Lara Fabian: "Je ne crois pas au hasard"
Papillonnante et guillerette, Lara Fabian est visiblement heureuse de retrouver la France, après deux années passées à concocter son premier album en anglais, Lara Fabian. Plusieurs mois durant, elle va présenter son disque américain à son public européen et expliquer à ses fans qu'elle est allée aux Etats-Unis sans perdre son âme. Mais en remettant sa carrière en jeu. L'enregistrement de cet album a-t-il été un grand moment ? Celui de Broken Wow, surtout ! Ma musique et mon texte, avec cent musiciens, l'arrangeur et le pianiste de Barbara Streisand, et moi toute petite au milieu De plus ils m'ont applaudi à la fin et m'ont demande de signer leurs partitions ! Ce moment m'a semble surréaliste et, en même temps, je ne suis pas égocentrique. Je garde les pieds sur terre. Je me suis dit : "voilà, quand on bosse et qu'on y croit, cela arrive." Que représente pour vous ce disque en anglais ? Deux ans de travail, de création, de rencontres, et la matérialisation d'un rêve de gosse : devenir une star internationale. Travailler avec les plus grands comporte une forme de risque, mais cela peut surdimensionner le rêve. Par ailleurs, j'ai un trac fou. J'appréhende de remettre en jeu l'acquis que j'ai auprès de mon public européen. Finalement, ou sont vos racines ? Elles sont belges et siciliennes, même si je vis depuis dix ans à Montreal. Le sud m'a donne mon côte esthète, épicurien et volcanique ; ma côté "nordiste"consiste, lui, à avoir une maison et des choses bien rangées ! Je pense toujours à ceux que j'aime et qui tapaient dans leurs mains lorsque, petite, je montais sur la table pour chanter. C'est tout cela qui m'a façonnée. Je crois que le succès véritable d'un artiste ne tient pas qu'à son art mais aussi à sa personnalité. Serge Lama, Michel Berger ou Johnny hallyday sont des personnes sublimes. Aux Etats-Unis, avez-vous sauvegardé votre personnalité ? J'ai abordé le travail avec les pontes du show-business américain en toute humilité tout en y apportant ce que j'ai de plus entier : mon côte"rafraichissant" et sans calcul, mon honnêteté et mon impulsivité. De leur côté les Américains ont adopté une attitude ouverte. Ils ont su tenir compte de mon caractère pour créer quelque chose d'original. Il faut dire aussi que cet album ne constitue pas une rupture mais une étape dans ma vie, une évolution engagée depuis longtemps. Avec Pure, votre précèdent album, votre succès a pourtant été soudain Il a pu donner l'impression d'être instantané, mais il était en réalité la conséquence de dix années de travail. Je ne crois pas au hasard. Je me dois de reussir, pour moi et pour ce qui y croient depuis que j'existe. Comment envisagez-vous l'avenir ? Je ne veux pas épuiser ma carriere de chanteuse. J'aimerais écrire pour d'autres, pour des films. Je suis une passionnée de cinéma et je rêve de mettre de la musique sur des images. Je souhaite également m'accomplir dans ma vie de femme, lui donner un écrin qui sera le reflet de mon ambition d'artiste. Patrick Fiori vient de vous téléphoner. Le regard des médias sur votre couple ne vous pèse-t-il pas ? Je ne comprends pas les
fabulations. Sinon, je joue le jeu de la transparence. Je
n'ai rien à cacher. Avec Patrick, nous nous cherchons un
appartement à Paris. Si l'on a envie d'être anonyme,
mieux vaut travailler à la poste.
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Transcript par : Hezia Abel
Copyright © 1999, Purelara