| �pisode 2 "Une rencontre inattendue" Le soleil commen�ait � se lever lorsque Justin mit les pieds dans la demeure des Saint-Sulpices. La nourrisse l'emmena au salon o� les parents de Cassandre pleuraient � chaudes larmes. -Monsieur, Madame. Je suis le d�tective De Lancrey. -Vous? s'exclama Monsieur Saint-Sulpice, stup�fait. -Je sais, Monsieur. Je ne suis pas tr�s �g�, mais je suis aussi exp�riment� qu'un sp�cialiste dans le domaine. Si vous avez un doute sur mes comp�tences, je n'�prouverais aucune rancune � ce que vous choisissiez quelqu'un d'autre. J'ai eu plusieurs enqu�tes � mon actif et elles ont toutes termin� par�ment. -C'est-�-dire? s'empressa de demander Madame de Saint-Sulpice. -Positives. Toutes ont �t�es une r�ussite. -Assoyez-vous! ordonna le ma�tre des lieux. Justin s'assit aussit�t. -On m'a dit que vous aviez besoin d'aide pour retrouver votre fille qui s'est sauv�e hier dans la soir�e. -Elle a disparu hier soir, Monsieur De Lancrey. Ne vous avisez plus jamais de supposer qu'elle est partie de chez elle de son plein gr�, grogna l'homme assis en face de lui. -Pardon. -Excusez mon �poux. La disparition de Cassandre est un tr�s grand choc pour nous. Ce qu'il voulait dire c'est que notre fille nous aimait bien trop pour nous abandonner sans rien dire. -Je sais, pardonnez-moi, mais tout bon d�tective doit envisager toute possibilit�. Elle �tait assez vieille pour quitter la maison, non? Madame de Saint-Sulpice hocha la t�te. -Mais pas aussi subitement! hurla le seigneur, rouge de col�re. -D'accord. Je vais faire tout mon possible pour tenter de savoir ce qui s'est pass�. -Ne faites pas qu'essayer, D�tective, faites-le. Justin prit une gorg�e de th�, mal � l'aise. -Avez-vous un portrait qui pourrait m'aider � l'identifier? Le p�re lui d�signa une immense peinture affich�e au mur. Justin rit nerveusement. -Huh. Auriez-vous quelque chose qui puisse entrer dans ma mallette? -------------------------------------------------------------------------------------------------------- Intro musical -------------------------------------------------------------------------------------------------------- Le Capitaine emmena Cassandre � sa chambre. Malgr� le fait que la pi�ce ressemblait plut�t � un minuscule placard, elle ne p�t s'emp�cher de sourire. Elle avait toujours v�cu dans le luxe. Maintenant, elle pourrait enfin savoir comment les gens normaux vivaient. -J'esp�re que vous vous y plairez parce que vous passerez la moiti� de votre temps ici. -C'est parfait, merci. -Tout ce que je peux vous recommander, c'est de toujours verrouiller votre porte. Apr�s des mois sur un bateau, les hommes pourraient �tre tent�s. Je ne dis pas qu'un de mes hommes soit dangereux, mais je veux seulement �viter qu'un incident arrive. Il vint pour fermer la porte. -Oh! J'allais oublier. J'esp�re que vous �tes bonne couturi�re. Vous pourriez nous �tre utile si c'est le cas. -Oui. Justement, je voulais savoir si vous aviez d'autres v�tements � me pr�ter? Il la regarda de haut en bas. -Oui. Je crois que nous sommes presque de la m�me taille. J'ai des tas de robes de toutes les couleurs dans ma cabine, vous voulez les voir? rigola le capitaine. Elle lui lan�a des �clairs avec ses yeux. Il ne put s'emp�cher de rire. -Nous allons accoster pour la nuit sur une petite �le. Vous pourrez peut-�tre y trouver quelque chose. -Merci. Je....peux vous posez une question? Il acquies�a. -Qu'emmenez-vous au Br�sil? -On a tout ce qui est utile pour survivre de l'autre c�t� de l'Oc�an, comme des outils pour la r�colte, des bijoux et plein d'autres objets commodes. Nous avons aussi un groupe de n�gres � bord. -Des n�gres? -Oui. Des tas d'esclaves venant directement d'Afrique. Il la salua. Elle le regarda