Vous avez intérêt à connaître une série de questions pièges typique de l'oral.
1) les territoires perdus par l'Allemagne.
Il y en deux séries.
Une première série est perdue en 1918 lors du Traité de Versailles: l'Alsace et la Lorraine, deux cantons belges (Eupen et Malmédy, à la frontière entre Aix la Chapelle et Liège); le nord du Schleswig, annexé par le danemark après un référendum; le Warttherland (c'es à dire la région de Poznan et le corridor de Dantzig, par lequel la Pologne de 1918 débouchait sur la mer; l'est de la Haute Silésie, annexé à la Pologne après référendum (c'est la région de Katowice); enfin les villes portuaires de Dantzig et Memel sur la Baltique (Memel se trouve aujourd'hui en Lithuanie) alors confiées à la SDN.
La deuxième série, ce sont les pertes de 1946, quand le traité de Potsdam va entériner des pertes sèches de facto ou de jure. De jure, l'Allemagne perd les annexions "légales" de Hitler, obtenues avec notre lâche bénédiction: l'Autriche est détachée de l'Allemagne, les Sudètes sont rendues à la Tchécoslovaquie; de facto, les territoires orientaux situés à l'est de la ligne formée par les rivières Oder et Neisse sont remis à la Pologne ou la Russie: la Pologne obtient la Silésie (Breslau), la Poméranie (Stettin) la ville de Dantzig et le sud de la Prusse Orientale. La Russie obtient le nord de la Prusse orientale avec la ville de Königsberg, et ce territore dit du "triangle de Kaliningrad" lui appartient toujours, quoique le territoire de la Lituanie et de la Belarus l'isole du reste de la Fédération. La Lithuanie obtient la ville de Memel. Une précision: les territoires obtenus par la Pologne sot une compensation au glissement vers l'ouest qu'opèrent à la même époque les républiques de l'URSS, qui amène la frontière soviétique au niveau approximatif de la "ligne Curzon", frontière proposée en 1918 pour une "petite" Pologne. La Lithuanie hérite alors de la région de Wilna (Vilnius), la Belarus de celle de Pinsk, l'Ukraine surtout de celle de Lemberg (Aujourd'hui Lvov).
Ces partages sont à chaque fois douloureux ou dangereux. En 1918, plusieurs millions d'Allemands se retrouvent sous l'autorité polonaise, ce qu'Hitler exploitera sans merci. En 1945, près de 5 millions d'Allemands et 3 millions de Polonais sont déplacés. A la différence de 1918, rare sont les Allemands qui pourront continuer à vivre dans ces territoire perdus. Dns les Sudètes, la Silésie, la Poméranie, ils quittent leurs maisons en catastrophe. L'évacuation de Stettin, vidée deses 300 000 habitants en 48 heures à l'été 1945, est un épisode pas très glorieux et peu connu de cette époque. L'Allemagne n'a admis la ligne Oder-Neisse qu'en 1990. Mais il faut savoir que les Polonais de Lvov ont également dû faire leurs bagages assez vite. Cela a laissé un contentieux vec l'Ukraine.
2) les charcutages de l'Europe centrale.
C'est un merdier effroyable dont nous ne sommes, comme vous le savez, pas sortis. Tachons de faire le tri.
Les premiers ennuis remontent aux Guerres balkaniques mais c'est antérieur au champ du programme. Qu'il vous suffise de savoir que la constitution de la Serbie, de la Roumanie, et dans une moindre mesure de la Bulgarie et de la Grèce ouvrait la boite de Pandore à des réclamations irrédentes de la part de ces peuples vis à vis de l'empire autro-hongrois. Sous l'effet conjugué de la "doctrine Wilson" (du nom du président américain) et des calculs français (isoler l'allemagne à tout prix), le sort de l'empire des Habsbourg, dénoncé comme une "prison des peuples" fut scellé lors des partages de Versailles et Trianon. En 1918, La Serbie récupéra le territoire austro-hongrois à majorité serbes de Voivodine, et, avec la Croatie et la Slovénie, formait le royaume de Yougoslavie. La Bohême, la Moravie et la Slovaquie formaient la république tchécoslovaque (y compris les Sudètes à majorité allemandes); l'Italie récupérait le Trentin, le haut Adige (pourtant germanophone), la Vénétie Julienne et l'Istrie avec Trieste. La Pologne recevait toute la Galicie (région de Lublin et Lvov, à forte minorité juive) et la Roumanie récupérait la Bukovine et la Transsylvanie, quoique celle ci soit largement peuplée de hongrois. Ne restaient qu'une petite Hongrie, privée des provinces à forte minorité hongroise de Transsylvanie, Slovénie, Voïvodine et de Ruthénie (tchécoslovaque) et une minuscule Autriche.
