Vendredi = insoumission
Samedi = insoumission/soumission
Dimanche = équilibre
X est parti travaillé en ce jour, il m'a déposé un baiser et moi toute endormie j'étais déjà dans d'autres rêves.
Vendredi il est parti, épuisé, nerveux, à bout. Je me suis retrouvée seule pendant ces trois jours. C'était plutôt bon de me sentir libre.
Samedi, 7 heures, l'Autre est arrivé, adorable, avec un sac de pains aux chocolats dans les bras (j'adore le chocolat). J'étais épuisée, je m'étais couchée tard, levée tôt, j'avais pleuré, ri, écouté de la musique, j'avais eu l'Un des heures au téléphone. Musique, discussions, il est parti vers 17 heures. C'était très agréable d'accueillir l'Autre ainsi. Quasiment toute ma discothèque sur la platine, à lui faire découvrir des groupes aimés, des mélodies (mot tragique...), des chansons-phares, de celles dont vous ne savez plus à quel point elles provoquent ou suivent vos émotions.
Vers 19 heures j'ai appelé l'Un, j'avais envie de l'entendre.... Toute une nuit à ses côtés.... je sais qu'il adore que je parle de lui, alors je parle de lui mais je garde pour moi l'essentiel et le merveilleux... bouche cousue...
Et puis X réapparaît mais mon coeur ne change pas de forme pour autant, il accueille ces amours avec le plaisir qui se lit et se dévoile aux coins des mots et aux creux des soupirs. L'Un le sait.
Brocante du dimanche, objets insolites sous le bras, Brain Dead sur petit écran, yeux fatigués, souvenirs ancrés, 9 heures plein la tête, retrouvailles fougueuses et toujours ses deux hommes dans mon coeur.
Mot au hasard du dictionnaire :
Fatalité
Mot à bannir du dictionnaire :
Fatalité
Justification (autre mot à bannir cela dit) : Mot assassin, briseur, mot qui anéantit, qui plaque à terre, mot-vais-mot
Bric-à-brac :
J'aime beaucoup la scène d'intro de Brain Dead, je retiens une phrase pendant deux heures et déjà je ne m'en souviens plus.
Tout à l'heure mon cher grand-père entre à l'hôpital, tumeur au poumon, sale bête... mille pensées
amour, quiétude, volonté, sensations, frissons, duo, complicité, tendresse, sourires
La triste fin du petit Enfant Huître pour m'endormir; Belletto a traduit et je me souviens de ma fascination pour cet homme grand, les cheveux grisonnants, et sa main dans mes cheveux j'avais huit ans à peine.
Rien à dire et tant de choses à faire, je meuble de mots inadéquats cette nouvelle page, j'enfile un pull, pleins de poches un peu partout et je vous glisse dedans, vous me suivez, transportés, prêts à vivre pleinement chacune de mes incohérences, chacune de mes envies, chacune de mes créations, chacune de mes idées, chacune de mes dérives, vous restez dans ma poche à agir et vivre et vous me chuchotez des histoires très drôles, des mots farfelus, des déclarations merveilleuses, je ne peux que vous traitez d'idiots en vous aimant follement.
Je pars en croisade contre l'immobilisme, où qu'il soit, palpable, au coin d'une rue, dans ces bureaux, à cette émission, dans ce coeur... remuons, bougeons, vibrons... yeah... bon j'arrête là parce que finalement je n'ai pas grand chose à dire et un millier de choses à partager.
Cueillette de richesse et pêche en tout genre.
A défaut d'Arab Strap en concert hier soir, je les écoute ce matin, c'est divinement agréable, une douce sensation.
J'attends les réponses des entretiens assez sereinement. Je me sens amoureuse, tiraillée mais amoureuse. C'est déjà ça. Je lis les poèmes de Desnos et ouvre au hasard ce livre énorme qui me promet plein de surprises. J'écoute Piano Magic avec délectation, j'aurais presque goût à écrire à nouveau.
La soirée mouvementée me transporta à nouveau vers une folie coutumière ces temps-ci. X se montra violent et agressif, pour la première fois des stigmates ne nous permettent pas d'oublier. Nous parlons, tentons de refaire ce qui se défait, faire ressortir notre amour pour se protéger de tout ce désamour qui nous entoure.
