LARA FABIAN, "Je ne raterai pas ma vie de femme"

Propos recueillis par Brigitte Mercier-Laurent
©Magazine Glory (France) - septembre 1998


Lara Fabian : son 3ème CD, déjà disque de diamant, fait un "Pure" carton. Lara nous parle de sa nouvelle vie de star internationale, et de mode, de ciné, de musique. Un vrai joyau, cette fille…

Italienne par sa mère, Belge par son père, Canadienne d'adoption, sa carte d'identité annonçait dès l'enfance un parcours international. Elle possède une des plus belles voix au monde et le prouvera les 4,5 et 6 septembre au Stade de France avec Johnny Hallyday, avant d'entamer sa tournée française le 3 novembre. Pour "Glory", Lara Fabian s'est montrée telle qu'elle est : une fille pure.

En direct de Montréal, à 18h45 précise, heure de Paris, Lara Fabian m'appelle. Au bout du téléphone, j'entends sa voix "Pure" comme un diamant.


Avez-vous un remède pour résister à tout le déferlement médiatique qui vous entoure?

Ce qui m'arrive est une des plus belles choses qui puisse m'arriver. Alors le mot "remède" me fait plutôt penser à "comment vais-je soigner cette maladie?"…Donc je n'ai pas de remèdes, si ce n'est celui de travailler encore plus pour être à la hauteur de ce qu'attend de moi mon public.

C'est la passion ?

Oui complètement, et là, en revanche, si vous aviez un remède, je suis preneuse! (rires) Mais je crois que cela me donne toute l'énergie nécessaire et j'apprécie qu'on le ressente comme dans ma chanson "Je t'aime".

Parvenez-vous à vous couper de tout, chez vous ?

Je suis très casanière. Malheureusement, ces dix dernières années, au mieux j'ai pu me retrouver chez moi un mois d'affilée. De rares moments de bonheur, où je suis entourée de mes amis autour d'un bon osso bucco milanais que je prépare moi-même en copiant la recette de ma mère…Je considérerais ma vie comme un échec si je ne réussissais pas ma vie de femme avant tout, avant même mon ambition exacerbée d'être une artiste. Etre adulée et se retrouver seule dans sa vie privée serait pour moi sans saveur. A la base, je ne peux pas concevoir ma vie comme seulement tissée de gloire et derecords.

Quelles sont vos passions en dehors de la chanson ?

Le cinéma. Les images quand elles sont très fortes, peuvent changer le cours de nos pensées. C'est très lié à mon inspiration, et puis c'est le partage. J'adore me balader sur cette énorme toile de fond. Le grand écran.

Ecrivez-vous toujours votre journal intime ?

Tout à fait. Grâce à lui, je pose à plat des idées, que je jette ou que je garde, et ça me donne une énergie supplémentaire pour écrire de nouvelles chansons.Par votre métier, vous êtes un vrai globe-trotter.

Quelle ville a votre préférence ?

Pour l'instant, je dirais New York, parce que c'est une ville neutre et qu'elle me donne énormément d'énergie pour tout ce qui concerne mon boulot. C'est une mégapole fascinante que je suis en train de traverser. Mais je sais que, si je devais m'installer plus tard quelque part, je pense à trois endroits, dont un dans le sud de la France pour la douceur de vivre et la beauté des yeux…

Vous ne vous arrêtez jamais ?

En ce moment, je suis sans arrêt en studio devant un micro. Je compose des chansons, je voyage à travers les Etats-Unis pour rencontrer les producteurs et les compositeurs qui vont composer mon album américain. La plupart des textes et des musiques sont de ma main, mais je travail toujours en collaboration avec Walter Afanasief, et Pat, qui a bossé avec Madonna ces dix dernières années.

Etes-vous de ces femmes qui parviennent à garder des relations amicales avec leurs ex ?

Bien sûr, comme avec Rick Allison, mon manager. Au départ nous étions amis, et puis ce sentiment s'est transformé en passion puis en amour. Le principal, c'est ce qui allait se passer après, l'un et l'autre. On peut difficilement cracher sur ce qu'on a tant aimé. On a un véritable parcours ensemble et ça continue de plus belle! Il fait partie, comme mes parents, de ma tribu.

Vous êtes sensible à la mode ?

J'aime les décolletés à la Donna Karan, le style contemporain de Giorgio Armani, Dolce et Gabbana, parce qu'ils sont trop mignons, et je suis une fan de Lolita Lempicka, parce qu'elle aime vraiment les femmes.

Vos projets immédiats ?

Je voudrais continuer à travailler pour des musiques de films. J'ai déjà commencé l'écriture du thème principal de "Daylight", le nouveau film de Stallone.

Les pianos-bars où, enfant, vous accompagniez votre père, vous manquent-ils ?

Cela fait partie de mon histoire, mais je ne peux pas dire que cela me manque. Et puis, mon parcours m'a poussé vers d'autres horizons.

"Carpe Diem", le titre de votre premier album, veut dire, en latin, "vis l'instant présent". Votre philosophie ?

La mienne, oui. Et elle devrait être universelle.



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