Les Chroniques Maritimes du Bas St-laurent.
M130/25 Pages 2773-2784 P. Gauvreau |
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No. 4917 5 novembre 1853 Protêt
par M. Calixte Fournier & autres de la barque Rimouski naufragée, &.
Minute
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| Aujourd'hui le cinquième jour du mois de
novembre dans l'année de Notre Seigneur mil huit cent cinquante trois et dans la
dix septième année du Règne de Sa Majesté la Reine Victoria vers six heures après
midi.
Pardevant les Notaires Publics soussignés, duëment admis et
assermentés pour cette partie de la Province du Canada, appelée ci devant la Bas
Canada, et le ci devant District de Québec et présentement en le District de
Kamouraska de Saint Germain en le Comté de Rimouski.
Sont comparus personnellement Calixte Fournier, maître commandant,
Hilaire Arseneau, second maître & François Xavier l'Agneau dit Laprise, matelot
& ouvrier de la barque à trois mâts nommée Rimouski du port de Québec,
jaugeant deux cent dix tonneaux, maintenant à terre au bords de Rimouski, le
premier et dernier nommés demeurant en la paroisse de Saint Germain susdite et
le second nommé demeurant en la paroisse de Sainte Cécile du Bic, en le susdit Comté de Rimouski.
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Et la dite barque nommée Rimouski, appartenant à
Joseph Charles Taché, Ecuier, médecin & Membre du Parlement pour la Province
du Canada et demeurant en la paroisse de Saint Germain.
Lesquels dits maître, second et matelot susnommés, après serment
duëment prêté sur les Saints Évangiles es mains de Mtre. P. Gauvreau, l'un des
notaires soussignés, nous ont dit, déclaré & affirmé que la dite barque
étant bien équipée de voiles, câbles ou chaînes de fer avec
compas, et avec toutes sortes de gréement généralement quelconques & manoeuvres
généralement quelconques pour naviguer à la mer, que le dit bateau
était parti de la Pointe Levis dans et vis-à-vis le hâvre de Québec le premier
jour du mois d'octobre dernier pour descendre à Berthier dans le Comté de
Bellechasse où elle aurait commencé à prendre une charge de bois carré
appartenant à François Bouly, Ecuier, constructeur de le troisième jour du
dit mois d'octobre dernier, à prendre un chargement de bois carré
pour François Boily, Ecuier, de
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| Québec, constructeur de Québec, consistant en
deux cent soixante deux pièces de bois pour le quai de Rimouski,
maintenant en construction pour le Gouvernement de cette Province du Canada.
Que le dix septième jour d'octobre dernier, ayant complété
le dit chargement, la dite barque aurait fait voile
pour Rimouski avec un vent favorable de ouest, que le
dix neuf du même mois de grand matin, la dite barque
aurait mouillé au bas de l'Isle de St. Barnabé au devant de
Rimouski & au sudouest du dit quai. Que le vingt un du
même mois une partie du chargement de la dite barque
a été déchargé, aussi que le lendemain et de même le
lundi vingt quatrième jour du dit mois d'octobre, jusqu'au
soir étant mouillée alors à treize pieds d'eau à marée basse,
un peu au dessus du dit quai. Que vers dix | |
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| heures du soir, le vent était
à l'est nordest, a continué d'augmenter jusque vers minuit
avec une épaisse neige qui a continué jusqu'à trois
heures du matin, le vingt cinquième jour d'octobre dernier
que le temps s'est éclaircié que depuis un peu après minuit
la mer était devenu bien grosse, la dite barque a chaviré
environ dix .... sur son deuxième ancre de tribord qui aurait entre
quatre vingt dix à cent brasses de câble ou chaîne dehors.
Que depuis deux heures à quatre heures du matin, la dite barque
a frappé sur le sable & qu'à cinq heures du matin, le vent a changé et
s'est mis au sudest et à six heures du matin, la
mer étant toute haute, les comparants craignaient de briser
les fonds de la dite barque à marée basse. Le vent & le mer
étaient furieux & ne pouvaient lever l'ancre qui était dehors
avec toute sa chaîne, ont crû prudent de filer le câble pour
mettre la dite barque à terre en dedans de St. Barnabé sur un bon
fond, qu'au même moment le vent s'étant changé au sud, les comparants ont
mouillé la dite barque
à deux brasses & demi
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| d'eau sur le premier ancre du côté de bâbord
près de la pointe est de St. Barnabé dans le meilleur mouillage
pour les vent d'en haut sur la dite barque a tenu jusqu'à neuf
ou dix heures du matin, qu'alors le vent s'est mis au sudouest
une véritable tourmente qui a augmenté et a fait chasser &
dériver la dite barque. A dix heures du matin, le dit vingt cinq
octobre, continuant à chasser de temps en temps la distance d'un
mille & demi ou environ, que vers trois heures & demi après midi
par la violence du vent & la grosseur de la mer, le mât de
hune du mât de devant a cassé au dessus de la grande hune ce
qui forçait d'avantage la dite barque par le balancement & gré
des voiles et des que ..... gréements de haut du dit mât du
hune aussi cassé & suspendu, ce qui exposait la vie des employés
à bord.
