Mardi 19 octobre

Les hommes ont ceci d'étrange qu'ils évoquent ce qu'il y a de plus beau et de plus vil en moi. Petite fille naïve et lucide je vogue entre les dérives de la société et les richesses qu'elle peut m'apporter. La seule difficulté réside à trouver ce que l'on cherche, y croire n'étant que le premier pas. Tout commence par des constats aussi épuisants que révoltants.
Je respire l'amour, je tente de le cacher, d'abord à mon reflet qui ne saurait me répondre et aux autres à qui je demande toujours trop, toujours plus.
Les mots sont des amis/ennemis, je me délecte des phrases sublimes à en oublier leur portée et il suffit qu'un homme me dise ce que je rêve d'entendre pour me laisser pétrir de sentiments.
Ces quelques jours ont été intenses, ils le savent tous les deux...
Hier soir, quelqu'un;-) m'a offert le CD de Jérôme Attal et les Argonautes, je n'arrive pas à l'écouter, ma chaîne m'en empêche, décidément... je garde donc ce CD avec l'écriture du dit Jérôme et des titres comme seules évocations de ses chansons. Je tenterais de trouver remède. Du coup je virevolte entre Ben et Jason, Murat, Rufus, Marianne, et des airs plus légers que je fredonne moi-même.
Aujourd'hui me remettre à écrire, et chercher toujours la voie impériale...
Bang bang bang m'agace, il me laisse dans cette espèce de torpeur dans laquelle je me fige. Cette nuit j'ai rêvé d'un avion énorme qui m'emmenait loin. Et nous atterrissions en catastrophe sur la route d'un village du sud. Et Jennifer qui m'invite à la sensualité...
J'ai encore envoyé des mots étranges à des journaux, tentant ma chance un peu partout avec l'espoir qu'un jour quelqu'un attrape la liane et me prenne au passage. L'écriture est devenue indispensable et je ne me vois pas l'abandonner. J'imagine que quelqu'un le verra un jour.
Je sais que rien ne se fait sans rien, me nourrir de ce qui m'entoure, aller chercher ce qui est loin, mélanger et servir avec délicatesse.
La musique prolonge mon rêve et la réalité aux traits grossis s'adoucit.
J'ai dans l'idée de créer un journal, fanzine bien que le mot me semble inadapté, un fourre-tout à mon image, une invitation au rêve, au voyage, à la poésie...
J'aimerais assez être apprentie, vêtue de guenilles dans l'atelier d'un savant fou, alambiques et grimoires en tous genres.
Je me suis déguisée et en dansant j'ai cassé un objet que j'avais fait. Aucune importance, les morceaux sont restés par terre le temps que je finisse de danser.
Je suis d'une maladresse énorme

Chaque jour je pioche un mot au hasard du dictionnaire :
Inadaptation 

Merde... à croire que je le fais exprès. 

Je me suis achetée une grenouille en plastique et je ne sais pas où je l'ai mise, à défaut ma salamandre fera l'affaire.


Je rêve, rêve, rêve et je me réveille, jamais toute seule, quelqu'un à mes côtés et quelqu'un pour me secouer. Comme une petite fille, me dire ce qu'il faut faire et ne pas faire. J'aimerais oublier les interdits et les obligations. Je me cache déjà sous des moues enfantines et sous les traits d'une femme aux mille visages mais il me manque encore des choses. Si dans le métro un type m'effraie, j'aimerais lui tirer les cheveux, le mettre à terre et l'obliger à me raconter une histoire. Si un autre m'amuse j'aimerais me mettre à ses côtés l'embrasser et rire avec lui. Je me souviens d'une fois sur la ligne 2, près de Pigalle, un homme s'est mis à faire des tas de contorsions étranges dans le wagon devant moi, il est resté la tête en bas à me sourire. Je rêve les hommes ainsi, la tête en bas, à faire des contorsions étranges et à me sourire.

Je ne sais pas si c'est le temps, aujourd'hui il fait gris, je sens l'automne, ça me donne envie de changer les choses, d'agir, de tout remuer et de voir les mines affligées par tout ce remue-ménage. Aujourd'hui j'aimerais être chanteuse.

Parfois je regarde le dictionnaire des lieux qui n'existent pas, c'est certainement un livre que j'aurais aimé écrire, des endroits où j'aurais aimé vivre. Je me suis inventée un pays, tout n'est pas merveilleux mais tout existe vraiment, ce qu'il manque aux gens c'est l'existence, l'âme, la vie... je n'en peux plus de croiser ces spectres, ils se réjouissent de banalités et oublient l'essentiel. Je me dis que les trois quart des habitants ici se suffisent de la médiocrité, sans rêve, sans volonté, c'est peut-être pour cela que je suis si sensible aux hommes qui ont des rêves démesurés et des passions destructrices/constructrices. Je veux croire que demain il m'emmènera dans un endroit étrange, inconnu, je veux croire qu'il soit capable de tout, je veux ces murmures gênés, je veux ces bêtises avouées, je veux ces maladresses, je veux croire à l'incroyable, je veux croire à la fantaisie et m'enivrer de cette croyance. 

