THE
FIXX
The
Fixx est un groupe britannique des années 1980.
Comme beaucoup de groupes britanniques du début
de cette décennie, Londres sera la ville qui va
leur donner à la fois la naissance et la chance
de se faire entendre.
Dans
les années '80, il était courant de nommer les
nouveaux groupes issus de Grande-Bretagne de
groupes de la "seconde vague
britannique", en faisant référence à la
première qui nous avait apporté son crû
d'innovations et d'expériences musicales
intéressantes: The Beatles, Rolling Stones pour
ne nommer que ceux-là. C'était le cas pour A
Flock of Seagulls, The Police, The Cure. C'était
le cas aussi pour les Fixx.
The
Fixx, c'est d'abord le chanteur et compositeur Cy
Curnin, aussi Jamie West-Oram à la
guitare, Rupert Greenall aux claviers et
synthétiseurs, Adam Woods à la batterie
et Alfie Agius, remplacé plus tard par Dan
Brown à la basse. Pour presque tous les
albums ce sera la formation originale qui
enregistrera.
The
Fixx: l'histoire d'un conflit entre la liberté
de création et les impératifs financiers des
maisons de disques.
Les
Fixx se sont fait connaître dès leur premier
album, Shuttered Room, paru en 1982. Un
album qui faisait contraste avec le courant new
wave qui prédominait à l'époque. Le succès
remporté par l'album est dû au caractère
professionnel du groupe, c'est-à-dire un
marketing efficace via l'utilisation du
vidéo-clip, et ce, en dépit du manque de
soutien des réseaux américains. Paradoxalement,
The Fixx, par ses clips Stand or Fall et Red
Skies, vont contribuer à l'émergence d'un
nouveau canal que peu de gens regardaient
jusqu'alors aux États-Unis: je parle du canal
MTV. C'est par MTV qu'ils combleront le manque
d'appuis des réseaux américains et qu'ils
deviendront les idoles de beaucoup d'Américains.
L'autre raison du succès remporté est la
capacité remarquable des membres du groupe à
jouer intégralement en spectacle les pièces
entendus sur Shuttered Room. Ce qui les distingue
du reste de la seconde vague britannique, qui,
pour un certain nombre de groupes, était la
lacune. D'ailleurs, vers la fin de l'année 1982,
le groupe est invité à Long Island à
l'occasion du King Biscuit Flower Hour, très
courus à l'époque par les fans de la pop
musique.
Le
nouveau genre "post new wave" assorti
d'une trame rock dont il font preuve sur le
premier album les amènera au second album Reach
the Beach (1983). Comme tous les grands
groupes et artistes, ils auront réussi l'exploit
par ce second album d'inscrire dans la mémoire
de leurs fans, et même dans la mémoire de ceux
qui ne les apprécie pas, une pièce musicale
commerciale mais aussi innovatrice pour le genre,
One Thing Leads to Another. Je ne pourrais
passer sous silence l'excellent morceau Saved
by zero, un autre succès tiré de cet album.
Peut-être est-ce l'effet de la combinaison des
vidéo-clips avec leur style non orthodoxe de
jouer sur scène, mais pour plusieurs amateurs du
groupe, cet album nous laisse le goût de le
réentendre à l'occasion, même des années plus
tard. Ce qui est rare pour les disques de cette
décennie.
L'année
suivant, le groupe lance Phantom (1984)
qui, selon plusieurs "fixxistes",
serait le meilleur album du groupe à n'avoir
jamais paru. Il est certain que Reach the Beach
exigeait dans sa suite la difficile commande au
groupe d'endisquer un autre super album,
c'est-à-dire un album qui a réussi à attirer
l'attention tant sur le plan musical que
commercial. En fait, The Fixx n'ont pris aucune
chance: certaines pièces comme Wish ont
été sélectionnés non par le groupe, ni par la
compagnie de disque, mais par des fans ayant
été choisis préalablement pour entendre avant
les autres certaines compositions de leur disque,
et donner leur avis à propos de quels titres
devaient paraître sur Phantom. Une pratique pour
le moins inhabituelle. Mais les attentes de MCA
étaient irréalistes, espérant un autre
phénomène Reach the Beach. Sans pour autant
avoir frappé un mur, la compagnie et le groupe
en seront quittes pour quelques déceptions.
Puis,
le groupe prend de la maturité et change quelque
peu son style. L'album Walkabout (1986)
possède un son différent des précédents
albums. Walkabout se veut plus
"spirituel" comme son et aussi dans les
textes. Il suffit d'écouter les pièces
"Built for the Future", ou encore
"Read Between the Lines" pour s'en
convaincre. C'est le premier album où le groupe
joue une pièce qui n'a pas été composée par
Cy Curnin. C'est la pièce "Secret
Separation" écrite par une amie du groupe,
Jeannette Obstoj. C'est une chanson d'amour, peu
commun pour The Fixx...
En
1987, c'est l'album React. C'est le
dernier album sous l'étiquette MCA. On retrouve
sur cet album la reprise en version live de leurs
succès des précédents albums. En fait, React
n'est pas un titre sans signification pour le
public: C'est que le torchon brûle entre MCA et
The Fixx depuis Phantom. C'était le dernier
album du groupe au contrat avec MCA. Cy Curnin
remisant sa plume, le groupe se contentera de
réendisquer des pièces déjà enregistrées
mais en version spectacle.
