�pisode 1 "�v�nement inattendu"

Le soleil brillait dans le ciel au-dessus de la ville de Paris. Une jeune femme  profitait du bel  apr�s-midi � l'ombre d'un vieux ch�ne. Elle �tait assise sur le sol parmi les sauterelles et les criquets et lisait avec int�r�t un roman d'amour. Elle �tait si passionn�e par sa lecture qu'elle avait perdu toute notion du temps. Ce devait faire des heures qu'elle �tait adoss�e � l'arbre. Elle avait oubli� toute les obligations qu'elle avaient � faire pour la journ�e. Elle �tait perdue dans son monde de chevaliers, d'�p�es et de princesses en d�tresse. Comme elle r�vait tant qu'un de ses s�duisants cavaliers vienne la sauver du monde platonique o� elle vivait. Une vieille femme sortit sa t�te d'une des fen�tres de la demeure adjacente � l'arbre et la fit revenir sur terre.
-Mademoiselle Cassandre! Venez vite! On vous demande! hurla la domestique, affol�e.
Cassandre roula les yeux, se leva et courut rejoindre la femme.
-Que se passe-t-il encore? Personne n'est donc capable de vivre sans me d�ranger dans mes occupations? rousp�ta le jeune fille.
-Mais regardez-vous un peu! Vous n'�tes point pr�sentable, mademoiselle!
-Dans ce cas je peux retourner � mon arbre?
-Ne soyez pas stupide mademoiselle! Enlevez cela!
Cassandre enleva son chapeau de paille � calotte plate en faisant la grimace.
-Qu'est-ce que mes parents me veulent cette fois? La bonne �tait trop occup�e � la d�corer qu'elle n'avait m�me pas entendu la question.
-Il faudra couper ce fichu arbre un jour! Vous �tes parsem�e de brindilles. Ce n'est point distingu�e pour une jeune fille de s'asseoir par terre. Oh et regardez vos cheveux!
-Mes cheveux son tr�s bien comme ils sont, merci! Maintenant, dites-moi o� sont-ils?
-Ils vous attendent dans le salon, mademoiselle.
-Merci, Mathilde. Profitez bien de la journ�e. Le soleil se fait rare ces temps-ci!
-Oui, mademoiselle.
La jeune fille sourit et entra dans le somptueux salon. Elle les salua gracieusement. Un homme, la t�te haute et le regard fier, se trouvait � leurs c�t�s. Ce qui la marqua le plus chez lui c'�tait son �ge. Il avait peut-�tre le double du sien. Il �tait peut-�tre m�me plus vieux que ses propres parents.
-Bonjour ma fille, je vous pr�sente monsieur de Baljasse, sourit madame de Saint-Sulpice en lui d�signant l'homme.
Elle lui pr�senta sa main et celui-ci l'embrassa poliment.
-C'est un plaisir, mademoiselle, que de faire votre connaissance.
-Moi-de m�me, mentit-elle en regardant ses parents.
-J'allais oubli�, nous avons des tas de choses � faire pour la r�ception qui se d�roule dans deux jours. Nous vous laissons seuls. Vous pourrez faire plus ample connaissance, proposa monsieur de Saint-Sulpice en prenant sa femme par le bras et l'entra�nant dans la pi�ce voisine. Ils rest�rent un bon moment dans le plus grand silence. Cassandre for�a un sourire.

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G�n�rique
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Assis � sa table de travail, Justin De Lancrey n'�tait plus capable de se concentrer. Il avait beau tourner le probl�me dans tous les sens, il n'arrivait pas � trouver ce qui clochait. Pourtant, il savait qu'il y avait un �l�ment fautif dans son r�sonnement. Un gar�on entra dans le bureau et s'assit devant lui.
-Alors, camarade?
-Cette affaire ne sent pas bon.
-Comme toutes les affaires pr�c�dentes. �a fait deux jours que tu regardes ce bout de papier. Il faut que tu sortes un peu prendre l'air. Il faut que tu te changes les id�es. J'ai appris que les Saint-Sulpices organisaient une petite f�te dans quelques jours, tu voudrais venir avec moi? Il para�t que leur fille est un cadeau de m�re nature.
-Un meurtrier se prom�ne dans les rues de Paris et toi tout ce qui est log� dans ta petite cervelle de moineau c'est de courtiser une femme bien trop snob pour nous.
-C'est bien mieux que de s'arracher les cheveux de la t�te pendant des heures.  Je parie que tu ignores qu'il fait soleil � l'ext�rieur. Allez, accompagne-moi! C'est plut�t rare qu'une occasion comme celle-ci se pr�sente.
-Je ne sais pas pourquoi tu t'ent�tes � vouloir faire les  yeux doux � la demoiselle de saint-Sulpice. Les femmes de la haute soci�t� ne font qu'une bouch�e des hommes comme nous.
-Je n'aurais aucun probl�me avec le fait qu'elle me morde, si tu vois ce que je veux dire?
Justin �clata de rire.
-Comme tu es vulgaire, cher Isidore. Je ne crois pas que tu la s�duiras en lui disant de telles choses.
-Nous ne le saurons pas si nous n'y allons pas.
-D'accord. Tu as gagn�.
-Merci!
Le gar�on sauta dans les airs et partit aussit�t. Justin ricana et se remit � travailler.

