LARA Fabian : Révélation de l'année
Un grand sondage Paris Match-BVA a désigné les gens et les événements qui ont marqué les douze derniers mois. Lara Fabian triomphe de notre grand sondage. Tout lui sourit, et Lara Fabian laisse éclater sa joie de vivre : élue "Révélation de l'année" aux Victoires de la musique, elle obtient de nouveau, à une éclatante majorité (60%), la même consécration dans le sondage Paris Match qui voit aussi triompher Aimé Jaquet côté messieurs, Céline Dion côté vedettes confirmées, Carole Bouquet et Gérard Depardieu côté coeur, et qui désigne le Mondial comme événement le plus marquant. Née en Belgique, Canadienne d'adoption, c'est donc en France que Lara rencontre soudain, à 28 ans, une gloire pleinement méritée. En l'invitant à
chanter en duo avec lui au Stade de France, Johnny
Hallyday lui a déclaré : "Tu es mon double, en
nana !". Selon notre sondage, vous êtes considérée par les Français comme la révélation de l'année. En l'apprenant, je suis tombée de ma chaise ! Comment l'expliquez-vous ? Selon moi, cela n'a pas grand-chose à voir avec mes qualités vocales, mais plus avec ma personnalité. Dans mes chansons, je parle de ma vie, je dis ce que j'ai envie de dire sans y aller par quatre chemins. C'est rare dans ce métier. J'ai un côté nature, vrai, qui rompt avec la tendance artistique à la mode, le genre mystérieuse discrète, fabriqué de toutes pièces. Le public en a peut-être marre de tout ce toc. Je suis un peu moins parfaite, mais je lui ressemble davantage. Quel genre de femme êtes-vous ? Quelqu'un de vrai. Je suis une totale épicurienne. J'adore la bouffe. Pour moi, refuser ce plaisir, l'ignorer ou l'éliminer, cela signifique qu'une part de la vie s'échappe. Vous avez maigri, non ? Seulement dans votre esprit. Ceux qui me voient pour la première fois me trouve souvent plus mince. Vu à la télé, on paraît toujours 5 kilos de plus. Souvent le succès provoque une métamorphose physique... Vers 24, 25 ans, j'ai beaucoup changé. Mais cela avait plus à voir avec la maturité. La seule chose que le succès puisse modifier, c'est le type de vêtements que vous pouvez vous offrir ! (Rires). Votre vie est une valise, où sont vos placards ? Pour l'instant, dans ma maison de Montréal. Bientôt, quand les travaux de mon appartement seront terminés, j'en aurai aussi à Paris. Etes-vous 50% chanteuse, 50% femme d'affaires ? Je n'ai pas envie de donner l'image d'une pieuvre aux mille bras. Mais je m'intéresse de près à tout ce qui me concerne et porte mon nom. Vous arrive-t-il de penser : "C'est trop dur, j'arrête" ? Que j'arrête, jamais ! Que c'est dur, oui. Surtout pendant les tournées. Mais quand on monte sur scène et qu'on voit 4'000 personnes en délire, ça vaut tous les moments où l'on pleure d'épuisement dans sa loge. Dans ces moments de déprime passagère, qui appelez-vous ? Celle qui m'aide le plus, ma maman, Louisa. Elle m'accompagne partout pour faire en sorte que les choses pratiques soient moins difficiles. Et votre père ? Il me suit aussi. C'est un baromètre exceptionnel pour savoir tout ce qui va ou non dans mes spectacles. Est-il aussi chanteur ? C'était plutôt un hobby pour lui. Il l'a fait professionnellement quelque temps en tant que choriste et guitariste de Petula Clark. Un papa chanteur, une longue histoire d'amour avec votre producteur, Rick Allison... Les hommes sont votre cheville ouvrière ? J'ai compris depuis longtemps que la plus belle chose dans la vie d'une femme, quand on sait comment le prendre, c'est un homme. Qu'il soit père, frère, ami ou amant. Il y en a de très importants dans ma vie. Comme mon père, qui a mis toutes ses économies dans mon premier album, ou comme Rick, qui a monté cette carrière de toutes pièces en y jetant tout, sa détermination, son courage. Un jour il en viendra un autre, qui sera mon équilibre. Vous chantez les hommes que vous quittez, votre premier amour irlandais à 18 ans, et Rick. Allez-vous le faire pour Walter, votre ex mais néanmoins toujours producteur chez Sony ? (Sourire) Vous n'aurez qu'à écouter le prochain album ! A mon avis, oui. D'où vous vient cette frénésie d'hymnes à la rupture ? Quand quelque chose fait que malheureusement je m'assieds un peu inconfortablement dans mon coeur, j'ai envie d'écrire. Ennuyeux, en cas de bonheur parfait... Je pense pouvoir trouver d'autres sources d'inspiration. L'explosion de votre carrière coïncide avec celle du couple que vous formiez avec Rick ? Il n'avait plus alors à se couper en dix mille pour être l'homme d'une femme et le producteur d'une artiste. Il s'est entièrement consacré au côté professionnel et nous nous sommes sentis mieux. L'ambition passe-t-elle avant tout ? C'est une arme superbe, mais il faut en connaître le mode d'emploi, sinon ça vous pète au visage ! Je suis plutôt déterminée qu'ambitieuse. Des