Lara Fabian : "Diva's Live"


Propos recueillis par Joëlle Lehrer
© Le Soir Illustré (Belgique) - 10 Mars 1999 N° 3481

Un double CD live s'imposait-il maintenant ?

C'est fantastique d'avoir un témoin de ce qu'on a fait dans le passé et, surtout, d'une première fois, comme c'était le cas avec cette tournée en France et en Belgique. Pour les fans aussi, c'est important d'avoir un CD où l'on a immortalisé des moments de musique qui se sont passés soir après soir.

L'année 98 a été celle de l'explosion de votre carrière en France et en Belgique. L'aviez-vous lu dans votre horoscope ?

Je ne suis pas très branchée sur l'astrologie. Je préfère construire ma destinée plutôt que d'écouter les prédictions de quelqu'un. Ca me fait un peu peur.

Quels ont été les trois plus grands moments de 98 ?

Le Stade de France avec Johnny, mon premier concert aux Beaux-Arts de Bruxelles et la remise de cinq millions d'unités vendues. En dix-huit mois, c'est assez incroyable.

La première fois que l'on s'est rencontrées, j'ai été frappée par votre ambition. Est-elle toujours la même ? Et quelle est, selon vous, la meilleure façon de l'entretenir ?

D'en connaître parfaitement le mode d'emploi. L'ambition est une arme assez spectaculaire. Il faut faire attention. Ca peut t'éclater à la figure si tu ne sais pas comment l'utiliser. Il ne faut pas avoir une ambition qui te pousse à faire des compromis humains susceptibles de t'anéantir en tant que personne. Et la meilleure façon de l'entretenir, c'est de stimuler les choix et de savoir exactement ce qu'on ne veut pas faire.

Que refusez-vous absolument de faire ?

Des compromis qui anéantiraient ma vie de femme et m'obligeraient à devenir une sorte d'icône. Je veux pouvoir continuer à me balader normalement, sans garde du corps, et faire mes courses. Quand je ne travaille pas, je n'ai ni sbires, ni chauffeur. Mais, quand je bosse, je n'ai pas le choix, il me faut l'un et l'autre pour des raisons de sécurité. A la sortie de certains concerts, les gens se jetaient sur ma voiture. Il fallait douze gardes du corps pour me dégager de là. Sinon, dans la vraie vie, quand je sors de ma maison, à Montréal, et quand je vais acheter mes oranges, je prends ma voiture. Je mets un jean, un tee-shirt, des petites lunettes, surtout pas noires, et j'attache mes cheveux. Je reste discrète, je ne recherche pas le regard des autres et, comme ça, même à Paris, personne ne m'ennuie. Cette façon que certains ont de se stariser, ça me rend folle.

Depuis que vous avez atteint ce haut niveau de célébrité, la presse à sensation n'hésite pas à relater votre vie sentimentale. Qu'en pensez-vous ?

Je pense que ces journaux sont plutôt cléments avec moi. Ils s'en tiennent à la relation des faits. Je crois que c'est parce que nous sommes sincères, Patrick Fiori et moi. Il n'y a rien d'autre à dire que ce qu'on voit. On ne sort pas de bars complètement stone, à quatre heures du matin. On n'a pas deux maîtresses et cinquante-deux amants de chaque côté. On est anormalement normaux pour ce show-business.

L'amour vous donne-t-il des ailes ?

Oui, et je pense que n'importe quelle femme dirait ça. Quand on trouve un homme exceptionnel comme l'est cet homme, et quand on vit une histoire aussi belle, qu'on s'appelle Lara Fabian ou Germaine Van den Abeele (rires), cela transporte.

Comment se passent vos rapports avec vos parents ?

Ils me suivent beaucoup. Ils font partie de cet entourage qui assainit et qui te fait demeurer ce que tu es. Mon entourage n'a pas changé depuis dix ans. Il a évolué et grandi avec moi.

Cela fait un bon moment que l'on parle de votre album en anglais. Quand sortira-t-il ?

En juin. Je l'ai écrit seule à 80 %. Je parle l'anglais comme le français. Pour les musiques, j'ai collaboré avec Rick Allison, mon partenaire de toujours; Walter Afanassief, qui a notamment travaillé pour Mariah Carey; Patrick Leonard, un collaborateur de Madonna; et Glenn Ballard, qui a participé au succès d'Alanis Morissette. A la suite de cet album anglais, on fera un album en italien.

Quels sont vos musts lorsque vous revenez à Bruxelles ?

Etre chez papa et maman, ne pas dormir dans un hôtel, manger un gâteau chez Wittamer; et puis, aller me balader sur la Grand-Place.

Quel est, aujourd'hui, votre rêve le plus fou ?

Ecrire le scénario et la musique d'un film, y tenir un rôle, le produire et gagner une récompense pour mon interprétation. C'est too much ! J'aimerais que Claude Lelouch ou Ridley Scott le réalisent.

Quel rôle féminin auriez-vous aimé interpréter ?

Celui d'Isabelle Adjani dans l'Eté meurtrier. Je sais que je peux être assez forte dans les extrêmes.

Vous êtes-vous fait des amis dans le show-business ?

Non, aucun. Le show-business, c'est la maison où je travaille. Les amis sont ceux qui m'aimaient quand j'avais six kilos de plus et quand je les faisais rire à l'école.


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Transcript par : Hezia Abel

 

 

 

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