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| Que vers cinq heures après midi l'orage augmentant toujours,
la nuit arrivait, la barque dérivant sur la pointe sudouest de
la Pointe au Père et les comparants craignant pour leur vie &
celle des autres employés à bord ont filé le câble par le bout environ
soixante brasses & la dite barque ne pouvant gouverner
parce que ses ferrures du haut & du milieu du gouvernail étaient
déclouées, ont venu à terre au devant de chez Hilaire Ruest
au sud du hâvre St. Laurent et à trois quarts de lieue plus bas
que le dit quai de Rimouski et à pareille distance au sudouest de
le Pointe au Père où les comparants et autres employés à bord
ont réussi a se sauver à terre avec la chaloupe pleine d'eau.
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| Que le vingt six du dit mois d'octobre, les comparants avec
les autres employés sont retournes à bord à marée basse
et ont mis à terre un ancre de cage, le seul qui restait à bord, avec
trente brasses dehors en amont de la dite barque et quarante brasses
aussi d'amarrer en arrière, arrêté par une grosse roche, que le
vingt sept du même mois, une partie des pièces de bois carrées qui
étaient à bord de la dite barque a été déchargée et que le lendemain,
vingt huit octobre, le reste de la charge a été mis à terre.
Que la dite barque est considérée comme totalement naufragée
suivant le rapport de l'examen (survey) d'icelle fait par des charpentiers
pardevant les Notaires soussignés à Rimouski le trente unième
jour du dit mois d'octobre dernier.
Que le deuxième jour du présent mois de novembre,
les mâts d'hune carrés ont été dégagés de leurs voiles, cordages &.
gréement & mis à l'abri à bord. Que le trois même mois fesant
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même mois fesant mauvais temps & froid, rien n'a
pu être fait à bord et que le quatre courant le reste des
voiles, cordages & gréements à bord ont mis à été mis à
terre & hangarés dans la maison du dit Hilaire Ruest.
Tous lesquels allégués les dits comparants disent et déclarent
sous le serment qu'ils ont prêté être vrai et que le naufrage de la
dite barque est arrivé par la force et violence des vent et de
la mer et non par la faute du dit maître, second ou autres
employés à bord de la dite barque.
C'est pourquoi les comparants ont protesté & ces présentes
protestent pour tous les frais, dépens, dommages et intérêts
tant soufferts qu'à souffrir en conséquence du naufrage de la
dite barque arrivé par la force et la violence des vents &
de la
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| mer et du furieux orage du dit vingt cinquième
jour d'octobre dernier tel que ci devant expliqué.
De tout ce que dessus les susdits comparants ont requis
et demandé acte authentique aux dits Notaires soussignés
pour savoir & valoir en loi & équité ce que à toute
personne ou personnes à qu'il appartiendra et qui pourra ou
pouvant y être en aucune manière concernées.
Dont acte. Fait, dressé & passé
en la dite paroisse de Saint Germain de Rimouski en l'étude de Mtre.
P. Gauvreau, l'un des Notaries soussignés ou les dits comparants
se sont (sous le numéro quatre mille neuf cent dix sept) où les
dits comparants se sont exprès transportés pour l'effet
des présentes, et après que lue notification en a eu été faite par le dit Calixte Fournier,
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Page 10. |
| maître, par acte
authentique passé pardevant les dits Notaires soussignés le vingt
six du mois d'octobre dernier.
Le jour, mois et an susdits, requis de signer, le dit Hilaire
Arsenault, l'un des comparants ayant déclaré ne le savoir
a fait sa marque ordinaire d'une croix et les deux autres comparants
fait avec nous dits Notaires tant sur la présente minute qui demeure
de record en l'étude susdite, que sur deux copies de même forme et
tenure, après lecture faite le tout suivant la loi. Un renvoi bon.
Trente cinq mots biffés nuls. | |
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