Les poèmes oubliés
Aveugle était le jour, aveugle était la nuit ;
J'ai marché, sombre esprit venu du sombre oubli,
Sur ce chemin de rêve que l'on appelle la vie.
Les jours qui passent ; éclairs dans la nuit noire
De la noire destinée ; le printemps d'un beau soir
Puis les fleurs qui se fanent et l'amour qui se meurt
Et au fond de mon cur cette innommable douleur
Flamme de l'enfer qui brûle mon printemps.
Je vais rester ici sur le pas de ta porte ;
Je verrais à l'automne tomber les feuilles mortes
Après que tout l'été soit passé en silence
Et quand viendra l'hiver et sa noire tristesse
Et son froid et son deuil, quand il étendra
Sur mon âme mourante son linceul glacé
Je la réchaufferai sur les charbons ardents
De ton beau souvenir.
Je vais rester ici sur le pas de ta porte
..
"J'ai cueilli cette fleur pour toi ma bien aimée"
Dans le jardin fleuri que ta main a semé.
Elle est triste et le temps a changé ses couleurs
En la berçant longtemps dans les bras du malheur.
Ce n'est point une épine de mon cur arrachée
Ce n'est point une larme de mes yeux desséchés
Ce n'est point le cri que l'on jette à la nuit
Avant de sombrer dans l'éternel oubli.
Non! C'est la foi infinie diffusée par l'aurore
Qui éclaire ton front et que mon cur adore.
C'est ainsi que j'ai lu, dans le ciel étoilé
De tes yeux envoûtants, le livre dévoilé
De l'énigme de la vie, du bonheur et du temps.
Je l'ai vu seulement pendant quelques instants
Mais j'ai senti naître en moi une vérité
Que je pourrais décrire durant l'éternité.
Dans ses yeux merveilleux scintillaient les étoiles de l'univers entier.