Lara Fabian : "J'ai besoin de dire je t'aime et d'etre aimee"


Propos recueillis par Nathalie Crespeau
© Télé Star du 20 au 26 novembre 1999

Elle revient avec un album en anglais. Et dans le coeur, la même passion de vivre.

Elle a disparu outre-Atlantique pour enregistrer un disque tout en anglais. Lara Fabian est de retour avec un album intitulé tout simplement "Lara Fabian" ! Et va faire avec lui le tour du monde, sans oublier la France, pays de ses deux amours : son public, bien sûr, mais aussi Patrick Fiori ….

Après ces longs mois passés aux Etats-Unis, vous ne semblez pas trop avoir changé ….

Ils ont pourtant essayé ! Extensions dans les cheveux, ongles longs comme ça (elle fait le geste çà ! Quand ma mère a vu les photos, elle m’a dit : "Oh ! que c’est joli, c’est qui ?". Alors j’ai dit non ! Et je me suis battue pour rester moi-même.

Le fait que vous chantiez en anglais permet de vous comparer avec les "voix" du moment : Dion, Houston, Carey … Une façon de dire que vous faites partie du club ?

Faire partie de ce cercle de chanteuses à voix, c’est ce que j’ai toujours souhaité. A l’âge de 6 ans, je regardais Barbra Streisand à la télé, la bouche ouverte et je disais : "Moi aussi je veux ça", sans imaginer les revers de la gloire, ce sentiment d’appartenir au public, de devoir préserver à tout prix un coin de jardin secret. Aujourd’hui, j’ai appris tout ça et j’ai dans mon planning des plages réservées à ma vie privée. Des soirées à moi, deux ou trois jours pendant lesquels, je peux aller où je veux et voir qui je veux.

Le fait que votre histoire d’amour ait été autant médiatisée ne vous dérange pas ?

Plus vraiment. Au départ, j’ai été très discrète sur mon histoire d’amour avec Patrick parce que j’ai jugé que notre relation n’était pas encore assez solide au moment où l’on me questionnait. Je ne voulais pas dire  "Oh là là ! c’est l’homme de ma vie … "

Pourtant, vous avez dit " je crois que j’ai trouvé le père de mes futurs enfants " …

On me l’a fait dire. Et j’ai espéré que Patrick ne lirait pas ça. J’avais peur qu’il prenne la poudre d’escampette en disant : "Mais je ne lui ai jamais parlé de gosses, qu’est-ce que c’est que ces conneries ?". Puis j’ai laissé faire … Les médias m’ont mariée, divorcée, fait mettre au monde des enfants, …

Et aujourd’hui, pourquoi en parlez-vous ?

Ce n’est pas pareil ! Notre histoire dure depuis plus d’un an. C’est l’une des plus belles aventures de ma vie parce qu’elle m’apporte stabilité et harmonie. Et puis vous entendre dire que vous êtes la plus belle femme du monde, la plus intéressante, un ange … Je ne le crois pas forcément mais ça rassure !

Pour vous, l’amour est absolu ou éphémère ?

Les deux. Au fond de moi, je veux croire profondément à l’éternité de l’amour, au sublime. Mais j’ai tellement peur de l’anéantir que je préfère cultiver son côté éphémère. Penser que rien n’est jamais acquis tout en me disant "si ça pouvait être le bon …". J’ai peur de m’engager et en même temps, je rêve de me marier.

Et d’avoir trois enfants …

Au moins deux. Mais je me donne trois ou quatre ans pour ça. Je vais travailler et prendre le temps de vivre.

A planifier vos enfants et votre carrière, n’avez-vous pas peur que l’on vous reproche d’en faire trop ?

J’ai l’exubérance des gens qui donnent. Je sais qu’être entière ne plaît pas à tout le monde. Mais c’est mon côté italien. A l’aube de mes 30 ans, j’ai l’impression que je me suis réconciliée avec tout ce qu’une femme peut avoir comme angoisses et ce qu’une artiste peut ressentir comme insécurité. J’ai besoin de dire "je t’aime" et besoin d’être aimée.

Qu’en est-il de votre prétendue rivalité avec Céline Dion ?

J’aime Céline depuis l’âge de 12 ans. Mais comme la presse nous a toujours mises en concurrence, je n’avais pas le droit de le dire. C’est une véritable artiste qui n’a jamais rien eu à prouver aux autres mais à elle-même.

Et vous ?

Pareil ! On me reproche un peu, par exemple, d’avoir fait cet album en anglais. Pourtant, c’était une évidence, une suite logique de ma carrière. Et il y en aura d’autres.

En anglais ? Renonceriez-vous à votre carrière francophone ?

Pas du tout ! Mon prochain album en français est déjà presque entièrement écrit. Et j’ai choisi de venir passer trois mois en France avant de faire quoi que ce soit d’autre. Quand vous donnez deux ans de votre vie à un pays, vous ne pouvez pas ensuite lui consacrer seulement deux jours.

L’été dernier Patrick nous a confié que vous écriviez ensemble. Aurez-vous quelques créations communes dans votre album ?

C’est vrai, nous écrivons. Mais c’est à l’état embryonnaire, tellement fragile … La seule chose que je puisse vous dire, c’est que lorsque l’on aime quelqu’un, le moment de création est un vrai cadeau. Mais nous aurons le temps d’en reparler. Auparavant, il y a la sortie internationale de mon nouvel album. En France d’abord à la fin de ce mois, puis en février 2000 aux Etats-Unis. Je vais faire dix-huit mois de promotion partout dans le monde. C’est génial ! Ca va me permettre de parler de ce que j’ai vécu pendant deux ans. Deux années à rire, crier, vivre et pleurer à en mourir. J’ai tellement appris, tellement grandi. Tout en restant moi-même !.


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Transcript par : Hezia Abel

 

 

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