Les Chroniques Maritimes du Bas St-laurent.

M130/45 Pages 1835-1839 Martin Octave

  No. 768. 15 octobre 1866. Protêt

Province de Québec
District de Rimouski.
         
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Calafard, Alexis Marin, matelot; Tizano, Joseph, charpentier,       L'an mil huit cent soixante six, le quinzième jour du mois d'octobre, après midi.
    Par cet instrument public de déclaration et protêt:
    Qu'il soit connu et manifeste a tous ceux que ces présentes verront ou a tous ceux qui y seront concernés, que le quinzième jour du courant, comparurent devant moi, Magistrat, résidant en la paroisse de St. Octave de Métis, en le Comté de Rimouski en le dite Province du Canada, Jean Pierre Gassin, capitaine, # Pierre Moutte, second, du trois mats Français, Laurel de Marseille, jaugeant actuellement échoué sur la pointe du Petit Métis.
 
 


*



Calafard et Tizano
      Lesquels en conséquence du présent protêt noté par le dit capitaine au bureau du Magistrat soussigné, le treize du courant, contre les périls de la mer et de la navigation, les dits Gassin, * Moutte, après avoir été duement assermentés sur les Saints Evengiles, par moi, dit Magistrat, affirment, déclarent, protestent et disent:
    Que le dit navire Laurel, étant solide, étanche, suffisamment équipé et pourvu de toutes choses utiles et nécessaires, est parti de Québec, Canada, le dix octobre mil huit cent soixante six, allant à Marseille en France avec un chargement de bois de construction et de douilles, et équipé de vingt-un hommes tout compris.
 
  # Il est dit dans la rapport que le capitaine est ........ ne fait le lendemain son compas magnétique ....... naufrage.      Parti de Québec # le 10 octobre 1866 à six heures du matin, a la remorque d'un vapeur qui m'a conduit jusqu'au Bic, allant à Marseille, avec un chargement de bois de construction et de douilles."
    "J'ai quitté le vapeur et le pilote a la station de Biquette, calme et faible brise variable est nord-est et nord, le soir 11 octobre à trois heures de l'après midi. Toute le nuit j'ai louvoyé en vue des feux. La 12 octobre au jour, j'étais a l'extréme limite de celui de la Pointe des Pères, la terre sud de la riviere me restant a une distance de 10 milles. A 8 heures, je fesais gouverner à l'est au nord-est sans arriver, petite brise de nord et je me disposais a faire mettre des bonnettes quand elle a molli insensiblement et me fesait porter très-juste à l'est par nord-est et est 1/2 nord, le temps est devenu brumeux. A midi, j'avais la terre de la Pointe aux Snelles restant au sud, distance 8 milles. Vers les deux heures et demi, presque calme, gouvernant a peine, j'entendu tout à coup le bruit des brisants. Je me précipité a la sonde et quel est mon étonnement de me trouver que six brasses d'eau, me fesant au moins à 10 milles de la côte. J'ai essayé aussitôt de mettre le cap au large en amenant un canot et le fesait nager bâbord avant, la houle m'abattait toujours le navire, j'essayais aussitôt de la faire virer par l'arrière, mais en ce moment, je me suis aperçu par la sonde que nous touchions au milieu du navire, nous étions a pivot sur une ligne de roches voyant ce la, j'ai fait mouiller aussitôt l'ancre de bâbord qui me restait au large, carqué les voiles et élonger vivement un ancre agée avec une longue aussière par bâbord en allant arrière, mais malheureusement, la marée descendant, et tous mes efforts soit par les voiles, soit par les amarres, ont été inutile. Le navire déjaugeait a vue d'oeil et s'inclinait en donnant de fortes secousses accompagnées de craquements. J'airas semblé mon équipage, je leur ai faire voir la position ou nous etions et les dangers qu'il y avait pour le navire et le personnel lorsqu'il aurait déjaugé de 10 pieds sur tout s'il s'élevait de la brise. D'un commun accord, nous avons décidé sans abandonner le navire de prendre les mesures nécessaires dans en pareille circonstance, pour sauver les effets et tout en qui appartient au navire s'il est possible. Mon second est descendu à terre avec les trois quarts des hommes de l'équipage et les effets de tous, de mon côté, je suis resté le long du bord avec un canot bien armé. Quand le navire a été ouvert et plein d'eau, il s'est assis sur son côté, aussitôt nous avons monté tout l'équipage a bord et avons procédé au sauvetage de voiles, gréement et provisions. En foi de quoi j'ai fait le présent rapport exact et véritable pour servir au besoins ce que de droit.
    Pointe de Petit Métis, le 13 octobre, 1866.
          (Signé, Le Capitaine du Laurel)
 
      Gassin  
  Pierre Moutte ........    
      Altière Joseph Tizano       Calafard  
 
 
            Et les dits comparants affirment, déclarent, protestent et disent, que les avaries, pertes et dommages du dit Laurel ou sont ........ dû ou occasionnés, en aucune manière que ce soit, par la négligence, l'incapacité ou le mauvais voulait des officiers du dit navire, ni aux hommes de l'équipage, mais seulement par les causes en-haut mentionné et que pendant le voyage, les comparants ainsi que le reste des hommes de l'équipage ont constamment apartés tous les soins d'usage pour préserver le dit navire et sa cargaison, des pertes et des dangers de la mer et de la navigation.
    C'est pourquoi, afin que ces présentes avait plein force et effet, nous, dit Magistrat, a la réquisition de dit capitaine Gassin y de ses officiers soussignés, avons protesté solennellement, contre toute personne ou personnes que ces présentes intéressent ou qui y sont concernés et déclarons que les pertes et avaries et dommages soufferts et a souffrir par le dit navire doivent être supportés par le propriétaire ou toutes autres personnes y concernés ou qui ces présentes intéressent, le tout étant arrivé comme il est dit plus haut et non pas par l'insuffisance du navire ni par le négligence du capitaine, des officiers et matelots.
    Fait, passé, protesté et asserment‚ en la dite paroisse de St. Octave de Métis, en la demeure de D. Ferguson, écuier, les jour et an susdits, sous le numéro sept cent soixante sept.
    En foi de quoi les dits comparants ont signé ces présentes, en ma présence, après lecteur faite.
 
      Gassin  
    Moutte sa
Joseph x Tizano
marque
Calafard
 
           
 

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G.R. Bossé©1998-07. Confectionné:
25 avril, 2001.
Mise-à-jour:
18 fev. 2007.

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