partir en r�fl�chissant � ce qu'il venait de dire. Des n�gres? Des n�gres voyageaient sur le m�me bateau qu'elle. -------------------------------------------------------------------------------------------------------- Justin �tait assis � la table de cuisine des domestiques et regardait Mathilde pleurer. -Elle devait seulement aller porter un potage � madame de Baljasse. Elle n'est jamais revenue. -O� est-ce que c'�tait? -� dix minutes d'ici. -Pr�s du port? demanda-t-il tout en regardant ses notes. -Oui, r�pondit simplement la nourrisse. Les yeux de Justin �tincel�rent tels deux astres lumineux. -Que savez-vous, tr�s cher monsieur, que vous ne me dites pas? -Il y a eu un meurtre hier, pr�s du port. La respiration de Mathilde s'accentua. Elle �tait au bord de la crise de nerf. -Non. Non. Je vous assure, votre ma�tresse n'est pas morte, mais les repr�sentants de la loi ont dit avoir poursuivi une jeune femme qui tenait l'arme du crime. -Insinuez-vous qu'elle aurait tu� quelqu'un, d�tective? -Je ne fais qu'insinuer que... -Mademoiselle Cassandre n'aurait jamais pu tuer qui que ce soit. Elle �tait aussi douce qu'un agneau, interrompit-elle. -Je ne crois pas qu'elle ait commis de meurtre, mais elle a d� s'enfuir pour ne pas se faire attraper. Je crois que je sais exactement o� elle se cache. -Mais ne me faites pas trembler comme une feuille, dites-moi-le! O� est-elle? -Les policiers m'ont avou� avoir perdu la suspecte de vu pr�s des cargaisons de bateaux. Elle a d� se cacher dans une des caisses et elle est sans doute en route pour je ne sais o�. La vieille femme se mit � pleurer avec encore plus d'acharnement. -Non. Non..Je ne voulais pas dire cela! Je vais la retrouver! Elle pleurait encore plus fort. -Ne pleurez pas! Elle va bien, j'en suis convaincu! Elle se jeta dans ses bras en hurlant de chagrin. Il essaya de retrouver son souffle. La silhouette plut�t imposante de la femme lui �crasait l'abdomen. Il soupira. La partie la plus difficile de son m�tier n'�tait pas d'aller sur les lieux des sc�nes sanglantes ou d'essayer d'�lucider les crimes, mais c'�tait de rencontrer les familles qui avaient perdu quelqu'un de tr�s cher � leurs yeux. C'est � ce moment-l� qu'il r�alisa que Cassandre devait �tre quelqu'un de tr�s bien pour qu'une nourrisse pleure la disparition d'une de ses ma�tresses. ------------------------------------------------------------------------------------------------------- Pause publicitaire. ------------------------------------------------------------------------------------------------------- Cassandre sortit de sa chambre et entendit une conversation qu'elle ne devait peut-�tre pas entendre. -Mais Capitaine! Nous n'avons pas assez de nourriture pour elle si nous employons un autre marin! Il faudrait se d�barrasser d'elle, avoua Tremblay. -Il y aura moins de nourriture pour les n�gres, c'est tout. -C'est de la folie! cria le marin enrag�. -Ob�it Tremblay ou bien on risque de repartir avec un matelot en moins et ce ne sera pas la demoiselle. Il partit aussit�t, frustr�. Cassandre monta sur le quai principal, rejoindre le commandant. -------------------------------------------------------------------------------------------------------- Le capitaine et son �quipage accost�rent sur une petite �le � l'aide de chaloupes. Ils avaient encr� l'�norme bateau de travers�e au loin par crainte de fendre le dessous du navire lorsque celui-ci fr�lerait le sol. -Pourquoi ne me laissez-vous pas ici? Un navire en provenance de France pourrait venir me chercher, proposa Cassandre au Capitaine. -Pour que vous restiez ici pour toujours? Cette �le n'est qu'un arr�t pour les bateaux venant de France. Aucun navire ne passe par ici pour s'en retourner dans notre beau