Cela laissit une poudrière démentielle: les Hongrois voulaient reprendre la Ruthénie et la Transsylvanie (et ce n'est pas réglé), les Polonais réclamaient aux tchèques la ville de Teschen, à l'est de la Bohème; les Italiens voulaient la côte dalmate et Fiume (aujourd'hui Rijeka en Croatie). Les Autrichiens ont commencé à rêver d'Anscluss, etc...
3) le va et vien des frontières russes
La russie bolchévique de 1917 va subir elle aussi le choc de Versailles: indépendance des pays baltes et de la finlande, perte du grand duché de Varsovie qui forme le coeur de la nouvelle Pologne; perte de la Bessarabie au profit de la Roumanie.
Ceci dit, en 1945, les choses basculent en sens inverse: l'Armée rouge réannexe de fato les etats baltes, mais pas la Finlande, qui doit juste céder l'isthme de Carélie et la rive ouest du lac Ladoga. L'URSS annexe l'est de la Pologne, le Nord de la Prusse orientale, et récupère la Bessarabie roumaine. A l'est, en Sibérie, elle annexe sur le Japon le sud de Sakhaline et 4 des iles Kouriles.
4) les dépouilles de l'empire turc
Le traité de Sèvres va causer bien des déboires aux Kurdes et aux grec, tandis que les vainqueurs jettent le masque et traduisent dans les fait les turpitudes anglo-française des accord sykes-picot.D'après le traité de Sèvres, La Grèce est censée annexer la côte ionienne et partager le contrôle des détroits; il y aurait un Kurdistan, et même une grande Arménie. Mais les promesses faites au Kurdes et surtout par Wilson aux Arméniens passent à la trappe vite fait devant l'étoile montante de Kemal Atatürk. Les promesses faites aux Grecs se retournent aussi contre eux après la victoire de Kémal, et les grecs de Smyrne sont priés de partir. Ils embarqueront dans des conditions épouvantables, sans aide des puissances alliées. Parmi eux se trouvait un jeune homme qui nous en a beaucoup voulu et n'aura de cesse de cassernos monopoles du fret pétrolier dans la région: Aristote Onassis.
Le vrai dépeçage va concerner l'Arabie. Imposant les accords secrets Sykes-picot à la société des Nations, la France récupère sous mandat de la SDN le Levant, la Syrie, mais in fine se fait chiper par les anglais les champs pétolifères qu'elle convoitait dans le nord de l'Irak. La carte porte une traçe de nos convoitises: la frontière syrienne enfonce en effet un coin au nord-est en direction du pétrole kurde: c'est le "bec de canard", avancée de 150 km à l'est de l'Euphrate, qui va jusqu'à la rive du Tigre. Ce territoire peu intéressant vaut aujourd'hui à Assad d'avoir lui aussi ses kurdes. Ls Anglais quand à eux récupèrent sous mandat la Palestine et la Jordanie, pays pourris qui les embêtent un peu mais en échange desquels ils peuvent "protèger " le frêle royaume d'Irak et les principicules du Golfe. Faycal Ibn Seoud devra se contenter de la caillase du désert d'Arabie (dommage, on ne savait pas que c'était plein de pétrole)...
La pire fausseté diplomatique du moment, c'est cependant la France
qui va la faire en 1939, en signant avec la Turquie un traité
qui viole le mandat reçu de la SDN. Moyennant l'assurance d'une
neutralité turque envers l'Allemagne, nous donnons à Ankara
un petit morceau de la Syrie, le "sandjak d'Alexandrette". C'est le petit
ergot turc qui descend vers le Liban. Motif: il y a des turcs à
Alexandrette. Certes. Mais il y a aussi pas mal d'arabes (Assad ne nous
a jamais pardonné) et surtout plein d'Arméniens. En effet,
la région d'Alexandrette a receuilli en 1921 tous les réfugiés
de la "pretite arménie", c'est à dire la région d'Edesse
en Cilicie, immédiatement au nord. (Ca devrait dire quelque chose
aux thalas qui en ont entendu parler dans les épitres de Paul).
Les arméniens du Sandjak vont donc à nouveau plier bagage
et s'installer au Liban, où siège aujourd'hui le Catholicos
de Cilicie. Cette mesure intelligente dont on a vu l'utilité en
mai 40 sur le plan stratégique nous a faché avec les syriens
et a juste emmélé un peu plus le bourbier libanais qui en
avait bien besoin...