INTERVIEW IMAGINAIRE
En mai 73, une revue aujourd'hui
disparue (Gulliver), m'avait permis d'écrire moi-même mon
interview. Extraits.
" Notre monde est envahi par
une singulière vague de nouvelle immoralité ou simplement
par les produits d'un nouveau commerce ?" interrogeait Laslo Havas dans
un célèbre rapport paru en 1969 ( "Les derniers jours de
la monogamie". Mercure de France).
Henry Miller, lui, triomphait
: " Il me semble que la bataille est gagnée ! On peut désormais
traiter librement des problèmes sexuels. Mais si la bataille est
gagnée, la guerre continue : la société n'a donné
son accord que pour l'image et la parole."
S'il y a révolution
sexuelle, c'est uniquement parce que le public tient à y croire.
Mais par peur du sexe, ce même public préfère les descriptions
aux réalités, afin de n'avoir pas à les vivre (...)
L'action ne descend pas de l'écran à la salle.
(...) Je suis persuadé que
le cinéma pornographique a une importante fonction sociale
à remplir en proposant (...) des modèles et des attitudes
sexuelles qu'ils pourront expérimenter (...) pour le plus grand
bien de leur équilibre physiologique et psychique. Mais, bien sûr,
c'est un cinéma plus dangereux à faire.
C'est la raison pour laquelle
je m'oppose catégoriquement à la "pornocratie", nouvelle
forme organisée de répression de la sexualité ou celle-ci
est présentée comme un objet inaccessible, une nouvelle technique
au service d'une idéologie qui détourne à son profit
toute vélleités (...) de libération sexuelle. D'autant
que cette idéologie les canalise vers des médias mystificateurs.
Je crois en une pornographie
active et saine qui considère la sexualité comme une réalité
vivante et joyeuse par tous, qu'on se doit de revendiquer. Une fois parfaitement
assumée, elle pourra changer l'homme et la société
(...)
Mais attention, les pornographes
tristes sont là, à votre porte.
RETOUR AUX INTERVIEWS
B.D.
BOUQUINS
FILMS
NOUVEAUTES
TEXTES
LIENS