Lara Fabian : Sur les traces de son passé

Propos recueillis par Olivier Denis
© Télé K7 du 28 novembre au 4 décembre 1998

Née québécoise, Lara Fabian a pourtant vécu vingt ans en Belgique. Séquence nostalgie avec un exceptionnel " Fréquenstar ", diffusé le mardi 1er décembre à 20 heures 50 sur M6.
Laurent Boyer a pris la chanteuse par la main pour qu’elle renoue avec son passé d’élève et d’adolescente au collège Sainte-Ursule, à Bruxelles.  

Née en Belgique où elle a passé les vingt premières années de sa vie, la chanteuse québécoise Lara Fabian y est revenue quelques jours pour enregsitrer un Fréquenstar. A 29 ans, elle a déjà plus de dix ans de carrière derrière elle. Au cours des quinze derniers mois, elle a vendu plus de 1,5 millions d’albums. Un succès attendu pour celle qui a la voix aérienne... et les pieds sur terre.

Il paraît que le tournage de Fréquenstar, en Belgique, a été chaud ?  

C’était exceptionnel, je suis retournée dans l’école où j’ai étudié de l’âge de 6 à 12 ans (Sainte-Ursule, à Bruxelles, ndlr), et en traversant la cour, les fenêtres se sont brusquement ouvertes. En quelques minutes, 800 élèves m’ont encerclée. J’étais dans la foule, et les profs, très émus de me revoir, au lieu de mettre de l’ordre, me demandaient des autographes. Du coup, avec un porte-voix et sur une estrade, je me suis adressée à eux. C’était génial.  

Vous n’avez aucun accent, d’où êtes-vous vraiment ?  

Ma mère est italienne, mais j’ai aussi des origines espagnole, américaine, belge, hollandaise, irlandaise et juive. J’ai un don de mimétisme, je prends l’accent que je veux.

Vous chantez plus en français qu’en anglais. Pour une carrière internationale, est-ce un handicap ?  

Je ne chante pas qu’en français, j’écris et je chante aussi en anglais, en italien et en espagnol.

  La francophonie, c’est quelque chose qui vous tient à coeur ?  

Bien sûr. D’abord, parce que le français est ma langue maternelle et aussi parce que c’est au Québec que j’ai débuté ma carrière. C’est avec son public que j’ai rencontré le succès. Il sera toujours ma base. Mais le Québec, c’est 4 millions de francophones, la France c’est 60 millions.  

Vous parlez comme une femme d’affaires...  

C’est très français cette réflexion... En France et en Europe, l’ambition est souvent perçue comme négative. Ne pas s’avouer ambitieux, c’est être complètement hypocrite. Un artiste ne va pas s’excuser d’avoir envie de réussir. Oui, je suis ambitieuse, et je veux conquérir le monde. Je veux conquérir un public qui va grandir et me suivre pendant des années.  

Vous êtes en concurrence avec Céline Dion ?  

C’est en réalité une guéguerre de journalistes qui n’ont pas trouvé les armes pour que nous nous battions en duel. J’ai de l’admiration et du respect pour elle. Céline est une grande chanteuse. Il faut que les gens arrêtent de se méprendre : les chanteurs aiment les chanteurs et les guerres qu’on essaie de faire exister entre nous sont vaines, inutiles et stupides.  

Vous avez enlevé le "o" de Fabiano, parce que vous êtes plus française qu’italienne ou parce que c’est plus vendeur ?  

Non, c’est juste parce que cela se dit facilement en français comme en anglais, et puis, Fabiano cela m’identifiait trop à un pays. Mais je suis profondément " ritale ".  

La chance, pour vous, c’est votre voix ou votre succès ?  

Je ne fais pas de distinction, je fais une liaison entre les deux. Une voix, c’est quelque chose qui nous définit, le seul mérite que j’ai, c’est de l’avoir travaillée. Mon succès est aussi dû à ceux qui m’entourent, mes parents, Rick Allison et Lise Richard (ses managers, ndlr).  

Pourquoi avez-vous choisi de chanter " je suis malade ", et quels rapports entretenez-vous avec Serge Lama ?  

Je suis impressionnée par la sincérité et le talent du bonhomme. Cette chanson correspond à un moment de ma vie où une chose me faisait mal, j’étais malheureuse. La chanson de Lama m’a offert la porte de sortie à cette douleur. Un exorcisme.  

Vous écrivez vos chansons ?  

Oui, j’écris 80% de mes textes. A la base, je suis auteur compositeur et interprète. J’ai écrit ma première mélodie à 8 ans, et mon premier texte à 12 ans.  

Vous avez des références, des modèles ?  

Oui, des tas. Du moins ceux qui ont une personnalité. Un artiste doit avoir du caractère. Ce qui fait la différence, c’est l’attitude, la dégaine, l’hygiène mentale. Des gens qui ont du talent, il y en a plein les rues à New York.  

Vous chantez beaucoup l’amour, comptez-vous vous tourner davantage vers des chansons à texte ?  

L’amour c’est ce qui m’anime et c’est la seule chose que je veux vivre et que je recherche. Les gens qui banalisent ce sentiment se trompent, la vie ce n’est que cela.  

L’amour, pour vous, c’est qui, est-ce qu’il a un nom ?  

(Rires) non. On ne peut pas mettre un seul nom sur l’amour... il y a tellement de personnes sublimes, autour de moi...  

Est-ce que vous êtes une chanteuse de charme ?  

Je suis plutôt choc que charme. Je chante plutôt les poings serrés qu’assise sur une chaise.  

Quelle est votre boisson préférée ?  

L’eau et le vin rouge... en mangeant.  

Quel sport ?  

Je ne suis pas sportive, mais j’aime l’eau, je suis une petite sirène.  

Quel homme célèbre ?  

Pasteur  

Quelle femme célèbre ?  

Isadora Duncan... en fait, à la base, je voulais danser, c’est con, mais c’est comme cela.  

Quel sujet voulez-vous qu’on aborde, maintenant ?  

C’est rare que les journalistes nous demandent si on a vraiment du poids sur les choses. Je crois que oui, et même en parlant d’amour, on peut en avoir au sein de la société. On peut véritablement changer le cours des choses, très humblement et avec subtilité.


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Transcript par : Hezia Abel

 

 

 

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