Je n'entends plus Edouard Baer raconter des absurdités, qu'est-ce que c'est bon l'absurde... musique, délires, amour, bouffe.. voilà, pas grand chose en somme... moins compliqué à priori que de jouer les femmes d'affaires et de cristalliser des sourires entendus... tout le monde me demande de grandir, il faudrait peut-être que je m'impose cette discipline... en attendant je m'invente des phrases idiotes que je chante sur des airs connus, je m'invente un prince charmant surprenant, émouvant, tendre, brutal, libéré, torturé, savant, inculte, droit, biscornu, fort, faible, amoureux, fou, étrange, imprévisible, rêveur, rêveur, rêveur...

 Putain que je suis triste et vide aujourd'hui, un jour à manger du chocolat en écoutant ben et jason me susurrer leurs paroles à l'oreille. Je me vois dans un film perdue dans la ville, étrangère de moi-même. Et je me délecte de cette errance.

Je suis allée me promener dans les rues parisiennes, le froid m'a fait du bien, vivifiant... Au retour je suis pleine de bonnes résolutions. J'écoute Super Furry Animals en me trémoussant, yeah... 

Je me dis que j'ai la chance d'être aimée par un homme depuis cinq ans. Artiste, passionné, amoureux mais pourtant les regards des autres hommes me subjuguent plus qu'ils ne le devraient. Peut-être que lorsque je comprendrais tout sera plus facile. Je crois pourtant que mon terrible idéalisme y est pour quelque chose.

Je me souviens d'un bout de texte que j'avais écrit, pure fiction, et puis en relisant je m'aperçois du reflet...  

"Un couloir de métro. Personne aux environs. Juste des voix qui commentent une journée d'été. Je n’entends rien de leur conversation. Leurs paroles se perdent. J'improvise une partition, il me suffit de poser des mots sur leurs lèvres qui s’agitent. Je ne tiens pas à savoir ce qu'ils disent en réalité. Je vis d'opacité. Il ne faut pas autre chose pour rêver. Juste l'obscurité pour voir grand et imaginer autre chose.

Mon corps se laisse aller. Gras et mou, il s'enlaidit au fur et à mesure de mes angoisses, comme si mes doutes ne suffisaient plus. La laideur me libère des hommes, à passer inaperçue je gagne en consistance. J'échappe aux regards des gens, ni trop laide ni trop belle. Je me fous de n'être rien pour eux. Je sais que je n'ai pas le choix, même si je voulais être autre chose l'évidence est que je ne suis rien. Depuis que j'en ai conscience rien ne va plus, le temps de m'y faire certainement. Depuis j'ai du mal à ne penser à rien, à me laisser aller au rythme du quotidien. Je me suis créée un tempo lancinant pour réussir à battre la mesure tout en continuant à vivre. Jours répétitifs et réseau amical. La parade rien d'autre. L'illusion ne berce que les gens. Pour moi c'est autre chose, je connais mieux que personne la supercherie. Quitte à tromper mon monde autant aller jusqu'au bout. C'est un peu comme ça que tout à commencer. A trop vouloir exister."

Cela m'amuse parce qu'aujourd'hui je sais que je gagne en consistance dans le regard de ces hommes pour qui j'existe, qui m'aiment et me désirent... c'est ça qui me fait avancer... 

Je suis faite d'incohérences comme le monde et pourtant tous les deux on a parfois du mal à se regarder les yeux dans les yeux.

Aujourd'hui je me sens belle, de cette beauté mélancolique où le regard baigné de larmes qui ne veulent pas s'échapper vous vous accrochez aux moindres sourires, aux moindres gestes d'amour...

Vous deux :

Je suis désolée d'aimer autant, je suis désolé de vous avoir laisser m'aimer ainsi, si vous saviez comme je suis triste de savoir que vous m'aimez si purement... je vous remercie de ces phrases sublimes le long desquelles vous m'avez fait rêver...mes larmes ne sauront jamais vous dire à quel point je suis heureuse de ces moments inoubliables, gravés au fond de moi et de savoir que vous me voulez si irraisonnablement m'exalte au plus haut point.

 

Mercredi 20 octobre

Six heures et quelques, toujours la même heure comme un dicton du matin. Pleins de jolis rêves, la radio aussi. A écouter l'accordéon, j'ai imaginé mon harmonica bloqué dans une case. Une des huit cases sur mon bureau, les seules que je me sois octroyées. Le reste est fouillis et enchevêtrement. J'écoute parfois au milieu de la nuit ces discussions et ces musiques que d'autres entendent aussi. J'adore ces voix collées à mon oreille dans une intimité qui me rappelle ces soirées interminables presque chaque soir de mon enfance à m'endormir un peu partout pour suivre des parents flotteurs. Juste les voix pour me bercer et me faire partir un peu plus loin. Ce serait amusant de me greffer une voix, invisible aux yeux des autres, elle me suivrait comme une ombre. Du coup mes rêves sont dirigés par un mot ou une phrase. 

