Création du Journal Ingleside News

 

L'Ingleside News est un journal amateur qui vit le jour au printemps 1998. Il faut dire que ce n'était pas le premier journal amateur que j'éditais.

 

Premiers Journaux

J'ai appris à lire bien avant de fréquenter l'école, en déchiffrant les noms des pétroliers, barges et bateaux de croisière qui passaient toute la journée durant sur le fleuve St-Laurent devant chez moi. Déjà versée dans l'écriture à 5-6 ans et possédant ma propre dactylo à sept, il alla de soi que j'étais bien impliquée dans le petit journal de mon école primaire, La Craie Volante.

 

À l'école primaire, je me suis vite fait connaître pour ma propension à écrire des sketches que j'enregistrais ensuite avec mes amis sur mon enregistreuse (un peu comme du radio-théâtre) avec laquelle j'enregistrais aussi de nombreux et variés "talks-shows". (Je suis encore connue pour souvent faire des enregistrements de partys ou événements, souvent sans que les personnes présentes ne s'en aper�oivent!! Attention � ce que vous dites!! Les enregistreuses ont pas mal rapetissé depuis 15 ans...) Vers 9 ans j'écrivais des pièces de théâtre complètes et harassais mes amis pour qu'ils aient appris leurs textes pour le 1er Jullet, qui était notre grosse soirée de représentation juste avant la parade de yatchs de la Fête du Canada qui attirait des foules de gens (donc de spectateurs possibles) près de chez moi au bord du fleuve. J'ai même déjà écrit à 11 ans ma propre version des 'Misérables', avec 4 acteurs interprétant une douzaine de rôles, une dizaine de chorégraphies sur de la musique et une scène qui devait coincider avec le passage d'un vrai train de passagers à côté de ma cour et pour laquelle nous devions improviser si le train était en avance ou en retard; et même aujourd'hui je n'ai jamais lu le livre, ma pièce n'avait rien à voir avec les vrais personnages et la vraie histoire.. j'ai seulement vu un poster un jour et j'ai été inspirée par le titre évocateur.. ma pièce avait pour sujet une criminelle qui s'échappe de prison et qui se retrouve dans une ville où pour expier ses crimes elle aide les villageois à se débarasser d'un maire tyrannique!

 

Quand j'avais environ 12 ans, il n'y avait pas de collecte sélective des déchets recyclables comme aujourd'hui dans ma ville. J'ai donc pris l'initiative de commencer une collecte de papier dans ma rue et encore une fois je for�ai ma petite horde à transporter des voyages de papier et carton dans un panier à roulettes que nous traînions de porte en porte dans le quartier tous les dimanches après-midi. Je tenais beaucoup à cette collecte et même si mes amis se plaignaient souvent d'avoir à faire ça, ils me suivaient quand même. Je ne veux pas avoir l'air de prendre le crédit pour moi-même, mais c'est peu de temps après �a que la collecte sélective a commencé à Lévis! J'avais aussi pris l'habitude, quand au printemps la neige avait fondu et qu'on revoyait le sol et tous les déchets qui le jonchaient, de partir sur la voie ferrée avec des sacs en plastique et des gants, et je ramassais tous les déchets à partir de la gare jusqu'à la petite forêt passé chez nous, en faisant la grève aussi. Maintenant il y a une journée annuelle désignée pour ça et plusieurs personnes participent, alors c'est fait en quelques heures, mais je me souviens quand c'était moi qui le faisais toute seule! Ça me prenait toute la journée du matin au soir mais ça ne me dérangeait pas car j'adorais mon quartier et je me sentais fière de moi quand j'avais fini. C'est dans un effort pour tenter de promouvoir ma collecte de papier et y faire participer les gens que fut créé mon tout premier journal amateur. Le Journal de Tigas-Belle(Tigas-Belle était une petite chienne en toutous qui animait la plupart de mes talks-shows) était photocopié au magasin d'une tante et comprenait nouvelles du quartier, histoires de fiction, recettes, jeux et même des mots croisés faits par yours truly et était gratuit en échange de la participation à notre collecte de papier. J'en imprimais et distribuais une quarantaine d'exemplaire par semaine, en fournissant le papier blanc à ma tante de ma propre poche.

