La libert� linguistique et le droit des peuples

Les Alg�riens et les Alg�riennes touch�s dans leur dignit� et leur sensibilit�

Pour une culture d�mocratique

"Faqu Tiqelayin" (vos pi�ges ne prennent plus)


La libert� linguistique et le droit des peuples

LA LUTTE qui se d�veloppe en Alg�rie pour la reconnaissance officielle de la langue berb�re d�borde la cadre de la Kabylie et de la capitale et rev�t un caract�re populaire.

Elle doit au travail d'�ducation accomplie patiemment et en profondeur par le mouvement auquel j'appartiens ( le FFS, Front des Forces Socialistes ):

���� * Qu'elle soit une lutte pacifiquerefusant tout recours � la violence et cela quelles que soient les formes de violence r�pressive. Car pour tout homme qui souhaite que sa patrie �chappe au d�ferlement du fascisme dans le monde, comment exclure l'appr�hension que certains dirigeants, si prompts � exclure ce qui constitue le socle culturel sinon linguistique de leur pays, ne nourrissent pas d'arri�re-pens�e de g�nocide � la faveur de manipulations totalitaires. Les exemples, h�las, ne manquent pas.

���� * Qu'elle ne soit pas sectaire et s'inscrive dans le cadre national des aspirations populaires � une d�mocratisation politique, �conomique et culturelle. Convaincre pour vaincre. La r�sistance passive ne sera pas n�anmoins sans entra�ner des souffrances humaines qui m'obligent � un devoir de t�moignage dans cette rubrique; d'autant que tous les correspondants �trangers viennent d'�tre expuls�s de Kabylie.

De quoi s'agit-il ?

De quoi s'agit-il, mises � part les accusations classiques de complots imp�rialistes, vocabulaire d�sormais banalis� par Pinochet, Pol Pot et Amine Dada dans la pathologie du sous-d�veloppement politique ? La langue et civilisation berb�res sont l'objet d'enseignement dans les universit�s de Paris, d'Aix-en-Provence, de Vienne, d'Utrecht, de Prague, de Tokyo, de Michigan et de Los Angeles; elles n'ont pas droit de cit� dans la cit� berb�re en Alg�rie.

Il s'agit donc d'une revendication linguistique, le droit d'apprendre � l'�cole sa propre langue maternelle et de la voir r�habilit�e comme langue nationale aux c�t�s de la langue arabe. L'affirmation de l'identit� culturelle a �t� un ressort de la lib�ration puissante parce que enracin�e dans le conscient et l'inconscient individuel et collectif; elle est un imp�ratif commun � tous les hommes; elle fait � l'�tat national une obligation, non abstention mais d'impulsion politique et de soutien financier � la langue berb�re au m�me titre que la langue arabe, car si l'�tat colonial � rel�gu� celle-ci au rang de langue �trang�re et enseign�e au compte-gouttes, il a compl�tement banni la langue berb�re.

Comme dans tous les combats lib�rateurs marqu�s par l'exaltation de l'unit� politique face aux man�uvres coloniales de division et par le paroxysme activiste, les patriotes berb�res ont fait front autour de la langue arabe avec espoir que l'Etat national, dont ils se persuadaient qu'il serait un �tat d�mocratique, l'�tat de tous les Alg�riens sans discrimination, prendrait � c�ur leur culture qui fait partie du patrimoine national.

Apr�s l'enfer

"Aidez-nous � traverser le fleuve apr�s on verra", le fleuve est travers� qui f�t l'enfer pour la population rurales principalement. Dix-huit ans apr�s l'accession de l'Alg�rie � l'ind�pendance voil� qu'il est interdit � un �crivain alg�rien de faire une conf�rence sur la po�sie kabyle. Cet acte d'intol�rance qui touche la sensibilit� de la population p�tries de po�sie et de valeurs d�mocratique fut un r�v�lateur de l'intol�rance politique. Il donne sa signification pl�ni�re � la suppression de la chaire berb�re cr��e � l'Universit� d'Alger et fait appara�tre brutalement l'engrenage dialectique qui lie le monopole politique au monopole �conomique et culturel et qui a permis par une bureaucratisation forcen�e de la nouvelle classe.

