations !)
il arriva une
interro où je restai complètement sèche !
Embarras de mon voisin de derrière,
qui avait vue
plongeante sur une
copie blanche ! Embarras de courte durée, l’ami
Jean-Claude jugeant la prof pas trop vigilante (je ne souviens pas qui
c’était)
calla son bouquin sur ses genoux et
pompa rapidement. Après quoi il secoua vigoureusement ma chaise
pour m’indiquer
qu’il
voulait me passer ses sources, je refusai ! Je n’avais pas
l’habitude :
je me serais faite repérer tout de suite
et lui avec, ce n’était
pas de l’honnêteté, j’étais simplement
trouillarde ! Je l’entends encore
marmonner : « Qu’elle
est con ! Mais qu’elle est con !!»
(Il avait bien raison) Fou rire feutré
autour de nous ! Il fallait bien ça pour
décontracter ma voisine Bes qui
séchait autant que moi.
A la remise des
copies je ne me souviens pas de nos
notes mais seulement que JC en a remis
une couche en me disant que c’était
bien fait pour moi si la mienne était aussi
lamentable !
Auteur : Colette Lafont
Faire le mur à clermont :
Je m'souviens avoir fait le mur plusieurs fois à Clermont, mais pas aussi souvent qu'à Moulins
où cet exercice était devenu une institution, un véritable art de vivre, un rite de passage
obligatoire pour tout normiaud se respectant, l'administration fermant pudiquement les yeux
sur nos escapades en ville et dans la campagne bourbonnaise...
A clermont, c'était beaucoup plus compliqué et on risquait assez gros je crois, mais comme il
fallait bien se faire peur et montrer qu'on en avait, j'ai tenté l'aventure plusieurs fois,
et cela ne s'est pas avéré aussi périlleux que les normiauds de Clermont nous l'avait annoncé.
En tout cas, on s'est pas fait "pécho"......
A une occasion, nous l'avons fait avec Rondepierre, un jour de semaine, pour aller voir Brassens
dans une salle près des Sablons je crois...
Pour la bonne cause donc, les raisons étant, pour cette fois au moins, d'ordre cul...turel et
pas seulement, vulgairement... bon enfin bon......je n'insiste pas...
Et puis bien sûr, comme on nous avait vanté les mérites de la clermontoise, censée être beaucoup
plus délurée que la bourbonnaise de base, et surtout de l'étudiante, denrée inaccessible et
source de fantasmes illimités pour les potaches que nous étions, car vivant seule en ville,
il nous est arrivé plusieurs fois de rester le weekend à Clermont lorsqu'un bal de la Fac était
annoncé, et de braver l'interdit pour tenter notre chance dans le monde merveilleux des baloches
estudiantins de la capitale auvergnate.
Malheureusement, je ne me souviens pas avoir "pécho grave" (comme disent les dddjjjeunzz maintenant)
lors de ces raids nocturnes fleurant bon le danger et l'interdit.......
Enfin, peut-être un peu "pécho", mais pas "grave" si vous voyez ce que je veux dire ....
Les dames, qui ne sont plus des oies blanches (l'étaient-elles d'ailleurs toutes à l'époque..)
comprendront ce que cette expression en verlan des cités signifie. Inutile de traduire je suppose.....
On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans..........
Auteur : jcf
jcf et Rondepiere "se la pètent" critiques de cinéma :
Je m'souviens du ciné club, créé par le biziot et animé, à notre arrivée par des anciens.
Le premier film qui nous fut proposé était un film de John Ford, dont j'ai oublié le nom français,
mais qui s'appelait "Stagecoach" en anglais.
Avant la séance, un ancien présentait le film, le réalisateur, et ensuite, un débat, animé par le
présentateur, s'instaurait entre ceux qui restaient pour échanger. A cette occasion, je découvris
avec émerveillement qu'un film - y compris un simple western - pouvait faire l'objet d'un analyse
des procédés employés, tout comme un texte. Avec mon compère Rondepierre, nous nous pénétrâmes
rapidement du jargon cinématographique et bientôt il ne fut question entre nous que de contre-plongées,
travelling, plans américains, gros-plans, plans séquence, etc.... Les copains se moquaient de nous
évidemment et pensaient qu'on "se la pétait" comme disent les "dddjjjjeunes" maintenant, ou qu'on
fayotait le biziot.
Nous, on se foutait de ces critiques, on lisait des revues spécialisées, on parlait des films vus
dans les salles commerciales en se prenant pour des critiques des cahiers du cinéma. On parlait de
passer le concours de l'IDHEC et de devenir réalisateurs... (Faut ben rêver quand on est jeune...)
En tout cas, bravant les quolibets de certains dans la promo, on est devenus nous mêmes présentateurs
de films et animateurs de débats aux séances du ciné-club, ceci dès la 2ème année je crois.
Il me semble que le K-sic a commencé. Je me demande même s'il n'a pas tenté de faire un film en guise
de mémoire de 4ème année, oeuvre qui ne vit jamais vu le jour, ce qui lui valu d'être ajourné au CFEN.
Il confirmera ou infirmera mes souvenirs si je me trompe...
A Clermont-FD, il y avait une excellente salle d'art et essai de la FOL,où nous avons continué à
découvrir des classiques du 7ème art.
Avec Rondepierre et les autres "philosophes" (dont Bandiera en particulier et peut-être d'autres
dont j'ai oublié le nom), nous refaisions le monde de l'art et de la politique en commentant les films
vus dans cette salle et ailleurs.