Un petit air de blues sur mon harmonica, G. m'aidera à jouer à merveille, il faudrait que je m'y remette, toujours dans ma poche prêt à servir, c'est là où devrait être mon harmonica.

Je ne me souviens plus qui mais quelqu'un écrivait que son film préféré était le Rocky Horror Picture show, je me suis replongée dix ans en arrière, à l'époque où le studio Galande était devenu le repère d'adolescents "je ne trouve pas l'adjectif". Riz, eau et PQ comme mamelles du spectacle. Le principe voulait qu'un gentil animateur sous l'écran anime (jusque là tout est logique) et lance de l'eau quand il pleuvait (logique implacable), tout se corse au moment où je ne sais plus pourquoi d'ailleurs, momifié par du papier toilettes il se jette dans la salle et vient se poser comme une grosse bobine rose sur mes genoux, moi de rougir et lui de me dire dialogues et chansons pendant des minutes qui plaisantes au début me semblent longues très vite. Je crois n'avoir jamais eu comme souvenir d'un garçon, somme toute amusant, un bout de papier rose aussi petit et pragmatique. Depuis, j'avoue qu'à l'idée qu'un jeune homme plein de talent arrive à moi momifié ainsi, ridicule et touchant, m'amuserait certainement.

Il a fait froid hier, aujourd'hui je m'emmitouflerai

Je vais voir mon mail et voici ce que je trouve

L'un :

"Allons, ma douceur, il ne faut pas pleurer. Tu es entourée d'hommes qui
 t'aiment mieux que tu ne t'aimeras jamais et qui n'exigent rien de toi. Nous ne
 sommes là que pour renforcer ton couple avec X. Sois heureuse et oublie
 nous."

L'autre :

"En pensant à toi, je me demande si la vie est belle ou si la vie est dure..."

Le troisième est parti.... travaillé


Ces mots qui devraient me rassurer me laissent un goût amer, X ne sait plus me donner du rêve au quotidien et eux m'en donnent, que devrais-je faire... tout arrêter et laisser là mes valises à envies sur le seuil... je ne suis pas malheureuse c'est juste un moment charnière où pour la première fois je me suis laissée aller à écouter mes désirs, le plus grand étant de vouloir vivre de ma plume, une nécessité, et j'ai peur d'échouer. Ce que j'écris n'a rien à voir avec ce journal, pas d'autobiographie flagrante, non quelque chose entre l'onirisme, la fantaisie et la prose/poésie. Des histoires étranges, des ambiances, de l'humour.

Ils me parlent à coups de mots bien sentis. "bien sentis", la dernière fois que j'ai écris cela je disais "à coups de langues bien sentis", je parlais d'une femme anthropophage à ses heures et par hasard, qui léchait ainsi le sang sur le poitrail ouvert d'un homme. Je devrais les manger moi aussi, cuit et cru, les grignoter et les assaisonner, quel régal...

J'aime X c'est sûr, je ne veux pas lui faire de mal, surtout pas, mais je nous en veux de cette fusion d'où je ne sors pas indemne, c'est un peu comme si j'avais tout à recommencé. Bien sûr j'ai fait des choses pendant cinq ans, mais j'ai surtout aimé, aimé l'autre si fort que je me suis perdue en chemin. Déçue aujourd'hui de ce quotidien qui ne me satisfait pas vraiment, j'ai l'envie et le besoin de me retrouver, de ressentir tout ce que je me suis interdit par amour. Alors je joue les funambules, l'équilibre est instable, j'ai parfois peur de sombrer dans la folie, l'abstrait est trop présent et la réalité n'a que si peu d'importance.

Mot du dictionnaire : 

Premier

Il n'est pas très beau ce mot là, quand tu es le premier tu n'a plus personne devant toi, tu guides et tu avances. Non je préfères ceux qui viennent après, bousculades et doutes, c'est plus excitant, l'envie d'être le premier et lutter pour y arriver, une fois que tu y es le plaisir doit être bref.

Pour ceux que ça amuserait de continuer l'histoire :

"C’était une de ces villes du Nord noyée dans un brouillard habituel. Les rues désertes s’éternisaient sous des lanternes amères et la lumière diffuse s’évanouissait sur les trottoirs.
L’homme au visage meurtri se faufilait à travers les passages les plus sombres.
Les saloperies qu’il avait absorbé coulaient à travers ses veines et se faufilaient dans son sang.
Et tandis que ses pas s’emmêlaient sous l’emprise du poison, la petite musique lui revint en mémoire.

