Francelatexx
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 La Baronne en Latex - 1ère partie
 
 
 
 
 
Une pluie épaisse empêchait Alain de conduire. Elle formait un véritable rideau que les essuies glaces n’arrivaient pas à maîtriser. Pourtant, pas question de s’arrêter.

" Bon sang se dit Alice. Il aurait pu partir à l’heure. Nous n’arriverons jamais à l’aéroport avant le départ de notre vol ! " Elle jeta un coup d’œil vers Betty et Franck sagement assis à l’arrière. Ils la regardaient avec une expression où la colère se mêlait à la résignation.

Cela faisait à peine un mois que tous les quatre avaient quitté l’université pour l’été, et décidé de parcourir l’Europe. Alain s’était proposé pour assurer la conduite pendant la traversée de l’Allemagne, étant le seul à parler cette langue. Malheureusement, on pouvait si peu compter sur lui ! Il avait passé la nuit à s’enivrer à la fête de la bière et n’avait pas émergé avant midi.

- Je crois que j’aperçois une lumière cria-t-il.

Alice essaya de voir à travers le pare-brise, distingua à peine un lampadaire, pour finalement reconnaître vaguement une rue. Alain stoppa devant ce qui lui semblait être une taverne, bien qu’aucune lumière ne fusa des fenêtres.

- Je vais demander le chemin dit-il en ouvrant la portière.

La pluie fit irruption dans la voiture.

- Dépêche-toi et ferme cette portière… nous sommes déjà trempés ! lui cria Franck.

Il était autant en colère après Alain que les autres. Pour couronner le tout, voilà maintenant qu’ils étaient perdus. Lui et Betty n’étaient pas prêts de repartir en voyage avec ce type ! Si Alice n’avait pas été la meilleure amie de Betty, avec laquelle elle partageait d’ailleurs son studio, il y a belle lurette qu’ils auraient décollé sans eux !

Alain frappa longtemps à la porte de la taverne avant qu’un homme lui ouvre. Alice vit qu’il était passablement énervé. Il faut dire qu’à 2 h. du matin, c’était une réaction normale. Ce dernier finit par indiquer une direction et Alain revint à la voiture, trempant à nouveau ses occupants en ouvrant la portière.

- Tu sais enfin où nous sommes ? lui demanda Alice, non sans sarcasme.

- Pas loin de l’autoroute de Munich. Tout ce que nous avons à faire, c’est de prendre cette route, là-bas, et nous devrions être à l’aéroport… à l’heure !’

Alain marqua une certaine emphase en prononçant ces derniers mots. Alors que la voiture s’éloignait, le tavernier prit son téléphone et composa un numéro.

Alain tourna dans une ruelle étroite. La pluie s’était légèrement calmée mais elle était encore trop dense pour voir clairement. Ils aperçurent trop tard un panneau d’indication et le dépassèrent.

- C’était quoi ? demanda Franck. Qu’est-ce qu’il y avait d’écrit dessus ?
Alain sembla réfléchir un instant.

- Je crois qu’il indiquait une propriété privée. Il devait vouloir dire…

- Attention ! s’écria Alice.

Quelques morceaux de bois gisaient sur la route. La voiture les heurta et Alain en perdit le contrôle. Elle fit une embardée, chassa deux fois et quitta la route pour se retrouver dans le fossé où elle bascula sur le flanc. Les passagers restèrent un moment abasourdis sous l’impact. Franck fut le premier à retrouver ses esprits.

- Betty ! Betty !… Tout va bien ?

-Oui !… Enfin, je suppose ! Répondit-elle de dessous une couverture.

Alice et Alain signalèrent qu’ils étaient encore en une pièce. Franck s’énerva.

- Parfait, espèce de trou du cul ! Et maintenant ? On fait quoi ?

-C’était pas de ma faute… répondit Alain.

- Oh… ta gueule ! Alice en avait par-dessus la tête des excuses d’Alain. Nous sommes en plein déluge, nous allons rater notre avion, et, par-dessus le marché, nous sommes complètement perdus

- C’est ce type m’a dit de prendre cette route.

- T’es sûr qu’il ne t’a pas dit d’en prendre une autre ? Tu as peut-être mal compris…

- C’est celle-là qu’il m’a désignée du doigt et qu’il m’a dit de prendre !