 

Publications Journalistiques

Comme autre expérience journalistique, notons aussi que depuis ma plus tendre jeunesse j'ai mené combat avec d'autres habitants de mon quartier natal, le Quartier St-Laurent de Lévis, pour la sauvegarde du train et de notre gare. Comme vous le savez peut-être, nous avons perdu notre bataille; la gare est maintenant fermée et le train ne passe plus depuis le 24 octobre 1998. À partir de 1995, nous avons formé avec des citoyens un groupe plus organisé, l'Assocation pour la Défense des Droits des Résidents du Quartier St-Laurent ou ADDRSQ. Le président de notre association était chargé de faire les entrevues à la télévision et moi j'avais la responsabilité de me charger des articles pour les journaux. J'en ai publié de nombreux dans le journal local Le Peuple Tribune, et en devant lutter pour le faire car le journaliste principal de ce journal était hostile à notre cause et mes textes se voyaient sans cesse coupés et censurés, en plus d'avoir à répondre aux pointes incessantes de l'autre journaliste qui au lieu de faire son travail de façon intègre, encourageait nos adversaires.

 

J'ai notamment rencontré en 1997 un journaliste du Soleil de Québec (une initiative toute audacieuse de ma part :) ) qui me permit contre toute attente après avoir lu mon texte d'y publier en utilisant l'espace de sa rubrique un article prenant les 2/3 de la page (le Soleil n'est pas un tabloid mais un journal grand format, comme le Vancouver Sun ou le New York Post, par exemple). Pas mal pour une inconnue de 20 ans sans aucun diplôme ni renommée.

 

Création

Le journal Ingleside News, lui, vit le jour dans des circonstances bien différentes. Printemps 1998: Je venais de revenir de Vancouver après une absence de 9 mois, dans l'espoir de partir un band avec une fille de la région que j'avais rencontrée à Montréal. Ayant massacré ma dactylo Canon à coups de marteaux dans la ruelle en arrière avant de partir, car elle avait assez mal marché comme ça, je venais d'acheter Béatrice, ma IBM Selectric II (un bijou) et j'adorais m'en servir. C'est ce modèle de grosse dactylo aux couleurs inhabituelles (la mienne est bleue) qu'on peut voir par exemple dans la série Dallas à la TV ou dans de très, très vieux bureaux de petites entreprises... J'étais encore à l'époque une grosse fan du groupe MOIST bien qu'à cette époque ma passion intense pour eux commençait à devenir plus sereine. J'avais rencontré aux shows des fans qui faisaient des "fanzines", c'est-à-dire des journaux amateurs photocopiés. Je décidai donc de partir le mien.

 

Choix du Nom

Pourquoi Ingleside ? Le mot Ingleside, je l'utilisais dans mon journal personnel bien avant de créer mon fanzine et même bien avant de connaître le groupe MOIST. Je n'ai pas inventé ce mot non plus. J'ai toujours beaucoup aimé l'histoire d' "Anne...la maison aux pignons verts", de Lucy Maud Montgomery, parce que Anne, je lui ressemble un peu... beaucoup. J'avais d'ailleurs nommé mon promontoire, formé d'une plate-forme faite de dormants de chemin de fer et perché au-dessus du fleuve derrière des hautes herbes, Idlewild, un autre nom emprunté à cette série. Ingleside est le nom de la maison d'Anne quand elle est mariée. J'ai toujours parlé dans mon journal de ma maison future en l'appelant Ingleside. Mais il y a aussi une autre raison, c'est-à-dire la raison même pour laquelle j'avais choisi le mot Ingleside pour imaginer mon futur foyer. Quand j'étais jeune, on m'appelait "Inge-Inge" [prononcer I-gn-gueu-i-gn-gueu], je pense parce ce que je disais ça avant de pouvoir bien dire mon nom. Inge-Inge, Ingleside, la sonorité ressemblante. J'ai mis le News pour compléter et j'ai trouvé que ça sonnait bien.

 

Contenu

Je l'ai d'abord publié en anglais pour plusieurs raisons. D'abord je revenais de Vancouver et j'avais pas encore repris le moule francophone. Puis mon journal était destiné aux fans de MOIST donc à un public couvrant tout le Canada et donc majoritairement anglophone. Je publiai le 1er numéro en Avril 1998 et obtins des abonnés canadiens et américains en mettant des annonces dans des magazines de musique. Mon zine a même été reviewé (numéros #1 et #2) positivement dans le magazine Chart.

