La mise en orbite de Lara FabianArticle de Louis-Bernard
Robitaille Cette fois, cest vrai. Lorsque la presse de caniveau commence à vous prendre en filature à la sortie de votre hôtel et à vous pourchasser dans les rues de Paris, cest que vous êtes devenue un star. Pour avoir le redoutable honneur de faire la une de Voici, magazine à capitaux allemands et numéro un de la presse à scandale en France, il faut être une grande vedette française ou internationale, sappeler Stéphanie ou Caroline de Monaco, Lady Diana, Madonna ou Isabelle Adjani. Lorsque Céline Dion y a eu droit, à la fin de 1996 - " à bout de forces " pour cause de non-maternité, disait Voici, elle était déjà presque numéro un aux Etats-Unis et se promenait aux quatre coins du globe en jet privé. Or, dans son édition du 2 mars, Voici consacrait la moitié de sa couverture à Lara Fabian (Le succès.. et lamour), à égalité avec Sharon Stone, traquée lors de la " lune de miel " avec un nouveau prince charmant, un certain Philippe Bronstein, alis " El Macho ". Comme ce magazine écrit volontiers nimporte quoi, on y lisait que Lara Fabian, dans la foulée de son " triomphe " du 20 février aux Victoires de la musique (le grand gala annuel télévisé du show biz français), se promenait désormais avec huit gardes du corps, ce qui est flatteur mais faux : elle se contente davoir à Paris une résidence-palace très discrète et une voiture avec chauffeur. Le gorille comme celui qui veille sur Céline, cest pour plus tard, si la gloire américaine se présente. Ce qui est moins faux, en revanche, cest que Mlle Fabian, depuis sa rupture (amicale) avec Rick Allison - son alter ego musical et professionnel -, a un nouveau chevalier servant. " Oui, il y a quelquun, mais, pour le moment, cest secret ", nous disait en février son imprésario de toujours, la québecoise Lise Richard. Lara, de son côté, restait fort ambiguë à ce sujet, laissant croire au public des Victoires que son fiancé était Rick Allison, mais donnant à entendre en entrevue que, pour linstant, il ny avait pas " dhomme de sa vie " dans les parages. Sans que ceci ait le moindre rapport avec cela, elle me disait fin février quun certain Walter Afanassief, un important producteur-compositeur de la maison Sony, travaillait à temps plein avec elle et Rick Allison aux chansons de son album qui doit sortir aux Etats-Unis en septembre. " Voici " a donc levé un coin du voile : le nouveau fiancé de Mlle Fabian est bien ce New-Yorkais à casquette de rappeur qui tient son parapluie dans les rues de Paris et qui se prénomme Walter. Lequel, comme par enchantement, est également considéré comme un faiseur de star dans le monde des variétés américaines il a déjà été le maître doeuvre de disques de Mariah Carey..et de Céline Dion. Cela commence à ressembler à une véritable mise en orbite pour la " parfaite inconnue " qui est arrivée en 1991 au Québec avec son petit ami bruxellois, Rick Allison, une cassette et 1000 dollars en poche. La même Lara Fabian, qui, au début 1997, restait, malgré ses triomphes au Québec, une " parfaite inconnue " en France et, bien entendu, aux Etats-Unis. Depuis quelle a remis les pieds sur le Vieux Continent le printemps dernier pour la sortie de son album Pure, tout est allé tellement vite que désormais rien ne lui paraît impossible, pas même un triomphe instantané dès lautomne prochain sur le marché américain, cest-à-dire sur le marché mondial. " Chez Sony Musique, on a établi deux stratégies ", me dit-elle tranquillement en sirotant une eau minérale dans un salon de son hôtel du quartier Saint-Augustin. " Lune examine la possibilité dun succès progressif, qui se fasse en deux ou trois disques. Lautre, à laquelle on travaille actuellement, cest celle dun grand succès dès le premier... ". Et pour bien montrer quelle connaît le business, elle souligne : " Withney Houston et Céline ont atteint la gloire après trois albums. Pour Mariah Carey, ce fut instantané... Je peux vous dire une chose : chez Sony, mon disque nest pas un projet marginal, juste pour