| Propos recueillis par Nicolas
Touderte © Fan de Magazine Décembre 1999-Janvier 2000 N° 25 Lara Fabian : Son interview vérité
Gamine, Lara Fabian rêvait de devenir une star à l'image de son idole, Barbra Streisand. Quelques années plus tard, son souhait est exaucé avec la sortie d'un album anglo-saxon, l'aboutissement d'un rêve de petite fille. Pour Lara Fabian, s'imposer sur la scène
internationale sera à coup sûr un vrai jeu d'enfant... Cet album international représente un gros pari pour toi et ta maison de disque. Comment le projet est-il né ? En fait, j'ai été sollicitée par Tommy Motola (le PDG de Sony Music, NDLR). Il a demandé à me rencontrer après avoir écouté ma reprise du titre "Je suis malade". C'est sur cette chanson qu'il a craqué. A cette époque, je recevais déjà des offres de plusieurs compagnies, mais j'ai décidé de signer chez eux car ce sont les meilleurs. Ce disque, cela fait une éternité qu'on l'attend. Pourquoi a-t-il mis si longtemps à sortir ? J'avais l'impression de ne pas être allée au bout de ce que je pouvais faire. Je pouvais donner encore plus. J'avais soif de perfection. Le plus important pour moi était de ne rien dénaturer, de rester telle que je suis quoi qu'il arrive. Est-ce que tu as dû faire des concessions ou des compromis pour sortir ce nouvel album ? On doit tous en faire d'une certaine manière. Il faut avoir l'humilité de comprendre qu'il y a des gens qui ont de l'expérience autour de toi et qui ont fait des choses extraordinaires La seule chose que je n'aurais pas accepté, c'est d'interpréter une chanson qui ne pouvait pas devenir la mienne. As-tu d'abord écrit tes textes en français avant de les traduire en anglais ? Non, je pense en anglais. C'est ma deuxième langue. Depuis que je suis gosse, j'aime la musique anglo-saxonne, je parle anglais depuis toute jeune. Là-bas, lorsque j'écrivais pour cet album, il m'arrivait de rêver et de réfléchir en anglais ! Tu as passé de longs mois entre New York et Los Angeles pour l'enregistrement de cet album. Est-ce que ça t'a donné envie de t'installer aux Etats-Unis ? Je n'aime pas vraiment la Californie, mais j'adore New York. J'aime le côté multiculturel de cette ville très effervescente. Moi, ça me donne envie d'aller au-delà de certaines limites. New York est sûrement un endroit où j'aimerais vivre, mais mon rêve, c'est de finir ma vie avec cinq propriétés à travers le monde ! N'as-tu pas peur que tes fans français se sentent abandonnés ? Pas du tout. J'ai fait le choix de me consacrer entièrement à la France jusqu'à la fin de l'année. Si je me mettais à parler un mot sur deux en anglais, il y aurait une vraie raison de s'inquiéter. Je suis une artiste européenne avant tout. Tu as la réputation d'être un vrai cordon-bleu et d'aimer la bonne nourriture. Comment s'est passé ton séjour au pays de Big Mac ? Dans une ville comme New York, grâce à cette culture très variée, tu peux trouver des restaurants extraordinaires. Mais quand tu débarques dans l'Amérique profonde, ça fait peur ! C'est là que tu te rends compte qu'il y a un vrai choc culturel... Et ton accent "frenchy", ils ont apprécié ? Les Américains sont imperméables à cela. Mais il ne s'entend pratiquement pas. Certaines personnes me demandaient même de quel coin des Etats-Unis j'étais originaire ! Comptes-tu changer de look pour séduire le public américain ? Moi, le mannequin qui chante, c'est pas mon truc ! Je ne suis pas un top model, je ne le serai jamais. Mon nez et mes seins sont à moi. Je ne vais pas me la jouer décolleté. Je veux que les gens s'attachent à autre chose qu'à une petite culotte ou à un soutien-gorge... Rares sont les artistes français à avoir conquis le marché américain. Est-ce que tu appréhendes l'accueil de ce public ? Oui, absolument. Je suis anxieuse. Je suis dans une position très risquée. Ce que j'ai décidé de faire, avec l'Adagio d'Albinoni, c'est culotté, ce n'est pas conventionnel. Certains disent que c'est un choix très classique ou très osé. Peu importe, j'espère que c'est l'émotion qui va gagner. Les textes de l'album "Pure" étaient pour beaucoup inspirés de ta relation avec Rick Allison. Pour ce nouvel album, as-tu puisé dans ton expérience avec Patrick Fiori ? Oui, énormément. L'amour, c'est infini, c'est la recherche du sublime. C'est la seule chose que tu ne peux pas limiter ou clôturer. Nous sommes tous à la recherche de la même chose. Il y en a juste qui ne se l'avouent pas... Maintenant, tu vas parcourir le monde entier. Ca risque d'être dur pour Patrick... (Sourire) J'ai la chance d'avoir quelqu'un dans ma vie qui fait le même métier que moi. Il comprend et il a beaucoup de compassion face à cela. Et puis, je me donne trois ou quatre ans comme ça et après je vais prendre le temps de vivre. Est-ce que Patrick a suivi de près la conception de cet album ? T'a-t-il donné des conseils, est-il venu te voir travailler ? Patrick est quelqu'un de très contemplatif à l'égard de la musique des autres. Il a trop d'humilité pour s'investir dans la musique de quelqu'un. Il est très respectueux. Il a beaucoup plus joué un rôle réconfortant dans les moments de doute. Avec le recul, regrettes-tu d'avoir surexposé ta relation avec lui ? Moi, je n'avais rien à cacher. Ce sont les autres qui sont venus me photographiers en bikini à fleurs sur une plage de Saint-Martin ! Après, effectivement, j'ai décidé d'en parler publiquement, parce que la question revenait à longueur de journée. Tu passes à la vitesse supérieure dans ta carrière : est-ce que tu comptes en faire de même dans ta vie privée en te mariant avec Patrick Fiori ? Je n'ai pas le temps pour le moment, mais c'est un
souhait que je voudrais réaliser. Comme pour cet album,
s'il y avait un mariage à organiser, je voudrais être
présente à toutes les étapes de cette journée
capitale de ma vie.
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Transcript par : Hezia Abel
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