Sur les traces de Lara Fabian
Propos recueillis
par les journalistes de 7 Extra Après le succès de
ses deux albums sortis chez nous et de la tournée qu'elle
vient d'achever, elle aurait pu se reposer sur ses
lauriers. Mais ce serait mal connaître Lara Fabian.
Boulimique de travail, la petite amie de Patrick Fiori
vient tout juste de sortir son premier album live, elle
peaufine un premier disque en anglais et sait déjà à
quoi son prochain album francophone ressemblera. Lara
nous a raconté tout ça ... Tu viens de sortir ton tout premier album "Live". Quelle impression ça fait ? C'est la première fois qu'on immortalise un moment de carrière comme ça. Ca fait du bien et puis c'était mon souhait d'avoir ce CD comme une carte postale, comme un témoignage de ce qui s'est passé. J'espère qu'il fera plaisir aux fans, c'est aussi une façon de leur dire merci. Sur quelles bases as-tu effectué le choix des titres repris sur ce "Live" ? Mon actualité musicale principalement, c'est-à-dire "Carpe Diem" et "Pure", qui sont mes deux albums qui existent sur ce marché. J'ai également tenu compte de ce que les gens aimaient et de mes choix personnels. Si j'ai choisi de mettre des chansons comme "Ici" ou "Je t'appartiens", qui ne sont pas forcément des singles, ça fait partie des moments de musique que j'avais envie de mettre en évidence lors d'un concert. Et puis, on ne peut pas chanter que des hits, c'est un peu récurrent. Tu reprends Evidemment, en duo avec Rick Allison. Pourquoi ce titre en particulier ? Un clin d'oeil à Michel Berger, qui pour moi est le plus grans auteur-compositeur. D'ailleurs il vit toujours grâce à la musique, c'est ça qui est fantastique. C'est aussi un hommage à Balavoine dont je suis une fan inconditionnelle parce que cette chanson avait été écrite pour lui, juste après son décès. Et puis je trouvais que c'était chouette de se retrouver lui au piano et moi qui chante comme Berger et France Gall le faisaient régulièrement. Tu reprends aussi "Je suis malade" ... Ca, ça a été un choix de coeur. J'ai redécouvert ce titre en 1993 et j'ai senti une énorme envie de chanter cette chanson-là. En plus elle relatait un état d'âme par lequel j'étais passée à cause d'une histoire d'amour. Je l'ai faite une fois sur scène et les gens se sont levés. A partir d'alors, ils n'ont plus jamais arrêté de se lever. Ce "Live" te permet de prendre le temps de fignoler ton album en anglais ? Il est presque fini. Il devrait sortir au moi de juin. C'est quelque chose de très important pour moi parce que ça fait partie de l'autre étape de cette ambition qui est de chanter en plusieurs langues et sur plusieurs territoires. Il s'agira de l'évolution naturelle d'un artiste qui écrit pour la première fois dans une autre langue. Et, du côté des musiques, on a fait les choses plus profondéments de sorte à arriver au gradin suivant sur lequel j'avais envie de monter. Sur ce "Live", tu reprends Requiem pour un fou, ton duo avec Johnny Hallyday. Et les droits sont reversés aux Restos du Coeur C'est pour ça qu'elle est sur mon album. Ce duo a été créé aux Restos du Coeur et ça nous paraissait légitime de le mettre sur l'album. Avec Johnny, j'ai vécu une rencontre marquante dans ma carrière car elle m'a fait réaliser qu'on n'est pas star par hasard. On ne t'a jamais vue dans un jour sans. D'où viens ton énergie ? Les jours sans, je me cache ! L'énergie vient de la motivation. En plus, je suis entourée d'une équipe qui est comme moi et qui, si elle voit que je suis un peu moins bien, va me remonter tout de suite. Mon énergie vient aussi du fait que je viens de deux personnes, mon père et ma mère, qui sont des gens positifs, ensoleillés, droits ... Bref, la pomme ne tombe pas toujours loin de l'arbre. Tu avais des poster de qui quand tu étais ado ? J'avais des photos de Michael Jackson dans mon journal de classe. Je trouvais qu'il était beau, doué et qu'il avait vraiment quelque chose en plus que les autres. J'étais vraiment très très fan. Cette énergie dont tu débordes, est-elle facile à canaliser ? Parfois, je me laisse emporter. J'ai souvent des moments d'impulsivité. C'est d'ailleurs mon défaut principal. Par moment ça me sert énormément parce que ça me permet de tout sortir d'un coup et de ne rien laisser à l'intérieur. Tandis qu'à d'autres moments, c'est pas l'idéal quoi. Ton parcours n'a pas été évident ... C'est le moins qu'on puisse dire : c'était "raming total" ! Mais bon, j'ai essayé de ne pas regarder sur les côtés et de me concentrer sur ce qu'il y avait devant. De plus, à l'inverse de se dire "qu'est-ce que je veux faire", il faut savoir très vite ce qu'on ne fera jamais. J'ai compris ça grâce à Rick Allison qui m'a rencontrée quand j'avais 20 ans alors que j'étais encore une chrysalide, un papillon emprisonné. Il a réussi avec beaucoup de patience, de tolérance, d'amour et de gentillesse à faire sortir toute cette force et ce talent brut que j'avais pour arriver à l'exploiter. Tu es heureuse au Canada ? Je ne pourrais vivre nulle part ailleurs, c'est vraiment là chez moi. Ce ne serait pas juste de dire que la Belgique n'a pas été cool avec moi : la Belgique n'est cool avec personne ! Elle m'a donné autant de possibilités d'y arriver qu'elle en a donné à Maurane, à Jo Lemaire, à Viktor Lazlo ou a n'importe qui voulant faire ce métier-là. Tous ces artistes ont dû s'exiler pour réussir. Aujourd'hui la Belgique ne me boude pas du tout, je ne suis pas du tout amère ou remplie de rancune. Tu chantes Je suis malade mais, d'après Patrick Fiori, tu vas très bien ... (Rires) Oui, ce n'est pas une histoire cachée. Nous faisons partie de ces rares artistes qui forment un couple dans la vie et c'est comme ça. On est très occupés mais quand on se voit, c'est pour toutes les fois où on ne se voit pas ... As-tu déjà été plus heureuse qu'aujourd'hui ? Si je devais réunir les trois
ingrédients qui font que dans une vie on est heureux c'est-à-dire
d'arriver à avoir une carrière qui va bien, une famille
où tout va bien et une vie personnelle qui est vraiment
extraordinaire, je crois qu'en effet, je n'ai jamais été
plus heureuse qu'aujourd'hui.
|
Transcript par : Hezia Abel
Copyright © 1999, Purelara