voir, pour faire trempette sur le marché américain... " Lise Richard, qui a été la première à miser sur elle et qui a produit son premier album, en 1991 au Québec, est plus précise : " Pour Sony Musique, cest LE projet de la rentrée 1998. Tous les moyens sont mis à la disposition de Lara : musiciens, studios, compositeurs. Sil le faut, on enregistrera 30, 40, 50 chansons avant darriver au choix final. On a carte blanche et aucune limite de budget ". Le monde du spectacle, en particulier aux Etats-Unis, est une table de jeu où il ne suffit pas de parier gros pour faire sauter la banque. Bien quelle interprète sur scène des succès américains de manière tout à fait convaincante, Lara Fabian na jamais approché de près ou de loin le public ou le marché américain. Le produit, si jose dire, na jamais été testé. Mais ce qui arrive depuis un an à cette chanteuse canadienne de nationalité, belge de naissance.... et italienne de culture est déjà tellement extraordinaire quon se dit : et pourquoi le conte de fées ne continuerait-il pas aux Etats-Unis ? Pourquoi Lara ne serait-elle pas au sommet avant même la fin de 1998 ?. Lexplosion de sa carrière française est presque sans comparaison sur le plan de la fulgurance, de limportance des ventes de disques, de laccueil du public et des critiques, et de lassistance à ses spectacles. Il y avait longtemps quon avait vu quelquun aller si haut si rapidemnet. Lara Fabian, qui tient les comptes avec une précision maniaque, maffirmait le 23 février que Pure en était à 940,000 exemplaires vendus et que les singles Tout et Je taime totalisaient 1,5 million. A la mi-mars, elle demeurait numéro trois au chapitre des ventes dalbums en France, toutes catégories confondues. A titre dexemple, Roch Voisine, dont le succès fut également foudroyant à lépoque grâce à la chanson Hélène, qui resta une année en tête du top 50, et à quatre spectacles à Bercy (16,000 places), navait vendu " que " 400,000 albums. Et on nen est pas encore à capitaliser sur le formidable coup de pub des Victoires de la musique (trois jours plus tôt), où, incontestablement, elle est apparue comme la grande vedette : les deux catégories dans lesquelles elle était en nomination (révélation de lannée et meilleure chanson de lannée) arrivaient en toute fin de soirée. Une consécration : déjà choisie par le milieu professionnel, Lara était plébiscitée par le public (qui comptait pour 50% du jury) et recueillait 43,000 voix sur 60,000, devançant quatre autres concurrents. Selon toute vraisemblance, lalbum Pure a encore une belle carrière devant lui et pourrait faire grimper Lara jusquau sommet des ventes de disques en France, aux côtés de Patrick Bruel, dont un titre a atteint 2,5 millions dexemplaires, ou de Francis Cabrel, qui vend deux millions dexemplaires de chaque nouvel album (à six millions, dont quatre en France, Deux, le disque de Céline Dion concocté par Jean-Jacques Goldman, restera sans doute longtemps un record historique). Du jamais vu ou presque... En juin 1997, on me signale la venue à Paris dune chanteuse québecoise dorigine belge. Elle a un single au top 50, et son album Pure se serait déjà vendu à quelques dizaines de milliers dexemplaires. Ce sont des choses qui arrivent assez souvent et qui restent généralement sans lendemain : des Québecois ont parfois connu de formidables succès avec un tube unique. Parmi les plus célèbres : Marc Hamilton, qui avait vendu deux millions dexemplaires de " Comme jai toujours envie daimer " et dont on na plus jamais entendu parler. Dans une sorte de vaste bureau, au dernier étage dun immeuble moderne du quartier de lAlma, la chanteuse en question est venue faire une démonstration de son talent (un showcase, comme on dit dans le jargon du métier) à des journalistes et à des professionnels du milieu. Rien de bien concluant : la salle est moche, le son approximatif, le public un peu bruyant. " Quest-ce que cest que ce nom de Lara Fabian ? " Un nom sorti dun ordinateur ? " me demande un ami qui travaille en publicité. Nempêche : sa maison de disques, Polydor - numéro un de la chanson francophone dans le monde -, a réservé deux soirs à lOlympia pour le début de 1998. A cela, rien dextraordinaire : deux soirs dans cette célèbre salle de 2,200 places pour une chanteuse à vocation commerciale, cest à peine plus quun showcase élargi, une façon de tâter le terrain. Elle a incontestablement une voix, mais pas vraiment une jolie gueule, plutôt un joli visage passe-partout quon ne garde pas nécessairement en mémoire. En fait, la mayonnaise prend delle-même pendant lété, sans quil se passe rien dexceptionnel, seulement grâce à deux tubes (Tout et Je taime) qui tournent à la radio et au bouche à oreille. En décembre, je constate que Lara Fabian est devenue une grande vedette populaire et que tout le monde la connaît : des adolescentes de banlieue interrogées à la radio et qui la désignent comme leur chanteuse préférée, ma femme de ménage qui a trois jeunes enfants, des amies qui travaillent dans la mode et qui ne sont pas particulièrement des fans. En trois ou quatre mois, Lara Fabian est devenue un nom incontournable en France. Preuve supplémentaire quelle fait déjà partie du paysage, elle est invitée à participer, le 25 janvier, à lenregistrement de la grande soirée des Restos du coeur - lassociation qui vient en aide aux moins bien munis fondée par le regretté comédien Coluche. Absolument toutes les grandes vedettes de la nouvelle génération des variétés françaises en sont - Goldman, Souchon, Cabrel, Vanessa Paradis, etc. Avec deux ou trois " vieux " en prime, laffiche comporte 43 noms célèbres en France. Et uniquemnet français. Seule exception : Lara Fabian, invitée à participer à deux pots-pourris et, surtout, à exécuter en duo avec Johnny Hallyday " Requiem pour un fou ", de lomniprésent Jean-Jacques Goldman. En répétition, et davantage encore pendant lenregistrement, Lara Fabian - qui se mesure tout de même à cette superstar que reste Johnny Hallyday - est accueillie par des applaudissements et saluée par une formidable ovation, la plus importante de lémission. Leur prestation est à peine terminée que Johnny, qui rencontre Lara pour la première fois, linvite officiellement à chanter en duo avec lui en septembre prochain au Stade de France (80,000 places). Deux jours après les Restos du coeur, cest lOlympia, dont les 4,000 billets sont tous vendus depuis plusieurs semaines. Cest le délire : des spectateurs qui lacclament pendant le spectacle, une foule qui manifestement connaît la moitié de ses chansons, une interminable ovation à la fin. Alors quelle interprète une dernière chanson, seule avec un guitariste, un jeune homme crie du balcon : " Lara, je taime ! ". La foule sursaute et rit. " Moi aussi je taime ", lui répond-elle avec laplomb dune fille qui a en vu dautres. Applausissements de la salle. Plus dune heure après la tombée du rideau, pendant que sétire un gros cocktail dans les salons de lOlympia, une cinquantaine de fans attendent encore la star à la porte de lentrée des artistes. Ce qui devait être un test tourne au triomphe. Trop tard pour des supplémentaires : les grandes salles se réservent de six à douze mois à lavance. On se rabat sur le Palais des Sports, en avril (4'500 places). Avant même les Victoires de la musique, le 20 février, les places pour la première représentation sont toutes vendues, et on décide dajouter une supplémentaire. Pour une chanteuse qui avait recommencé à zéro en 1991 au Québec après une discrète carrière en Belgique, puis qui est revenue en parfaite inconnue à Paris en mars 1997, ce formidable succès paraît déjà inespéré. Avec Pure, qui continue de battre des records de vente, et son album précédent, Carpe Diem, qui, remis sur le marché, commence à faire des vagues, la chanteuse de 28 ans aurait largement de quoi soccuper en France. Après tout, cest là que se contrôle lensemble du marché francophone, qui nest quand même pas négligeable quand on vient du Québec.. ou de Belgique. Dautant plus que, pas loin de la France, il y a lItalie et ses 58 