 

Se concentrant d'abord sur les activités du groupe MOIST et d'autres sujets musicaux, le zine ne tarda pas à inclure d'autres sujets, comme en fait foi dès le 3é numéro mon grand article revendicateur sur les déboires des partis souverainistes et autres sujets politiques (je ne suis PAS souverainiste!). À ses débuts, le zine fut publié a une cadence régulière d'un numéro par 2 mois. Je prévoyais le continuer ainsi même en déménageant à Vancouver en Décembre 1998. Mais le numéro #6 ne parut pas comme prévu en Février 1999.

 

Plein de choses arrivèrent dans ma vie qui laissèrent le zine en suspens. Une fois revenue à Québec à l'automne 1999, j'eus envie de le continuer mais pour parler plus personnellement de ma vie. Un de mes amis avait coutume de faire une transcription écrite des partys, soupers, soirées que nous faisions et je me suis dit que ce serait intéressant si je mettais ça dans le journal. Je décidai d'aller dans cette direction. L'Ingleside News cessa donc d'avoir des abonnés et devint l'espace de 2 numéros un zine privé disponible uniquement à mes amis et connaissances. Il ne faisait donc plus de sens de le publier en anglais et l'Ingleside News devint un journal francophone.

 

Avant la publication du #8, qui était par ailleurs presque prêt à imprimer, je me détachai de ce groupe d'amis et décidai concernant le zine de le recentrer sur des sujets un peu plus publics. Je constatai d'ailleurs que j'avais beaucoup de choses à raconter dans le #9 qui pourraient intéresser des lecteurs "extérieurs" et non seulement mes connaissances. Ayant retrouvé quelques anciens numé et les ayant envoyés à diverses personnes, je reçus de nombreux commentaires positifs. Encouragée et enthousiasmée, j'ai décidé de remettre l'Ingleside News sur le marché en 2002.

 

Et c'est finalement à force de me faire dire par des personnes parlant anglais que mon zine avait l'air vraiment intéressant, et qu'ils aimeraient bien comprendre ce qui y était écrit, que j'ai fini par prendre la décision de commencer à publier une traduction anglaise. Ceci n'est pas encore commencé; ça aura lieu au printemps 2003, à temps pour la publication du Numéro #13, le Spécial 5é anniversaire, quand je serai installée dans mon nouveau bureau qui n'est pas encore construit. Parce que publier 2 versions d'un magazine, c'est pas mal d'ouvrage. Je fais ce compromis face à l'anglais en partie pour que mon zine soit accessible à un plus grand nombre de personnes, mais aussi et surtout parce qu'ils y a quelques personnes anglophones que j'aimerais bien voir pouvoir le lire et le comprendre. Mon zine, je le fais surtout pour moi et mes amis, en y mettant des anecdotes et parlant de des places que pas grand-monde connaitrait à New York ou L.A. Mais si mon zine devenait plus populaire, disons que ce serait pas si déplaisant non plus. Je vais cependant TOUJOURS continuer à publier la première édition du zine en FRANÇAIS; la version anglaise en sera la traduction, en gardant aussi le même layout et design. Ça va aussi me permettre de continuer à pratiquer mon anglais quand je serai de retour à Québec au printemps. Pour les différencier, j'ai décidé que les 2 versions auraient le même contenu, la même couverture, de la même couleur mais que l'un serait toujours d'un ton plus pâle et l'autre plus foncé. Je crois bien que je serai la seule éditrice d'un zine totalement bilingue au monde. (Ou si y'en a un(e) autre, présentez-le(la)-moi que'qu'un!!!)

