dimanche 12 août

Je n'ai rien à dire à ce journal qui me le rend bien. Cette matière étrange et bleue n'a qu'à se glisser dans l'une de mes failles, je les laisse tout exprès ouvertes pour lui faciliter le travail... qu'est ce qu'une mise en garde demandait le hérisson, la voiture roula brutalement sur l'animal bavard et déjà la philosophie du hérisson prenait un tout autre élan. Si j'étais animal de compagnie je serais une girafe histoire d'encombrer un peu le collectionneur.

Dis est ce que tu m'aimes ? il ne se lasse pas de ma trop grande vigilance et je me mords les lèvres d'être aussi opiniâtre.

Dors bien monsieur et madame du lecteur, pour ma part je vais me gaver de nuits parce que cela fait bien trop longtemps que je me contente de quelques bribes de jours.

Ah j'oubliais si sur ton chemin tu croises une de mes ersatz qui pullulent sur mes feuilles, mange la ou quelque chose comme ça, et surtout fais la patienter, elle a horreur de ça.

Monsieur Paul je vous remercie, je trouve vos mots aussi agréables que le seraient des planètes inhabitées si j'étais cosmonaute cherchant à s'illustrer.

(suite)

Une amie me parlait de l'interprétation des rêves, je trouvais une jolie métaphore pour lui expliquer jusqu'où pouvait mener l'association d'idées et la nuit même je faisais du ski sur une montagne de gazon tirée par une jeune femme athlétique. Je m'arrêtais au bord d'un précipice de 50000 mètres et je marchais juqu'à une maison habitée par une secte étrange. Au réveil je m'interdis d'y repenser pour éviter d'y voir une symbolique trop lourde.

Pierre dort encore, il grommelle sous la couette, à croire que mon cliquetis sur les touches encombre un peu son sommeil.

Côté écriture tout foisonne en ce moment, je crois pour la première fois sans doute au manuscrit sur lequel je travaille, je multiplie les projets par nécessité. Je me demande d'ailleurs comment j'en suis arrivée là ? 

Je remercie les provocateurs, je puise en eux comme dans des sources temporaires tandis qu'ils me malmènent parfois, ça doit être cela l'échange de bons procédés.

X m'écrit, me parle, sa vie a changé, il vit seul au fond d'une campagne, solitaire elle aussi. Je suis toujours là à l'écouter même si les réminiscences de notre vie d'avant sonnent faux. Je m'accroche à l'amour qui reste encore scotché à ma paroi et je lui reflète de douces choses, pour l'apaiser un peu.

Et je continue mon harcèlement interne, avec joie et douceur...

mot consenti : vo-lu-pté

A tout à l'heure...

 

 

 

 

 

 

 

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