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Dictons
et croyances du temps des sucres
Autrefois,
dès que les premiers soleils réveillaient la sève des érables,
c'est la famille au grand complet qui se mettait à l'oeuvre. Le
temps était venu, trois semaines après la tempête du nordet,
de s'appareiller pour les sucres. Cette période coïncidait
avec le réveil des siffleux et des ours, l'arrivée des
corneilles et le gonflement des ruisseaux.

Une
multitude de signes se rapportant au temps des sucres relèvent
de phénomènes naturels qui, de tout temps, ont été interprétés.
Les vieux sucriers prenaient le temps d'observer les phases de
la lune, la direction des vents, la crue des eaux, la quantité
de neige tombée l'hiver... Le comportement des astres, de la
faune et de la flore semblent être autant de facteurs
susceptibles d'influencer la durée de la saison et la qualité
de la sève. Ainsi, les premiers cris des corneilles annoncent
l'arrivée du temps des sucres, mais lorsqu'on entend celui des
outardes sillonner le ciel, ou lorsque la neige ressemble à du
gros sel, c'est que la coulée tire à sa fin. Il paraît que
lorsque les plaines coulent beaucoup, c'est signe d'un gros
printemps; et quand la neige tombe mouilleuse et épaisse, c'est
une bordée de sucre...
L'apparition
de l'oiseau de sucre détermine que le temps est venu
d'entailler, tandis que les papillons de sucre noyés dans les
chaudières, de même que le pic-bois qui picore les chaudières
des érables ainsi que les tuyaux de la cabane, annoncent la fin
de la coulée.

C'est
quand la Grande Ourse devient plate à l'horizon que le temps
des sucres arrive. Et, selon les sucriers beaucerons:
"Quand on entaille les érables dans le croissant de la
lune, Ha coule beaucoup plus, mais si Ha coule trop vite au
moment de l'entaille, Ha ne coulera pas longtemps." On
raconte que si l'arbre a beaucoup de feuilles durant l'été et
si les mois d'août et de septembre sont particulièrement beaux
et ensoleillés, il est probable que, le printemps suivant, la
saison des sucres sera meilleure... On dit aussi que s'il y a 5
dimanches en février, c'est que le temps des sucres avancera
d'un mois; que Pâques commence les sucres ou les finit; que
dans les sucreries qui penchent au soleil du midi on commence
les sucres quinze jours plus tôt; et que, le temps est venu de
cabaner lorsque la débâcle est arrivée...
Les
croyances continuent de courir, les conteurs de conter et
heureusement, les érables de couler à chaque printemps,
faisant ainsi la joie des plus petits comme des plus grands.
Références
sur le web.

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