Transcript de l'émission "TV5 L'invité"
TV5 INTERNATIONAL, 24.03.2002

© Transcript par Charlotte "Chache"
Photos par Nadege de
Laraweb

[Cliquez ici pour des photos de l'emission]

Mesdames, messieurs, c'est une immense artiste internationale, qui nous reviens avec un album, offert a son public. Elle se livre à nue. "NUE" c'est le titre. Elle y croit encore. Lara Fabian est avec nous.

[Extrait du clip "J'y crois encore"]

Lara merci d'être avec nous. "J'y crois encore" et nous aussi ! C'est le nouvel album et c'est la chanson qui a fait connaître ce nouveau disque intitulé "NUE"

Oui.

On a l'impression que vous vous livrez encore un peu plus que d'habitude !

Oui, c'est vrai, en fait... j'dis oui, c'est vrai en fait...et en fait j'ai l'impression d'raconter, souvent aussi, l'histoire de pleins d'autres femmes, de pleins d'autres hommes qui auraient pu vivre des moments à l'aube de la trentaine semblable. Donc une partie de moi à l'impression de parler d'elle et puis l'autre à l'impression de parler des gens qu'elle a pu observer, qu'elle aime.

Parce que "J'y crois encore", y'a aussi l'amour quelque part !

Oui !

L'absence !

Euh ! Pour moi, c'était un sens plus large, enfin l'amour est ce qu'il y a plus large que l'amour ? Je ne pense pas mais pas mais c'était bien plus au sens de l'espoir qui peut naître de pleins de moments de difficulté.

Lara, c'est aussi, bien sûr, la scène, j'crois qu'y a des moments très très fort quand on est sur scéne et quand, comme vous, vous vous donnez à fond. On va voir quelques images (sur image de Lara en répétitions sur la scène), on vous voit ici d'ailleurs... On s'entraîne avant ? C'est des moments important ?

On est en train de faire des pitreries, j'crois plus... En fait ça c'est Kim qui fait des abdos. Et moi j'suis là en train de placé ma voix.

Il faut faire des exercices ?

(Lara fait un son comme sur les images précedentes et ils rient) J'faisait comme ça, c'est amusant, c'est drôle. Avec des chaussettes blanches et tout, on dirait mister Bean.

La voix ça se travaille ?

Oui, ça se travaille bien sûr ! Et puis surtout c'est, euh, c'est vraiment un muscle la voix. Bien sûr, bon certains on un type de muscle et d'autres... (image de Rick) Ah ça c'est Ricky. En fait là, j'pense qu'on ai en train d'aménager "Humana" avec un petit morceau de reggae à la fin et il fallait qu'on (image de Rick qui danse et chante sur Humana) (rire de Lara) j'adore il est trop... Et les garçons devaient reprendre une partie du refrain.

Y'à toute une chorégraphie là !

Ouai..en fait on s'approche des gens et on transforme la fin de la chanson dans un petit reggae avec tout le monde. Voilà, et là on est le soir, et ils reprennent avec nous "na, na, na, na, na". C'est génial parce que quand on s'aperçoit, justement, la boulot à la base et puis c'est des semaines, parfois des heures interminables de répétitions.

Et la on voit que le public est là, il réponds avec.

Tout à fait (image de Lara pliée en 4 en train de rire, lors des répétitions) Et là, voila, j'faisais encore des pitreries, j'suis un vrai clown en fait, on le voit pas toujours mais j'ai un côté très très clown comme ça (rire du présentateur) et puis c'est chouette, ça m'permet de bien m'éclater avec les gens.

On l'voyait pas sur les images, mais vous faites comme ça "bzzzzz" (avec les pouces) avec tous vos musiciens.

Oui, on fait un petit "bzzzzzz" avec les musiciens et Ricky.

Vous leurs envoyer un peu d'électricité positive.

Et eux m'en envois aussi.

Lara, vous voulez dire quelques mots de cette exceptionnelle carrière, parce que commencer, quand même à Bruxelles, petite, et puis ensuite il y a eu l'Italie qui coule dans vos veines, et puis le Québec. C'est à dire, ce côté international, que vous avez en quelque sorte en vous, hein ?

Mais j'suis un peu née... C'est vrai que j'suis née d'une famille qui venait d'endroit opposé, le Sud/le Nord, effectivement, et avec des origines anglophones dont américaine de part de mon grand père, espagnole de part de mes tantes, alors c'est vrai qu'il y eu énormément de ces langues, de ces cultures, qui se sont mélangés depuis ma plus jeune enfance et j'ai parlé très vite pleins de langues parce que c'était important pour moi de me faire comprendre donc c'est venu assez naturellement.