C'est pourquoi la contestation culturelle rev�t de plus en plus sa dimension politique tant il est vrai que la culture en actes, et non en slogans, s'exprime au niveau des rapports quotidiens que les citoyens, dans leur diversit� linguistique, entretiennent entre eux et que les gouvern�s entretiennent avec les gouvernants. Les Alg�riens viennent de d�couvrir que la libert� linguistique est indissociable des libert�s d'expression, d'information, d'association et de tous les droits de l'homme dont le respect et la promotion leur permettent de reconqu�rir leur droit � l'autod�termination � ne pas confondre avec la g�n�alogie de l'�tat.

La n�cessit� d�mocratique

Triple expression de nos racines, de nos servitude pr�sentes et de nos pouvoir potentiels, la culture est au c�ur de la vie de toute nation. Les probl�mes qu'elle pose d�passent le cadre de l'Alg�rie et soulignent la partie d�cisive engag�e entre l'�tat qui se veut un et indivisible et l'humanit� dont le sort d�pend d'une efficience d�mocratique toujours plus grande tant au niveau national qu'international.

Aussi bien, on ne peut pas parler de culture de droit divin pas plus que de la charte de droit divin, qu'elle tourne � l'�vang�lisation, � l'�sot�risme, � l'�litisme, elle devient totalitaire et destructive de l'homme. C'est pourquoi, elle ne peut �tre que le fruit de la libert�, donc de la diversit�, donc de l'action des hommes et des femmes rendus responsables et solidaires et redevenus ma�tres de leur destin.

Hocine Ait-Ahmed


Les Alg�riens et les Alg�riennes touch�s dans leur dignit� et leur sensibilit�

Apr�s les grandes manifestations de Kabylie, des Alg�riens et des Alg�riennes, touch�s dans leur dignit� et leur sensibilit�, sont descendus dans les rues d'Alger pour revendiquer le respect et le promotion de la langue berb�re.

Les autorit�s ont r�pondu par le matraquage et la r�pression, des centaines de jeunes ont �t� arr�t�s et jet�s dans les cars de police, dans le plus pur style colonial.

Il s'agit l�, d'une politique antinationale et antid�mocratique; elle est d�autant plus discriminatoire que les manifestations organis�es par les arabisants int�gristes avaient b�n�fici� auparavant de toute la mansu�tude du pouvoir.

Comment peut-on se r�clamer du socialisme, parler de retour aux sources et de d�mocratisation de la culture quand on nie l'existence d'une culture nationale dont au surplus les patriotes ne peuvent nier la contribution � la lutte de lib�ration.

Cette n�gation de caract�re fasciste et r�actionnaire s'inscrit dans la ligne directe d'une charte octroy�e qui pr�f�re ignorer en bloc le probl�me de l'int�gration nationale afin de deviser le peuple alg�rien et de la couper de ses traditions de lutte d�mocratique et r�volutionnaire.

La r�pression culturelle constitue une atteinte aux droits de l'homme et aux droits du peuple alg�rien � l'autod�termination en tant que processus permanent de d�mocratisation politique, �conomique et culturelle.

Il est du devoir de tous les alg�riens et alg�riennes arabisants, berb�risants, soucieux de l'unit� de leur pays, o� qu'ils trouvent � l'int�rieur ou en dehors du ( syst�me ) de s'opposer � l'engrenage de la violence et aux partisans de la politique du pire, en redoublant de vigilance et de combattre pour la d�mocratie en Alg�rie.

Hocine A�t-Ahmed


Pour une culture d�mocratique

Il n'y apas de printemps sans hiver, " baad laaser yusr ", apr�s l'�preuve, la d�livrance, les explosions de la vie suivent en germination profonde et secr�te, les rigueurs du froid, c'est d'abord � ce niveau que le sens commun entend le mot printemps.

A un registre sup�rieur, l'expression "Printemps de Prague" par exemple, la cr�ation explicite de l'esp�rance, est l'ensemble des r�ves d'�vasion d'une histoire subie en tant que nation, elle exprime le rapport v�cu aux printemps qui n'ont pas tenu leur promesse...aux pseudo-printemps. C'est ce qui s'inscrit le plus fortement dans l'imaginaire collectif. Se voulant op�rationnelle et rationnelle, la m�taphore requiert et la force mobilisatrice d'un mythe "Socialisme � visage humain", il y avait derri�re ce pl�onasme et par del� lesmasques nostalgiques de la social-d�mocratie, l'ardeur d'une jeunesse bless�e par la perversion d'un symbole et qui veut lui redonner sa fascination mythique en le r�conciliant avec la Libert�, la D�mocratie et la Culture.