pays. De plus, en revenant, nous allons en Angleterre pour aller chercher la marchandise. Nous pourrons vous laisser l�-bas. D�sol�, vous devez venir avec nous jusqu'au Br�sil. -Tr�s bien. -Tr�s bien? C'est bien la premi�re fois que je vois une femme aussi calme � l'annonce qu'elle va s�journer pendant des mois � bord d'un bateau tout crott� et qu'elle va atterrir dans un pays inconnu � des milles et des milles de chez elle. -Avez-vous d�j� eu une autre femme prise � aller jusqu'au Br�sil sur ce bateau, Capitaine? -Non. -Je crois que toute femme r�agirait comme moi. Je ne peux rien faire except� essayer de faire mon possible pour que ma pr�sence ne soit pas un fardeau. Un homme arriva � leur rencontre. -Viens l� que je t'embrasse! L'homme � la moustache et le Capitaine se serr�rent amicalement dans les bras. -Suivez-moi! dit Michel �nergiquement. Ils se mirent � marcher en direction du campement. -J'esp�re que vous avez fait bon voyage. Tu t'es trouv� une femme, cher �clair! Il �tait � peu pr�s temps. Tu ne rajeunis plus! -Non. Je te pr�sente Justine. Elle fait partie de l'�quipage. -Une femme? -Disons que c'est une erreur, r�pondit Cassandre. -Bon. C'est une bien belle erreur! Allez! Venez voir! Des tas de choses ont chang� depuis votre derni�re visite! On a pr�par� une f�te en votre honneur! d�clara-t-il avec entrain. -J'esp�re que l'alcool est au rendez-vous, annon�a �clair en ricanant. -Comme si nous allions oublier un d�tail pareille. -------------------------------------------------------------------------------------------------------- Le soir venu, toute l'�le au grand complet �tait en f�te. Tous les habitants et les membres de l'�quipage �taient assis autour d'un immense feu de joie. Des gens riaient, d'autres dansaient, d'autres chantaient. Une couverture recouvrait les �paules d�licates de Cassandre qui discutait avec Robitaille. Ils virent le Capitaine et Michel entrer dans une cabane de bois pour faire des affaires. -Qu'est-ce qui est arriv� � son doigts? questionna inquisitivement Cassandre. -Au Capitaine? -Bien s�r au Capitaine. Connais-tu d'autres personnes qui ont un doigts en moins? -Il �tait marin, tout comme nous, et une arm�e nous a attaqu� en pleine mer. Les combattants de l'autre camps avaient d�j� tu� une bonne partie de notre �quipage, y compris le capitaine du navire � cette �poque. �clair, lui, combattait avec une telle force. Il les a tous tu�s, les uns apr�s les autres. Enfin, presque tous. Rendu au dernier homme, celui-ci le supplia de ne pas le tuer. Il fit donc une entende avec lui: un duel. Homme contre homme. �clair accepta et les deux marins se retrouv�rent � plus de trois m�tres l'un de l'autre, face-�-face, pistolet � la main. Le but �tait que le premier qui appuyait sur la g�chette vivrait. Au signal, notre matelot appuya sur la d�tente avec la rapidit� d'un �clair. Cet acte h�ro�que lui valut le titre de capitaine et il h�rita de son surnom par la m�me occasion. -Mais je ne vois toujours pas le rapport avec son doigts. -Son opposant lui avait tirer dans le doigts. S'il n'avait pas r�agit aussi rapidement, il ne serait probablement pas ici avec nous aujourd'hui. On croit tous que Dieu �tait avec lui ce jour-l�. -Touchante histoire. Robitaille lui donna un verre rempli jusqu'au bord. -Buvez �a! Elle bu le liquide d'une seule gorg�e. Elle fit la grimace et les marins �clat�rent tous de rire. -C'est fort ce truc-l�! -C'est pour cette raison que seulement les hommes en prennent. -Ah oui? J'en veux un autre! dit-elle, d�termin�e. Il lui en donna un autre et elle le but d'un seul trait encore une fois. De l'autre c�t� du feu de camps, Justin y �tait assis depuis un bon moment et l'observait. Il �tait hypnotis� par sa beaut� et sa