AILLEURS

Je lui ai tiré une balle dans la tête.
Juste au dessus des yeux.
Je tenais mon arme bien droite, les bras bien tendus et j’attendais le bon moment.
Cela m’a semblé un peu long, un peu plus que je l’imaginais."

Bonbon acidulé, aujourd'hui c'est plutôt cela pourtant le froid est toujours là comme quoi tout est question de perception, avoir la bonne position au bon moment.

 

Jeudi 21 octobre

Toujours aussi tôt, une constance, au moins une. Certains trouvent que je parle trop de moi ici, c'est justement ce que je voulais, m'offrir cette plage, monde couché ailleurs que dans les abysses de ma cervelle.

Ce doit être chouette de n'avoir aucun rêve, trouver son bonheur au coin d'un rayon de supermarché, tiens j'essaierai pour voir. 

J 'ai tenté de me reconcentrer sur X, hein mon amour tout va bien... malentendus et incompréhension, je ne peux rien dire d'autre. Je vais faire en sorte de réussir de mon côté, écrire plus que de raison, trouver le boulot miracle, exultant... j'évite tous sentiments pour quelques temps. J'ai demandé à l'Autre de nous éloigner un peu, je lis son journal et je ne peux pas le laisser s'attacher ainsi. Gros seaux d'eau sur nos têtes brûlantes. Pour l'Un c'est un peu différent, là il peut m'aider, je le crois tout au moins...
Le virtuel est mauvais pour moi, zone libre, anéanties les barrières, rien que des mots flamboyants, pas de parasites autres, l'esprit à disposition, "allez mignonne ouvre moi ta tête", farfouillis là-dedans, quel bordel...
X n'a plus que mon corps, l'esprit est déjà ailleurs.

Johan m'écrit, c'est peut-être un prénom féminin, oui voilà rien à craindre, je ne réponds pas de peur que les mots me touchent encore. C'est terrible d'être aussi vulnérable. 

  Papon, Crozemarie, des procès de pacotille, on trompe son monde, la bonne conscience de la société. Je ne regarde même pas tellement tout cela semble vain. Tibéri, j'ai rencontré Xavière une fois, je me baladais et elle sortait d'une bijouterie, quelle démarche laide, quelle lourdeur, quelle conne...

Je lis le journal du chanteur délicat, je le sens aussi vulnérable sous des apparences autres, je me trompe peut-être mais cela n'a aucune importance. Le CD ne fonctionne toujours pas.

Hier pleine de bonnes résolutions, j'ai proposé sorties, concert, expo, spectacle, pour lui dire que je voulais encore partager des choses avec lui. IL m'a répondu avec tiédeur sont "mouhais" habituel, je hais la tiédeur, froid ou chaud mais pas cette entre-deux mollasson et inutile. Je ne crois pas qu'il ait compris ce qui se jouait. Toujours à moi de me mettre au niveau. Avec lui, avec d'autres... 

On s'est trompé sur toute la ligne, mes parents, moi, manipulée depuis le plus jeune âge, tiens ma chérie, mets ta panoplie d'amour et de sensualité, bien ma chérie, tiens mais aussi un zeste d'écoute, une pincée de folie, une once de fantaisie, oui voilà... des années à mélanger tout cela... je suis prête... ah ma chérie te voilà, mais qu'est-ce que tu fais habillée comme ça, va vite te changer met ton costume social, allez vite tu es en retard...

Son journal me fait mal, je souhaite qu'il trouve son équilibre, je sais, il sait que le silence est préférable. C'est pour toi et pour moi que je me tais. 

Mot au hasard du dictionnaire :

Assaut

 

Vendredi 22 octobre

Les choses se figent terriblement ou la terre tremble je ne sais pas trop. Hier soir mise au point avec X, pas même une dispute, une pseudo-discussion. Lassitude de chaque côté. Il devient fou à ne plus se rendre compte de ce qu'il m'empêche de vivre depuis cinq ans. IL me rend responsable de sa solitude alors que je fais tout pour l'en sortir. Il est seul dans sa tête, à qui la faute... Moteur, toujours moteur, je dois toujours trouver l'idée, toujours avoir la réponse, toujours dire le mot juste, toujours avoir envie de l'aider, toujours alimenter, personne ne s'y retrouve... J'ai passé la soirée ailleurs, je suis rentrée dans la nuit et je n'avais même plus l'envie d'aller vers lui. A l'heure qu'il est je ne sais pas ce qui est le mieux mais j'ai l'envie irrésistible de partir loin, tout quitter. l'impasse est là et partout, famille blafarde, travail médiocre... il reste quoi ? Le sol se dérobe et je dois encore une fois puiser la force au fond de moi... faire semblant d'aimer ce quotidien d'un vide absolu, j'ai juste envie de vibrer et m'amuser à nouveau, je suis faite pour cela... inventer folies et dériver des heures sur des idées fixes... au lieu de ça, un rythme imposé et sans surprise... pourquoi reste-t-il sourd et aveugle...

