JAY PEAK

Il semble que les skieurs soient très pressés d'amorcer leur descente, après être sortis du téléphérique à Jay Peak, car très peu lèvent les yeux au moment de mettre leurs skis. S'ils posaient ce geste, ils verraient une galerie qui donne accès à un magnifique condo. Seuls quelques privilégiés ont la chance d'y habiter, car on ne peut l'occuper que sur invitation seulement. Certains journalistes y ont accès de même que des célébrités. Alberto Tomba, médaillé olympique, et Pierre-Marc Johnson, ancien premier ministre du Québec, figurent parmi les heureux à avoir passé au moins une nuit dans ce nid d'aigle.

Quel hasard ou plutôt quelle chance nous permit de nous loger dans ce domaine des dieux? Eh bien, chaque année, l'espace d'une fin de semaine, Jean-Jacques Bégin, mon beau-frère, recevait les clés du condo de la niche du Tram, au sommet de Jay Peak. En cette fin de mars 1995, il nous avait invités, ma famille et moi ainsi que Marcel et Huguette, à partager l'expérience de passer une nuit, juchés au sommet de Jay Peak. Quelle expérience de vivre un coucher de soleil à 4,000 pieds d'altitude avec vue du Lac Champlain et du mont Washington!

À 9 h, ce samedi matin, nous arrivons à Jay Peak et c'est la montée des bagages et de la nourriture dans le téléphérique vers notre refuge . Deux chambres à coucher permettent à 6 personnes d'y coucher. Un grand salon avec divan-lit, une cuisine munie de tous les appareils électriques et une salle à manger nous promettent une merveilleuse fin de semaine. Sitôt nos bagages déposés dans le condo, nous sautons sur nos skis afin de dévaler les pentes de Jay Peak. Il fait très froid en cette fin de mars, mais le soleil est radieux. Après quelques remontées et descentes, le vent se met de la partie. Lorsque Isabelle et moi arrivons au pied de la pente, nous nous apercevons que le téléphérique n'est plus en fonction. Après quelques informations on nous apprend qu'il ne sera plus en opération car les vents sont trop violents. Pour nous deux, un gros problème se pose: comment remonté au condo? Deux options s'offraient à nous. La première était de prendre une autre remontée mécanique et de faire ensuite le dernier trajet à pieds (ou en bottines de ski). Pas très évident! L'autre option consistait à attendre la fermeture de la station vers 4:15hrs et de monter à bord d'une chenille à neige qui entretient les pistes. Wow! Quel feeling de monter au sommet de Jay Peak à bord de cet engin!

Vers 9 heures du soir, après un copieux repas durant lequel on en profita pour relater toutes les émotions vécues au cours de la journée, nous nous retrouvons à l'extérieur pour adminer la vue splendide qui s'offrait à nous. C'est magnifique le jour au soleil, mais la nuit avec les faisceaux lumineux de Montréal et les feux de la Rive-Sud c'est un spectacle saisissant qui s'offre à nous. Quelle sensation d'être à 4000 pieds d'altitude, en pleine noirceur et de n'avoir que le vent comme bruit! Et oui, il y en a eu du vent durant cette nuit, qui faisait craquer je ne sais trop quoi, mais c'était quand même surprenant de l'entendre souffler et de savoir que notre lit était presque dans le vide.


Après une bonne nuit de sommeil et un léger verre de jus d'orange, nous nous retrouvons déjà sur nos skis pour être les premiers à dévaler les pistes et arriver en bas au moment ou les skieurs attendent le téléphérique. Ils nous regardent comme si nous étions des extra-terrestres descendus du ciel. Car personne ne peut se douter qu'un condo existe au sommet et que des gens y passent la nuit .

Un copieux déjeûner préparé par Jean-Jacques nous attendait à notre retour en haut de la montagne. La journée fut moins ensoleillée que la veille mais le ski était à son meilleur. Quelle fin de semaine merveilleuse avons-nous passée grâce à notre bon ami et beau-frère Jean-Jacques, malheureusement décédé depuis octobre 1999.

 

 

 

Jean-Jacques (le 2ième à gauche).

Léger goûter avant de dévaler les pistes.

Nous voulions être les premiers à dévaler les pistes en ce dimanche matin de mars.

 

 

 

Suzy avec un spectacle époustouflant en arrière plan. Comme elle était au chalet quand le téléphérique s'est arrêté, elle n'est pas redescendue et en a profité pour jouer dehors.

 

 

 

Quelle beauté que ces arbres tous givrés!

 

 

 

Copieux déjeûner préparé par J-Jacques. Roma fait semblant d'avoir fait cuire les oeufs...

 

 

 

Photo d'Huguette et Suzy prise par Jean-Jacques par la fenêtre dans le chalet.

 

 

 

 

Roma ayant dû faire la dernière partie de la remontée à pied, car le téléphérique ne fonctionnait plus, est ici aidé par sa bru Suzy.

 

 

 

Que les pistes sont belles à Jay.

 

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