Alain était sur la défensive. Pendant quelques minutes, tout le monde resta silencieux, assis dans la voiture, alors que la pluie continuait de tomber.

- Il va bien falloir que quelqu’un aille chercher de l’aide ! finit par dire Betty.

- Qui ? Moi ? demanda Alain alors que tous les yeux étaient braqués sur lui.

- Tu veux vraiment que je te donne une explication ? La voix de Franck tremblait de colère.

- Mais il pleut trop fort… on n’y voit rien dehors !

- Écoute : on ne va pas rester assis dans cette bagnole à attendre qu’une bonne fée vienne nous secourir ?

À cet instant précis, les phares d’une voiture se reflétèrent dans le pare-brise. Elle s’arrêta, une portière s’ouvrit, et une silhouette se dirigea vers les quatre rescapés.

- Dieu merci ! s’écria Alice. Aidez-nous, s’il vous plaît !

La silhouette se pencha sur l’intérieur de la voiture.

- Tout le monde va bien ? Personne de blessé ?… Une voix de femme… et qui s’exprimait en anglais  !

- Tout semble ok ! répondit Alice.

- Commençons par vous sortir de là ! On s’occupera de votre voiture plus tard ! dit la femme.

Elle réussit à ouvrir la portière côté conducteur et tous les quatre purent sortir du véhicule. La pluie les trempa immédiatement. La femme leur cria :

- Montez dans ma voiture, ou vous allez attraper la crève !

Elle les escorta vers une énorme Mercedes noire. Avant d’y monter, Alice jeta un coup d’œil derrière elle, vers leur voiture. Les quatre pneus étaient à plat. Sur une roue, un des morceaux de bois qui avaient causé l’accident était encore fiché. Il était bardé de gros clous. La femme expliqua.

-Nous avons eu pas mal de vandalisme dans la région !… Des "punks" qui avaient décidé de s’offrir des gens du pays ! Heureusement, personne n’a été tué !

Alice monta dans la limousine, immédiatement suivie par la femme.

- Attendez ! s’écria-t-elle. Et nos affaires ?

Alain secoua la tête négativement.

- Pas question que j’y aille… avec cette pluie ! Je le ferai quand elle aura cessé.

Alice continua :

- Je n’ai rien à me mettre… et je suis trempée !

En fait, tout le monde était trempé. La femme crût bon d’intervenir.

- J’ai quelques habits à la maison. Vous pourrez les mettre. De plus, vous m’avez l’air de pouvoir absorber un peu de nourriture, boire également… et même vous reposer !

- Il faut dire qu’on n’a rien mangé depuis midi, répondit Franck. Nous avons dû nous dépêcher toute la journée pour arriver jusqu’ici sans nous arrêter !

- Est-ce que vous êtes attendus quelque part ? Si c’est le cas, vous pourrez téléphoner depuis chez moi.

- En fait, nous devions prendre un vol pour rentrer aux Etats-unis. Cela me semble très compromis.

- Je le pense aussi. Mais vous pourrez prendre un autre vol dans la journée de demain. Je suis certaine que votre compagnie aérienne s’en occupera !

Alice jeta un œil vers la femme. Elle était enveloppée dans un manteau imperméable noir avec un chapeau à larges bords également en ciré de la même couleur. On ne pouvait presque pas voir son visage car il était caché par le col du manteau. Seuls ses yeux étaient visibles. Ils étaient d’un bleu profond et semblaient rivés sur Alice.

- Nous ne vous avons même pas remerciée…

- Il n’y a pas de quoi ! J’aurais voulu avoir pu empêcher l’accident !

- Il n’y aurait rien eu que vous puissiez faire. Quoiqu’il en soit, je me présente : Alice Millburn. Voici Franck Turner, Betty Podasky… lui, c’est Alain Furgus.

- C’est un plaisir de faire votre connaissance. La femme ne put retenir un sourire. 

- Même si les circonstances ne sont pas très agréables. Je suis la Baronne Gretta Latex !

- Ouah ! Une baronne ! Les titres de noblesse avaient toujours impressionné Betty.

- Heureuse de faire votre connaissance, Gretta !

