JPBWEB 14/4/2008 - 01:45 -
Forum Le Soir
Il n�y a aucune �tude s�rieuse qui soutienne le point de vue flamingant sur les transferts nord-sud.
Certes, la Wallonie est une r�gion en d�clin �conomique, mais c�est un d�clin relatif.
Toute la Wallonie n�est pas homog�ne, et m�me si on ne consid�re que sa moyenne de PIB,
elle ne fait pas si mauvaise figure en Union Europ�enne, et se compare � d�autres r�gions en
reconversion industrielle. Certes, la Wallonie ne brille pas de mille feux dans le brio que mettent
ses �lites � mener � bien ce changement, mais ce n�est malheureusement pas un cas unique en Europe
non plus.
Si on admet l�existence de ces fameux transferts nord-sud, tout �conomiste s�rieux dira qu�il est
tr�s malais� de les quantifier, et qu��tant donn� l�exigu�t� de l��conomie belge il faudrait
l��tudier dans sa globalit�. Les sommes pr�lev�es en Flandre et surtout � Bruxelles sous forme
d�imp�t et inject�es en Wallonie sous forme d�allocations sociales, qui forment la base du discours
d�lirant d�une certaine Flandre, ne sont qu�une facette du ph�nom�ne. On devrait aussi consid�rer
que la Wallonie est le premier client de la Flandre, et donc que c�est aussi le volume d�affaires
r�alis� par la Flandre sur le march� wallon qui contribue � ses profits, qui font l�objet de
l�imp�t qui sert � financer les d�penses sociales notamment en Wallonie, qui permettent entre
autre aux Wallons d�acheter en Flandre etc. C�est ce qu�on appelle une �conomie moderne.
Si on admettait que la Flandre est globalement prosp�re et la Wallonie globalement d�pendante,
ce que je r�cuse formellement, il ne faudrait pas pour autant n�cessairement en d�duire que
la Flandre est un contributeur net, ni que la contribution de la Wallonie est nulle ou n�gligeable.
Et m�me dans ce cas, une certaine logique keyn�sienne voudrait qu�on regarde ces fameux transferts
nord-sud comme une stimulation de la demande par le c�t� dynamique de l��conomie pour soutenir
sa propre croissance.
Sans remonter aux croisades ou m�me au 19e si�cle, la prosp�rit� n�a pas toujours �t� l� ou elle
est aujourd�hui et ce n�est pas seulement par un sublime effort d��mancipation sociale et
culturelle que la Flandre est devenue ce qu�elle est, mais aussi, et je pense surtout,
gr�ce � un volontarisme �conomique fait d�investissements d�cid�s au niveau national belge
par des gouvernements de plus en plus domin�s par les Flamands qui ont creus� la dette publique
que tous les Belges doivent supporter. Certes, les Wallons ont parfois eu des investissements
compensatoires, dont certains �taient discutables quant � leur justification �conomique,
mais �a ne change rien � l�affaire. Il suffit pour s�en convaincre de regarder une carte
du r�seau ferroviaire belge. Au nord, le r�seau est ultra dense, au sud, c�est un peu
le Burkina Fasso. J�exag�re � peine.
La meilleure preuve que les choses ne sont pas si �videntes que �a, c�est qu�il ne se trouve
gu�re de Flamands pour r�clamer une scission du pays, alors que ce serait une v�ritable urgence
si la Wallonie �tait vraiment ce � sac de cailloux � sur le dos de la Flandre laborieuse.
Ce serait d�ailleurs une relative premi�re mondiale, dans la mesure o� le sch�ma classique
du s�paratisme concerne plut�t une minorit� nationale plus pauvre qui se sent ostracis�e
de longue date et souhaite s�assumer en dehors de la tutelle du � grand fr�re �.
Il y a une variante dans laquelle c�est une minorit� relativement plus prosp�re qui souhaite
voler de ses propres ailes (comme la Catalogne ou la Padanie en Italie du Nord). Ma Flandre
serait un cas unique d�une majorit� qui d�ciderait de larguer son � poids mort �.
La bienveillance, la g�n�rosit� et l�altruisme flamands, je n�arrive pas � y croire.
Par cons�quent, je pense que la Flandre a int�r�t � la poursuite de la Belgique,
au moins pour un temps. Et par cons�quent, je pense que la Wallonie a tout � y perdre,
parce que je ne crois pas en un sc�nario de � win-win �. Si c�est bon pour la Flandre,
c�est forc�ment mauvais pour la Wallonie et pour Bruxelles.