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Mini-entrevue avril 2002

En avril 2002, Geneviève Jeanson s'est prêtée à une entrevue avec RONA, question de permettre aux visiteurs du site de mieux la connaître. Voici la transcription de cette rencontre téléphonique en 15 questions.

RONA : Geneviève, comment l'Équipe RONA a-t-elle changé ta façon de vivre les compétitions cyclistes?

G. J. : C'est moins stressant et ça me permet de moins me fatiguer en course. Je peux conserver mon énergie pour m'échapper au bon moment pendant que les filles fatiguent le peloton. Le même effort me permet d'aller plus loin qu'avant. C'est aussi beaucoup plus agréable de pouvoir s'entraîner ensemble, de partager la tension d'avant-course et aussi de se retrouver après une épreuve pour échanger nos impressions.

RONA : Non seulement le calibre de la nouvelle formation est-il plus élevé mais il semble y avoir aussi une meilleure synergie entre les membres. Comme l'expliques-tu?

G.J. : Je ne sais pas. Je pense qu'on est juste huit filles qui s'entendent super bien. Il faut dire qu'avec Amy, Manon et Melissa, on avait déjà une bonne base. Ça nous sert mais en même temps, l'équipe est assez jeune pour que les nouvelles n'aient pas de difficulté à s'intégrer.

RONA :De la fin août jusqu'au début janvier, ta tendinite t'a empêchée de monter en selle. Est-ce que tu en as souffert ou si tu en as profité?

G. J. : Les deux. Le vélo m'a beaucoup manqué et j'enrageais de perdre la forme. Mais en même temps, j'avais beaucoup plus de liberté. Ça m'a donné l'occasion de faire plein de petites choses que je n'ai pas l'habitude de pouvoir me permettre.

RONA : Est-ce que ça t'arrive de temps à autre de ne rien faire du tout, de végéter devant la télé?

G. J. : C'est pas mal dur pour moi. J'ai beaucoup de misère à être bien à ne rien faire. Sauf si je viens de finir une compétition difficile et que je suis très contente de moi. Là, j'ai le sentiment d'avoir mérité de m'arrêter. Autrement, on dirait que je ne peux pas vraiment en profiter.

RONA : Penses-tu que l'équipe Saturn va vous donner beaucoup de fil à retordre cette année?

G.J. : C'est sûr! Ils ont une très grosse équipe cette année et ils se méfient aussi beaucoup de nous. On est très surveillées. C'est un peu dommage, d'une certaine façon, parce que beaucoup d'équipes sont tombées ou sont en restructuration, alors il ne reste pas beaucoup de formations très fortes. En ce moment, l'action des courses sur le circuit nord-américain se résume un peu à l'affrontement Saturn/RONA. J'ai hâte de voir les meilleures filles mieux entourées. Ça variera un peu le déroulement des épreuves.

RONA : As-tu pris une décision en ce qui concerne les Jeux olympiques d'Athènes?

G.J. : Ah oui! C'est clair que je vais faire tout ce que je peux pour y aller!

RONA : Prévois-tu te préparer différemment à ces deuxièmes olympiques?

G.J. : Hmmm. Je pense mieux réussir tout simplement parce que je serai plus expérimentée, donc plus détendue. Mais je n'ai pas de regrets pour Sydney. J'ai fait de mon mieux. J'étais bien préparée, bien entraînée. Mais ça faisait beaucoup en même temps. La saison avait été extrêmement exigeante : les épreuves de sélection, la coupe du monde de Montréal, le mont Washington, la signature de l'entente avec RONA. J'étais comme épuisée physiquement, mais aussi mentalement. Si je fais quelque chose de différent, ce sera d'essayer de ménager mes forces avant les jeux.

RONA : Sur le plan personnel maintenant, dis-moi Geneviève, penses-tu que la détermination dont tu fais preuve te vient de tes parents?

G.J. : Mes parents sont tous les deux très têtus. Ma mère est très persévérante. Devant un obstacle, elle garde son calme, mais elle ne lâche pas. Je dois dire qu'elle arrive pas mal toujours à ses fins. Mon père est plus prompt, plus incendiaire. Il travaille très fort mais quand ça va mal, il tempête! Au fond, je pense que je tiens de l'un et de l'autre.

RONA : Avec une mère diététicienne, tu dois faire très attention à ton alimentation. Quels sont les grands principes que tu appliques au quotidien?

G.J. : C'est rien de compliqué. J'évite le sucre et le gras. Pas de desserts, pas de cochonneries.

RONA : Est-ce que tu manges beaucoup de fruits et légumes?

G.J. : Oui, mais je n'en fais pas une obsession.

RONA : Est-ce que tu surveilles ta consommation d'hydrates de carbone?

G.J. : Pas du tout!

RONA : Et côté cœur, que se passe-t-il? As-tu un petit ami?

G.J. : Je n'ai pas le temps!

RONA : Alors qui sont les gens dont tu es le plus proche en ce moment?

G.J. : En ce moment, je passe beaucoup de temps avec André. Il est devenu mon meilleur ami. Mais je me suis aussi fait un ami, un gars qui habite près de l'endroit où nous sommes installés en Arizona. Il s'appelle Jonathan et il est photographe.

RONA : Est-ce que tu imagines parfois ce que seront ta vie et ta carrière après le vélo?

G.J. : Pas vraiment. Je suis tellement concentrée sur ce qui se passe que je ne pense pas vraiment à autre chose. J'ai de la difficulté à me projeter plus loin. Mais ça m'arrive de rêver que j'exploite mon propre restaurant italien. Welcome hydrates de carbone!

RONA : Et tes études?

G.J. : Je prends une pause pour l'instant. Il y a des hivers où je prends des cours par correspondance mais, en ce moment, ma carrière m'absorbe trop. J'ai bien l'intention de terminer mon DEC en administration par contre. Je serai juste un peu plus vieille que la moyenne des finissants!

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