L'Italie c'était déjà un peu l'envie de chanter ? Quand vous étiez petite ?

Mais toutes ces femmes chantent admirablement bien : ma mère, ma tante, ma grand-maman, euh, j'ai toujours entendu ces femmes chanter, et mon père aussi bien sûr, ça toujours était très très présent dans la famille, les voix, les chants, la musique.

Et les souvenirs de Bruxelles ? Parce que quand vous allez sur la Grand Place, là-bas, j'imagine que ça passe pas inaperçu maintenant ! (rire)

C'est oui...ouai c'est vrai...c'est chouette parce qu'en même temps y'a un côté... la Grand Place c'est la Grand Place, que j'y sois ou non ça y change rien pour moi, c'est parfaitement normal et puis c'est vrai que des fois j'm'y retrouve, ça m'est arrivée y'a 24 heures. J'étais là et j'ai pas pu y rester très longtemps c'est vrai, mais pour moi y'a un rapport à l'enfance, à la musique. Parce que Bruxelles est l'endroit ou j'ai suivi des cours en académie, au conservatoire et ou j'ai fait les premières scènes dans les pianos bar et en jazz-club, voilà.

Et puis le Québec !

Ouai, ça c'est, ça c'est la maison que j'ai choisi, quoi.

C'est aussi une histoire d'amour.

Complétement, c'est une histoire d'amour parce que c'est le gens que j'ai aimé , c'est un pays qui ma ravie, leur simplicité, leurs manières de vivre, ils ont une douceur et un art de vivre qui emprunt d'une gentillesse et d'une simplicité très étonnante. Et quand pour la première fois, on met les pieds au Québec, c'est ça qui frappe, c'est le calme à l'interrieur de cette gentillesse, cette simplicité contenue dans leur gentillesse. C'est vraiment, ça fait parti de leur nature humaine.

Et vous êtes plus que ça, mais Québequoise quoi ! C'est a dire Française-Belge-Québequoise ! (rire)

J'suis un drôle d'animal, j'en conviens ! J'ai décidé, voilà, vers l'âge de 23 ans de, effectivement d'adopter ce pays au titre de leur nationalité, au même titre de leur nationalité. Et je suis devenu Canadienne-Québequoise, c'était important pour moi, voilà, j'ai eu envie d'le faire parce que j'y vivais, parce que je m'y sentais bien et parce que j'ai adopté plus que leur manière de vivre, c'est comme ça que j'ai imaginée la suite de ma vie, en étant là, chez eux et en faisant peut-être un jour parti de leur pays. En tout cas c'est ce que j'ai souhaité, et c'est c'que j'ai essayé, j'ai tenté de faire avec le temps. Parce que c'est pas toujours évident de s'adapter dans un endroit qui n'est pas le notre, ou de se faire accepter dans un endroit qui n'ai pas le notre. Et j'ai eu beaucoup de chance, beaucoup de bonheur en ce sens.

Et peut-être pour certains vous êtes déjà immortelle, lara. Extrait de cette chanson.

[Extrait du clip "Immortelle"]

Voilà, donc, l'extrait du nouvel album "NUE" et quand je parlais au début de cette émission d'amour, y'a beaucoup d'amour, d'une façon de dire l'amour aux autres, de chanter comme ça, d'être très sensuelle !

(en riant) Qu'est ce que je peux vous répondre ? Vous m'intimidez ! Euh, je sais pas. L'amour c'est ça aussi, c'est emprunt de chaleur, de peau, c'est vrai c'est une autre... c'est, je crois que c'est une envie parallèle, quand on aime complètement et complètement uni au fait d'aimer quelqu'un avec l'esprit, avec le coeur, y'a aussi avec la peau. C'est vrai, l'amour ça peut-être très charnelle, et euh, que la musique, y'a un rapport viscéral avec la musique qui rejoint cette sensualité. Alors... C'est difficile pour moi d'en parler, en tout cas de l'observer chez moi parce que c'est... je ne l'observe pas, je le vis comme ça.

On vous voit parfois submergé par l'émotion sur scène, on va voir un extrait, évidemment c'est "Je t'aime" !