C'est
RCA qui rapatriera The Fixx dans son camps. Le
premier The Fixx sous la nouvelle étiquette
sortira en 1988, Calm Animals, un disque
beaucoup plus agressif et aux antipodes de
Walkabout. On sent beacoup la présence de
West-Orams (à la guitare). Encore une fois, la
compagnie de disque fait des siennes avec ses
exigences. RCA n'apprécie pas du tout que le
groupe se mêle du marketing de l'album. De
nouveau la foire ! C'est le seul et unique album
de Fixx sous l'étiquette RCA. En fait, il y aura
un autre album qui paraîtra en 1989 avec MCA, One
Thing Leads to Another; mais The Fixx leur
fera à nouveau un deuxième "React".
Que des reprises, comme le titre de l'album
l'indique.
Le
prochain album, Ink, ne paraîtra qu'en
1991. The Fixx signera avec Impact, un imprimé
de MCA. Ink est en quelque sorte une
dénonciation du monde des compagnies de disque.
Des titres aussi évocateurs que All is Fair,
Crucified, One jungle, ou encore How
Much is enough ne sont pas sans attirer
l'attention de la presse et du public sur le
disque. Mais l'album ne se vend pas comme Impact
le désirait. Ce sera la fin de l'entente entre
The Fixx et Impact. À noter que c'est le premier
album, et le dernier, où la composition des
chansons est l'oeuvre du groupe au complet, et
non pas seulement les compositions de Cy Curnin.
En
fait, The Fixx aurait pu devenir un groupe
beaucoup plus marquant si ce n'était les
compagnies de disque, imposant leur agenda sur
l'oeuvre artistique du groupe. À l'opposé de
Rush, où le marketing est une synergie acceptée
autant du côté de la maison de disque que du
groupe, par exemple, The Fixx n'ont pas eu l'aide
sincère dont le groupe avait besoin. Pourtant,
ce n'était pas une chose complexe à comprendre:
The Fixx est un groupe qui désirait faire son
marketing comme elle composait sa musique,
c'est-à-dire produire en toute liberté.
Malheureusement, ce ne fut pas le cas.
La
liberté a un prix. C'est souvent le prix d'une
période de vaches maigres. En 1994 sort l'album Missing
Links sous l'étiquette Rough Trade, une
étiquette moins prestigieuse que les
précédentes. Encore une reprise de pièces
ayant paru sur d'autres albums. On remarquera que
la pochette de cet album reprend en arrière-fond
le dessin de la pochette de Reach The Beach. Un
signe des temps ?
L'essoufflement
de The Fixx se poursuit en 1996 avec l'album live
In Concert et Real Time Stood Still.
Décidément, le groupe doit se faire une raison:
l'ère Reach The Beach avec ses succès et ses
grandes tournées ne peu plus se reproduire. Le
groupe doit prendre des décisions quant à son
avenir: arrêter, ou, produire pour un plus petit
marché.
Un
CD démo paraît en 1997, Happy Landing.
C'est nouveau comme son, s'adressant à un public
plus mature, mais pas inaccessible pour autant
aux plus jeunes. La pièce se retrouvera sur
l'album Elemental, lancé en 1998, sous
l'étiquette CMC. Curieusement, le groupe
retrouve une jeunesse avec cet album. D'abord, il
redécouvre le plaisir d'utiliser les instruments
acoustiques, ce qui n'est pas une chose mauvaise
en soi. Ensuite, Elemental se veut un disque
mature, non pas un disque nostalgique comme leurs
précédents qui ont failli tuer le groupe, mais
un disque sans prétention, simplement jouer de
la musique comme seul The Fixx est capable de le
faire, mais avec une décennie et demi qui s'est
écoulées en plus.
Dans
les dernières années, le groupe a lancé 1011
Woodland et Ultimate Collection, des
albums qui ne s'adressent plus, enfin, aux
"fixxistes" seuls mais au public en
général. Les reprises sont superbes, les
pièces inédites sont comme toujours de bons
goûts.
Aujourd'hui
Le
1er juin dernier, The Fixx partait en tournée,
le Summer Tour. Une tournée américaine
qui traverse 29 villes, dont Chicago, Houston et
San Francisco. De plus, à leur retour de la
tournée, qui se terminera 21 septembre prochain
à Las Vegas, 12 nouvelles pièces paraîtront
sur leur prochain album qui s'intitulera Hollywood
Ending. La source d'information est bonne
puisque c'est le batteur du groupe Adam Woods
lui-même qui en a fait l'annonce le 23 mars
dernier. Le producteur de l'album n'est pas le
dernier venu, Roy Cicala, celui qui a déjà
produit John Lennon.
FAQ
- Pourquoi deux
"x" à The Fixx ? C'est
pour éviter de faire référence à
l'expression "fix" reliée au
monde de la drogue ("se faire un
"fix"). À l'origine, le groupe
devait s'appeler The Fix, puis The
Ficks. Enfin, le groupe a opté pour
la forme que l'on connaît.
- D'où vient la formation ?
À l'origine, Cy Curnin, Rupet Greenwall
et Adam Wood formaient un groupe, Portraits.
Puis la soeur de Curnin a rencontré le
guitariste Jamie West-Oram et ils ont
formés le groupe The Fixx.
- Cy Curnin a-t-il produit
un album solo ? Actuellement, il y a un
album solo d'enregistré. Mais sa sortie
se fait attendre. Le titre pourrait être
Misconception ou Decompression.
On verra bien.
Discographie
- Shuttered Room (1982)
- Reach The Beach (1983)
- Phantoms (1984)
- Walkabout (1986)
- React (1987)
- Calm Animals (1988)
- One Thing Leads to Another
(1989)
- Ink (1991)
- Missing Links (1994)
- In Concert (1996)
- Real Time Stood Still
(1996)
- Elemental (1998)
- 1011 Woodland (1998)
- Ultimate Collection (1999)
Stéphane
Boutin
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