Barbara Bain

 

« L’intimité dont je rêvais »

 

 

Source: Le Lundi à Hollywood, 1995
Author: Léa Noblet

 

 


       Grâce au Canal D, les cinéphiles redécouvrent la plus populaire des séries américaine des années 60 et 70, Mission Impossible, et l'une de ses vedettes, Barbara Bain, lauréate de trois Emmy Arwards d'interprétation pour son rôle de Cinnamon Carter.

       Elle y jouait avec son mari de l'époque, Martin Landau, qui incarnait un espion, spécialiste en déguisements, Rollin Hand. "Une série inoubliable, tant pour le public que pour les comédiens, de dire Barbara. Nous innovions sur beaucoup de tableaux et le public, très assidu pendant huit ans, a suivi nos péripéties. Je ne crois pas que cette émission ait été remplacée, et encore moins égalée."

       Vedette de la télévision, Barbara n'a que peu tourné pour le grand écran : "La plupart du temps, on me confiait des rôles d'intriguante et de maîtresse, les plus beaux en fait. Malheureusement, c'était dans des productions très secondaires. C'est la raison pour laquelle j'ai éprouvé après Mission Impossible le besoin de m'en distancier et de réorienter ma vie." On l'a tout de même vue dans des grandes émissions de variétés, comme The Dick Van Dyke Show, The Smothers Brothers Comedy Hour, et, à la fin des années 80, dans Moonlighting.

       Pendant cette longue période, elle s'est engagée dans différentes oeuvres humanitaires et a notamment fondé l'association BookPals qui se veut le lien entre la Screen Actors Guild et les enfants à risques des quartiers défavorisés de Los Angeles. "Quand je pense aux progrès réalisés, je me dis que c'est sûrement ce que j'ai fait de mieux dans ma vie. Aucun rôle ne m'aurait apporté ce que mon engagement m'a procuré."

       Son exemple a maintes fois été imité aux quatre coins du monde : "Il y a maintenant de semblables associations en France, en Allemagne, en Italie, au Brésil et en Australie. Et ce n'est qu'un début. De sorte que, planétairement, il y a une sensibilisation à ce problème d'analphabétisme qui, loin de s'atténuer, avait pris des proportions énormes. Il y a maintenant un espoir véritable et nous apercevons tous la petite lumière au bout du tunnel." En 1993, elle a reçu pour son engagement soutenu la médaille de Reconnaissance nationale de la Commission américaine sur les informations scientifiques.

       Elle vit à Los Angeles depuis le début des années 60, dans une coquette maison de 12 pièces qu'elle a elle-même décorées. Dans le salon-bibliothèque, on trouve la cinquantaine de trophées qu'elle a reçus des quatre coins du monde, dont les trois Emmy Awards qui témoignent de son glorieux passé d'actrice. Les autres pièces sont discrètes, lumineuses et douces, tout à son image de femme comblée et ravie d'avoir donné un sens à sa vie.

            Barbara Bain est une exception dans une ville où l'on cultive l'illusion, le fantasme et la fiction. Bienvenue chez elle.

 

 
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