La guerre de cent ans n'aurait été, dit-on parfois qu'une longue querelle de famille,
mettant aux prises Valois et capétiens. Si ce n'est qu'en partie vrai, il
n'est pas inutile de rappeler que l'héritage en cause n'était autre que le trône
de France. Philippe IV le bel, petit-fils de Saint Louis, avait eu trois fils.
Louis X le hutin, Philippe V le Long et Charles IV le bel régnèrent tour à tour
mais n'eurent pas de descendance mâle. Isabelle, leur s&oeligur, avait épousé
le roi d'Angleterre, Édouard II. Pour éviter que la couronne de France ne passât
à Édouard III, on fit jouer le loi salique qui écartait les femmes du trône.
la couronne revint donc aux Valois, branche cadette des Capétiens. Mais Édouard
III chargea ses armes de fleurs de lis et déclara la guerre à celui qu'il appelait
le "prétendu" roi de France : Philippe VI de Valois. Les armées françaises
commencèrent à connaître de cuisants revers, notamment à Crécy en 1346 et Calais
en 1347.Jean le Bon, qui succéda à son père, ne fut pas plus heureux. Le roi d'Angleterre tenait la Normandie ; son fils Édouard, Prince de Galles, surnommé le Prince Noir à cause de la couleur de son armure, remontait de Bordeaux pour le rejoindre. Les cavaliers français, conduits par leur roi, connaissaient enfin la victoire : ils avaient repoussé les troupes du Prince Noir. Les Bordelais, les Gascons, les Navarrais, que le peuple intitulait tous Anglais, étaient cernés par les troupes royales. Déjà le Prince Édouard pensait à se rendre. Le roi, imprudent, fougueux, voulait une victoire par les armes. En 1356, il attaqua à Poitiers, alors qu'il lui suffisait d'attendre.... Malgré son courage, malgré les prouesses de son jeune fils, Philippe, qui gagna ce jour là son surnom de Hardi, Jean le Bon fut fait prisonnier. La lourde charge du Royaume retomba sur les frêles épaules d'un jeune homme de vingt ans : le dauphin Charles. Une trêve, ordonnée par le Pape, permit à la France de ne pas tomber entièrement sous la domination anglaise. le Dauphin devint régent d'un royaume occupé par les troupes ennemies, d'un royaume dévasté, pillé, ruiné... Mais tous n'acceptaient pas la défaite. Dans chaque région, de jeunes seigneurs suivirent l'exemple que Bertrand du Guesclin donnait en Bretagne. C'est ainsi que Thierry de Janville devint hors-la-loi et fit trembler l'ennemi sous le nom de Thierry la fronde... Il avait refusé de se soumettre, de livrer ses terres et son château. trahi par son intendant messire Florent, il réussit à s'évader, se réfugia dans la forêt de Sologne que les marécages rendaient impénétrables. Bientôt des compagnons se groupèrent autour de lui. Secrètement aidés par les villageois, habilement renseignés par Isabelle, le tendre amie du jeune héros, Thierry et ses compagnons menèrent la guerre à leur façon. et les Anglais apprirent à redouter ces hors-la-loi insaisissables dont le petit nombre était, avec le courage, la plus grande qualité. |