"crown estate" et je me délecte, je me love et je me terre et je souris parce que je crois, malgré moi d'ailleurs.
Mon grand-père drague les infirmières, je me dis que tout va bien, ce n'est que le début mais pour l'instant tout va bien.
Mot au hasard du dictionnaire :
Assuré
Je retranscris les interviews que j'avais fait sur la censure, je redécouvre des moments et des envies et des tas de choses enfouies... j'ai un sourire béat sur le visage et la douceur comme un noeud au coeur de mon abdomen
J'ai appelé l'Autre avant qu'il parte en voyage pour quinze jours, je le connais il aurait été capable de m'appeler de l'autre côté de la Méditerranée... Je le bouscule un peu pour qu'il arrête de m'aimer, et qu'il cesse au plus vite son misérabilisme...
Hier je suis allée voir l'exposition des artistes naturalistes au jardin des Plantes, rien de très merveilleux, les autres années m'avaient toujours réservées d'agréables surprises, là il y avait quand même ce parterre d'autruches qui m'a amusé, je n'aurais jamais cru que des autruches m'amuseraient, comme quoi la vie peut parfois être adorable de surprise. Direction la Mosquée, endroit branché, mais je ne me lasse pas du décor et du thé à la menthe. Petit tour à la librairie du muséum et achats à la dérobade, sculptures animalières et psychologie et comportement animal au programme. Tiens cela me fait penser au cahier sur les araignées que je m'étais acheté et que je n'ai pas encore lu. Dans le même genre j'avais contacté le seul occupant d'un tout petit musée de Suisse qui avait écrit un petit livre passionnant sur le dahu sa vie, ses moeurs avec même une mèche de poil de l'animal convoité... je crois que j'aimerais bien que l'un de mes princes soit cryptozoologue et qu'il me raconte des tas d'histoires alambiquées, désordonnées et passionnantes.
Un jeune fou m'a proposé une île, elle se construit petit à petit et je m'emplis de tas d'histoires pour avoir des milliers de mots à s'échanger les soirs où sur cette île nous referons notre monde, la création comme rêve absolu, et l'idéalisme comme guide, étoile lumineuse inatteignable et brillante au possible.
Je n'ai toujours pas retrouvé ma grenouille en plastique et ma salamandre fait toujours l'affaire.
Je suis en attente des réponses pour les
entretiens et en attendant je me retiens de parler, alors je passe d'une chose
à l'autre, une pensée bouscule une autre pensée, et phénomène réjouissant
j'ai en ce moment un appétit/ogresse d'apprendre, un besoin de lire trois bouquins
à la fois, d'apprendre deux instruments en même temps, d'aimer plus que de
raison, de travailler, de manger.
Je sais à quel point j'aimerais agir sur le monde parce que je sais ce que je
peux lui apporter, c'est une évidence, une frustration aussi, et le doute
assaillant... mais l'envie plus que tout.
Mot au hasard du dictionnaire
Balbutiement
Jeu de piste. Je suis pas à pas les indices qui me mènent vers l'ultime. Amour et volupté, j'adore aimer et cela me donne des ailes et l'Un s'enferme dans sa cage dorée et moi je me pavane derrière les barreaux parée de mon plumage aussi incertain que facétieux, j'adore parader, aimer et vibrer...
Je dévore récits après récits, hier Burroughs et Bukowski, j'entame aujourd'hui un livre de Cyber Trash Critic "Je suis le peuple qui manque", dans le fatras de livres de ce libraire se cache des inédits, des trésors, des anonymes. J'ai regardé la quatrième de couverture et me suis laissée guider "J'ai connu un type, il pouvait pointer jusqu'à 473 fois par trimestre. Lui, vois-tu, il avait une technique top. Quand avec une main il avait tendu sa carte de pointage à l'employé, il faisait un saut périlleux en arrière puis il tendait une deuxième carte de pointage avec ses pieds. Il pouvait rester pendant plusieurs heures à sauter devant le guichet. Seulement, un jour il s'est endormi en sautant et il s'est fracassé le crâne sur le lino. Dommage, car il était en passe d'établir le record mondial de pointage trimestriel en ANPE..."
Mary sur la "platine"CD de mon ordinateur, j'enchaîne avec All Seeing I dont j'adore le 1st man in Space, plaisir, plaisir.
