Document 6 : Un ambassadeur de
Venise explique, au début du XVIe siècle, comment le roi de France est considéré par ses sujets.
Le roi a bien plus de part qu'il en avait auparavant à la distribution des dignités ecclésiastiques; il nomme à 10 archevêchés, à 83 évêchés, à 527 abbayes et à un nombre infini de prieurés et de canonicats. Ce droit lui assure l'obéissance et la fidélité du clergé. (...)
Le roi de France est prince par droit naturel, puisque cette forme de gouvernement dure dans ce pays depuis mille ans. Il ne succède pas à la couronne par l'élection des peuples, aussi n'est-il pas forcé de briguer leur faveur. Il n'y arrive pas non plus par la force, ce qui le dispense d'être cruel et tyran. La succession royale est dévolue selon les lois de la nature du père au fils aîné, ou bien au plus proche parent à l'exclusion des enfants naturels ainsi que des femmes. Le royaume ne se divise pas et appartient à un seul...