- Dite Baronne lorsque vous vous adressez à moi. Le ton était sec. Chez moi, on m’appelle Baronne ou Maîtresse !

- Je… je suis désolée, Baronne.

- Vous êtes jeune, vous vous y ferez ! s’esclaffa la Baronne.

Alice posa sa main sur la banquette. Lorsqu’elle en toucha le revêtement, également noir, elle fut surprise par sa consistance. Rien à voir avec les autres sièges de voiture qu’elle avait connus jusqu’ici. La matière ne pouvait être d’origine. Ça s’étirait légèrement lorsqu’on y enfonçait le doigt. Ce n’était pas du cuir, mais quelque chose d’encore plus doux.

La Mercedes stoppa devant la porte d’un château.

-Je vais faire préparer vos chambres par mes domestiques.

Alice se crut obligée d’intervenir.

- Nous ne voulons pas vous déranger !

- Il n’en est rien. Chaque chambre a sa propre salle de bain. Ainsi vous pourrez tous prendre une douche bien chaude. Le personnel va s’occuper de vos habits et vous préparer à dîner.

Alain la coupa net.

- Tout ce que nous avons besoin, c’est de téléphoner pour que la voiture soit dépannée et pour qu’on nous conduise à l’aéroport.

La Baronne tourna la tête vers lui. Alice put ainsi voir ses yeux transpercer littéralement son ami.

- Je vous offre mon hospitalité, jeune homme ! Si j’avais su que vous la refuseriez avec tant d’outrecuidance je ne me serais même pas donné le mal de venir vous chercher !

Alain en fut ahuri. Alice prit la relève :

- Si vous avez été offensée, Baronne, croyez bien que j’en sois désolée. Je vous prie d’accepter mes excuses.

- Bien !… Au moins l’une d’entre vous sait-elle se conduire ! La Baronne sourit à Alice. Je vous pardonne, ma chère.

Puis elle sortit de la limousine, leur fit signe de la suivre, et se dirigea vers la porte d’entrée. À peine l’eurent-ils atteinte qu’elle s’ouvrit sur une soubrette qui aida aussitôt la Baronne a quitter son manteau et son chapeau. Alice nota que la domestique était vêtue d’un uniforme fait dans une matière noire et brillante, qui la moulait étroitement. Sa taille était incroyablement fine, quelques dizaines de centimètres, moins de cinquante. En découvrant son visage, elle nota qu’il était plus bronzé que la normale et qu’il luisait étrangement.

Était-ce le maquillage ? Dans ce cas, il la faisait ressembler à une poupée en plastic.

- Elle va vous conduire à vos chambres. Je suppose que deux feront l’affaire ? La Baronne ne put s’empêcher d’ajouter avec un sourire canaille : À moins qu’une seule vous suffise ?

- Deux ! Ce sera parfait !’ Betty se reprit vivement : … Baronne !

- Dans ce cas, je vous rejoindrai après votre dîner.

Elle disparut dans l’un des longs couloirs tandis que la soubrette montait déjà les escaliers pour s’arrêter sur le palier. Elle n’avait pas dit un mot et semblait attendre que les autres la suivent.

Alice fut la première à la rejoindre, suivie d’Alain, de Franck et de Betty. Alors que la domestique reprenait sa marche et se dirigeait vers un couloir, Betty donna un léger coup de coude à Alice.

- Tu as vu ses chaussures ? Lui murmura-t-elle.

Alice jeta un œil sur les pieds de la servante. Ses souliers avaient des talons aiguille de plus de quinze centimètres. Elle se demanda :

- Comment fait-elle pour marcher avec ça ?

Elle put également mieux admirer sa tenue. Non seulement elle était en matière plastique d’un noir profond, mais elle était si moulante qu’on lui voyait la raie des fesses.

Betty se rendit compte que Franck regardait également l’arrière-train de la soubrette ! Un peu trop, même !… Elle lui asséna un coup de coude dans les côtes.

La servante ouvrit la porte d’une chambre et la désigna à Alice et son ami. Apparemment, elle leur était destinée. Puis elle dirigea les deux autres vers une chambre attenante.