I. m'appelle ce matin, discussion enjouée, rieuse et totalement désordonnée. Nous nous voyons certainement dimanche prochain. J'ai une semaine pour trouver l'endroit insolite, approprié et je réfléchirais plus tard.
Vendredi matin, impatiente comme à mon habitude, j'ai appelé et pour les entretiens je suis reçue à la première épreuve. La semaine prochaine sera décisive. C'est à la fois excitant et terriblement angoissant. Les périodes charnières sont toujours dans cette équilibre précaire, mélange de sentiments extrêmes.
Gilles, je te remercie... cette phrase résonne en moi, une pierre posée, compréhension mutuelle peut-être. Et cette soif que tu as, me rend prolixe, encore un regard qui me pousse à être plus que je ne suis déjà...
Mot au hasard du dictionnaire
Libertinage
Je voudrais le faire exprès que je ne ferais pas mieux. Ce dictionnaire me surprend de jour en jour, presque aussi imparfait et facile et tentant qu'un horoscope. Le hasard me motive.
Les Innocents me murmurent une vie moins ordinaire et je chante encore et toujours.
Je commence K. Dick tout en me plongeant dans les fantaisies pas si fantasques de Desnos et j'imagine mon pays imaginaire aussi beau qu'un livre, avec à chaque recoin une phrase que l'on imaginait pas et un mot qui percute, qui chavire et qui modifie si bien, si vite et si profondément.
X se montre bien plus attentif, il me répète qu'il m'aime, il veut de la sérénité et il aime pourtant me voir si vive et si assoiffée de tout. Je suis sa petite flamme irrégulière, tantôt braise, incandescente et terne, tantôt sensuelle et envahissante mais toujours feu.
Musique, musique, musique, que tout le monde éteigne sa télé, ferme ses yeux et profite du spectacle, savourer voix et ambiance. Je ne vois pas les choses autrement.
Ma guitare arrive avec un copain en fin
d'après-midi, j'aurais la surprise de sa couleur, sa forme et tout et tout...
je suis bien sûr impatiente de gratter, frotter, vibrer... une véritable
petite fille (ce n'est pas une surprise). Levée tôt, X s'est réveillé au
petit matin, une habitude certainement. Il me surprend encore et encore. Hier
soir il me dévorait et tout en me dévorant il me disait "...(l'Un)
aimerait sûrement être à ma place", il sait très bien et parfaitement
ce qui m'anime, il comprend peut-être mieux que personne le besoin essentiel
que j'ai de me sentir aimée, désirée... parce qu'il sait mieux que personne
ce besoin que j'ai de donner, ce trop plein qui m'étouffe. Les femmes ont plus
de mal à comprendre cette envie, elles aiment une partie de moi seulement, je
crois que je préfère être aimée par des hommes qui m'aiment en totalité :
femme, enfant, séductrice, faible, forte, inattendue, réfléchie... je crois
que c'est cette espèce de globalité que j'aime chez l'homme même si le risque
encouru est grand, je me risque à tomber amoureuse, à souffrir, et comme le
dit Tue-Loup "alors on redit je t'aime/un peu trop vite sans même/y
réfléchir à deux fois/et puis s'en mordre les doigts/elle s'en épluchait les
phalanges/en maudissant dans sa fange/cette sale petite voix du coeur/qui nous
fit croire au bonheur"
L'homme me permet d'être moi-même, libre... je hais/adore, inconstance des
sentiments et ivresse des sens.
