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Geneviève Jeanson |
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Vélo mag Printemps 2000

En octobre dernier, aux championnats mondiaux juniors disputés en Iltalie, Geneviève Jeanson a remporté deux médailles d'or. La double championne de 18 ans a causé tout un émoi. Un véritable ouragan médiatique : première page du Journal de Montréal, personnalité de la semaine au quotidien La Presse, passage remarqué au Point avec Stéphan Bureau, présentation au Centre Molson, sans compter les honneurs récoltés aux galas de l'Association cycliste canadienne (ACC) et de la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC). Jeanson est partout. On découvre aussi son ange gardien, son coach, André Aubut.
Sur sa lancée, le duo Jeanson-Aubut demande à l'ACC de permettre à la Lachinoise d'intégrer, sans passer par le processus habituel, le pool d'athlètes (les Québécoises Lyne Bessette et Annie Gariépy, Clara Hughes, Linda Jackson et Alison Sydor) pré-sélectionné pour les Jeux olympiques de Sydney. Quelques échanges belliqueux, alimentés par certains médias, entre Pierre Hutsebaut, le directeur national des programmes nationaux d'entraînement à l'ACC, et le duo Jeanson-Aubut pimentent cette petite histoire. Finalement, la tempête (!) s'estompe. Les critères de l'Association olympique canadienne (AOC) sont clairs. Jeanson doit obtenir des résultats au niveau senior si elle veut participer aux Jeux de Sydney. Fin du premier épisode.
La vraie histoire
Été 1999. J'assiste à beaucoup de courses cyclistes. Partout où je vais, on parle de Geneviève Jeanson, de ses performances (championnats canadiens, ascension du mont Washington, etc.). Tout le milieu cycliste a la même opinion. « Elle a tout un caractère, cette Jeanson. Pour qui elle se prend ? Pis son coach ? Tu connais pas son coach... Un vrai fou. Il l'entraîne comme un gars ! Pis on n'a plus le droit de l'approcher sans passer par lui. » J'insiste. TOUT le milieu cycliste a la même opinion. Les dirigeants des associations cyclistes, les entraîneurs, les accompagnateurs, les coureurs. Bref, le duo ne fait pas partie de la gang. Et surtout, elle n'est pas entraînée par l'un des gourous qui trône dans le milieu. Malheureusement (!), le duo gagne. Et ça, c'est grave. Il gagne MALGRÉ le milieu.
Ce n'est pas sans me rappeler l'histoire de la Québécoise Geneviève Brunet que j'ai suivie au milieu des années 1980. Exilée aux États-Unis, Brunet connaît beaucoup de succès. Elle a du caractère, du chien et des démêlés fréquents avec les dirigeants de l'ACC. Elle aussi ne fait pas partie de la gang. Son accession à l'équipe olympique en 1988 est plutôt difficile. Ça ne l'empêche pas de terminer 4e à la course sur route de Séoul. À ce jour, c'est encore le meilleur résultat d'une cycliste canadienne sur la route aux Jeux olympiques.
Le duo Jeanson- Aubut - vous aurez compris que le succès de l'un est aussi celui de l'autre - n'est pas au bout de ses peines. Les prophètes de malheur n'attendent que le faux pas, la contre- performance, la moindre défaillance pour entonner en choeur : « On vous l'avait dit ! »
Savez quoi ? J'suis pas sûr que les vautours auront l'occasion de prononcer très souvent « la » phrase. La gamine, comme la surnomme affectueusement Pierre Foglia, va la gagner sa place dans l'équipe olympique. Au contre-la-montre individuel, même si elle va affronter de grosses pointures, Jeanson pourrait faire un tabac. Sur route ? Je ne suis pas sûr qu'elle gagnera sa place dans l'équipe d'autant plus que le circuit routier, sans difficultés majeures, n'est pas à son avantage.
Mais surveillez-la bien, le 28 mai, lors de la présentation de la Coupe du monde féminine sur le mont Royal à Montréal. Une épreuve qui compte pour la sélection des athlètes féminins aux Jeux de Sydney. Vous serez les premiers à reconnaître «qu'on vous l'avait dit».
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Cette page du site www de Geneviève Jeanson (une section de VÉLOPTIMUM), a été mise en ligne le 4 mars 2000 par