millions dhabitants. Litalien est lune des langues maternelles, sinon la première, de Lara, qui interpète deux chansons en italien en spectacle : son disque a circulé dans les milieux professionnels, et les échos de ses triomphes en France on déjà provoqué des frémissements parmi le public. Les sollicitations se multiplient, et on limagine fort bien faire carrière au pays du bel canto. Mais celle que certains milieux professionnels montréalais avaient surnommée " Lara des sources ", à cause de sa propension à verser des larmes les soirs de galas, est une ambitieuse plus coriace quelle ne le paraît au premier abord. Bien sûr, le fait de venir ainsi, presque à limproviste, triompher dans une salle aussi mythique que lOlympia et datteindre dune seul coup les plus hauts sommets de vente dalbums ressemble à un conte de fées. A loccasion de lavant-dernier Midem (Marché international du disque et de lédition musicale), à Cannes, en janvier 1997, elle ne sétait même pas déplacée, laissant Rick Allison venir faire la promotion de Pure. " Quelque chose se passait, dit Lara, il y avait des propositions de presque toutes les majors en France. ". Mais cest une cassette maison, enregistrée au Québec par... une cousine du patron de Polydor, Bruno Gérontès, et envoyée à ce dernier, qui a tout déclanché : au début de 1997, Polydor était décidé à mettre le paquet pour la faire réussir en France. La suite a dépassé toutes les espérances. Mais cela ne la pas fait dévier dun pouce de la route quelle sétait tracée. Elle qui fait volontiers des gentillesses à ses interlocuteurs - mais qui, lorsquelle sadresse à son entourage, en passant instantanément du français à litalien et à langlais, manifeste un caractère certain - a soudain un air très volontaire, presque dur. " Vous savez, je suis très ambitieuse : jai toujours voulu faire une carrière mondiale, et une carrière mondiale ne se décide nulle part ailleurs quaux Etats-Unis ". En effet, un artiste qui se retrouve dans le peloton des cinq ou dix premiers chanteurs aux Etats-Unis est presque automatiquement vedette dans le monde entier : consacrée aux Etats-Unis, Céline Dion a vu souvrir les portes de lAustralie, de la Thaïlande et de la Scandinavie. " Les plus grosses ventes des stars américaines se font en Europe ", me dit encore Lara avec son sens précis des affaires. " Cest là que Michael Jackson vend 65% de ses albums. Mais, pour atteindre lItalie, lAllemagne, les pays de lEst, il faut simposer aux Etats-Unis ". Mais la jeune femme ne manquent pas de détermination, comme en témoigne son parcours. Avec un père (flamand) saltimbanque, jadis guitariste et choriste de Petula Clark, Lara a commencé à chanter dès lâge de 15 ans dans les boîtes de Bruxelles. A 18 ans, elle est quatrière au concours Eurovision (celui que Céline gagne en 1988). " En fait, une carrière en France, jen avais déjà commencé une, raconte-t-elle. Jétais sous contrat avec une maison française, Tréma. Javais vendu 500,000 exemplaires de la chanson Croire et 300,000 de Je sais ". Des débuts prometteurs qui en auraient satisfait bien dautres. " Mais en réalité, jallais mal. Malgré mes succès et le fait que le public a toujours aimé les chanteurs à voix, les belles mélodies, cétait considéré comme ringard. Cétait lépoque où seules avaient leur place les lolitas très très maigres et très très blondes, pas les femmes qui avaient un peu de tempérament. Les chanteuses à voix, brunes, méditerranéennes étaient mal vues ". Plutôt que de se taper la tête contre les murs, elle a donc décidé de prendre ses salades et daller les planter ailleurs. " Je me souviens, un soir, jétais dans la vieille Golf de Rick Allison et je pleurais toutes les larmes de mon corps. Il ma dit : " Tu vas voir, on va aller en Amérique donner un grand coup à la Statue de la Liberté ". On a fait ça comme dautres immigrants avant prenaient le bateau. Quand on a débarqué au Québec - jy étais passée une fois en vacances -, on avait de lexpérience, beaucoup damertume, mais un vrai esprit guerrier... ". Ils