The Beast With Two Backs
Selon Shakespeare, «la bête à deux dos» symbolise les deux amants durant l'union sexuelle. Un titre d'album tout à fait approprié pour représenter le neuvième album d'Inkubus Sukkubus. Un album hommage à la sexualité et à l'hédonisme.
L'album débute avec la chanson Hecate Cerridwyn, une reprise d'une antienne païenne. La prière est jouée aux tambours et aux violons, accompagnée des chants de Candia et de (surprise !) Tony McKormack. Cela nous donne une chanson envoûtante et mystérieuse. Une réussite totale. On a juste envie de l'écouter en boucle.
Ensuite, le tambour fait place au bodhran, au synthétiseur et aux tambourins pour la chanson Lily Bolane. Lily Bolane, l'histoire du destin tragique d'une sorcière persécutée pour ses croyances. C'est une bonne chanson, notamment au niveau de l'intro et du refrain joué à l'orgue. Refrain qui est une pure merveille pour les oreilles. Malheureusement, il y a quelques longueurs vers la fin.
La triste histoire de Lily Bolane se termine afin de laisser place à Star Of Venus, une chanson ayant pour thème l'étoile de l'amour sexuel. Musicalement sans grande innovation, mais la puissance du chant de Candia sauve la situation. Tout le long de la chanson, nous fermons les yeux et laissons la voix envoûtante nous pénétrer. Et vers la fin, c'est un véritable orgasme musical que d'entendre cette merveilleuse voix chanter cette conclusion psychédélique.
La quatrième chanson Hedonistic Gene est, selon beaucoup de fans, la meilleure de l'album. Elle doit bien être la plus intime de The Beast With Two Backs. Elle est le reflet de l'importance qu'accorde le groupe à la joie de vivre et à l'hédonisme. C'est une chanson érotique, brûlante et sensuelle faite par des gens qui ne pensent qu'à s'amuser au travers de leur musique. Musicalement, on ne se lasse pas des violons de l'intro, du refrain accrocheur et bien sûr, de la voix enchanteresse de Candia.
Ensuite, des violons battus avec fureur annonce un de leurs grands succès : Vampyra, une chanson hommage aux vampires femelles. Au départ, cette chanson devait se nommer Vampirella mais à cause des droits d'auteur, elle fut changée en Vampyra. La cruauté que dégage cette chanson me rappelle celle de Vampyre Erotica, le plus grand succès du groupe. Mais encore une fois, Inkubus Sukkubus se surpasse en incorporant à cette chanson des références au paganisme (Oh, I'm Venus at her meanest), à la mythologie (Oh, I'm Lilith with a killer kiss - I'm Leviathan, you can't refuse), au Luciférisme (Oh, I'm Lucifer in heels and fur) et même au satanisme (Oh, Satanica romantica, Oh, Vampyria erotica). Nous pouvons même y voir un hommage à Bela Lugosi, l'acteur devenu célèbre grâce à son rôle du Comte Dracula dans un film réalisé en 1931 (Oh, Lugosi only rose for me). Vampyra est devenue rapidement une chanson culte au sein des fans d'Inkubus Sukkubus et le mérite bien.
Puis, une distorsion, des chants semblables à ceux des druides et la sublime voix de Candia arrivent afin de nous faire rêver. C'est The Beast With Two Backs la chanson titre de l'album. Elle porte sur le côté sauvage que nous avons tous en nous malgré la civilisation et qui, quoique nous fassions, fera toujours partit de nous. Remarquez qu'après 1:40 minutes de musique, Adam et Tony nous offre un magnifique intermède musical à la basse et à la guitare tout à fait remarquable.
La septième chanson est sûrement la plus controversée du groupe : I Can't Get You Out Of My Head qui est une interprétation d'une chanson de Kylie Minogue. Cependant, elle est tellement bien interprétée, qu'on pourrait presque croire que c'est le groupe lui-même qui l'a composée. Dans cette version, la musique techno de Kylie a fait place à de délicieux chants de druide et certaines paroles furent troquées contre d'autres plus obscures.