"Tafsut Imazighen", le printemps berb�re, est une s�quence grandiose de la vitalit� nationale, un de ces moments historiques, d'effervescence tranquille, de solidarit� spectaculaire et de communion profonde o� la red�couverte de soi dilate la conscience sur les m�canismes de l'oppression, convoque les grandes pages du pass� pour vivre le pr�sent sur le mode pacifique de la lib�ration.

"Tafsut Imazighen" se veut un coup d'arr�t � la fatalit� d'une brise glaciale, �touffante et monocorde, qui simule la brise pour mieux d�tourner et persister ainsi sur les esprits et les c�urs.

La langue et la nature font appel � l'optique maternelle pour retrouver et mobiliser leurs affinit�s et leurs forces profondes.

Comme pr�alable � l'id�e de floraison, d'ouverture signifi�e par Tafsut, la notion de d�nouement - "Atfsi Tyersi" -d�nouer une contradiction et une tournure d'esprit propre � la culture berb�re. La lettre fait surgir l'esprit quand l'histoire cesse d'�tre subie. D�faire patiemment et intelligemment le N�ud Gordien de la d�culturation fondamentale nou�e scientifiquement par l'Eternel Inquisiteur. Une incursion linguistique suffit � �clairer une rationalit� qui pour �tre de survie et parce qu'elle est aussi en sursis, porte les le�ons rigoureuses d'une strat�gie pour la construction d'une v�ritable culture et de la reconstruction de la Nation.

Le N�ud Gordien du discours officiel bas� sur la sacralisation du pi�ge fondamental qu'est l'identification c'est � dire la r�duction de l'unit� nationale au parti unique et de la culture nationale � une langue avec un grand L, n'a pas r�sist� � cette rationalit�. Un argument d'autorit� fonde une technique autoritaire et ce quelque soit le signe linguistique ou cabalistique qui l'exprime.

L'inculture m�me quand elle s'orne de Kultur est l'oppos� d'une pens�e rationnelle et intelligente. Le g�nie d'une langue, n'est pas dans sa grammaire ou sa syntaxe, elle est dans son pouvoir analytique capable de transformer les �v�nements en r�flexion, les �checs en le�on.

Les m�mes causes reproduisent les m�mes effets. Cette loi de la logique �l�mentairequand elle se r�p�te et se v�rifie pendant une g�n�ration, devrait �tre un acquis de la pens�e. Voyez par exemple combien de fois le parti ou l'appareil et ses succ�dan�s d�cident de se r�organiser c'est � dire de repartir � z�ro dans les m�mes conditions sinon avec les m�mes hommes, qui les ram�nent au point de d�part. A moins z�ro, pourrait-on dire car les pertes inqualifiables de temps gaspill�, de cadres us�s et de confiance abus�e sont incalculables. Perp�tuer les m�mes causes bureaucratiques et promettre d'�chapper aux m�mes effets rel�vent de l'irrationnel et aboutit � traumatiser la soci�t� dans ces structures les plus saines. Apr�s cela on peut lui faire avaler des couleuvres et lui faire d�couvrir des chauves souris dans une tache d'encre.

Aux hallucin�s de la continuit� Tafsut � r�pondu: "les chauves-souris sont dans votre esprit"Faqo Tiqelayin". La r�flexion linguistique a �clair� la rationalit� du pluralisme d�mocratique et d�clench� la connivence de toutes les libert�s entre elles, syndicale, linguistique, d'opinion, d'expression, d'information, d'association. C'est l'extraordinaire connivence des vieillards et des enfants, des femmes et des hommes qui les lib�re de

"bu-berach", cette masse gigantesque de cauchemar - war ixef d'war udem sans identit� et sans visage - qui profite toujours de l'obscurit� pour fausser les r�flexes de d�fense, paralyser et enfin asphyxier. Il a suffi d'un rayon de lumi�re provoqu� par la provocation pour identifier " bu-berach " et comprendre que ce fantasme collectif et le produit de la d�moralisation g�n�rale de la d�personnalisation...et de la peur qui courtise les t�n�bres, c'est sans doute la forme rev�t "la b�te immonde dans les entrailles de toute soci�t� sont f�condes ".