tendances mégalos ? Jamais. Je n'ai pas changé. Vous n'avez qu'à le demander aux gens de mon entourage, ceux qui sont là depuis longtemps. Avez-vous un vaccin ? Moi, je pense qu'il faut une prédisposition au départ. Les "Tu sais, avec le succès il est devenu chiant", ça me fait marrer. Vous avez laissé beaucoup d'amis sur le chemin de la gloire.... Ceux qui n'arrivaient pas à gérer le fait que, tout à coup, je sois aimée par plus de dix personnes en même temps sont partis au début. Dix ans plus tard, il ne reste que les vrais. Le phénomène de cour, vous connaissez ? Les "Chérie, chérie, tu es merveilleuse !", ce n'est pas mon truc. J'ai un détecteur assez impressionnant. Dès que je repère un courtisan intéressé, il retentit et je fuis. C'est ma mère qui me l'a greffé à la naissance, et Rick qui l'a perfectionné avec le temps. Vous trouvez-vous séduisante ? Non, je pense que j'ai du charme. C'est différent. Comment dormez-vous ? Pas assez ces derniers temps. Je suis une grande marmotte, j'adore ça. Je mets des gouttes de fleur d'oranger sur mes coussins et des pyjamas d'homme. Est-ce important pour vous les bonnes manières ? Oui, celles qui découlent des valeurs fondamentales. Le respect avant tout. Si vous aviez pu choisir vos parents, auriez-vous pris ceux-là ? J'ai une relation exceptionnelle avec les êtres qui m'ont mise au monde. Tout le monde n'a pas cette chance. Ce sont deux sublimes joyaux. Issus d'un milieu très simple, ils ont acquis la seule richesse qui compte : la volonté de s'élever. J'espère être à leur hauteur quand je serai à mon tour maman. Quelles sont vos expressions québecoises préférées ? "Mouiller à boire debout". Ca veut dire il pleut à tout rompre. C'est très joli. J'aime bien aussi "tomber en amour", pour tomber amoureux. Jeune, avez-vous connu des années de vaches maigres ? Surtout entre 20 et 23 ans. Des souvenirs ? Une télé sur une caisse d'Evian... Il faut se lever toutes les trente secondes pour avoir une image. Le lait que l'on mettait entre les doubles vitrages parce qu'on avait pas de frigo. "On", c'est qui ? Rick. J'ai vécu six ans avec lui. On a tout partagé, on est jumeaux de tout. C'est mon frère de coeur aujourd'hui, le plus beau cadeau du ciel. Les choses évoluent. On n'est pas la même femme à 20 ans qu'à 28. Lui n'est plus non plus tout à fait le même garçon que celui que j'ai connu dans un piano-bar à Bruxelles. Aujourd'hui, avez-vous du mal à le voir avec une autre femme ? Il est tombé sur une fille sublime. Je ne lui souhaite qu'un truc avec elle : le bonheur pur, à l'image de la bonté qu'il est. Quels sont vos voeux pour 1999 ? La sérénité. Plus de paix, plus de repos pour mon esprit. Avez-vous des idoles ? Bien sûr. Je suis fascinée par Barbra Streisand. Elle m'a toujours inspirée. Côté cinéma, le nom de Charlie Chaplin me vient, et puis aussi Sophie Marceau. Je rêve de la rencontrer. J'aime les écrivains du siècle des Lumières, même si cela paraît un peu vieillot. J'adore aussi les univers extrêmement opposés d'Alexandre Jardin et d'Amélie Nothomb. Avez-vous des amis célèbres ? Ma meilleure amie est analyste-programmeur en informatique, mon meilleur ami est agent immobilier, le troisième vend des fringues. Certains de l'industrie du disque seraient enchantés de me voir fréquenter des sphères qu'ils considèrent comme plus hautes. Je n'ai aucune envie de changer de crémerie, rien de tel pour vous faire péter les plombs. L'invitation de Johnny au Stade de France, était-ce un plus pour votre carrière ? C'est un cadeau magnifique, extrêmement important. Cela dit, quand je l'ai fait j'avais déjà vendu près de 1,5 millions d'albums. A la fin de votre duo, de loin, certains spectateurs ont eu l'impression que vous l'embrassiez plus qu'intimement... (Eclat de rire). Eh non, pas du tout ! Cela dit, ça aurait pu arriver, nous étions à ce moment précis très proches. Alors dites-nous, Esmeralda, qui est votre Quasimodo ? Ca va, vous avez la photo ! Mais pas la légende. C'est Patrick Fiori. (Ndlr : Phoebus, dans la comédie musicale "Notre-Dame de Paris"). Coup de foudre ? On s'est fréquentés comme des amis pendant des mois quand Rick a produit son album. Je lui trouvais déjà ce truc qui fait vibrer une nana. Mais nous avions chacun notre vie. Le moment s'est présenté... au bon moment. Vous installez-vous ensemble dans votre appartement à Paris ? Oui. Grâce aux paparazzi, ce n'est hélas plus un secret. Vous repartez bientôt pour préparer un album en anglais. Il va falloir laisser Patrick à sa scène. Cela vous fait-il mal au coeur ? Je pense que nous sommes
suffisamment forts et loyaux pour respecter ce que l'un
et l'autre avons envie et besoin de faire.
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Transcript par : Hezia Abel
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