Je crois que X aime me voir jouer ainsi, il sait que je me cherche, il souhaite que je me trouve, il faut certainement en passer par là. Sans doute aussi parce que le jour où nous déciderons d'avoir un enfant, je veux être sûre de moi, donner un équilibre (le meilleur des équilibres... possible)
"Vingt-six années nous séparent,
l'océan peut-être aussi, je ne sais pas où ton choix se portera vers quel
pays, quel ville... le hasard pour moi, la vie pour toi... J'aimerais te dire de
belles choses pour ne pas trop t'affliger déjà, j'aimerais te dire à quel
point la beauté est là, tout est question de perception. Je sais que si je te
disais tout ce que je n'aime pas cela influencerait ta vision des choses. Les
secrets murmurés seraient trop lourds pour ton petit corps. Il faut te protéger,
te chanter de belles chansons. Ce n'est pas à toi que j'ai envie de parler, toi
il faut juste te bercer et t'aimer, non c'est à ceux qui t'entourent qu'il faut
apprendre, qu'il faut dire... tu sais s'il arrivait qu'autour de toi l'amour
vienne à manquer alors va ailleurs chercher l'essentiel et revient un jour
combattre la misère, les idées reçues, l'entêtement néfaste... Transforme
la souffrance en force, soit l'alchimiste de tes sentiments, il y a tant à
faire... N'écoute pas les plus pessimistes d'entre nous, les plus blasés, ceux
là ne sauront rien t'apporter, regarde toujours vers le haut. Je ne te parle
pas ici d'argent, non, je te parle sentiments, émotions, vibrations, créations,
sensations, n'oublie jamais ces aspects là, le reste n'est que futilité... Si
parfois tu doutes, prends ton temps, c'est souvent nécessaire, et si tout te
semble si difficile alors regarde autour de toi, un visage, une voix, une odeur
t'éclaireront c'est sûr... il suffit parfois d'y croire et de regarder au bon
endroit... Mais avant tout cela, sois enfant, grandit comme il le faut, observe,
ris, jouis de ce qui t'es offert. En te disant cela et sans savoir qui tu es
encore je me dis que peut-être tout cela n'aura aucune valeur si tu naissais
dans un lieu traumatisé par ce que la terre engendre de plus sale..."
Je crois pourtant que je serais incapable de faire l'amour avec un autre homme,
toujours aussi paradoxale. D'ailleurs je n'aime pas sentir chez l'homme seulement
ce désir charnel, j'aime croire qu'il est fou amoureux, une passion fulgurante
aussi incontrôlable qu'insensée. Quelle conne je suis... toujours dans mes
rêves d'enfant à croire que je pourrais vivre d'amour et d'eau fraîche,
quoique avec Katerine je vivrais bien d'amour et de poulet. J'adorerais qu'on
m'écrive des chansons, des poèmes, des pancartes énormes, des déclarations
partout à la télé, à la radio que tout le monde soit inondé du plus beau
des amours... comme un rêve.
A mon prince :
Dis, écris moi des chansons
Mot au hasard du dictionnaire :
coccidiose (maladie du poulet)
Voilà il suffit que je parle de poulet pour cueillir un mot comme celui-là... sacré dico
J'ai mal dormi, des angoisses ressurgissent mais je les laisse sous l'oreiller espérant qu'elles y restent blotties.
J'ai décidé que je voudrais au minimum 5 amoureux parce que décidément mon appétit est sans limite, un coeur gros comme un ballon trop gonflé et une envie de me réfugier dans des bras protecteurs. L'un s'en va, un autre est là, toujours quelqu'un pour partager des choses à mes côtés. Ce n'est toujours pas un caprice et si j'avais une grande maison je les accueillerais tous et je les aimerais bien mieux que personne avant moi, je les ferais rêver, je les embrasserais toute la journée, j'écrirais des livres formidables, je chanterais de belles chansons irlandaises, je travaillerais, je ferais des gâteaux délicieux, j'inventerais mille et une choses étonnantes, je les caresserais dans un élan fougueux et puis je crois que même que je pourrais être très drôle. Je sais que si l'Autre m'entendait il m'enverrait des mails incendiaires me priant de redevenir sérieuse et dans le même élan il ne se gênerait pas pour me dire qu'il me voudrait pour lui tout seul.
Coup de fil, un des entretiens (une association culturelle) veut me revoir. Boulot intéressant, mais je n'aime pas l'endroit. J'y vais quand même. Ca se passe plutôt bien, je domine la situation mais il y a un truc inexplicable, un truc que je ne sens pas. Je sais que la balle est dans mon camp. Je laisse les choses se faire, je verrais comme le vent tourne.
Ma guitare est là, à mes côtés et les sons me semblent aussi navrants qu'enthousiasmants, mais je m'enthousiasme pour un rien. J'irais voir mon voisin, je ne le connais pas, j'entends seulement ses accords répétés résonner dans la cour. Peut-être qu'il sera d'accord pour me donner quelques cours.