vivacit�. Elle le vit qui la fixait. Ils rest�rent un moment � se regarder. Mal � l'aise, elle fit semblant de l'ignorer et se remit � rire avec les autres. ------------------------------------------------------------------------------------------------------- Apr�s une bonne heure de f�te, Cassandre marchait en titubant en direction de sa chambre. Un homme arriva et la mena�a d'un couteau. -Je commence � croire que les hommes au couteau sont int�ress�s par moi! ricana-t-elle, en ne r�alisant pas vraiment la gravit� de la situation. -Viens par ici, ma belle. R�alisant dans quel p�trin elle s'�tait fourr� encore une fois, elle tenta de partir, mais l'homme l'agrippa violemment par le poignet. Justin sortit de nul part et frappa l'homme au visage. -Rentre chez toi, charogne! Elle regarda Justin, reconnaissante. -Merci. -� votre service, mademoiselle Cassandre. Il lui embrassa la main et partit aussit�t. -------------------------------------------------------------------------------------------------------- Pause Publicitaire -------------------------------------------------------------------------------------------------------- Le lendemain, un grand regroupement s'�tait form� sur la plage. Le capitaine marchait devant un petit groupe de dix hommes, align�s en file du plus grand au plus petit. Ils tenaient tous une corde dans leur main. -Celui qui nouera et d�nouera sa corde le plus rapidement et le plus efficacement, sera accept� en tant que novice sur notre bateau. � vos marques..... pr�t.....partez! Cassandre ne regardait que le myst�rieux inconnu de la veille qui �tait au beau milieu de la file. Il r�ussit parfaitement en moins de dix secondes. -Quel est ton nom, matelot? -Justin, monsieur. -As-tu d�j� travaill� sur un bateau auparavant? -Non, mais mon p�re �tait un des meilleurs navigateurs de tous les temps. Il m'a tout enseign�. -Messieurs et Madame! Nous avons un nouvel ami sur notre navire! Justin sourit et rencontra la visage de Cassandre qui semblait troubl�e. -------------------------------------------------------------------------------------------------------- Les marins embarquaient les cargaisons recueillies lors de leur visite sur l'�le. -N'oubliez surtout pas celle-la! ordonna Cassandre en d�signant une des caisses. -On a pas de place pour une caisse de plus. On a d�j� quelqu'un de trop! fit remarquer Tremblay, encore frustr�. -Qu'est-ce que c'est? interrogea le Capitaine. -Des pansements, bref tout le mat�riel requis pour soigner quelqu'un en cas d'accident. On pourrait en avoir de besoin. -La demoiselle a raison! Emmenez tout cela. -Emmenez-les dans ma chambre si vous avez peur de manquer de place sur le pont, proposa-t-elle � Tremblay qui la fusillait du regard. -C'est ce que j'avais l'intention de faire m�me si vous ne l'aviez point propos�, r�pliqua-t-il hostilement. Il s'�loigna en chialant. -�a ne fait m�me pas vingt-quatre heures que la dame est ici et elle donne d�j� des ordres. -Tremblay fais ce qu'on te dit sans r�ler. -Il n'a pas l'air de trop trop appr�cier ma pr�sence. -En cinq ans, il n'y a jamais eu de femmes avec nous, alors il faut lui laisser le temps d'encaisser le coup. -D'accord, mais s'il a besoin de se faire soigner, il devra �tre tr�s gentil parce que �a risque de faire mal, blagua-t-elle. -Alors, vous vous y connaissez en m�decine? -Un peu. -Vous connaissiez une gu�risseuse? -Non. Je lis, lis et lis encore. -Oh, r�pondit simplement le Capitaine, impressionn�. Tout l'�quipage monta dans le bateau. Elle regarda Justin monter en se demandant qui �tait ce myst�rieux personnage. Une chose �tait certaine. Elle ne manquerait pas de temps pour le d�couvrir. Fin. R�pondez au sondage |
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