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Cassandre et monsieur de Baljasse se trouvaient encore dans le salon. Cassandre �tait assise dans le fauteuil et l'homme se tenait pr�s de la chemin�e.

-Que pensez-vous des �crivains de notre �poque et des �poques pr�c�dentes? demanda Cassandre en essayant de faire la conversation.
-Je crois que ce sont des braves gens qui ont la folle id�e de croire  �tre capable de vivre de leur plume. La plupart des �crivains de ce monde ont seulement leurs bouquins  au-dessus de leur t�te.
-Je crois que les �crivains sont les plus intelligents et les plus braves d'entre-nous. Ils savent exprimer des choses que nous, simples citoyens de cette terre, sommes incapables. Il y a tant d'�motions dans leur travail. Je suis en ce moment en train d'�crire un roman.
-Vous? Une femme? Ne soyez pas sotte. Aucune femme n'a publi� de livres jusqu'� maintenant et que dieu b�nisse le jour o� se sera le cas.
Cassandre regarda le sol un moment, insult�e. Elle voulait lui sauter au coup et lui faire recracher les m�chancet�s d'homme pr�tentieux et vantard qu'il venait juste de lui dire, mais gentille petite fille qu'elle �tait, elle changea rapidement de sujet.
-Que pensez-vous de Hugo?
-Hugo?
-Victor.
-Y aurait-il un nouvel arrivant dans la ville que je n'ai pas encore  eu l'occasion de rencontrer?
Elle se retint d'�clater de rire.
-Oui. C'est cela.
-Oh. Je compte bien faire sa connaissance lors de la r�ception de vos parents.
Elle sourit malicieusement, sachant tr�s bien qu'il ne rencontrerait personne de ce nom � la f�te.
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Le soir venu, Mathilde travaillait encore � la cuisine. Cassandre entra en coup de vent dans la pi�ce.
-Mademoiselle Cassandre, vous auriez du �tre ici il y a plus d'une heure.
-Je suis navr�e. J'�tais plong�e dans un bouquin.
-Ah vos bouquin! Si vous ne passiez pas autant de temps � lire, je suis certaine que vous trouveriez un bon mari. Il �tait mignon le dernier que vos parents vous ont pr�sent�.
-Tous les imb�ciles que mes parents me pr�sentent sont bien trop vantards. Ils ne voient que le c�t� mat�riel de toute chose. Ils sont riches, vieux et superficiels. J'aimerais mieux �pouser un homme pauvre de richesse, mais riche de savoir.
-J'esp�re �tre encore en vie le jour o� vous trouverez cet homme, mademoiselle.
-Vous le serez, Mathilde. Vous le serez.
-Bon, vaudrais mieux remettre �a au frais, sugg�ra la nourrisse en prenant le bol de soupe.
-Non. J'y vais. Madame de Courvalle est tr�s malade. P�re et m�re me tueraient si je n'allais pas lui apporter la soupe tout de suite.
-Il vont �tre encore plus f�ch�s lorsqu'ils apprendront que vous �tes sortie � cette heure.
-Mais comment pourrait-il l'apprendre?
-Si je lui dis, mademoiselle.
-Alors ne dites rien. Ce sera entre vous et moi. �a ne prendra que dix minutes. Je serai de retour avant m�me qu'ils s'aper�oivent de mon absence.
-Aussi t�tue que lorsque vous �tiez gamine.
-Je sais, merci.
Elle prit le bol contenant le liquide encore fumant, mit sa cape et sortit � l'ext�rieur.

