Lara Fabian et Patrick Fiori : Leur voyage d'amour en toute liberte.


© Ciné-Télé-Revue, du 9 au 15 avril 1999


Depuis leur coup de foudre, leur métier n'a cessé de les séparer.
Avant de reprendre des chemins opposés, la chanteuse de l'année et le beau Phoebus de "Notre-Dame de Paris" ont vécu une pré-lune de miel idyllique, en attendant d'autres bonheurs.

Depuis plus d'un an, il n'ont pas arrêté, ils ont tout donné, sorti le meilleur de leurs "tripes" afin de combler leurs fans, de plus en plus nombreux et fidèles. Mais personne, même doté d'une incroyable énergie, n'est une machine. C'est d'autant plus vrai pour Lara Fabian et Patrick Fiori, artistes à fleur de peau, qui investissent sans compter dans leur métier. Alors qu'ils étaient au Canada, les tourtereaux ont mis le cap sur les Antilles. Rien de tel qu'un vent léger, la caresse des rayons solaires et un goût de sel sur les lèvres pour effacer les traces de fatigue et de stress.

"Je ne veux pas consacrer tout mon dynamisme à ma carrière", nous confiait récemment Lara. "Je dois en garder pour ceux qui m'entourent. L'ambition pourrait inclure des sacrifices, détruire les valeurs essentielles et me priver des bonheurs les plus simples. J'ai peur de me réveiller un matin et de ne plus être capable de soulever les bras. Ce cauchemar m'est arrivé une seule fois, quand, sur une année, j'ai travaillé 280 jours. J'étais morte. Il est hors de question de vivre de nouveau une telle situation. "L'agenda de la chanteuse déborde de projets jusqu'à la fin … 2001. Un nouvel événement va sans doute la hisser plus haut encore et lui attirer, cette fois, une reconnaissance internationale : un disque en anglais, qui devrait être lancé, au début de l'été, sur le Vieux Continent, en Amérique, en Australie et en Asie. "Ce métier comporte des paradoxes. On devient star grâce à des qualités humaines, à la possibilité de toucher les gens. Mais en accédant au rang de mythe, on n'a bizarrement plus le droit d'être humain, ni de commettre des erreurs. Alors, en ce qui me concerne, je m'efforcerai de rester proche du public, de la nature et de la vraie vie."

Aucun doute, l'air marin lui réussit merveilleusement bien ! Fille du soleil par ses origines siciliennes, Lara brille tout autant sur une plage que sur les planches.

Patrick Fiori ne va pas davantage chômer en 1999. En septembre, après une tournée au Canada avec tous ses potes de "Notre-Dame de Paris", le beau ténébreux abandonnera le costume de Phoebus et se consacrera plus amplement à son parcours en solo. De quoi s'angoisser ? Ce n'est pas son style. Patrick, à l'instar de ses compatriotes corses, est solide comme un roc.

"Je m'imagine dans une vieille loco à vapeur chromée. J'avance sur des rails. Je regarde droit devant", explique-t-il, un brin lyrique. "Je ne roule pas trop vite, pas trop lentement non plus. Mais je progresse, quoi qu'il arrive. Cette locomotive est assez résistante pour y accrocher des wagons avec tous les gens que j'aime. Ils sont avec moi, où que j'aille. Je n'ai qu'à me retourner pour les voir sourire".

Pendant les trois jours de dolce vita à Saint-Barth, Mister Fiori a levé le pied. Bosseur sérieux, pile auto-rechargeable comme Lara, il partage également avec elle l'amour des grands espaces et des balades romantiques. Après une escapade en amoureux à Montréal, en septembre 98, puis un circuit gourmand dans les pâtisseries bruxelloises en février dernier, Patrick a laissé Lara choisir ce décor paradisiaque, aussi chaud et accueillant que les cieux de leur ancêtres latins. "Beaucoup d'odeurs ont marqué mon enfance", confie l'interprète de "Je t'aime". "L'air iodé des stations balnéaires, les beignets aux pommes dans la cuisine de ma marraine à Bruxelles, la fleur d'oranger dont je mets quelques gouttes sur mon oreiller et mon pyjama avant de m'endormir. Sans oublier le jasmin du parfum de maman et aussi le basilic du jardin de ma grand-mère, en Sicile. Là-bas, à l'âge de 12 ou 13 ans, je dégustais, le soir, entourée de mes copains, des cédrats, ces gros citrons sucrés."

Nostalgique à son tour, Patou (le surnom affectueux de Patrick) ajoute : "Depuis tout petit, à Ajaccio, j'ai toujours été très proche de la nature. Quoi de plus enivrant que d'observer des champs à perte de vue, des arbres magnifiques. Nous, les Corses, on a l'impression qu'ils ne fleurissent que pour nous. J'aime cette communication directe avec les lacs, les collines, la pêche aux saumons, la pêche en mer, la cueillette des fruits. Une partie de mon adolescence s'est déroulée à Marseille. Quelle splendide région ! Ses adorables habitants en rajoutent toujours en parlant, mais dans le fond, ils sont sincères. A Paris, où le climat est plus frais, mes habitudes changent. Durant les jours de relâche, je reste dans mon appartement et je mange un yaourt sous la couette, en regardant la télé !".

Pour l'heure, le temps est aux pique-niques sur le rivage, aux baisers brûlants et aux conversations intimes murmurées à l'oreille. Ces petites discussions attendrissantes n'appartiennent qu'à eux. " En vacances, on remise les préoccupations dans un tiroir et on n'évoque pas le boulot. La compétition peut exister dans un couple d'artistes. "Ce n'est pas notre cas", souligne Patrick avec son accent chantant. " La concurrence avec quelqu'un que je porte dans mon cœur n'entrera jamais en ligne de compte. Lara et moi ne passons pas nos journées à nous demander : " Tu vends combien de disques par semaine ? Ta tournée à bien marché ? ".

Aujourd'hui pourtant, les préoccupations d'ordre professionnel, la tension, les valises bouclées à la hâte, les halls d'aéroports et d'hôtels pointent de nouveau à l'horizon. " Pas de problème, nous sommes prêts à repartir au quart de tour ! " s'exclame Lara. " N'oublions pas que chacun de nous est entouré d'une famille et d'une équipe formidables, promptes à nous soutenir au moindre coup de blues ou de fatigue. Ils savent qu'on travaille dur. De plus, mes collaborateurs sont en majeure partie des Nord-Américains. Ceux-ci voient la vie avec une bonne dose de rationalité et de simplicité. Pour eux, c'est " Arrache-moi tes plumes et tes paillettes, parce que vraiment, ça m'énerve ! " Pareille attitude me permet de garder les pieds sur terre. "

Les Roméo et Juliette de la chanson française ne craignent pas de jongler avec les fuseaux horaires. " En m'endormant le soir à des milliers de kilomètres de Lara, je me dis : " Je sais qu'elle bosse, qu'elle aime son métier et qu'elle est heureuse " " explique Patrick. " Nous nous sentons capables de concilier boulot et vie privée. Rien ne nous fait peur. Car quand on est séparés par les tournées, les enregistrements ou les promos, c'est pour, ensuite, mieux nous retrouver. "


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Transcript par : Hezia Abel

 

 

 

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