Mes Films Préférés (suite)

1. K-PAX

Si les personnages de Star Wars ou de Matrix évoquent de manière assez pointue le feu et les épreuves de ceux qui se retrouvent dans une recherche, Kevin Spacey est admirable dans le rôle de Prot, le héro (?) de K-PAX. Prot, ce n'est pas le chercheur en proie au doute, aux obstacles, et qui doit vaincre ses fantômes personnels. Prot, c'est la douceur et la sérénité de celui qui est parvenu au bout du chemin, et qui sait que rien ne peut l'atteindre. Ce qui est marquant en premier lieu dans ce film, c'est l'égalité d'humeur de celui qui est installé dans une sorte d'indifférence bienveillante, qui n'a l'air de rien, d'un brave gars inoffensif, qui remet en question avec une souriante détermination tous les préjugés sur lesquels notre société est édifiée. Prot est-il, comme il le dit, un extra-terrestre provenant d'une planète spirituellement accomplie, ou Prot est-il atteint d'une douce folie? En tentant de résoudre ce mystère, le psy qui le suit va aller de surprise en surprise, voyant les autres patients trouver l'harmonie grâce à la présence mystérieuse du fantaisiste Prot. En plongeant au coeur de l'énigme Prot, le psy va plonger au coeur de lui-même, dépasser son rôle de médecin, et renaître en tant qu'être humain.

Une des choses que je retiens de ce film, c'est que celui qui est arrivé au bout du chemin, le "Maître", n'est pas un super-héro méga-puissant, et qui écrase toute résistance sous ses pieds. En ce sens, on pourrait dire que le film s'adresse à un public plus mur que Matrix ou Star Wars, qui présentent l'inconvénient de mélanger quête de la sagesse et quête du pouvoir. Prot n'a que faire du pouvoir, il n'oppose aucune résistance, puisqu'il a transcendé la dualité bien-mal. Si rien ne peut lui résister, ce n'est pas à cause de sa force ou de son courage, c'est grâce à sa douce humilité: si toute les rivières viennent se jeter dans l'océan, ce n'est pas parce que l'océan est plus fort, c'est parce que l'océan est en-dessous. C'est une loi de l'univers: plus on s'abaisse, plus on reçoit. Une simplicité et une humilité que l'on rencontre chez bien des "grands maîtres", comme Maître Zhu, ou certains lamas tibétains.
 

2. Mulholland Drive

Pour faire exploser notre vision fragmentaire, pour faire chauffer l'intellect jusqu'à un point où il se fond dans le coeur, certains maîtres Zen utilisent des koans: des énigmes qui n'ont pas de réponse sur le plan de la logique, et dont le propos est d'épuiser le mental, jusqu'à créer une brèche à travers laquelle la lumière peut s'infiltrer. Miracle dans le monde du cinéma: le réalisateur David Lynch, un maître à sa manière, se joue de l'objectivité et parvient à mettre la vie intérieure, avec toutes ses incohérences et ses imaginations, devant l'oeil de la caméra. David Lynch nous offre, avec Mulholland Drive, un film-koan, un mystère a priori sans aucune cohérence, mais avec suffisamment d'indices et de coïncidences étranges pour mettre en branle ce qui en nous veut tout comprendre et tout maîtriser. Qui sait? Peut-être que celui ou celle qui regardera chaque soir ce film avec pour objectif d'en percer l'intrigue, se retrouvera brutalement, pris par surprise, dans le temps d'un éclair, à l'arrière de l'image pour laquelle il ou elle se prenait. Un film déroutant, susceptible de faire naître un choc sans retour.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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