Cette année fut semblable à cela, ma mère à l'hôpital pendant deux mois, une opération banale qui tourne mal, personne dans la famille ne prend les choses en main. C'est moi qui m'y colle. Chaque jour je me partage entre le boulot à temps plein merdique au possible, la fac que j'ai repris et où je vais quand je peux, et juste après l'hôpital à être là pour ma mère, là où les autres sont encore transparents. Et puis ma soeur, petite soeur, qui vit mal tout ça et dont je m'occupe... putain de responsabilités toujours...  aujourd'hui j'ai envie d'être cet enfant qu'on cajole, qu'on emmène, qu'on guide...

La fac, vaste sujet encore. Cinéma, je rencontre, j'écoute, j'interviens, je fais ce travail sur la censure à la télévision, le prof pessimiste comme beaucoup me dit que même si j'aime faire des interviews il ne faudra pas compter dessus, la télévision est intouchable. J'écoute mais je m'en fous, je cours vers mes désirs et je rencontre John-Paul Lepers, Serge Halimi, Pierre Carles, Gébé, Alain de Greef... voilà crétin tu vois j'y suis arrivé... et puis le vertige de mes envies qui me reprend, le tourbillon est trop fort... des tas de conneries me plongent dans le désarroi, je prends la fuite, je me plonge dans l'irréel. Ma mère est sortie d'affaire mais pas Danièle qui sombre elle aussi... 

Faut pas croire j'ai envie de faire des choses, d'y arriver mais X ne m'aide pas dans cette quête, c'est lui qui m'a appris que le monde était pourri alors que moi je restais naïve, à y croire encore, c'est lui qui a restreint mon univers en me faisant croire des tas de mensonges... il pense qu'aucune femme n'est comme moi, c'est sûr je ne suis pas la midinette qui croit que l'apparence est une fin en soi, qui s'arrête à des dogmes instaurés qui ne veulent rien dire, c'est ma sincérité qui le touche le plus... c'est drôle non ? c'est la première fois que je ne lui dis pas ce que je ressens, pour la sincérité on repassera, c'est la première fois que je sais qu'il ne comprendra pas... je suis incapable de savoir si l'on s'aime encore.

Mot au hasard du dictionnaire :

Détonation

Merde, ça veut dire quoi, se faire sauter la cervelle, faire tout sauter autour de soi, c'est quoi cette putain de détonation... demain je m'arrange pour être du côté des B, bonheur, béatitude, bravoure, balades, bref...

Je m'éloigne de l'Autre par égard pour lui et je tombe amoureuse de l'Un par égard pour moi. Je ne devrais pas écrire cela parce que je sais que mon journal sera lu, parce que je sais que l'Autre ne supportera pas, parce que je sais qu'il me dira d'arrêter mes délires, mais qu'est-ce qui est le plus insensé aujourd'hui... Je sais aussi que je l'adore (l'Autre) même quand il me dit des choses que je ne veux pas entendre, je l'adore pour ce qu'il est et égoïstement (comme d'habitude) parce qu'il est le premier à avoir posé sur moi un vrai regard de ceux que je n'avais pas senti depuis longtemps... moi quand je serais grande je serais écrivain et je ferais rêver les gens, ça manque trop les rêves...

 

Samedi 23 octobre

Etant donné qu'aujourd'hui je dois me lever tôt le réveil est assez douloureux. Je pars à la recherche d'une robe de princesse mais à voir les images de la bestialité humaine je remballe mon romantisme sournois et affûte les quelques griffes qu'il me reste encore.

Le chanteur délicat a une vie sentimentale et ses chansons restent toujours aussi muettes sur mes platines mais c'est encore et encore une autre histoire.

A y est... j'ai cru pendant des années qu'on disait a y est, omnubilé, raboule le fric, des trucs comme ça...

Je disais "a y est" parce que X et moi avons enfin parlé. En gros, et sans me lancer dans les détails de détails, je lui ai dit et il m'a dit. Il veut que je reste à ses côtés tout en ayant ma vie, en fait il pense être incapable à l'heure actuelle de me donner ce que je désire mais il me veut épanouie et heureuse, il se rend compte que son attitude m'a poussée à en arriver là. La journée d'hier fût emplie de larmes et d'émotions contradictoires. Avec toi, sans toi... nous allons déjà tenté la séparation d'esprit à défaut de celle de corps, chaque chose en son temps, tout cela est bien compliqué mais la solution que nous avons trouvé nous parait finalement assez excitante, je me demande où est la part de sadisme et de masochisme. 

Toujours aucun garçon enrubanné de papier toilette à ma porte. L'appel n'a pas été assez entendu, l'offre n'est sans doute alléchante que pour mon regard biscornu. 

J'ai une piste de boulot à explorer...

