�pisode 3 "L'attaque Des Pirates"
�crit par espoir (Patricia D.)

�tant incapable de dormir cette nuit-l�, Cassandre �tait assise dans son inconfortable lit et avait d�cid� d'�crire une lettre � sa famille. C'�tait la premi�re qu'elle �crivait depuis qu'elle avait mit les pieds dans le navire, soit trois semaines auparavant.

20eme jour de Novembre 1847

Chers P�re et M�re,
Vous ne croirez jamais o� je me trouve en ce moment.
Je suis en route vers l'Afrique et puis ensuite le Br�sil sur un navire de marchandises
et d'esclaves. Je vais voyager sur le m�me bateau que des n�gres!
Vous rendez-vous compte? De vrais n�gres, tout noirs.
Jamais de ma sainte vie je n'en ai vu un seul.
La seule id�e d'en apercevoir un me rend toute excit�e.
Ne croyez pas toutes les atrocit�s que vous entendrez � mon sujet.
Tout n'est que mensonge et j'ai bien l'intention de le prouver �
mon retour.
Votre fille qui vous aime tant.
Cassandre

Une chaude larme trempa le bout de papier. Elle ignorait si une fois rendue � destination elle pourrait envoyer les lettres, mais le fait de leur �crire remplissait le vide de solitude qu'elle �prouvait. D'un c�t�, sa famille lui manquait, mais de l'autre elle savait que cette travers�e �tait probablement l'occasion d'une vie de se trouver, de savoir qui elle �tait r�ellement. Elle soupira � la pens�e que m�me si elle d�couvrait qui �tait la vraie elle, elle n'aurait peut-�tre pas la chance de revoir le ciel bleu de Paris pour aller la pr�senter � ses parents et � Mathilde. Elle cella l'enveloppe � l'aide d'un sceau et la d�posa d�licatement dans sa table de chevet. Du gravuge provenant du couloir  la fit sursauter. Elle entre-ouvrit sa porte et vit une femme noire sortir de la cabine de Tremblay. Celui-ci lui jeta un regard qui la gla�a jusqu'aux os. Elle referma et verrouilla aussit�t. Des centaines de questions lui pass�rent par la t�te. Ils �taient cens�s embarquer les esclaves lorsqu'ils accosteraient sur la c�te ouest de l'Afrique, alors que faisait cette femme � bord du navire?

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                                                                  INTRO
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Le matin, Justin se promenait suspicieusement sur le quai principal entre les caisses de marchandise et inspectait les lieux. Il fouillait les barils et se fourrait le nez partout o� il le pouvait. Il arriva sur le pont sup�rieur et aper�ut la merveilleuse frimousse de Cassandre. La demoiselle lisait attentivement un bouquin. Il la fit sursauter.
-Bonjour, mademoiselle. Quelle belle journ�e pour lire un livre! Pas un seul nuage. C'est parfait pour la navigation.
Elle sourit l�g�rement et puis continua de lire.
-Que lisez-vous donc de si palpitant?
-Comment se d�barrasser des personnes trop insistantes.
Un �norme sourire se dessina sur son visage.
-Je vous d�range � se point? Vous d�sirez �tre seule?
-Moi seule ici et  l'�quipage  travaillant dans les cabines, je dirais que oui.
-Que lisez-vous r�ellement?
Elle lui montra la couverture de son roman.
-Shakespeare. Impressionnant.
-On dirait plut�t que vous vous moquez de moi.
-Non, c'est juste que j'ai lu une de ses histoires et je l'ai trouv�e des plus pitoyable, mais bon, si vous aimez ce genre d'histoires.
-Elles sont peut-�tre  pitoyables comme vous le dites si bien, mais je suis persuad�e que vous serez d'accord de dire qu'elles sont cent fois plus palpitantes que de discuter avec vous.
Elle se leva et partit, le laissant bouche b�e. Il regarda au loin et vit un immense navire foncer droit sur eux.
-Oh mon dieu!
Cassandre se tourna et ses yeux devinrent aussi gros que des cailloux � la vue du bateau.
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Tout l'�quipage se trouvait maintenant sur le pont sup�rieur. Le navire n'�tait plus qu'� quelques dizaines de m�tres d'eux.