La piste numéro huit : Vampyre Punk Rocker From Hell qui est une chanson hommage au Punk Rock (celui des années 70). Elle commence tout doucement au son des bruits atmosphériques de la foudre et accèlere de plus en plus, jusqu'à la fin. Et quelle fin ! De la pure beauté. Candia chante à plein poumons des « from Hell ! » et durant ce temps, le reste du groupe chante cette magnifique incantation aux Sombres Déesses : « Nemesis, Hecate, Lilith, Kali ! ». Quatre minutes trente de pur bonheur.
La neuvième piste est une chanson acoustique écrite pour un ami du groupe : She Is Gone. Son histoire est très sombre et très triste (une jeune fille qui s'est tranché les veines) mais le message est positif : " elle est partie vers un monde meilleur maintenant. Ne t'inquiète plus pour elle et continue ta vie car c'est ce qu'elle aurait voulu ". Cette chanson se démarque des autres de l'album. Non seulement car elle est acoustique mais également par son originalité. Inkubus Sukkubus semble avoir quitté le chemin de sa formule habituelle pour celle-ci.
Pauvre musicalement, c'est par le chant de Candia qu'est soutenue la dixième chanson de The Beast With Two Backs : City Of The Dead. C'est l'histoire d'une jeune femme qui quitte sa campagne natale après le suicide de son amoureux afin de vivre dans une grande ville. Cependant, les choses tourneront mal pour la jeune femme et elle terminera ses jours en se prostituant pour de la drogue. Une chanson tragique mais pourtant basée sur une histoire vraie. Inkubus Sukkubus tente ici d'expliquer que c'est une histoire aussi vieille que la civilisation. Et que s'il y a une ville (telles Rome, Paris, Londres ou New-York) avec de la drogue (tel l'opium, l'héroïne, le crack) et/ou de l'alcool (vin, genièvre), cette histoire se reproduira. Histoire fougueusement chantée par Candia, d'une façon que je n'avais encore jamais entendu. Son chant semble être un mélange entre tristesse et colère, révolte et crainte. Et lorsqu'elle crie des «city of the dead» vers la fin, c'est tellement intense que je ressens des frissons à chaque fois. À remarquer également la discrète présence de Tony dans cette chanson.
Après l'énergie dégagée par City Of The Dead, vient Take My Lust la onzième chanson de l'album. Une chanson sans histoire et malheureusement trop vite oubliée, mais qui vient droit au coeur par sa mélancolie, sa sensualité et sa tristesse. Une ballade gothique aux airs de guitares enchanteurs (probablement les meilleurs de l'album).
La douzième chanson s'annonce d'elle-même avec des sirènes qui me font penser à celles que l'ont entend lorsque qu'un individu s'évade de prison. C'est Erotic Angel, une chanson chantée pour l'entité du désir sexuel qui mène l'esprit et l'âme humains à leurs plus grands accomplissements. Musicalement, elle est très réussie et la voix de Candia est toujours aussi performante dans toute sa douceur et sa puissance. Selon moi, c'est une des meilleurs chansons qu'Inkubus Sukkubus ait composée ces dernières années.
La treizième chanson débute avec un magnifique intro à l'orgue, mais qui ressemble un peu trop à celle de Lord Of The Flame (sur Wild). C'est Jägermeister, une chanson très appréciée parmis les fans du groupe. D'ailleurs, le débat tiens toujours à son sujet : est-ce Hédonistic Gene, Vampyre Punk Rocker From Hell ou Jägermeister la meilleur chanson de l'album ? Une chose est sûre : elle est parmis les plus originales et les plus appréciées. L'orchestration musical de cette chanson est tout a fait remarquable : elle est jouée à l'aide de deux basses ! Et parait-il qu'elle est très stupéfiante à voir en concert. Vocalement, Candia nous impressionne toujours autant, avec son chant sans faille. Tony y fait aussi une courte apparition, ne se contentant que des réciter des "Jagermeister" si entrainant que cela nous donne envie de taper dans nos mains, même dans notre propre salon. Puis, quelques notes de piano et la dernière chanson de l'album se termine.
The Beast With Two Backs est un album véritable, reflet d'un groupe qui ne cherche qu'à s'amuser au travers de sa musique.
N.B. : Un médaillon est inclus avec l'album lors de l'achat. Il est inspiré d'un antique artéfact Sumérien :
- Par Ailes d'ange
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