ont un album sous le bras, mais il faut quelquun pour le produire. Les maisons de disques nen veulent pas. Lise Richard, qui travaille dans le milieu des variétés, mais qui nest pas productrice, est aussitôt emballée : elle fondera sa prore maison, Clandestine, exprès pour le lancement de lalbum de Lara Fabian. Et la carrière est lancée... dans le Québec profond. " Rick et moi, on voyageait dans une Chevrolet, on donnait jusquà 300 spectacles par année : quand le cachet atteignait 50 ou 75 dollars, cela couvrait largement nos frais, qui étaient de 25 dollars par jour. On se produisant dans des clubs, dans des salles de 50 ou 100 places. Rick jouait du piano, des claviers et de la guitare. On avait des bandes. Jacceptais toutes les occasions de promotion qui se présentaient, les radios communautaires, les journaux locaux. Au bout dun an, on avait vendu 20,000 disques. Finalement, lalbum Lara Fabian a atteint les 100,000. Laffaire était lancée ". Mais le Québec cétait dabord pour elle lAmérique, " mon Amérique à moi ". Un territoire où tout est possible, où les choses sont moins figées quen Europe. Avec bientôt des succès phénoménaux (300,000 exemplaires vendus de Carpe Diem), Lara Fabian gardait plus que jamais loeil sur la Statue de la Liberté. En fait, la foudroyante aventure française commencera... au moment où tout est déjà en place, avec Sony Musique, pour tenter le grand coup aux Etats-Unis, en septembre 1998. Ce qui fait dire à son imprésario, Lise Richard, que Lara Fabian " est la seule artiste à avoir signé en même temps avec deux majors : Polydor en français et Sony en anglais ". Assez curieusement, la petite immigrante italo-belge qui chantait dans des bars du fond de la Gaspésie il y a cinq ou six ans nest pas éblouie outre mesure par ses triomphes parisiens. Comme si, dun côté, le plus dur avait été fait, avec la " galère " québecoise des deux premières années, et comme si, de lautre, elle avait toujours su quelle serait une star : " Au fond, le public est partout le même, ce nest quune question déchelle. Si vous faites une télé au Québec, vous pouvez obtenir jusquà un million dauditoire. En France, un gros succès touchera 10 millions de spectateurs. Aux Etats-Unis, 50 ou 60 millions, cest tout ". La petite Lara, qui surveille ce quelle mange pour ne pas grossir - " Jai une tendance naturelle à être une boutielle de Chianti ! " a-t-elle dit en entrevue -, consacrera lessentiel des mois qui viennent à cette énorme offensive aux Etats-Unis : après lOlympia, le tournage dun clip au Maroc et une semaine de vacances, il y aura un long séjour à Los Angeles. Intermède parisien du Palais des Sports les 25 et 26 avril, puis retour aux Etats-Unis. Pour tenir ce rythme frénétique, sa méthode consiste à "garder les pieds sur terre". Et, pour ce faire, à rester en permanence sous la protection de ce quelle appelle sa " tribu ". Un peu à limage de Céline Dion, dailleurs. Ce nest pas parce quelle explose à Paris quelle change de milieu. " Cest si facile de péter les plombs quand on arrive à ce niveau ", constate la chanteuse désormais sacrée vedette. En immigrante guerrière mais prudente, elle sillone la planète en transportant son univers familier avec elle : à son hôtel comme dans les coulisse de lOlympia, il y a toujours sa mère, omniprésente, la discrète et fort peu mondaine Lise Richard, qui demeure sa conseillère et confidente privilégiée. De Bruxelles, il y a Rick Allison ; du Québec, quelques personnes qui lui ont fait confiance à ses débuts, et même deux musiciens de Jazz du Bijou qui avaient accepté, en 1991, de suivre la chanteuse inconnue. Les pieds sur terre, mais la tête vraiment dans les nuages : " Si je veux devenir une star, dit-elle bizarrement, ce nest pas pour largent ou pour être célèbre, mais bien pour accomplir le rêve de petite fille de sept ans qui y croyait ". Aujourdhui encore, Lara
Fabian y croit tellement quelle ne sera même pas
vraiment étonnée si le rêve américain se réalise.
|
Transcript par : Hezia Abel
Copyright © 1998, Purelara