-Que faisons-nous, capitaine? demanda Robitaille, une goutte de sueur lui perlant le front.
-Je ne veux pas d'affrontement, m�me si se sont nos ennemis. Nous avons assez perdu d'hommes dans notre pass�. Je ne veux pas en perdre d'autres. Personne ne fait feu � moins qu'ils le fassent avant, compris?
Tous les hommes sortirent leur pistolet ou leur �p�e. Justin jeta un regard autoritaire � Cassandre.
-Vous devriez entrer vous prot�ger, mademoiselle Justine.
-Non, je suis tr�s bien o� je suis. Pourrais-je avoir une �p�e, s'il-vous-pla�t?
Les hommes �clat�rent de rire.
-Et un canon aussi? ricana Tremblay.
L'autre navire arriva � leur niveau. Aucune trace de vie.
-Un navire abandonn�, capitaine? proposa Robitaille un peu soulag�.
-Ou bien infect� d'une �pid�mie quelconque. Laissons-le passer tout simplement.
Au m�me moment, des dizaines et des dizaines d'hommes arm�es apparurent et se mirent � descendre sur des c�bles pour rejoindre l'autre v�hicule.
-� l'attaque, cria le Capitaine.
Dans tout ce chaos, Cassandre r�ussit � se procurer un revolver et essaya de tirer sur un homme qui s'�tait jet� sur Justin. L'arme en question n'avait plus de poudre � canon. Elle le lan�a imm�diatement � la mer et en ramassa un autre appartenant � un des morts. L'ennemi �tait sur le point d'�gorger Justin avec son poignard lorsqu'elle tira. L'homme tomba raide mord. Elle, elle alla se frapper contre une poutre qui �tait � un m�tre plus loin. Elle vint pour soulever une �p�e, mais Justin la prit rapidement et la tra�na en sac de patate sur son dos jusqu'� une chambre. Il la d�posa violemment sur le lit et se dirigea vers la porte rapidement.
-D�sol�, mais vous me remercierez un jour!
-Non....
Il ferma aussit�t la porte et verrouilla.
-Abruti! Lucifer!Ouvrez-moi tout de suite!
Pendant qu'elle criait, il �tait d�j� retourn� combattre. Le pont principal �tait devenu un vrai champ de bataille. Des hommes gisaient un peu partout sur le sol. Le Capitaine se battait contre trois intrus en m�me temps et Robitaille �tait accroch� � une poutre et esp�rait que son adversaire abandonne l'id�e de le trucider. Justin passa derri�re l'individu qui mena�ait Robitaille et l'assomma � l'aide de son �p�e.
-Merci! balbutia Robitaille de son perchoir.
-Aucun probl�me.
Justin se joignit au Capitaine. Les deux hommes �taient dos � dos.
-�tes-vous pr�t jeune homme?
-Toujours, r�pondit Justin. � ce m�me moment, il perdit prise de son �p�e. L'autre homme vint pour lui planter son �p�e dans le coeur lorsque Robitaille coupa un c�ble et un poteau de bois propulsa l'homme par-dessus bord.
-Merci! hurla Justin en combattant encore deux autres pirates.
Robitaille, le teint p�le, lui fit un signe de la main.
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Des hommes jetaient les cadavres � la mer et d'autres nettoyaient les dommages cr�es par la bataille. Justin et le Capitaine regardaient le d�sastre, d�moralis�s.
-Bien combattu Justin.
-Au contraire de Robitaille, ricana un jeune en passant pr�s d'eux.
-Tout le monde a combattu avec courage. M�me ceux qui y sont rest�s, Vincent.
-Combien de nos hommes ont p�ri?
-Cinq et c'est un miracle que nous ne soyons pas avec eux en ce moment vu le nombre des pirates. O� est mademoiselle de Saint-Sulpice?
- Oh, Dieu du ciel!
Il partit aussit�t.