 

Format et Design

L'Ingleside News a conservé pendant la presque totalité de ses 5 premières années d'existence le format classique full-size standard. Durant toute cette période il était, comme de nombreux zines, composé de feuilles 8 1/2" par 11" photocopiées en noir et blanc avec une couverture en carton souple de couleur aussi imprimée en noir et blanc et brochées. Ce qui le différenciait de la plupart des autres, c'est que contrairement à la majorité des autres "zines", l'Ingleside News a longtemps conservé le format original de 1-feuille/1-page à comparé aux autres publications du genre qui préfèrent un format compact en pliant les feuilles en deux pour former 2 pages par feuille. Il y a une certaine mentalité dans la communauté des éditeurs de zines qui dicte de crammer le plus possible sur chaque page... je n'ai jamais été d'accord avec ça. J'aime mieux écrire quelquechose de lisible et avoir assez d'espace pour créer un design intéressant. Mon zine était donc de format plus mince et plus grand en surface que la plupart des autres. C'est vrai que ça se lisait un peu moins bien que le format "digest" ou demi-page, c'est à dire la moitié du mien, mais pendant plusieurs années je n'y ai pas trop porté attention... Je préfèrais mon format classique qui est vraiment moins encombré, rend la rédaction des textes sur ordinateur facile et permet d'utiliser plus d'images et des images plus grandes.

 

Cependant comme vous êtes peut-être au courant nous nous préparons au moment de cet update (Novembre 2002) à changer de format, un changement majeur dans l'histoire de notre zine! C'est en tombant sur des zines de format half-legal (soit la moitié d'une feuille 8 1/2" X 14") comme par exemple Fish Piss que j'ai pu constater à quel point ce format était pratique à tenir et à transporter. J'ai toujours trouvé le digest trop petit, et je n'aurais jamais réduit mon journal de moitié, mais c'est vrai que full-size c'est gros, ça se transporte un peu mal et ça prend des grosses enveloppes car j'aime pas trop les plier au milieu des pages, sinon ça se lit mal après. Le format half-legal me parait à la fois pratique et permettant assez d'espace pour conserver mon style clair, facile à lire et des illustrations et photos. Donc, on fait le changement!! Le format half-legal requiet un peu plus d'organisation car il faut numéroter les pages pour être sûr qu'elles seront dans le bon ordre, prévoir un nombre final de pages qui est un multiple de 4, et faire plus de cut-n'paste pour fitter le texte sur les feuilles, but I'll manage!!

 

Il y a aussi une autre règle dans le monde du zine qui définit l'écriture manuscrite des articles comme plus recherchée (presque un luxe) et c'est ben beau quand l'éditeur a une belle main claire mais encore là je n'adhère pas parce que 1-personne ne semble capable de lire mes magnifiques paraphes, et 2-j'aime bien que ce soit clair mes affaires. D'abord dactylographiés à l'aide de ma super Béatrice et ses deux choix d'écritures "Artisan" et "Manifold", les articles commencèrent à être tapés à l'ordinateur à partir du #6. Je prenais alors des cours au Collège O'Sullivan et je me servis de leurs ordis pendant et après mes cours pour taper et imprimer mes articles. La venue de l'ordinateur rendit les textes plus propres et agrandit infiniment le choix de fonts. Depuis le #7, j'ai mon ordinateur chez moi.

 

Quant aux images, elles proviennent en grande partie de magazines. Il y a des éditeurs de zines qui sont bons en dessins mais c'est pas mon cas. Je préfère m'en tenir aux collages un peu absurdes obtenus en réunissant diverses images découpées dans des magazines. Pas seulement par défaut parce que je ne sais pas dessiner, mais par appréciation du médium. Certains zines aujourd'hui deviennent très professionnels, avec des pages entièrement faites à l'ordinateur, graphisme compris, et des covers en couleur imprimés au laser sur du papier glacé qualité photo, ils sont même reliés plutôt que brochés. C'est sûr que moi aussi je pourrais charger 7$ au lieu de 3$ par copie et aller faire imprimer et relier mes covers en couleurs plastifiés au laser, mais je veux pas. Je reste attachée au bon vieux cut'n'paste bien old-school. J'adore jouer avec les teintes, les formes, les transparences, coller les affaires en couleur puis voir comment ça sort en noir et blanc. J'aime le feel amateur du cut'n'paste, et la minceur du papier de magazine permet de faire des collages qui ont pas l'air trop "bricolage de maternelle". En un mot, le Ingleside News est un journal amateur qui veut avoir un look sharp tout en restant fidèle à la tradition.

 

J'adore m'exprimer librement dans mon propre journal et j'espère le publier encore longtemps!!!!!!!

 

Merci de le lire!!!!!!!!!!!!


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