Mon index est tout rouge et tout strié, j'ai pris un bain et au contact de l'eau chaude il me brûlait aussi, ce sont les premières traces de ma toute nouvelle relation avec ma guitare. J'aimerais bien lui donner un nom mais rien ne vient. Je pense que dans la nuit un mot me réveillera par hasard. J'adore la nuit. Mes idées les plus insoumises prennent forme dans ce noir/fantasme et je me laisse aller aux délires qui m'absorbent.
Mot au hasard du dictionnaire :
Fauvette
Je me sens comme un oiseau dans son nid,le vide tout autour, la nature et la vie et la peur aussi. Prendre son envol comme un risque indispensable.
X a acheté une bande dessinée parce qu'il trouvait que l'héroîne me ressemblait, je ne l'ai pas encore lue, je m'endormirais dessus un autre jour, en attendant je me replonge dans Burroughs qui ce soir m'emmène à Bogota
Quatre heures du matin, je me suis endormie,
épuisée sur Beck et Lenoir, il devait être à peine 21 heures et je me
réveille sous les étoiles exactement. Serge Levaillant est devenu voix
familière. Il me fait penser à un oncle rassurant, avec un timbre aussi large
qu'un sourire. Un air de country ne tarde pas à apparaître au coin de
l'émission. Tout de suite me viennent trois images, la première se déroule au
soleil couchant ou à l'aube, cela n'a pas d'importance, la scène se situe dans
cette atmosphère si particulière, cet entre-deux que l'on souhaiterait éternel.
L'homme est assis, la peau marquée par le soleil, ridée et tendue, il chante
à la manière d'un bluesman, les yeux dans le vague et la souffrance à fleur
de peau, la résignation en moins peut-être. J'imagine la nature aride autour.
La deuxième image qui me vient c'est Délivrance et ce joueur de banjo qui
ajoute à la pesanteur si particulière, un film magnifique. La troisième est
bien moins agréable la country-cliché, le sud des États-Unis, primaire et
raciste.
Tout cela arrive dans ma tête et à peine quelques secondes plus tard Serge
Levaillant dit dans le micro "des clichés me viennent en écoutant ce
disque" et le voilà parlant du film de Boorman. Et hop je reviens à
ma réalité, partagée, me disant que Serge et moi avons les mêmes
références et dans un même mouvement me disant que je ne pense que ce que
tout le monde pense, que me croire unique est illusoire. Et cela me renvoie à
d'autres questions et je rebondis comme toujours. Je me laisse ensuite bercée
et le souffle de X sur mon cou me rassure.
Mon doigt ripe et me voilà sur radio courtoisie... argggg... je tombe en plein sur le témoignage pathétique, affligeant, révoltant de Jean-Marc Varaut. Une pourriture à la portée de la pourriture et les pseudo-animateurs, vieux fossiles édentés, de verser leur larme sur le pauvre Papon ne donnant à leurs chers auditeurs qu'ignorance et misérabilisme... et dire que le France c'est aussi cela. Je déteste penser que la connerie m'entoure, je crois que c'est pour cela que j'aimerais avoir tant d'amoureux, pour qu'ils forment un mur devant moi et qu'ils m'empêchent de voir ce que le monde a de moins bon, que je ne vois que le ciel tantôt ensoleillé et tantôt encombré.
Mot au hasard du dictionnaire :
Haveneau (filet pour pêcher sur les plages)
Gilles m'a traduit un poème et mon doigt est déjà beaucoup moins rouge. Et Nicolas s'il se ballade sur la plage ou s'il voit l'océan saura peut-être avoir une petite pensée.
I. est sur la route et je n'ai toujours pas réfléchi à l'endroit où je pourrais l'emmener.
Mon ventre réclame un petit-déjeuner, je mets un disque vivifiant et je me précipite dans la cuisine, souriante et reposée.