Alice fit le tour de la pièce. La première chose qu’elle vit fut le grand lit à baldaquins. Alain s’écria :

- Ouah !… Quel endroit super pour s’envoyer en l’air !

- Tu as besoin d’être aussi vulgaire ?

- Quoi ? J’ai juste dit…

- Tu ne penses vraiment qu’à ça ?

Alain la prit par la taille et l’attira contre lui. À dire vrai : oui ! Et je trouve qu’on pourrait… là… tout de suite…

Alice le repoussa. Pas maintenant ! Non, vraiment pas !

Alain commença de se déshabiller. Les choses ne se passaient plus très bien entre eux depuis qu’ils étaient arrivés en Europe. Ça faisait même trois semaines qu’ils n’avaient pas fait l’amour.

Elle retira ses vêtements mouillés, se réfugia aussitôt dans la salle de bain, tourna le robinet de la douche et se glissa sous son jet. Alain fit une dernière tentative :

- Je suppose que tu n’as pas besoin qu’on te lave le dos ?

- Lorsque nous serons rentrés, je te quitte !

Il entra dans le cabinet de toilette, entièrement nu, et réalisa qu’Alice ne plaisantait pas. Il attrapa une serviette et commença à se sécher.

- Tu n’es pas sérieuse en disant ça ?

- Si, je le suis !… S’il y a une chose que ce voyage m’a permis de découvrir, c’est que nous n’étions pas faits l’un pour l’autre.

- Tout le monde m’en veut aujourd’hui !… Personne n’est parfait, chérie.

- Ce n’est pas à cause d’aujourd’hui. En fait, c’est tout ce qui s’est passé depuis un an.

- Quoi, par exemple ?

- Tu n’as pas d’éducation… tu ne t’intéresses pas aux mêmes choses que moi.

- Eh, une minute ! Je t’ai accompagnée à ce festival du film italien et…

- …et tu n’as pas cessé de faire des réflexions débiles pendant les projections. Tu n’as pas de classe… pas de style !

- Question sexe, par contre, tu ne t’es jamais plainte !

Alice le regarda. J’avais espéré que tu finirais par te concentrer un peu sur moi !

- Tu vas peut-être me faire croire que tu faisais semblant à chaque fois ? Demanda Alain sur un ton sarcastique. J’y crois pas !

Alice arrêta la douche et ouvrit le rideau. Alain lui offrit une serviette mais elle en attrapa une autre.

- Tu ne comprends pas… tu recherchais toujours la même chose. Moi, j’en voulais plus !

- Plus de quoi ? Je ne suis pas superman…

Alice retourna dans la chambre et regarda autour d’elle, surprise. Alain lui demanda.

- Qu’est-ce qu’il y a maintenant ?

- Où sont nos vêtements ?

Il commença à chercher partout.

- Je ne les trouve pas ! Mais qu’est-ce qu’il se passe, bon sang ?

- Est-ce que la Baronne n’a pas dit qu’on prendrait soin de nos affaires ?

- Oui !… Mais on ne peut pourtant pas se balader comme ça !

Un coup frappé à la porte. Alice pria d’entrer. Rien ! Un second coup… Alain alla ouvrir et se trouva devant la soubrette. Elle tenait quelque chose dans ses bras. Il s’approcha et elle lui tendit deux robes de chambre.

- Danke ! dit-il.

Mais la servante ne répondit pas et se dirigea vers la chambre de Franck et de Betty avec les deux habits restants. Il referma la porte et tendit un des vêtements à Alice. Comme pour les sièges de la voiture, l’étoffe lui parut étrange, bien que déjà familière. En l’enfilant, elle réalisa tout d’un coup de quelle matière il s’agissait.

- Alain s’écria-t-elle en frémissant. Ces robes de chambre sont en… en latex !

Alain se mit à tâter le tissu du vêtement, qui, d’ailleurs, était très court. En fait, il lui arrivait à peine aux cuisses. Il pensa qu’il s’était trompé avec celui d’Alice, mais s’aperçut que le sien était encore plus juste.

- Enfer et damnation ! Mais que se passe-t-il, ici ?

La sonnerie du téléphone l’interrompit dans sa diatribe. Alice répondit. Betty était au bout du fil.

- Qu’est-ce que vous attendez pour descendre ?