L'id�ologie officielle fonctionne comme "bu-berak" vis � vis des droits de l'homme, des libert�s publiques et personnelles, elle a tent� de les opposer les uns aux autres pour les diviser, les pervertir et les r�duire au rang de dialecte folklorique toujours en sursis, sous la tutelle d�finitive d'une langue du droit divin. "La Charte Nationale" a suffit que ces libert�s reprennent la parole pour se d�couvrir compl�mentaires, indissociables et parler le langage commun de l'alternative d�mocratique. Il y a dans la v�rit� la ferveur et la ma�trise de soi qui caract�risent Tafsut Imazighen, le contre-mod�le, la preuve contraire de la compagne organis�e autour de la Charte. C'est ce qui distingue la d�mocratie ascendante des pr�occupations populaires, de la "D�mocratie" descendante comme technique pl�biscitaire, c'est ce qui diff�rencie la libert� d'expression, du m�canisme des confessions publiques aux fins de la manipulation et de la r�cup�ration ! Tafsut Imazighen n'autorise plus � confondre: socialiser l'interrogatoire pour clore d�finitivement un d�bat et socialiser l'interrogation en permettant au peuple dans ses classes sociales et ses composantes culturelles diff�rentes, d'ouvrir un v�ritable d�bat d'opinion qui n'a jamais eu lieu...faute de toutes les libert�s qui constituent la substancedu droit � l'autod�termination.����������������������

La culture est affaire de langues diff�rentes qui doivent s'enrichir mutuellement pour f�conder et d�velopper les traditions et les valeurs nationales de conscience et d'intelligence.

La pens�e est affaire de logiques et de rationalit� diff�rentes. Ce n'est pas un hasard si les sciences math�matiques, les recherches cliniques, la po�sie et la musique r�ussissent � converger par dessus la forme et le prosa�que en perc�e historique vers cet univers d'harmonie et de sympathie illimit�e, d'entit�, d'identit� �ternelle et de rationalit� infinie qu'est la Culture.

Le Coran est vibrant d'�merveillement devant le moindre souffle de la vie et de la diversit� des peuples et des tribus voulues par Dieu. Le message d'adieu du Proph�te en condamnant la sup�riorit� raciale ou ethnique confirme cette �l�vation spirituelle.

Si l'autorit� appartient � ceux qui l'exercent effectivement et la propagande � ceux qui la commettent, la v�rit� elle, n'appartient � personne, ni � une langue, ni � une discipline en particulier, elle est plurielle car la vie est diversit� et pluralisme, et les probl�mes de soci�t� de plus en plus complexes, les solutions pour les r�soudre ne peuvent �tre que le fruit d'�changes, de recherches, de confrontation et d'argument de raison. L'intol�rance et le mensonge sont des preuves de faiblesse, ils produisent le fascisme quand ils font main basse sur les moyens d'information et de communication et veulent r�genter la vie intellectuelle, artistique et politique.

La r�flexion linguistique en dramatisant l'interrogation sur les conditions n�cessaires � l'�panouissement et au d�veloppement d'une culture d�mocratique, conduit au c�ur d'un projet de civilisation. Comme toutes les perc�es historiques, le printemps Kabyle est ainsi d�pass� par son propre projet.

C�est en ce sens que le rapport de l'Etat-Nation aux droits de l'homme, aux diff�rences ethno-culturelles � la nation et � la communaut� r�gionale et internationale est mis en question, partout � travers le monde. Du Cambodge au Salvador, du Chili � l'Afghanistan en passant par l'Afrique d�chir�e, que de printemps transform�s en cyclones ! Que d'autres en sursis et que d'hivers se veulent d�finitifs !

Les communaut�s victimes de la marginalisation politique �conomique et culturelle sont toutes porteuses de promesses ;

elles peuvent tenir parole parce que dot�es de m�moire. Cette m�moire qui m�me sans souvenir - � l'instar des rescap�s de la paix blanche et rouge des conquistadores et des kommissars - fonde la spiritualit� humaine, elle donne assise et consistance � la personnalit� qui transforme les �preuves en intuitions et les acquis en cr�ativit� - Un grand �crivain disait en substance: "Une m�moire de vraie culture est plus fonction de l'avenir que du pass�".