Les larmes sont là, à couler péniblement le long de ma joue. Pulp s'est adoucit avec This is hardcore, je capte la mélodie tout en pensant que je ne suis pas faite pour ce monde, tout me porte à le croire. Je me sens si seule, à ne trouver ni réconfort, ni sérénité. Je me sens dans une impasse, avec aucune solution à ma portée. Pour la première fois je me sens vide, terriblement. Je ne vois pas comment réussir à me retrouver enfin. Je me fais penser à Stéphane un ami qui il y a quatre ans déjà s'est laissé porté par le vent, du cinquième étage, cinq minutes de survie et la boîte sous terre à présent. Il était vivant, singulier, unique, petit à petit il s'est perdu, j'aimerais tant ne pas être comme lui mais je ne sais plus où trouver la force de lutter. Mes larmes n'ont plus à perdre patience elles baignent mon visage, mes lèvres, inondent ma bouche. Je veux me battre et je ne sais plus comment faire, je pense de plus en plus à tout abandonner et je sais qu'aucun lieu jamais ne me rendra ce que j'ai perdu. M'en aller, pour aller où, je ne sais pas, peut-être que tout ira mieux dans une heure. Tout est question de moment et là je suis juste perdue, c'est dans doute pour cela que je m'accroche à l'amour avec tant de hargne parce que dehors le monde me terrorise, l'apaisement dans le reflet de l'être aimé/aimant. Je sais que la flamme brûle encore. C'est seulement la conscience de n'être qu'une parmi les autres qui me détruit. J'aurais fait un très bon dictateur "aime-moi et le ciel t'aidera".
Mot au hasard du dictionnaire :
Gérant
Si j'avais un petit ange-gardien tout près de moi je lui demanderais de m'insuffler de doux mots qui me suivraient le long du parcours exigeant.
X est là, toujours, fou d'amour, et je ne le remercierai jamais assez de veiller sur moi si bien.
Il y a tant de choses à faire et tant de choses que je ne fais pas.
Pulp crie toujours et mes larmes coulent encore. Un bout de chocolat et une danse et retrouver la force de se battre et regarder autour de soi pour se persuader qu'il faut continuer.
Nicolas trouvait que je manquais de femmes autour de moi. Pourtant je suis issue d'un matriarcat oppressant et chaleureux à la fois. Mes copines ont leur chemin à tracer, je préfère ne pas les ennuyer avec mes états d'âme. Il y aurait tant à expliquer. Elles m'adorent et ne veulent pas, ne supportent pas de me voir faible, ma soeur non plus... elles me veulent moteur toujours et encore, mes idées, mes envies, ma vision du monde. Elles me veulent fidèle, forte, étonnante, sûre de moi, elles me veulent guide. Il n'y a tant de gens qui croient en moi et que je ne voudrais pas décevoir.
Tout cela passera. A moi de faire ce qu'il faut.
10 minutes plus tard. Je me sens mieux. Pas de solution miracle mais l'envie de réussir, l'envie de finir le livre commencé, l'envie de me jeter à l'eau. Allez zou... un peu de volonté que diable...
Je m'en vais quelques jours, je n'ai pas le choix. Je ne vais pas bien et j'ai besoin de me retrouver. Le virtuel est un ennemi, je m'y reflète plus que je ne m'y trouve. Je serais heureuse d'avoir vos messages quand je reviendrais. X veut que je m'en aille aussi parce qu'il m'aime et qu'il me veut sereine à nouveau. En attendant je penserais certainement à l'Un, à l'Autre qui me manque, à Gilles, à Renaud, à Nicolas.... en vous remerciant de ces regards que je n'oublierais pas. Tendres baisers à vous et aux autres
Plus d'une semaine que je suis partie et je repasse juste quelques heures. La coupure a été bénéfique et étrange aussi. Je me sens revivre, rompre l'asphyxie et respirer enfin. Une Aurélie m'a écrit et j'en étais contente. Dix jours et encore beaucoup d'émotions. Hier soir concert de Suede et des Super Furry Animals, je me suis laissée prendre par la musique, évitant toute réflexion, toute pensée. Mon ennemi est dans des cellules aussi grises qu'insoumises (c'était pour la rime et l'anecdote). Je me sens moins éparpillée même si mes pensées se dirigent maladroitement vers un jeune homme charmant. Je ne me sens pas trop l'envie d'en parler. Trop proche, trop intime, écrire ce que je ressens là maintenant serait déjà perdre l'essentiel. Je préfère lui murmurer mes pensées que de les coucher péniblement. Je savoure et contemple, amusée. Je craignais le retour dans cet appartement, et les bras de X trop étouffants peut-être, et la soirée fut agréable, douce et fruitée. La réalité refait petit à petit son apparition prenant la place de la virtualité, je garde l'imaginaire comme guide et maître encore et encore.