Ce matin je suis plutôt Super Furry Animals et ils seront en première partie de Suede ce qui n'est pas pour me déplaire, cela compensera la sex-attitude de Brett... tiens ça me fait penser que la seule rencontre sympa que j'ai faite dans mon futur-ex boulot est celle d'un anglais ancien roadie des Stranglers et autres et ami de Brett dans l'enfance, petites anecdotes et souvenirs sympathiques.

Mes bâillements intempestifs, mes étirements affolés empêchent mes petits doigts (peu) scrupuleux de taper allégrement, je m'en vais donc. 

Je hais le polystyrène et il me le rend bien.

Mot au hasard du dictionnaire :

Office

Quelle semaine ! de rebondissements en surprises, d'émois en déceptions, d'envies en dégoûts. J 'ai revu l'Un dans l'idée de commencer une histoire et puis la réalité n'en a pas voulu. Je crois que dans la réalité personne ne pourra jamais remplacer X mais pourtant l'Un virtuel me manque terriblement. Je suis coincée dans une sphère étrange entre concret et abstrait, forme et fond, ballottée et malmenée.

Trop de monde à Bastille je n'aurais donc pas ma robe de fée, pas de prince charmant non plus. 

Chose étrange encore en ce samedi, alors que je suis à la recherche d'un boulot, hier première proposition et cet après-midi l'appel d'un centre culturel. Le directeur a retrouvé en CV datant de 96, comme s'il avait senti ma recherche actuelle; hasard et coïncidence comme dirait l'autre plouc. J'y suis allée en fin de journée, sa proposition ne me tente pas trop.

Petite annonce :

Prince très très très très charmant, prêt à tout et tout et tout et tout

Un boulot

Un éditeur

Un génie qui exauce les voeux, pas un génie de pacotilles, un vrai génie

 

Dimanche 24 octobre

Rufus me réveille de sa jolie voix, rien que pour moi, l'illusion ne fait pas de mal... Hier la soirée fut délicieuse avec X, des retrouvailles momentanées peut-être mais cela est sans importance, je vois les choses totalement différemment. Je me sens libre pour la première fois depuis longtemps. Libre de mes états d'âme, libre de mes mouvements, libre de mes envies... peut-être qu'un jour mes lèvres se poseront sur d'autres corps, peut-être jamais, je ne sais pas, je me laisserais aller. Aussi étrange que cela soit, savoir que je peux dire oui m'incitera à dire non si je le souhaite. Ce n'est peut-être pas très clair pour d'autres mais pour moi c'est limpide aujourd'hui. Je serais capable d'aimer dix hommes en même temps.

Mot au hasard du dictionnaire :

Fermement

C'est exactement mon état d'esprit, ferme sur mes choix et mes emportements.

Je m'apprête à écrire un patchwork littéraire, distribution partout, librairies, mains tendues, mains cachées.

Je m'apprête aussi à un déjeuner familial, j'en ai horreur mais observer m'amuse, je joue les fantasques.

L'Autre me manque, peut-être que moi aussi je lui manque un peu, cela dit je pense qu'il est surtout absorbé par d'autres pensées.

J'ai vu un petit autel chinois aux puces, il est resté sur l'étal.

X s'est essayé à l'origami, sa grenouille ressemblait à un cafard, j'ai ri et lui un peu moins mais un petit peu aussi. 

Mon père a laissé un message sur le répondeur, pathétique à souhait, trémolos et émotion forcée dans la voix. Rien que de l'artificiel. Rien que du destructeur. Il me prend pour tout sauf pour sa fille, femme, mère, tous les rôles sont pour moi sauf celui attendu. Je hais le misérabilisme.
Homme admiré pendant une vingtaine d'années puis tu deviens toi aussi femme et la vérité éclate. Celui qui t'a tout appris, qui t'a donné les mots pour t'exprimer, insufflé idéal et volonté, le voilà immobile et restreint. Je ne l'admire plus c'est aussi bête et aussi douloureux que ça. Il a écrit un bouquin comme une dernière lueur après des années d'enfermement, c'est illisible. Une autobiographie. Pathétique. C'est lui qui aujourd'hui m'adule, guette la moindre de mes réactions, la faiblesse à l'état pur. Je souhaite que son bouquin ne soit jamais édité, c'est un leurre, tout ce qu'il dit est un leurre. Il a tenté de me détruire mais cela n'est pas dit, pas même suggéré. Il m'aurait donné la corde pour me pendre.
Une des dernières lettres qu'il m'a écrit disait entre autres :
"L'un des meilleurs moments de ma vie et en tous cas le plus extraordinaire, c'a été ta naissance : le coup de foudre. Mais je ne veux pas t'embarrasser avec des considérations qui n'intéressent que moi.
Mais je voudrais au nom de cela, car j'ai le sentiment terrible que nous ne nous reverrons pas, je voudrais que vous ne veniez pas sur ma tombe, si j'en ai une, car j'aurais (maintenant) le sentiment d'une trahison et d'une grande hypocrisie. Vous m'avez condamné, vous devrez me laisser en paix là où je serais quand j'y serais".