Qui mieux que la jeunesse peut comprendre que la m�moire n'est pas seulement se souvenir du pass� mais aussi ne pas oublier l'avenir pour se rappeler le pr�sent?

Aussi une culture d�mocratique requiert-elle une conscience parfaite et toujours pr�sente de l'id�e ma�tresse qui soutient la vis�e strat�gique du printemps berb�re: la paix civile et la non-violence. N'ayant aucun titre pour distribuer des titres, on ne saurait n�anmoins assez rendre hommage � tous ceux et � toutes celles qui ont su garder leur sang-froid et �viter le d�chirement au plus fort des provocations des incitations � la violence. Il y avait dans cette ma�trise de soi, l'espoir, l'intuition d'une solidarit� nationale. Le peuple alg�rien garde un patrimoine de bon sens et sa jeunesse foisonne de g�n�rosit� et de ferveur. Ils sauront briser les barri�res des pr�jug�s et de la haine cultiv�es par les int�r�ts en place. Le grand d�bat d'opinion qui est la gloire du printemps constitue aussi sa servitude. Il est condamn� � le poursuivre � l'�chelle nationale patiemment et avec la calme d�termination de convaincre pour vaincre.

La paix civile est une id�e r�volutionnaire � un triple point de vue.

D'abord, la paix peut favoriser l'accomplissement du processus de d�mocratisation, si d�risoire �tant donn� la marge laiss�e au combat d'opinions, cette marge ne peut s'�largir que dans la non-violence. L'humour, la po�sie, le bon sens, le souvenir d'une fraternit� sans pareille sauront conqu�rir d'autres espaces de libert� et de rencontre.

Le combat de l'opinion est un combat d'int�r�ts et de projets diff�rents; c'est ce qui fait la raison d��tre et le sens de toute vie politique - car il postule la totalit� de l'existence des citoyens. Une majorit� vraiment repr�sentative peut surgir de toutes ces rencontres qui mettra fin � la fracture interne de la nation ( parti unique )- sans avoir � se servir de b�quilles ou � supprimer l'adversaire pour s'imposer en alternative. Les traditions nationales de l'oralit� berb�rophones et arabophones gardent une m�moire qui tiendra ses promesses. Les troubles et les d�sordres sont toujours suscit�s ou invoqu�s par les forces du fascisme pour s'auto-l�gitimer l�ordre de droit divin.

Ensuite la paix est un droit fondamental de l'homme, de la femme et de l'enfant qui conditionne l'exercice et la promotion de tous les autres droits et libert�s fondamentales.

Qui a int�r�t � cr�er l'ins�curit�, � manipuler des fauteurs de provocations ? Ceux qui ont int�r�t � prolonger et � aggraver l'�tat larv� l�ins�curit� civile, politique, �conomique, sociale et culturelle.

Au temps ou les b�tes ne parlaient pas, ce n'est pas de l'histoire ancienne, c'est l'exp�rience v�cue des djema qui avaient � arbitrer des conflits d'honneurs ou a maintenir des �quilibres d�licats entre villages et douars. C'�tait le temps o� les brutes aussi n'avaient pas le droit � la parole ou le concept du pouvoir convoquait son arri�re-plan culturel:�� "hekm imanik ! hekm amcum ik " "ma�trise toi ! ma�trise ton trublion ! " Nous avons le souvenir des villages et des douars qui ont ma�tris� leurs irresponsables.

C'�tait la responsabilit� des djema de maintenir " l'Ufeq " qui veut dire � la fois paix et consensus librement �labor�. Elles en avaient le pouvoir. Aujourd'hui qu'elles n'ont plus de pouvoir...Les trublions se balladent, on ne peut les emp�cher de faire la loi du plus fort. La force des faibles r�side dans la ma�trise d'eux-m�mes et dans les rapports de soutien mutuelle et d'union qu'ils doivent tisser chaque jour.

Enfin il reste si peu de foyers de paix dans le monde encercl� par le d�ferlement fasciste que chaque mot, chaque geste, chaque initiative en faveur du dialogue, de la confrontation, et de la concorde nous parait un acte de patriotisme.

Paix et D�mocratisation sont les deux faces d'une m�me strat�gie qui doit arracher l'humanit� � son d�sarroi et lui permettre de rena�tre � elle-m�me pour construire sa culture, ses cultures.