J'ai envie de mots en -er comme une petite fille qui se laisserait enfin all-er.
Mot au hasard du dictionnaire :
Divortialité et divulgateur
Hier, l'anniversaire de X. Mais d'abord vendredi. Je partage désormais ma vie entre deux amours, plus rien à voir avec le virtuel. Je trouve difficilement mon équilibre mais je me laisse guider comme toujours par mes sentiments ou sensations. Je n'ai pratiquement plus aucun contact avec l'Un ou l'Autre, j'ai trop besoin de boire la réalité, de la sentir vraiment. Je ne veux plus me laisser envahir par ce qui n'existe pas, j'accepte seulement l'imaginaire au service de mes sentiments et de la création. Je reprends ma plume et j'entame une nouvelle histoire.
J'ai reçu plusieurs messages, le sourire aux lèvres, certains croient que j'invente ma vie, que je choisis les mots. Tandis que j'écris d'une seule traite et que je réfléchis si peu. Mais chacun se doit d'y mettre ses fantasmes, je ne suis que le reflet d'un miroir déformant. Peut-être que certains me comprennent vraiment, ce serait doux de le croire et de ne jamais savoir que beaucoup ne comprennent rien.
J'écoute Dionysos et j'adore l'entendre crier qu'il ne sait pas conduire pas même un cerf volant. Je m'envolerais bien, ni vu ni connu.
La vie me fait moins peur. J'ai seulement mal de voir que la société est comme elle est, fidèle à sa médiocrité, je souhaite le monde fort, beau, imparfait, froid, chaud mais vivant.
"La nuit est un coca-cola, coca-cola lune
Avec la lune comme unique bulle
La nuit est un coca-cola, coca-cola lune
Et je la vois tout pétiller
En réverbère de soleil rassis"
Des images pour rêver, des films dans les yeux et la tête. Alice ou la dernière fugue, des courts-métrages, The thing... des ambiances et des parti pris. Ah oui voilà j'adore les partis pris, les positions, les affirmations scandées comme des arguments intraitables.
Je reviens ici une fois par semaine, X et moi nous retrouvons au hasard de nos envies, lui est content moi aussi. Une certaine redécouverte, un appétit nouveau, comme si l'amour parfois résonnait dans l'absence de l'autre, comme s'il était parfait de se quitter pour mieux se retrouver. Et tandis que certains se plongent dans leurs habitudes, dans leur confort inconfortable, nous nous soumettons à nos tourments pour mieux les torturer.
Vendredi nous allons boire un verre, il prend du vin, pas moi, j'ai les larmes au fond des yeux, puis au bord. Je me sens coupable, perdue, fragile. Il me réconforte et me malmène, il boit encore et m'invite chez nous. Je le suis.
Samedi. Promenade avec une amie lyonnaise que j'aime par dessus tout, que je connais depuis beaucoup. Ce soir je retrouverais X. Il veut que nous soyons tous les deux. Je passe ma journée à m'occuper de cela. Petit plat fait ailleurs pour garder la surprise intacte. Mannequin des années 20 dégoté chez un brocanteur adorable et typique. Livre qu'il n'attendait même plus de trouver. Charlotte au chocolat. Lettre révélatrice et pleine de paroles que je gardais pour d'autres. Je les aime tous les deux et je m'en veux.
Dimanche matin, je me pose sur ce clavier et cet écran, et la toile un peu moins absorbante qu'avant. Je repars ce soir à nouveau, un désir commun de ne pas reprendre encore la vie d'avant, encore des choses à changer pour que nous puissions à nouveau partager le quotidien.
Mot au hasard du dictionnaire :
Faux-fuyant
Je ne peux m'empêcher de ressentir les regards posés et de regarder par la fenêtre en essayant de mettre un visage sur des mots et des noms inconnus Aurore, JMl, Nicolas... juste comme ça l'espace d'un moment. Et un moment c'est parfois infiniment long, infiniment plaisant, infiniment déroutant (ode à mes deux secrets X et R - à la fois).
J'adore le dimanche alors que beaucoup détestent ce jour, pas d'emprise sociale, un no-man's land d'heures en friches, je me sens l'âme cultivatrice.
Je pars en ballade et tout et tout aujourd'hui et déjà décembre n'est plus si loin.
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