LE MARIAGE DU PUNK ET DE LA POLITIQUE
a) L'anarchie
Généralement, les anarcho-punks sont anarchistes, mais ça
n'a rien à voir avec l'idée : "on va tout casser !!!". Au contraire, les
punks sont constructifs, et pour eux, l'anarchie est une manière de se
débarrasser de l'état, qui dicte ses conditions. C'est juste pour
combattre le système et c'est un système dans lequel l'individu peut
réellement s'émanciper en vivant dans l'autonomie.
Etymologie du mot "anarchie" (vient du grec)
a : privatif
archie : (on le retrouve dans hierarchie, monarchie) commandement.
Donc, c'est le non-commandement : on ne donne pas d'ordre, on
ne reçoit pas d'ordre. C'est un systeme basé sur la tolerance et une
certaine forme de sagesse.
Des preuves de leur volonte d'être constructifs ? S'investir
dans des groupes autonomes ou des assos sur un thème au niveau local
(CALM a THIONVILLE), faire des rassemblements (festival d'EDIMBOURG ou
de DIJON), monter des distros, animer des squatts (l'OUVRE SQUATT),
des lieux de rencontre (21 ter, Rue de Voltaire a Paris), faire des
tracts ou des livres (PUNK WITH PRESSES), et même ouvrir des
restaurants végétariens (ASSOCIATION ORTIE).
b) L'antispécime / Le végétarisme / La défense des animaux
Le spécisme est à l'espèce ce que le racisme est à la race. En
gros, les antispécistes sont contre différencier les animaux des hommes.
Pas de hiérarchie !
Tout cela part d'un constat : l'homme exploite l'animal (ce
qui fait de nous des monstres) et il est possible de vivre normalement
sans viande ou poisson... Les anarcho-punks défendent à fond le
végétarisme (CONFLICT : "Meat means murder").
Les anarcho-punks sont les fondateurs du plus grand groupe de
libération animale : l'ALF (Animal Liberation Front). De nombreux
groupes sortent des disques dont les bénéfices sont directement
reversés à l'ALF. Ce groupe est chargé de récupérer des animaux qui
vont être livrés à la vivisection (l'OREAL par exemple a beaucoup
souffert de leurs attaques). L'ALF organise aussi des raids contre les
chasseurs. Il ne faut pas avoir peur de dire que les gars de l'ALF
n'hésitent pas à être très violents dans leur manière de protester. Il
ne faut pas oublier leur fondement punk...
c) L'environnement / L'antimilitarisme
"No compromise in defence of our earth" (OI POLLOI) ...
Les anarcho-punks prennent soin de l'environnement. CONFLICT
est l'instigateur de STOP THE CITY, qui est une manifestation
londonnienne qui se passe le plus souvent possible. Elle a pour but
d'arrêter le trafic des voitures sur les routes. Les enfants peuvent
alors faire des dessins dessus, les gens dansent, etc.
Beaucoup de punks sont contre le nucléaire : danger
intrinsèque pour l'environnement, concentration du pouvoir (DIRT
"Nagasaki"). L'aspect le plus inquiétant est bien sur la guerre
nucléaire (CONFLICT : "You cannot win a nuclear war"). Et la guerre
tout court : CRASS a eu des problèmes avec une chanson sur les
FALKLANDS pendant la guerre avec l'ARGENTINE.
Même des groupes
moins impliqués ont tout de meme pris parti (THE EXPLOITED : "Let's
start a war said Maggie one day"). La guerre permet au pouvoir de
se renforcer, de s'auto-justifier et d'ôter toute forme de jugement objectif
et de contestation.
d) Le fascisme / Le racisme
Même si quelques punks ont porté des insignes nazis, c'était
avant tout de la provocation gratuite, par réaction au conformisme
(surtout dans les pays de l'est). Un grand nombre arbore des patchs
"GEGEN NAZIS". OI POLLOI pronne la maniêre violente : "Bash the fash",
mais d'autres sont plus tolérants et combattent à la manière de Gandhi
(CRASS : "Fight war, not wars", DIRT : "Object refuse, reject abuse").
Beaucoup de punks se reconnaissent
dans les assos REFLEX, SCALP ou
RAS L'FRONT qui combattent le FN.
Tous les punks (même les groupes consi-
dérés comme beaufs par les anarchos)
ont fait une chanson anti-FN (LES RATS :
"L'oeil qui te manque", LES CADAVRES
"No pasaran") qui est une de leurs
chansons les plus fortes (BxN "Porcherie").
La lutte espagnole contre le franquisme est
un thème fréquent (ND), cette époque
étant avec la commune de Paris un des
seuls épisodes où l'aspect libertaire de la
lutte a été flagrant.
La lutte contre le racisme et la protection des minorités est un
souci constant. Les punks se sont prix de passion pour un mouvement
des indiens du Chiapas contre le gouvernement mexicain : l'EZNL.
Pour plus d'infos : http://comm.qc.ca/Centre/Reseau/mex2.html
Le thème de la révolution mexicaine passée (KOCHISE sur le leader
ZAPPATA) ou présente (HEYOKA) est abordé. Les minorités comme les
Basques ont aussi leurs porte-paroles (KORTATU). Certains labels
(TIEN AN MEN) se sont spécialisés dans les éditions de groupes de pays
pauvres ou en guerre, qui n'ont pas les moyens de sortir des disques.
e) D'autres combats
L'aspect WORKING CLASS : certains punks, les Street punks
sont fils et fiers de la classe ouvrière. Ils se reconnaissent dans la
nécessité du travail qui leur apporte une certaine liberté, dans les
luttes contre le patronat pour défendre les plus démunis (les BRIGADES
maintenant INFORMERS ou les PARTISANS).
Ils proposent d'autres alternatives pour l'éducation
nationale, qu'ils considerent nulle car elle ne favorise pas
l'apprentissage des arts. Dans les squatts, ils organisent souvent des
ateliers artistiques. Il est normal d'exiger une école plus créative
et utile, axée sur le développement personnel et la solidarité.
Ils luttent contre le gaspillage et la surconsommation : à partir
du moment ou nous sommes dans une spirale ascendante de consommation, il
est obligé que l'on prive quelqu'un (PARIAPUNK).
La drogue : contre toutes les formes de drogues dures. Le
reste, ils s'en foutent.
Contre le sexisme : il y a souvent une égalité homme/femme qui
est présente (des voix féminines comme pour DIRT ou CRASS
sur l'album "Penis envy"). Le thème du respect de la femme est
souvent abordé (HEYOKA, MANKIND).
Contre l'homophobie : toujours dans le respect de l'individu,
la protection des minorités (OI POLLOI : "When two men kiss").