C'était il y a deux ans, depuis je prends dans la tête régulièrement des chantages au suicide, desquels il faut que je m'extirpe. Calculateur et malin il sait me prendre au piège. Depuis quelques temps voyant que cela ne marchait plus il a trouvé autre chose, il prend un air fragile et me raconte des choses et d'autres et au milieu d'un flot anodin me dévoile des évènements tragiques que j'ignorais. Il veut me faire payer le fait que je choisisse une autre voie que la sienne, écrivain et cinéaste raté, il jalouse mes rêves.

Le dernier truc qu'il a trouvé c'est de faire la grève de la faim, cela m'amuse presque en y repensant, sur le moment c'était un peu plus délicat à gérer. Je comprends parfois d'où vient mon imagination.

L'Un a eu raison de ne pas répondre à mes caprices bien que je lui en veuille terriblement, je sais qu'il a raison. J'adore sa petite voix.

DooLittle se rapelle à mon bon souvenir... Hey que je chante avec Charles T. ...must be a devil between us... we're chained...ained...ained...

J'ai la chance de combiner complexité et légèreté, cette étrange capacité à rire vraiment et à pleurer vraiment, à être chieuse et agréable, à être toujours thèse et antithèse, la chose et son contraire.

J'aime bien lire le journal de Jérôme Attal, il me fait rire, je me demande comment est sa dulcinée du moment. Pure curiosité.
Sophie Calle a suivi plusieurs fois des inconnus dans les rues, allant sur leurs pas, c'est un jeu qui m'amuserait, voir sans être vue.


Lundi 25 octobre

La journée commence par deux coups de fil, celui de l'autre et celui d'un entretien mercredi pour un boulot qui pourrait s'avérer intéressant.

L'Autre... vaste sujet... dès que l'un tente de s'échapper, l'autre le rattrape avec férocité. Chacun notre tour, nous laissons embarquer dans la confusion.

J'ai entendu l'histoire d'une femme qui se laissait pourrir, ça m'a donné l'envie d'écrire, elle ne quittait plus son appartement, ne s'était pas lavée les cheveux depuis deux mois, elle se laissait user par le seul passage du temps sans autre artifice. Je ne sais pas ce qui me fascine à ce point, j'aime bien ce genre de destins banal et extraordinaire à la fois. Une sorte de métaphore tridimensionnelle, pesante et légère, pleine d'incohérences et d'adéquation.

Dimanche familial... ah sacrée famille... banalités recrachées, et ce bout de chou adorable qui comme s'il avait deviné mon trop plein vient à moi, me caresse le visage, me tend des livres, et nous passons deux heures à se papouiller en racontant des histoires... délice

Les idées me reviennent, je les laisse m'imprégner.

Je suis invitée au vernissage d'un artiste que j'aime beaucoup, j'irais avec plaisir. Chaque fois je sens l'évolution et les influences, c'est plutôt agréable de se faire ainsi chamboulée par ses sens. Les occasions se font trop rares, d'où peut-être la joie de leur apparition au hasard des situations.

C'est bête je ne peux pas faire de dessins, mes mots sont rectilignes aussi droit que mes idées tordues.

Mon livre avance, ce matin le flot continu, j'en ai profité. Dans les moments où l'inspiration manque je corrige, relis, réfléchis... thé à la menthe pour réchauffer corps et esprit... relecture, écriture et mixture. John Cale en fond, du baroque plein les oreilles, envolées et ornements plus qu'il n'en faut, du charme malgré tout. Question musique plein de retard, plein de choses que j'ai envie de découvrir, je ne vais pas tarder à me ruer chez les disquaires, pour le moment je reste sage, fidèle à mes vieux compagnons. Hier je me suis faite la totale Pixies et ce n'était pas désagréable, mais pour travailler c'est pas l'idéal, je chante et chante encore... Dear Prudence de Siouxie et son album de singles, j'aime assez. Je remets le nez dans ma modeste discothèque et réécoute au hasard des chansons. Je retrouve une K7 qu'un gentil garçon m'a concocté, au programme musique des années 80 plein de petites choses bien pétillantes. A se régaler les papilles mais à s'étouffer aussi, tout est question de dosage.

Mot au hasard du dictionnaire :

Balayer

A croire que ce dico me nargue...

 

Mardi 26 octobre

"Les relations ne sont jamais figées", cette phrase idiote prend tout son sens.