- Impossible ! Tu devrais voir ce qu’on nous a donné à nous mettre dessus !

- Nous, on nous a passé des robes de chambre en latex…

- Et tu es descendue en ne portant que ça ?

- Bien sûr !… Venez ! Vous devriez voir un peu ce que la Baronne renferme ici !

- Non Betty !… Pas habillés comme ça !

Franck prit le téléphone des mains de sa compagne et s’écria lourdement :

- Qu’est-ce que vous foutez… bande de poules mouillées ?

Alain qui avait entendu la réflexion enleva le téléphone des mains d’Alice et le reposa sur son support. Il prit sa compagne par la main et la tira vers la porte.

- Personne peut nous traiter de poules mouillées rétorqua-t-il avec colère.

Elle essaya de s’échapper de la poigne de son ami. Trop de mystères dans tout cela. Mais Alain serrait fort et elle dut le suivre hors de la chambre, descendre les escaliers et rejoindre la salle à manger.

La servante les attendait et désigna deux places devant une impressionnante table de banquet. Un repas plantureux les attendait, servi dans de la porcelaine de chine, des verres de cristal, et accompagnés par des couverts en argent.

Alice prit place. Alors qu’elle s’asseyait, sa robe glissa et ses fesses nues se posèrent à même le coussin. Lui aussi était recouvert de Latex.

- N’est-ce pas complètement fou ? demanda Betty, déjà assise à sa place.

Alice n’en revenait pas que Betty et Franck soient aussi peu conscients de ce qui se passait autour d’eux. 
- Vous ne trouvez pas que cette Baronne est un peu…

- Bizarre ? dit Betty. Oui… peut-être un peu ! Mais je croyais que c’était toi qui avais l’esprit le plus ouvert !
- ’ouverture d’esprit est une chose ! Mais là… c’est un peu trop !

Elle resta silencieuse pendant le reste du repas. Elle se contenta de regarder Alain et Franck dévorer la nourriture et Betty grignoter du bout des dents, comme si tout cela était parfaitement normal. Elle dut pourtant admettre que tout était parfaitement délicieux et que la Baronne était une parfaite hôtesse.

- S’est-on bien occupé de chacun de vous ?

La voix de la Baronne ! Alice jeta un coup d’œil vers sa droite et aperçut une silhouette impressionnante qui se tenait sur le palier d’entrée. Celle-ci commença à marcher vers la table et tandis qu’elle s’approchait, Alice découvrit quelque chose qui l’effraya, ou plutôt la médusa.

La Baronne portait une tenue que l’on aurait pu prendre au début pour un costume de chat en Latex. Lorsqu’elle vint plus près de la lumière, Alice put se rendre compte qu’elle portait une étroite combinaison et des bottes. Impossible de dire où finissaient les bottes et où commençait la combinaison. (Peut-être, d’ailleurs, ne s’agissait-il que d’un seul vêtement ?)

Les talons mesuraient au moins dix-huit centimètres. Elle portait des gants qui remontaient jusqu’aux épaules et se confondaient avec son juste au corps.

Mais le plus surprenant était que la partie centrale du corps était nu, que l’on pouvait voir son ventre parfaitement plat, ses seins comprimés par le Latex, ses mamelons !

Alice regarda Alain qui était assis à côté d’elle. Elle put s’apercevoir que son sexe était devenu aussi dur que du roc à la vue de la Baronne. Elle se tourna vers Betty et Franck. Tous deux avaient cette même expression de choc… et d’intérêt.

Elle s’intéressa à nouveau à leur hôtesse. Maintenant qu’elle était tout près d’elle, Alice se rendit compte qu’elle était très grande et musclée comme une gymnaste. Ses avant-bras étaient de la taille de ses propres cuisses. Lorsqu'elle l'avait vue pour la première fois dans son imperméable, elle n’avait pas pu se rendre compte de ses mensurations d’athlète. À côté d’elle même Franck, le footballeur, faisait figure de demi-portion.

- Je pense que tout était à votre goût ?

- Oh oui ! oui… vraiment délicieux balbutia Alice.

- Alors j’aimerais que vous essayiez ceci !

La Baronne prit une bouteille de vin, se dirigea vers Betty et commença de remplir son verre.