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Cassandre se trouvait encore dans une des chambres et essayait de d�foncer la porte avec tous les objets qui lui tombaient sous les mains. Justin ouvrit la porte et une lanterne lui passa � deux centim�tres de la t�te. Il se tourna pour faire face � Cassandre et re�ut un coup de poing en pleine face.
-D'accord, je l'avais m�rit�.
Il grima�a en voyant le d�sordre dans la chambre.
-Ce n'�tait pas tr�s brillant de vouloir d�foncer la porte. Vous imaginez si les pirates avaient gagn�.
-J'aurais simplement raccourci ce qui serait arriv� �ventuellement. Une femme emprisonn�e dans une chambre contre des hommes arm�s c'est d�j� mal parti pour bien finir. Je veux que vous m'appreniez l'art de l'escrime et l'art du tir au  revolver sans planer deux m�tres dans les airs.
-Il n'y a donc  jamais moyen d'avoir raison avec vous?
- Ce n'�tait pas une demande, mais un ordre. Je veux au moins pouvoir me d�fendre si un �v�nement similaire � celui-l� survient de nouveau.
Robitaille arriva � la course.
-Il y a un de nos hommes qui est en train de mourir dans votre chambre!
Elle accourut imm�diatement � sa chambre, suivie de Justin et de Robitaille.
L'homme, atteint d'une balle � l'abdomen, �tait couch� dans son lit, la face d�figur�e par la douleur.
Vincent apparut dans le cadrage de la porte, paniqu�, les larmes aux yeux.
-Tiens bon, petit fr�re!
Il vint pour entrer, mais Robitaille le retint.
-Laisse-la travailler.
Cassandre sortit � toute vitesse sa trousse et s'installa.
-Je veux aider, annon�a Justin.
-Les hommes sont bons pour le combat et les femmes pour soigner les malades, dit-elle s�chement.
-Ce n'est pas une demande, mais un ordre.
-Tr�s bien.........Tenez-le bien pendant que j'enl�ve l'objet de m�tal.
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On les voit enlever la balle, caut�riser � l'aide de poudre � canon et du feu et ensuite mettre des bandages pour arr�ter le sang de couler.
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Une heure avait pass� et le bless� avait �t� stabilis�.
-Va-t-il s'en sortir? demanda Justin, concern�.
-Il devrait s'il n'y a pas d'impr�vu.
-Il vous doit une fi�re chandelle.
Elle aper�ut une tache de sang sur la manche de Justin.
-Vous saignez?
-Non, c'est probablement le sang d'un des adversaires.
Elle releva sa manche et il �tait bel et bien bless�.
-Ne venez pas me dire qu'une plaie aussi profonde ne vous fait pas mal le moindrement. Ou bien �tait-ce que pour jouer les invincibles?
-Ce doit �tre pour �a que je ne sens plus mon bras.
-Il faut que je referme tout �a.
Elle sortit un bandeau et l'attacha aussi serr� qu'elle le pouvait autour de son bras.
-Je vais maintenant attacher votre autre bras � la chaise, car certains hommes ont de dr�les de r�actions lorsqu'ils souffrent.
-Vous blesser est la derni�re de mes priorit�s, mademoiselle, alors faites tout ce que vous voudrez.
Elle l'attacha aussit�t. Il �tait maintenant incapable de se d�fendre face � une quelconque  attaque.
Elle prit de l'alcool et le versa sur son bras. Il cria de douleur.
-Aimez-vous  les jeux, monsieur De Lancrey?
-Que voulez-vous dire par l�?
Il commen�ait � devenir nerveux.
-Combien de temps pouvez-vous tenir attach� � cette chaise vous vidant de votre sang?
-Je ne trouve pas �a dr�le, soignez-moi et je vais aller aider les autres.
-Pour qui travaillez-vous?
-Je vous demande pardon?
-J'ai dit, pour qui travaillez-vous?
