Introduction
L' artiste face à sa planche de métal est seul, il
lui arrive parfois de se sentir isolé. De plus la gravure met en
oeuvre des procédés complexes que l' oeil du profane ne repere
que rarement au vu de l' estampe terminée.
Plus encore que d' autres arts plastiques dont le grand public connait
au moins les rudiments, elle provoque souvent des interprétations
erronées ou farfelues.
Une gravure en taille douce, c' est l' empreinte que laisse sur une
feuille de papier une plaque de métal (cuivre, acier ou zinc) creusée
et encrée.
Le travail du graveur porte sur le métal qui joue donc le
role de matrice puis sur l' encrage de la plaque de métal.
La taile douce se différencie de la taille forte (taille
d' épargne).
Taille douce = parties creusées qui retiendont l' encre à
l' impression.
Taille forte ou taille d' épargne = les parties en relief
seront encrées.
Une gravure n' est pas une oeuvre unique comme un tableau ou un dessin. C' est un multiple. Une plaque peut-être "tirée" de nombreuses fois. (une centaine d' épreuves en général et au maximum.).
Les diverses techniques de gravures produisent bien sûr des
résultats différents permettant des effets variés.
Un connaisseur distinguera un burin d' une eau-forte, une maniere
noire d' une pointe seche, etc...
HISTORIQUE DE LA GRAVURE
La taille d' épargne:
Au 1er siecle, en extrême-orient, apparaissent les premiers
tampons en bois gravés, destinés à l' impression de
motifs sur tissus.
C' est à partir du XIVeme siecle en Europe, époque
à laquelle la fabrication du papier se développe, que les
artistes gravent des planches de bois pour l' édition et la diffusion
d' images pieuses, de cartes à jouer et de vignettes (images d'
Epinal).
La taille douce:
Dés le XVeme siecle, les orfevres toscans décors leurs
pieces d' argenteries et leurs armures en les gravant. A la même
époque, les artistes arabes pratiquent la gravure sur acier, sur
les armes blanches et armes à feu.
La lithographie:
Inventée à la fin du XVIIeme siecle, emme atteint
son apogée avec Daumier et Toulouse-Lautrec.
Au début du XXeme siecle, cette technique séduit de
nombreux artistes, des peintres essentiellement, tels que Picasso, Chagall,
Dali, Miro pour n' en citer que quelques-uns.
De grands du passé qui ont utilisé avec talent la gravure,
citons en quelques-uns:
Dürer, Rembrandt, Callot, Piranese, Goya, Bresdin,...
LES TECHNIQUES DE LA GRAVURE:
La taille d' Epargne: Technique de gravure sur bois ou sur linoléum.
=> le bois ou le linoléum est gravé à la gouge
et au canif en épargant le dessin. Seules les parties en relief,
une fois encrées au rouleau, s' impriment sur le papie au moyen
d' une presse à épreuves.
La taille douce: Technique de gravure sur métal.
=> à l' inverse du bois, son principe consiste à imprimer
les parties creusées, soit à l' outil: on grave avec une
pointe d' acier (la pointe seche) ou au burin; soit à l' acide (l'
eau forte): on dessine à la pointe sur une plaque de métal
vernie. L' acide creuse dans les parties dénudées de vernis
(le vernis protege la plaque).
L' encrage consiste ici à remplir les tailles et à
essuyer la surface vierge de la plaque.
L' aquateinte est l' une des extension de ce procédé
qui permet d' obtenir, au lieu de traits, des surfaces dans divers dégradés
allant du gris clair au noir.
La lithographie: Technique de dessin sur pierre.
=> Le dessin est executé à l' encre ou au crayon gras
sur une pierre calcaire. Le travail est ensuite fixé par diverses
opérations chimiques. Les parties blanches sont protégées
de l' encre par l' eau de mouillage selon un principe de répulsion
de l' eau et du gras. L' encrage terminé, le papier reçoit
le transfert du dessin par un passage sous presse.
PETIT VADE-MECUM DE L' AMATEUR
Justification des épreuves
La réalisation d' une estampe donne lieu à un certain nombre d' épreuves, différement identifiées:
=> Les épreuves d' état:
Réalisées par l' artiste pour juger de l' avancement
de son travail, elles sont signées en bas à droite et portent
à gauche la mention "1er état" ou "2eme état", etc....
=>Les épreuves d' essai:
Le travail terminé, l' artiste recherche les meilleurs conditions
de qualité du tirage. Ces épreuves portent en bas et à
gauche la mention E.E. (Epreuve d' Essai.).
=> Les bons à tirer:
Ce sont les épreuves (3 au maximum) qur l' artiste retient
comme modele pour le tirage définitif. Elles sont revêtues
de la mention "Bon à tirer" suivie de la signature.
=> Les épreuves d' artistes:
Réservées à l' artiste pour sa colection personnelle.
Elles sont de même qualité que le tirage définitif.
Elles portent en bas à gauche la mention E/A (Epreuve d' Artiste.).
=> Les épreuves de tirage:
Ce sont les épreuves commercialisées, leur numérotation
en bas à gauche est de 2 nombres séparés par une barre
(ex: 3/10) , le 1er nombre indique le numéro d' ordre de tirage;
le second le nombre total d' épreuves. Chaque tirage est signé
en bas à droite.