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Les rues de Paris, le soir, �taient terrifiantes. Si silencieuses. Si calmes. Elle voyait � peine o� elle mettait les pieds, mais malgr� la peur qui la hantait, elle continua son chemin. Presque arriv�e � destination, elle entendit un cri fendre le silence de la nuit. Au m�me moment, elle vit une femme sortir d'une ruelle sombre. Elle �tait poursuivit par un homme. Il l'agrippa par les cheveux et la frappa � mainte reprises. Il sortit quelque chose de sa poche et, avant m�me qu'elle puisse r�agir, il poignarda la femme au niveau de l'abdomen. Paniqu�e, cassandra se rua sur l'agresseur et elle tenta de lui retirer l'arme du crime des mains. Il s'enfuit, la laissant avec le couteau ensanglant�. La patrouille nocturne l'aper�ut.
-Ne bougez plus! cria un des officiers. En moins d'une minute, une poursuite infernale s'entama dans les rues de la ville.  Comble de malheur, une pluie glaciale commen�a � tomber. Elle r�ussit � semer les deux brigadiers en se cachant dans une �norme caisse en bois.

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Le lendemain, des hommes sur un navire de marchandises ouvraient des caisses et y d�couvrit une Cassandre endormie parmi les poissons morts.
-Capitaine, vous croyez qu'elle est vivante?demanda un jeune blondinet.
Cassandre ouvrit les yeux et hurla de peur � la vu des deux hommes.
-En pleine forme! r�pondit le Capitaine.
-Ne me faites pas de mal! supplia-t-elle.
-Messieurs, baissez les armes! Le viole pr�vu pour aujourd'hui vient d'�tre annul�. La demoiselle ne veut pas coop�rer.
Tous les marins � bord �clat�rent de rire pendant que le Capitaine l'aidait � sortir.
-Bienvenue sur mon bateau, mademoiselle!
-Bateau?
Elle regarda autour d'elle pour y d�couvrir qu'ils �taient entour�s d'eau sur des milles et des milles.
-O� sommes-nous? Je veux retourner chez moi!
-En route vers l'Afrique et ensuite vers le Br�sil, mademoiselle, r�pondit joyeusement le blondinet.
-Et on ne peut pas faire demi-tour. Nous sommes � plus de quatre heures du port et si nous retournons, notre horaire de voyagement sera fichue. Si nous avons des emb�ches durant la travers�e et nous avons perdu quatre heures en partant du port, nous allons �tre en retard pour livrer la marchandise et cela co�te tr�s cher.
Il lui montra sa main. Son auriculaire �tait manquant.
-Robitaille! Pr�pare une cabine pour la dame! Tu cohabiteras avec Tremblay.
-Oui, Capitaine!
Le blondinet partit aussit�t.
-Alors, la dame a-t-elle un pr�nom ou elle reste la myst�rieuse dame � la caisse �  poissons?
Elle se sentit et grima�a � la forte et d�sagr�able odeur. Elle avait pass� une nuit enti�re avec des poissons morts.
-Justine de Saint-Fran�ois, mentit-elle. Elle ne voulait pas r�v�ler sa vraie identit�.
-Enchant�, Justine de saint-Fran�ois. Je suis le Capitaine �clair.
-�clair? C'est votre m�re qui se sentait pas trop inspir� lorsqu'on vous a baptis� ou elle �tait seulement marginale?
-Non. Je ne me pr�nomme pas �clair, mais les hommes m'appellent ainsi, ricana-t-il. Alors, Justine, que faisiez-vous dans notre caisse � poissons?
-Je...heu...je me suis perdue..et il faisait un temps mauvais....et...j'ai voulu me r�fugier...et puis je me suis endormie.
Il acquies�a en signe d'appr�hension et la salua. Elle resta pendant un moment � regarder l'horizon. Elle ignorait qu'est-ce qu'il allait lui arriver, si elle allait survivre sur un navire avec que des hommes, si elle attraper une maladie ou m�me si encore elle allait �tre utile sur ce bateau, mais elle ne pouvait s'emp�cher de sourir. Peut-�tre parce qu'elle sentait le vent lui caresser le visage. Peut-�tre �tait-ce parce que pour la premi�re fois de sa vie, elle se sentait enfin libre, libre  de faire ce qu'elle voulait.

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FIN
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