- Je n’ai pas souvent l’occasion d’ouvrir une telle bouteille. Une fois débouchée, il faut en boire le contenu immédiatement, sinon il est perdu.

Elle continua sa tournée en se tenant derrière ses invités. De cette façon elle devait légèrement s’appuyer sur eux pour emplir les verres. Alice s’aperçut qu’Alain avait du mal à cacher son érection, sa robe de chambre ne possédant pas assez d’étoffe pour la couvrir. La Baronne ne put contenir un sourire lorsqu’elle se pencha pour le servir et qu’il balbutia un pauvre Merci !

Puis vint le tour d’Alice. Contrairement aux autres, la Baronne se courba un peu plus de sorte que l’un de ses seins habillés de latex dut s’appuyer un peu plus sur son épaule. Elle resta ainsi pendant un long moment. Au moment de verser le vin, Alice posa sa main sur la coupe en cristal.

- Je suis désolée, Baronne, mais je ne bois pas d’alcool.

- Aucune importance ma chère, moi non plus je n’en bois pas. À cette heure tardive, je préfère un chocolat chaud. En aimeriez-vous un ?

- Oui Baronne, s’il vous plaît.

Celle-ci fit un signe à la domestique qui disparut aussitôt. Tout en dégustant son vin, Franck demanda :

- Excusez-moi, Baronne, mais vous me paraissez très américaine.

- Je suis née à Chicago où j’ai été élevée. Ma mère était hôtesse de l’air et mon père travaillait pour le consulat d’Allemagne de cette ville. Ils s’y sont rencontrés, se sont mariés et y ont vécu pendant toute mon enfance. Ensuite je suis allée à l’Université pour tenter d’obtenir un diplôme en économie.

- Le titre de Baronne me semble incompatible avec le fait d’être étudiant à Chicago.

- En fait, c’était celui de mon défunt mari.

- Oh !… Je suis désolée s’excusa Alice.

- Il n’y a pas de quoi, c’était il y a quelques années. Quoiqu’il en soit j’ai commencé de travailler pour mon père. À côté de cela j’ai fait des compétitions de bodybuilding. Je me suis même plusieurs fois retrouvée en demi-finale mais je n’ai jamais dépassé la troisième place.

- Vous avez l’air fantastique dit Betty.

- Merci beaucoup, c’est très gentil à vous ! Mais j’ai toujours continué l’entraînement. La routine !… En fait, j’ai rencontré mon mari à un cours de gymnastique dirigé par un ami commun. Ce fut vraiment le genre d’idylle stéréotypée, mais il s’est ensuite avéré qu’il était le seul héritier du titre paternel ! C’est ainsi que je suis devenue officiellement Baronne !

- Excusez-moi, mais… votre mari ?

- Le cœur de Gustave n’était pas aussi costaud que nous le pensions, lui et moi. Après une nuit d’entraînement il a eu un malaise… et il est mort.

La voix de la Baronne s’assombrit. Alice se sentit soudain plus à l’aise avec elle. Elle lui devenait moins fantastique et plus admirable en même temps. Les garçons, qui avaient bu plus de vin qu’ils n’auraient dû, se mirent à bailler. Alain dit d’une voix pâteuse.

- Je touche le fond, je vais me coucher ! Merci pour votre hospitalité, Baronne…

- Je suis certaine que lorsque vous vous réveillerez, vous ne pourrez que constater à quel point les choses se seront améliorées répondit la Baronne en souriant.

Alice et elle continuèrent de discuter. Toutes deux avaient la même passion des livres anciens, des films d’art et d’essai. Dans leur coin Betty et Franck commençaient à somnoler. La Baronne leur dit :

- Vous feriez mieux d’aller vous coucher, vous aussi !

C’est ce qu’ils firent. À peine avaient-ils atteint le haut des escaliers, que la Baronne demanda à Alice :

- Désirez-vous une autre tasse de chocolat ?

- Oui, s’il vous plaît !

- Allons près de la cheminée, c’est tellement plus confortable !