Vous en avez pleins des surprises, pleins d'trucs que j'sais pas ! (rire des deux)
(Sur image de concert le public chante, ou plutôt hurle, On t'aime à Lara !) Alors ça, bon, ça c'est un moment qui a était très très impressionnant pour moi. J'avais besoin de reprendre mon souffle alors j'ai fais un signe à Pierre, avec la main, et je lui dit simplement "donne moi une seconde, j'veux pas commencer tout de suite" et là ils commencent quoi, ils commencent sans que je puissent réagir du tout. Ils entonnent la chanson, j'ai pas l'temps, et c'est partis. Et ils ont chantés toute la chanson et moi j'étais complètement dépassée, j'arrivais pas à caler, à me caler sur le rythme de la chanson alors j'les ai laissée chanter et j'les ai suivie. Et Pierre après, mon chef et mon pianiste, voilà là je dis : "Vous m'avez pris d'cour". Là j'y arrive même pas, j'arrive pas, je... enfin j'y arrive pas quoi ! (rire du présentateur) Et Pierre me dit après la chanson, j'me suis approchée du piano pour prendre de l'eau, il me regarde et il m'fait : "Tu as senti ça ?" J'dis : "Oui, j'ai senti" Et c'est ça qu'ils font, c'est, le public à cette magie, encore une fois qui rejoint la chaleur, le charnel, le viscéral.
Quand on revoit ces instants, là, on s'dit qu'il y'a des moments magiques !
Et puis surtout quand on revient, après un long moment comme ça, ou bon, c'est, j'sais pas, ou y'a des trucs de difficiles quoi, qui ce sont passés et qu'on a, enfin moi, j'me souviens que j'disais à Lise et à Rick, mon manager, j'disais : "Je sais pas, est ce qu'il vont avoir envie d'écouter cette musique à nouveau."

Pourquoi ? Parce que vous avez dit dans une interview "J'ai touché le fond, aujourd'hui je vois plus les choses pareilles."

C'est vrai, mais c'est parce que, pour le toucher, il fallait que je sois vivante, en fait. Et j'ai réalisée que j'étais bien vivante et qu'en fait y'a un truc qui c'est réanimé, c'était très très fort c'qui c'est passé avec eux. Parce que j'avais peur, j'me demandais si ils allaient encore vouloir de moi quoi, voilà, c'est tout, c'est vrai.

Parce que c'est l'amour du public qui vous a porté ?

Oui, en tout cas, qui ma porté jusqu'à des endroits que je ne connaissais pas. Qui, voilà, qui faisaient partis d'un imaginaire, qui rejoignaient l'envie de faire ce métier mais on peut pas tant qu'on a pas touché ça, et je sais que j'ai pas de mots pour vous le dire, mais tant qu'on a pas touché ça, cette énergie qui s'traduit lorsqu'ils chantent, lorsqu'ils vous chantent comme ça, tant qu'on l'a pas vécu, on ne peut pas savoir c'que ça représente et quand on la vécu et qu'ensuite on passe par un moment comme celui, voilà, qui c'est passé, euh on a très peur l'avoir perdu, ouai.

Et qu'est ce qui a été le plus dur ? Le plus dur a vivre, Lara ? Est-ce que c'est possible d'en parler aujourd'hui ?

Oh ! Vous savez, voilà, j'ai pas envie de m'attarder dessus, parce que vraiment c'est pas quelque chose qui m'accable aujourd'hui. C'est quelque chose avec lequel j'ai dû, entre guillemet "négocier", dans le passé. Et c'est un mélange de choses que n'importe quel nana à l'aube de trente ans peut vivre, n'importe quel artiste qui n'avait jamais connu un succès comme ça et qui tout d'un coup, le vis avec une telle violence, une telle force, devant, on peut être exposée à ça, qu'on soit artiste ou non, en fait, voilà, c'est ça que je voulais dire...et que la beauté de cet instant c'est le paradoxe. Tout ce qui est extrêmement beau qui peut devenir extrêmement difficile, et duquel on resurgit avec un équilibre qui vient de ce paradoxe et ça c'est géniale parce que j'ai appris énormément de choses et le fait que ça été dur, revenir dessus ça m'apprendra rien. Mais pouvoir le regarder comme une sépulture du passé, comme un endroit qui n'est plus et qui m'a amenée où je suis aujourd'hui ça c'est magique. Et ça c'est grâce à la musique, et grâce aux gens, c'est grâce au jour, il existe une façon à travers les mots, à travers les mélodies de resurgir de l'endroit qui paraîssait, au demeurant tout le monde l'a vécu, mais qui parraîssait plus difficile.

Et "J'y crois encore", il faut y croire encore comme vous le chantez. Il faut croire que eux aussi y croient

Je l'ai chantée et c'qu'ils m'ont dit, eux, c'est que j'avais eu raison d'le chanter et ça c'est la plus belle chose qu'ils puissent faire.

Merci beaucoup Lara, d'être venu sur le plateau de TV5 !

Merci à vous !

"NUE" est un très beau disque !

Merci !

Et c'est un grand bonheur de vous entendre !

Merci de m'avoir reçue, merci !

 

Transcript de l'émission par: Charlotte "Chache"

 

 

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