Hier soir, nous nous sommes appelés avec l'Autre. Il trouve que je le remets un peu trop brutalement dans la réalité, mais c'est la seule voie qui puisse l'aider. Je ne me sens ni l'envie ni le droit de le tromper sur mes sentiments et sur les siens. C'est un vrai coeur tendre qui se laisserait dévorer sans embarras. Je module seulement mon appétit.
Vers 23h, le signal du double appel, c'était I., j'ai raccroché de l'Autre. I. c'est un souvenir magnifié. Nous avons eu une aventure avant ma rencontre avec X. Plus jeune que moi, nous nous sommes séduits, rendus fous, puis la distance, l'âge aidant nous nous sommes éloignés. Nous nous sommes appelés à l'occasion. Et puis il y a un ou deux mois, après deux ans de silence, le téléphone a sonné. Il venait de vivre une séparation douloureuse. Nous avons parlé comme deux amis qui se retrouvent, assez brièvement par manque de temps. Il y a peu je lui ai laissé un message, je savais que rien n'était facile pour lui en ce moment. Et il m'a donc rappelé. C'est étrange comme les choses sont faites. Nous naviguons désormais dans les mêmes eaux, mêmes envies, mêmes désirs, même image de l'autre, mêmes jeux. Nous sommes restés deux heures à nous raconter l'essentiel. Le réel reprend sa place et cela ne peut que me faire du bien.

Mot au hasard du dictionnaire :

comice

 

Mercredi 27 octobre

J'ai mal au ventre, à me tordre... toute seule avec mes douleurs. Pendant les trois jours qui viennent j'enchaîne les entretiens, mouvant et excitant. J'ai hâte autant que je redoute. Les trois propositions paraissent chacune avoir des qualités, trois chemins différents.

J'ai préparé un petit livret-patchwork, il devrait être prêt entre aujourd'hui et demain et je sais déjà où le donner. Absorbée par plein de choses, j'ai un peu plus de mal à continuer mon livre, je me rassure en pensant qu'écrire tous les jours serait lassant. Mon énergie passe dans d'autres projets.

Ces temps-ci je n'ai plus trop envie de parler de mes sentiments, les émotions sont tellement fluctuantes que je me garde de faire partager mes incohérences du moment. Je ressens comme une certaines douceur, un calme grisant qui m'emporte vers d'autres rêves. Je garde en mémoire les phrases et les regards et je m'en nourris encore. 

J'ai trop parlé, trop dit, trop voulu, là j'aurais juste besoin d'écouter...

Mot au hasard du dictionnaire :

Cas

 

Vendredi 29 octobre

Mon premier entretien mercredi s'est plutôt bien passé, j'en saurais plus la semaine prochaine, j'ai réussi à faire rire le directeur qui avait la lourde de tâche de m'accueillir, je n'en suis pas si mécontente. Celui d'hier c'est autre chose, boulot intéressant mais milieu branchos qui me révulse quelque peu, à voir en somme.

L'Un me reprochait de m'attacher trop vite aux gens, je ne peux pas dire le contraire. Mais de lui je me suis aussi vite détaché, il a tout fait pour cela, cependant il me reste un goût amer de ceux qui agacent à force. Je lui en veux de m'avoir tout donné et tout repris aussi vite, une déception voilà tout.

Sérénité. Je m'imagine marchant le long d'un mur immense, si je tourne la tête je ne vois que ces briques logiques et linéaires et si je regarde ailleurs c'est l'océan qui s'offre à moi avec ses promesses d'éternité. Tendresse et romantisme, je me veux fleur naïve aujourd'hui, à juste me laisser porter par des sentiments calmes et voluptueux.

X ne va pas bien, il me rend le quotidien difficile, il me demande d'être là plus que jamais tandis que moi je rêve de fuir. Je panse ses plaies béantes et cela me coûte.

L'Autre s'occupe de moi à merveille, il est là et c'est le plus joli cadeau qu'il pouvait me faire.

Je sais désormais que ce que j'attend est là, pas loin, qu'il faut que je fouille au plus profond pour extirper la matière idéale, construire et aller au bout de mes rêves. 

Message à l'un :

Pour éviter de t'appeler à nouveau et de sentir chaque fois un peu plus à quel point je t'ennuie, je voulais juste te dire deux ou trois choses, à défaut je te les écris :

Tu as déjà compris à quel point je t'en voulais de cette indifférence imposée, à croire que la sincérité n'était qu'un leurre. Cela n'a plus vraiment d'importance. Toutes les confidences que je t'ai dites me donnent la nausée, tu as emporté une partie de moi sans doute essentielle et tandis que sur toi les choses glissent, sur moi elles s'imprègnent pénétrant chacune de mes cellules, la différence est peut-être là.

Ta façon de te protéger et ta fermeté légendaire te permettront j'en suis sûre de devenir ce grand journaliste que tu souhaites être par dessus tout. Je fais confiance à ta persévérance.

Mais c'est pourtant cette même attitude qui t'empêchera d'aimer et à défaut, d'être aimé.

Je souhaite sincèrement qu'une femme puisse ressentir ce que j'ai ressenti moi-même de façon si fulgurante et si intense. A toi de jouer.

Mot au hasard du dictionnaire :

Grec

(j'avoue qu'à cette heure matinale, ce mot me laisse sans interprétation)

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