Ait-Ahmed Hocine


"Faqu Tiqelayin"
vos pi�ges ne prennent plus

La lev�e en masse pacifique de la Kabylie digne de nos plus belles traditions historiques.

Ceux de la g�n�ration des "ann�es de braises" n'ont peut-�tre pas oubli� cette plaisanterie lanc�e par un "boudal " d'Ait-Ziri (qui feint la folie pour dire la sagesse) qui a fait boule de neige � travers la Kabylie comme un v�ritable cri de ralliement du patrimoine alg�rien.

D'abord prise de conscience des fictions, des slogans, et des mensonges dont us� et abus� l'�tat colonial pour camoufler l'exploitation, l'humiliation et la discrimination des indig�nes du 2�me coll�ge par les citoyens du 1er coll�ge.

Le " Faqu tiqelayin " fut un:

�� - Refus radical de la pratique de division incarn�e par le voyage en Kabylie du ministre de l'int�rieur socialiste Tixier, venu apr�s les massacre de mai 1945, annoncer un train de "r�formettes" dans la perspective de l'assimilation . Pourquoi la Kabylie ? Etait-ce l'enfant ch�ri du colonialisme, comme sugg�rent abondamment les plaintifs aux ordres ? La v�rit� est que le colonialisme n'avait peur ni des Oul�mas, ni de l'UDMA, ni du PCA mais du patriotisme r�volutionnaire implant� en Kabylie. Il voulait non pas diviser l'Alg�rie car notre r�gion n'�tait pas divisible, mais diviser les forces populaires r�duites � la mis�re et au silence en isolant la Kabylie et en bloquant la dynamique de nos soci�t� rurales. Les militants de la Kabylie n'ont pas attendu les ordres des chefs alg�rois, emp�tr�s dans leurs rivalit�s personnelles et de quartier pour organiser une r�ponse populaire sans pr�c�dent � la volont� coloniale de couler l'Alg�rie dans un monde de l'assimilation fond�e sur les rapports de domination.

Le " Faqu Tiqelayin " fut aussi:

�� - un projet radical de lutte de lib�ration qui passait par la d�nonciation des pi�ges r�formistes de Droite ou de Gauche (soubassements actuels des int�grismes de Droite ou de Gauche). L'Alg�rie � l'ONU ! Treize mendiants � Paris, non. C'�tait la contribution Kabyle � la conscience r�volutionnaire alg�rienne, � l'unit� - pas n'importe laquelle car Faqu tiqelayin s'adressait aux chantres de l'unit� dans l'indignit�.

�� - Contre les tartuffes de l'islam, gu�ris de leurs d�lires litt�raires par quelques jours de prison "bi layali ha" (avec leurs nuits ). Les Oulemas divisibles par la frousse et qui affirmaient que le peuple de " djouhala " ( d'ignorants ) ne m�ritait pas leur sacrifice, n'ont pas h�sit� � briser l'union sacr�e pour soutenir, apr�s l'amnistie des grands leaders nationalistes, la formidable campagne de d�moralisation organis�e par l'UDMA et la grosse bourgeoisie (en formation ) contre les " s�paratiste ".

�� - Contre les pi�ges de l'union auxquels conviaient les tartuffes du marxisme, du parti communiste alg�rien, complices de la grande terreur de 1945.

�� - Contre les tartuffes populistes de l'extr�misme arabo-islamique, messalistes et centralistes qui solidairement face aux Kabyles puis concurremment �rig�rent l'incons�quence, l'opportunisme et le caporalisme en principe politique.

Aussi les mensonges flagrants ont par omissions diffus�s aujourd'hui par les tenants de ces trois grandes familles politiques, dont le FLN �tait cens� avoir d�barrass� l'Alg�rie en 1962, ne peuvent cacher le r�le de bastion f�d�rateur des �nergies r�volutionnaires jou�s par la Kabylie � l��chelle de toute la nation. Aujourd'hui que ces "contre-�lites historiques" sont charg�es de fabriquer l'id�ologie du pouvoir, c'est � leur face que les alg�riens doivent jeter la politique coloniale de division, puisque le seul h�ritage empoisonn� de cette politique est le "berb�rophobie", le m�pris voir la haine du berb�re. Le pi�ge de l'unit� se prend plus puisque la Kabylie, non seulement fait �chouer les man�uvres de division mais elle a pu surmonter les vagues de berb�rophobie qui se sont empar�es de l'administration coloniale apr�s l'insurrection de 1871 et qui ont contamin�es les couches privil�gi�es alg�riennes candidates � la succession.