Elles s’y rendirent. La Baronne s’allongea sur un tapis de fourrure placé devant l’âtre, et fit signe à Alice de l’y rejoindre. Presque aussitôt deux nouvelles tasses de chocolat fumant leur furent apportées par la servante. Elles continuèrent leur conversation pendant quelques minutes, jusqu’à ce que Alice commence à ressentir une certaine raideur dans ses articulations. Elle tenta de remuer son bras pour chasser cette sensation étrange, mais ses muscles s’engourdissaient. La Baronne lui demanda :

- Quelque chose qui ne va pas ?

- Peut-être les suites de l’accident… j’ai l’impression que mes membres sont en train de se paralyser ! Il vaudrait mieux appeler un médecin !

La Baronne lui sourit et se mit à ronronner : - Ces vêtements en latex me tiennent vraiment trop chaud ! Joignant le geste à la parole, elle porta ses doigts à son cou et défit sa combinaison d’un seul coup. Puis, s’assurant qu’Alice la regardait, elle fit glisser ses longues bottes et les jeta loin d’elle. Enfin elle revint s’allonger sur le tapis et se mit à s’étirer voluptueusement.

- Le latex m’excite terriblement !

Alice essaya de se redresser, sans succès ! Ses bras, ses jambes ne répondaient plus. Elle n’arrivait même pas à tourner la tête. Elle murmura :

- Aaalllaaaiiinnnn… au secours…

- J’ai bien peur que, même si votre voix arrivait jusqu’à eux, vos compagnons ne l’entendent pas. Trop de sédatif dans le vin. Assez, de toutes façons pour les maintenir endormis pendant les huit prochaines heures.

- Alice était horrifiée. La Baronne se pencha sur elle et se mit à la tutoyer.

- Relaxe-toi, ma chérie. Je ne te ferai pas de mal si tu ne résistes pas… et je sais que tu n’en as pas l’intention !

Elle rampa vers sa victime et commença à défaire la ceinture de sa robe de chambre. Elle entrouvrit les pans de latex et entreprit de lui caresser la poitrine qu’elle avait petite mais ferme.

- Tu aimes ? Ça fait longtemps que j’attendais quelqu’un comme toi.

Alice était effrayée et excitée à la fois. Il ne fallait pas qu’elle cède. C’était l’effet de la drogue, rien d’autre.

La Baronne glissa ses mains le long du corps de la jeune fille jusqu’à atteindre les lèvres de son sexe. Elle entama alors un massage doux de son clitoris, puis, doucement, enfonça son index dans le sexe déjà moite.

Alice frissonna sous l’invasion. La Baronne en profita pour introduire deux autres doigts et leur imprimer un mouvement de va et vient dans la chatte devenue complètement mouillée.

- Tout cela est nouveau pour toi, n’est-ce pas ma douce ?

Alice ne pouvait pas répondre mais elle essayait de se contrôler alors que la Baronne entamait une manœuvre nouvelle de ses doigts experts à l’intérieur de son vagin. Elle se mit à respirer de plus en plus fort. L’intensité montait avec les déplacements de la main de la Baronne, des vagues d’un plaisir à l’état pur l’envahissaient par saccades avec chaque mouvement. Elle voulut crier, mais la drogue ne lui laissa sortir qu’un soupir.

Puis ce fut l’éruption, l’orgasme le plus puissant qu’Alice ait jamais eu.

La Baronne stoppa ses caresses et regarda sa victime. Celle-ci était déchirée entre le désir de continuer et l’horreur que ce désir existe.

- Il y a encore beaucoup de chose que tu dois apprendre !

Ceci à peine dit, la Baronne prit Alice dans ses bras et l’emmena jusqu’à un ascenseur. Celui-ci les descendit deux étages plus bas.

- Nous sommes dans ce qui fut le donjon du château. Je l’ai adapté à mes besoins très… spéciaux !

Elle déposa Alice sur une table en acier inoxydable, lui passa des menottes capitonnées aux poignets et aux chevilles qu’elle sécurisa par des cadenas. Même chose autour de son cou, pas trop serré, mais suffisamment tout de même pour qu’elle ne puisse pas relever la tête.