-Mais pour le Capitaine, voyons.
-L'autre soir, sur l'�le, vous m'avez appel� Cassandre.
-Je ne comprends pas. L'autre soir, vous �tiez saoule.
-Tr�s bien. Je suis tr�s patiente. On peut rester comme �a pendant des heures si vous voulez. J'ai tout mon temps, mais la question qui se pose c'est : est-ce que vous vous tiendrez le coup?
-Si je meurs, le Capitaine saura que vous m'avez tu�.
-Je n'ai qu'� dire que vous avez succomb� � vos blessures et vous irez rejoindre les pirates parmi les requins.
-D�tachez-moi tout de suite!
-Ou il pourrait vous arriver pire que de mourir.
-Qu'est-ce qui pourrait �tre pire que la mort?
-Vivre avec un seul bras. Ce doit �tre difficile tra�ner une demoiselle sur ses �paules avec un seul bras, n'est-ce pas, Justin? Si je ne vous d�sinfecte pas totalement d'ici une heure, votre bras va pourrir et je devrai l'amputer.
-D'accord. D�sinfectez-moi et je vous dirai tout.
-Non. Vous d'abord. Qui �tes-vous? Pour qui travaillez-vous?
-Vos parents.
-Mes parents?
-Je suis un d�tective de Paris et vos parents m'ont engag� pour vous retrouver. Je dois avouer que vous �tes fut�e. Embarquer sur un navire en direction de l'Am�rique est une excellente cachette pour une meurtri�re.
-Je suis r�ellement accus�e de meurtre? Il n'y pas d'autres suspects? Il y avait un autre homme ce soir-l�.
-Toutes les apparences prouvent que vous �tiez la seule avec le couteau dans les mains. D�s que nous serons arriv�s � destination, nous embarquerons sur le prochain navire en direction de la France pour que Dieu d�cide de votre destin.
-Vous croyez qu'en me disant de tels propos je vais vous d�tacher?
-Je ne vous mentirai pas et puis tuer un autre homme n'aidera point votre cas, mademoiselle Cassandre.
Le malade, fi�vreux et � moiti� conscient r�p�ta faiblement les derni�res paroles de Justin.
-Cas...sandre.
Tout deux arr�t�rent de parler pendant un moment.
-Il entend ce que l'on dit?
-Je crois que c'est plut�t la fi�vre qui le fait parler, enfin, je l'esp�re.
-De toute mani�re �a ne changera rien. J'ai l'intention d'informer le Capitaine de votre statut de hors-la-loi.
-Bonne chance avec votre bras.
Elle vint pour quitter la pi�ce.
-Vous ne pouvez pas me laisser comme �a!
-Regardez-moi bien.
Elle partit et ferma la porte derri�re elle.
Vincent, qui attendait impatiemment, se pr�cipita sur elle d�s qu'elle mit le pied sur le sol du couloir.
-Il va bien. On doit seulement attendre de voir s'il va passer la nuit.
-Merci.
Il la serra si fort dans ses bras qu'elle crut qu'elle allait �touffer.
-Je peux aller le voir?
-Laissez-le se reposer. Allez plut�t aider les autres sur le pont principal pour vous changer les id�es. Je m'occupe de lui.
Il partit aussit�t, reconnaissant. Elle entra de nouveau dans la chambre.
-Vous venez m'achever? demanda Justin, des gouttes de fi�vre se formant sur son front.
Elle le d�tacha sans rien dire. Il la regarda un moment, confus.
-Installez votre bras sur la table de chevet.
Il ob�it imm�diatement. Elle sortit du fil et une aiguille.
-Vous ne d�sinfectez pas avant de refermer?
-Vous croyez que l'alcool �tait pour faire quoi?
Elle sourit sournoisement.
-Vous n'aviez pas l'intention de me tuer alors?
-Pas pour l'instant. Assez de sang � couler aujourd'hui.
Elle commen�a � refermer la plaie.
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FIN

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