On peut se moquer, mais je garde de cette expérience et de cette découverte un souvenir bien plus
déterminant pour ma formation intellectuelle, que la plupart des apports qui m'ont été transmis par
les profs de Moulins et de la plupart de ceux de Clermont (à l'exception de la prof de philo).
Petit lexique à l'usage des non-moulinois :
Le biziot : le directeur de l'EN de Moulins
Le K-sic : orthographe très moulinoise de Cacique : le major de la promo, Rondepierre en l'occurrence
pour la 59 63
Auteur : jcf
jcf et Rondepiere martyrisent le prof de musique :
Je m'souviens du prof de musique, LENOBLE, alias Boris, qui venait de Moulins, comme nous.
Il pensait sans doute que sa mutation le mettrait à l'abri de trublions comme moi et mon acolyte
Rondepierre...
Z'auriez vu la tronche qu'il tirait quand il réalisa qu'il allait devoir nous supporter encore
une année,lui qui pensait naïvement qu'il n'aurait désormais à faire, dans une ENF, qu'avec de
gentilles normaliennes sérieuses et disciplinées. Son nez s'allongea comme un tupolev à l'atterrissage..
Il en a chié encore pendant un an.
Je m'souviens en particulier d'une leçon où il a essayé de nous faire écouter et peut-être chanter
(il était un peu suicidaire non ?) la truite de Schubert (ou c'était peut être le roi des aulnes...)
C'est un peu comme si l'on essayait, aujourd'hui, de faire chanter en RAP, du Père Duval,
la "calotte chantante" comme dit Brassens dans les trompettes de la renommée, à des élèves d'une
section CAP d'un lycée professionnel de ZEP. Je ne me rappelle plus les détails, mais je crois bien
qu'il a dû arrêter la leçon au bord de la crise de nerfs. Il me semble également que nous avons
été collés avec Rondepierre et convoqués chez madame la Directrice;
Auteur : jcf
Gros plantage en disserte de philo :
Je m'souviens d'un gros plantage à une disserte sur Camus. Certes, je n'ai jamais eu de très bonnes notes en philo,
et je ne peux même pas invoquer, dans cette matière en tout cas, un manque de travail, ce qui serait plus flatteur
pour mon ego. La philo était en effet la seule matière qui m'intéressât et où je travaillais (les devoirs en tout cas).
J'étais arrivé à Clermont en me faisant un cinéma d'adolescent sur les études brillantes que j'allais accomplir par
la suite et je fantasmais comme un débile sur mon statut de futur intellectuel ....
Je dus vite déchanter. La prof n'a jamais vraiment apprécié mes élucubrations philosophiques.
Camus étant mon auteur fétiche, je pensais infléchir la tendance avec ce devoir et parvenir à modifier le regard que
portait Nelly sur le génie inconnu pour lequel je m'étais pris un instant dans mon délire insensé.
Je m'souviens avoir pris un sacré coup au moral le jour où ladite dissertation fut rendue. J'obtins ma plus mauvaise
note de l'année..........
C'est ce jour là, je pense, que je compris que je devrais probablement rentrer à Moulins après le bac, et j'ai vécu
cette année de philo comme un échec personnel, que j'ai surmonté bien sûr, mais qui a malgré tout laissé des traces,
me laissant l'impression que j'avais raté quelque chose d'important à ce stade de ma vie.....
Rassurez-vous, cette période m'a quand même laissé de bons souvenirs de déconnades avec les copains et les copines
de Clermont, et je pense qu'elle a aussi eu une influence positive non négligeable sur ma formation et
ma personalité.
D'ailleurs, si j'avais subi un traumatisme irréversible, je ne serais sans doute pas en train de vous raconter tout cela
et d'essayer de vous retrouver sur le net et également en chair et en os à l'occasion d'un repas .....
Les bleus à l'âme causés par l'amour propre blessé d'un adolescent ne sont pas insurmontables. En tout cas, ils sont bien
moins graves que les traumatismes dont parle Boris Cyrulnik dans son remarquable ouvrage sur la résilience ...
Et, comme le dit ce bon vieux Boris, les épreuves vécues, si elles sont surmontées, ont souvent un effet
positif sur la personalité et la vie d'un individu. C'est peut-être ce sentiment d'échec - que je ne peux attribuer qu'à
moi-même, à ma difficulté à faire un plan et à m'y tenir, à une tendance au délayage comme vous pouvez vous en
apercevoir en me lisant (et surtout pas à Nelly !) - qui m'a poussé à reprendre le chemin de l'université
et à contribué à me faire aimer sans mesure la vie estudiantine dont j'avais été privé à cette époque et les études
que j'ai entreprises par la suite...
Et en plus je persiste et je signe. J'adore toujours la philo...et Camus. Je co-anime un café philo, et j'en fréquente
quelques autres dans ma banlieue sud. J'essaie de lire des auteurs, bien qu'avec difficulté parfois s'agissant de
textes très abstraits (Kant, spinoza, etc...) En ce moment je pioche, pas trop laborieusement d'ailleurs, sur ce bon
vieux Hegel (la raison dans l'histoire...) En fait, inconsciemment peut-être, il est possible que j'essaie de prendre une
revanche sur l'échec subi cette fameuse année 61/62. Finalement, il me semble que ce sont des études de philo
- et non de langue - que j'aurais aimé faire. Mais je n'en avais sans doute pas les moyens intellectuels...
C'est ce que je me dis en tout cas lorsque je peine à comprendre un texte abscons......
Auteur : jcf
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