Dans la p�riode m�me des exp�ditions punitives contre les villages Kabyles ( 1947-1949) ou les patriotes �taient abattus par la milice ou bien pourchass�s par la police, l'organe officiel du Cheikh Taleb-El Ibrahimi, "Bassar", qui b�n�ficiait de tol�rance coloniale, revendiquait la suppression de la cha�ne Kabyle � la radio dans un article intitul� " Ma hadihi elura elati yuferfiruna biha " ( qu'est ce que ce jargon que l'on murmure ). Les militants Kabyles devaient r�sister � cette jonction des racismes � titre fran�ais et � titre indig�ne. Pour eux l'unit�, l'islam: c'est le langage de la vie, le combat lib�rateur, le djihad pour les dirigeants Oul�mas: c'est la vie du langage; le verbiage qui occulte les int�r�ts des castes et justifie toutes les trahisons. A beau mentir qui vient de loin. L'offensive berb�rophobe lanc�e par les dirigeants centralistes en 1949 n'avait pour but que d'isoler le bastion r�volutionnaire Kabyle. Il s'agissait d'une v�ritable diversion strat�gique qui, au nom de l'unit� arabo-islamique a acc�l�r� la double �volution r�formiste et fascisante du mouvement ind�pendantiste. La direction centrale d'abord, qui confondait d�j� d�lire de schizophr�ne avec les valeurs arabo-islamiques, trouva en Bellounis un auxiliaire de taille, qui apr�s avoir insult� les Berb�res, ne tardera pas � cesser du fellagha avec le grade de g�n�ral. Au cours d'une visite d'explication en Kabylie destin�e � combattre les Berb�ristes, un membre de cette direction eut le culot d'inviter les maquisards � la reddition car les "HLL" ( hors la loi ) pouvaient compromettre le Parti et sa grande strat�gie dessoubassements...Amar Cheikh le dira plus tard, stup�fait: "Sid Ali Abdelhamid a os� me demander de me rendre aux autorit�s, je comprend maintenant pourquoi ils veulent supprimer TAQBAYLIT ( le Kabyle)""Almi ttura ay zrih ayher bhan ad aksen taqbaylit " Taqbaylit qui un langage de la dignit�, du respect d'autrui et du patriotisme intraitable.

Mais l'histoire a ses ruses. Il y a le 1er novembre, le congr�s de la Soummam, l'accession de l'ind�pendance et 18 ans apr�s, le r�gne de la dictature, de la mis�re sociale et morale, de la d�sesp�rance politique, il y a aujourd'hui la lev�e en masse pacifique de la Kabylie. La Kabylie se retrouve � l'avant-garde du combat pour la d�moralisation des institutions �tatiques. Mais pour d�coloniser l'�tat, il faut d�coloniser la culture et d�coloniser l'histoire.

A ceux qui nous demandent de ne pas r�veiller de mauvais souvenirs et qui nous parlent d'unit�, nous disons justement: Parlons d'histoire, parlons d'unit� ! L'histoire se recommence. D'autant que les cat�gories petites bourgeoises d'hier pr�sident au monopole de l'Alg�rie d'aujourd'hui. Parlons d'unit� mais pas n'importe quelle unit� - Faq Tiqelayin - c'est pour cela que pour tous les alg�riensla lev�e en masse pacifique de la Kabylie signifiait � la Charte Nationale, au parti unique, � la langue unique: " vos pi�ges ne prennent plus ". Vos pi�ges ne prendront plus lorsqu'il n'y aura plus de Kabyle de service et lorsque toutes les autres r�gions d'Alg�rie auront r�unis � leur place des contre-�lites parasitaires qui agissent et s�vissent en leur nom.

L'Alternative D�mocratique pour laquelle se battent tant de jeunes alg�riens et alg�riennes de Kabylie et qui a soulev� des initiatives de solidarit� dans la capitale et diverses autres villes de notre pays est en train de prendre corps. La r�pression ne fera que renforcer et l'approfondir.

Hocine A�t-Ahmed

 

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