LARA FABIAN, "Je rêve de faire du cinéma"

Propos recueillis par Cédric Gabriel
© Star Songs - Octobre 1998


Rencontre avec Lara Fabian, alors que sa statue de cire entre au Musée Grévin, qu’elle a chanté avec Johnny Hallyday au Stade de France et que son nouveau single, " Si tu m’aimes ", vient de sortir....


Quel effet ça fait d’entrer au Musée Grévin ?

C’est le genre de surprise qui ne fait pas partie des rêves d’enfant. On rêve de chanter, de faire carrière, de concerts, devant des milliers de personnes mais pas d’une statue de cire. Cela fait partie des highlights qui rendent les rêves encore plus géniaux.

Comment se passe la réalisation d’une statue de cire ?

C’est quelques heures de pose, de photos, de mensurations, on fait un moule de tes mains ; le sculpteur, Michèle Leïser, te touche beaucoup. J’ai posé la première fois 3 heures, puis 2 heures, et enfin 4 heures. C’est très spécial mais c’est génial. Au départ Michèle a fait un argile de moi avec les cheveux courts, j’ai eu l’impression de me voir dans 25 ans, ça fout la trouille. Au delà de la statue qui marque une sorte de reconnaissance, c’est une expérience fantastique. Il faut voir le boulot de l’artiste sculpteur qui reconstitue un personnage avec ses mains et ses yeux.

Tu entres au Musée Grévin quelques mois après les 2Be3, certains pensent que c’est un peu trop de mettre des artistes de variété à côté des hommes d’état... qu’en penses-tu ?

Les gens qui font l’actualité, qui atteignent une certaine notoriété et vendent des milliers ou million de disques comptent forcément beaucoup aux yeux du public. Le Musée Grévin a pour devoir de refléter à travers ses statues et ses personnages l’actualité, l’histoire et ce qui fait bouger les gens, la culture. Ca prouve que le Musée évolue, il ne s’encroûte pas. Les 2Be3 ont fait bouger les gens, ils ont marqué leur temps et ils comptent... donc pourquoi ne pas mettre les statues d’artistes de la chanson au Musée Grévin. Cela me semble tout à fait normal.

Pourquoi avoir choisi pour ton nouveau single un titre qui est sur un ancien album, Carpe Diem ?

C’est une décision qui a été prise par la maison de disques, ceux qui ont fait ce choix aimaient beaucoup cette chanson. C’est aussi la chanson qui m’a rendue extrêmement populaire au Canada. C’est celle qui a le mieux marché là-bas.

Tu préfères le Québec ou la France ?

Il y a six ans j’ai fait le choix de m’installer au Québec, mais ce choix a été fait par rapport à la position centrale du Québec entre la France et les Etats-Unis. En ce moment je travaille beaucoup aux Etats-Unis puisque je prépare l’album américain. C’est un choix pratique et puis j’y ai grandi... de 0 à 19 ans j’ai grandi en Europe, de 19 à 28 ans la femme a grandi au Québec. Tout ce qui se façonne de plus serein et de plus profond chez une femme se façonne à cette période. Mon métier c’est aussi au Québec que je l’ai appris. J’y ai écrit mes premières chansons. C’est la terre qui m’a accueillie les bras grands ouverts au début et qui m’a donnée mes premiers succès. En fait je m’y sens bien, j’y suis chez moi !

Que représente la Belgique pour toi ?

La Belgique représente mes racines, les gens me touchent beaucoup en Belgique. Mais je suis très proche de l’Italie et de ma culture italienne. J’y vais souvent et je me sens très en contact avec toute l’architecture, la cuisine, la couture, la littérature...

Pourquoi enregistrer un album en anglais ?

Cet album continue mon rêve de carrière internationale. Je suis francophone à la base mais je parle quatre langues. Je chante en français, en italien, en espagnol et en anglais. Donc chanter en anglais me permet de conquérir une autre partie du monde.

A part conquérir le monde en chantant, as-tu un autre rêve ?

Je rêve de faire du cinéma. On m’a déjà fait des propositions mais ce n’était ni le bon moment ni la bonne chose à faire. Je pense qu’il ne faut pas faire deux choses à la fois. Il faut mener à bien un rêve et une fois qu’on est plus mûr, alors... Mais on ne s’improvise pas acteur, je pense que ça doit s’apprendre. J’ai déjà pris des cours mais j’ai un instinct naturel pour jouer la comédie, comme pour le show en général. Je suis une fan inconditionnelle de Lelouch.

En as-tu assez que l’on te compare à Céline Dion ?

Ce sont les journalistes qui ont créé une guerre entre Céline Dion et moi. Leur problème c’est qu’ils n’ont pas trouvé les armes pour l’alimenter. Il n’y a aucun affrontement entre nous. Nous sommes deux chanteuses à voix, j’ai du respect pour elle et je l’aime. Et je crois que si on l’interroge, elle dit la même chose que moi. Je n’ai donc rien à dire sur elle, et en plus la comparaison est plutôt flatteuse.

Pourriez-vous travailler ensemble ?

Pourquoi pas. Mais notre entourage, qui voit une sorte de compétition entre nous deux, préfère ne pas nous voir ensemble. Si nous nous rencontrons, tout se passe très bien.

Que penses-tu de l’excitation des fans ?

Les gens ici sont passionnés et on ne peut pas leur en vouloir. C’est impressionnant, au début j’ai eu du mal mais maintenant je compose avec et je sais que cela fait partie de l’amour qu’ils me portent. C’est une marque de bonheur, d’affection, et c’est même rassurant. Je savais que cela arriverait avec le succès, il faut être prêt à affronter cela sinon il vaut mieux faire autre chose. Les fans n’ont pas tous les droits mais nous, artistes, nous avons des devoirs envers eux. Dans chaque pays l’attitude des fans est différente. En Amérique du Nord ils sont plus en retrait, à Montréal je n’ai pas besoin de garde du corps, je vais faire mon marché toute seule... on te salue de loin... en France le public est un peu plus hystérique mais c’est une question de culture.

Comment vous êtes-vous rencontrés avec Johnny ?

Nous nous sommes rencontrés pendant les Restos du Coeur, notre producteur nous avait mis en contact. Quand Johnny m’a vu il a dit : " Mais c’est moi en femme...c’est une vraie panthère ! ". Alors il m’a demandé si je voulais faire le Stade de France avec lui, il m’a dit que j’étais la seule femme à qui il allait faire cette proposition. J’étais sans voix et j’ai accepté. En fait c’est impressionnant mais une expérience tellement riche, et je me sens tellement au niveau de ce genre d’artiste. J’ai cette rage ! Malgré le monstre qu’est Johnny, moi je vois la vulnérabilité qu’il y a dans ses yeux turquoises... Je crois que nous allons être amis et puis je m’entends bien avec Laetitia. Johnny est qulqu’un de vraiment bien.

Quels conseils donnerais-tu à ceux et celles qui souhaitent faire de la chanson ?

Il faut écouter son coeur, son instincts. Beaucoup de gens dans ce métier veulent ton bien, et surtout partir avec. Il faut faire attention. Il faut travailler pour être professionnel et s’investir à fond dans un premier projet qu’il faudra ensuite faire écouter à un maximum de monde jusqu'à temps de rencontrer la bonne personne.

Que est le rôle de la famille ?

Le rôle de la famille est primordial. Il faut convaincre sa famille qu’on n’est pas fou et qu’on a une raison de croire en ce que l’on croie. C’est capital pour entamer une carrière.



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