Après quelques instants, Alice commença à recouvrer l’usage de ses muscles. Elle en profita pour tourner la tête sur un côté d’où provenait un bruit de gargouillis. C’est ainsi qu’elle aperçut Alain. Il était lui aussi allongé sur une table identique à la sienne. Tous les poils de son corps avaient été rasés. Deux silhouettes vêtues de latex plaçaient des objets en caoutchouc dans sa bouche, dans son nez, son anus et son sexe. Des pastilles de la même matière recouvraient ses yeux et ses oreilles tandis qu’un goutte-à-goutte était planté dans son bras.

La voix de la Baronne se fit entendre :

- C’est le premier stade du conditionnement. Ses fonctions corporelles vont passer sous mon contrôle. Ensuite il sera mis dans un réservoir de dépravation sensorielle pendant 72 heures. Son esprit sera alors suffisamment maniable et prêt pour les sessions d’hypnose sous drogue et électrochocs.

Alice fit des efforts pour tourner la tête et finit par apercevoir Franck et Betty. Comme pour Alain, leur corps avait été épilé, et on les avait enfermés dans des cages, à côté de la porte de l’ascenseur.

- Ils dorment encore et je les maintiendrai dans cet état de léthargie jusqu’à ce que la première phase du conditionnement numéro douze soit achevée.

- Numéro douze ? Qu’avez-vous l’intention de faire de nous ?

Alice avait entièrement retrouvé sa voix et ses moyens. Elle tenta de se libérer mais ses liens étaient trop efficaces.

- Nous ?… Comme tu dois t’en rendre compte, le château et ses dépendances demandent beaucoup d’entretien. Une main d’œuvre dévouée est difficile à trouver. Quant à celle qui pourrait répondre à mes autres… besoins, est quasiment impossible à se procurer. C’est pourquoi j’ai l’intention de convertir tes amis en éternels esclaves de latex. Mais en ce qui te concerne, j’ai d’autres plans. Si tu es d’accord, bien sûr !

- Comme, par exemple, me transformer en une de vos servantes ?

- Non, ma petite Alice chérie, quelque chose d’autre. Quelque chose dont j’ai envie depuis que j’ai découvert l’amour en latex.

- Je ne vous permettrai pas…

- Tu n’as pas vraiment le choix ! À moins que tu préfères rejoindre tes amis pour te mettre à mon service.

- Nos amis et nos familles vont se mettre à notre recherche.

- Exact ! Mais uniquement s’ils ne sont pas convaincus par vos dépouilles.

- Nos dépouilles ?

- Oui ! Celles qu’on aura retirées des cendres après votre horrible Accident de voiture. Enfin… ce qu’il restera de quatre corps carbonisés, plus, bien sûr, quelques effets personnels.

La Baronne prit la main d’Alice et lui ôta du doigt une petite bague avec un saphir.

- Vous êtes folle. On ne peut pas fabriquer des faux corps, même brûlés au dernier degré !

- Les corps seront réels !… Je possède des relations qui pourront m’en fournir ! De plus, je vais faire prendre des radios de vos dentitions aux rayons X et je les enverrai à votre ambassade. Cela permettra aux autorités compétentes d’être assurées de l’identité de vos corps.

- Non, s’il vous plaît ! Laissez-nous partir !

Alice fondit en larmes. Elle sentit soudainement deux paires de mains se poser sur elle. L’un des esclaves de latex lui introduisit un goutte-à-goutte dans le bras tandis qu’un autre lui posait une sonde dans l’urètre. Alice hurla lorsqu’elle la sentit entrer en elle. Le premier esclave introduit un coussinet à doubles parois dans son anus et se mit à le gonfler.

Puis la Baronne murmura à son oreille :

- Relaxe-toi, ma douce. J’ai juste besoin de t’empêcher de faire des bêtises pendant que je transforme tes amis en esclaves. Tu pourrais trouver mes méthodes trop… intenses, c’est pourquoi je vais te mettre en léthargie jusqu’à ce que la première phase de la transformation quatorze soit achevée.

Alice tenta de rester éveillée, mais le sédatif du goutte-à-goutte était trop puissant. La dernière chose qu’elle put apercevoir fut Alain que l’on attachait dans des harnais de caoutchouc. Un palan fut accroché à ce harnais et Alain fut plongé dans le réservoir de dépravation sensorielle.

Puis…. Ténèbres !(A Suivre)

 
 

 
 
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