J'étais en retard scolaire pour des problèmes phonétiques et particulièrement en prononçant le chiffre huit : je sifflais. Ne pouvant dire ce chiffre lorsque je comptais à haute voix, je passais du sept au neuf, jusqu'au jour où je réussis à le prononcer correctement. Ce fut un fou rire dans la classe ce jour là, tout le monde avait eu des lignes et trois tours dans la cour de récréation.

Pour apprendre à lire, on commençait par apprendre l'alphabet par cœur puis on apprenait à construire des syllabes. Avec ces syllabes on fabriquait des mots... et ces mots devinrent des phrases.

Difficile d'apprendre par cœur, les règles d'orthographe, les verbes, les conjugaisons, les tables de multiplication, les dates importantes de l'Histoire, les départements, la géographie, les récitations et les chants.

Il était important de savoir tout par cœur, car pour le jour fatidique de l'épreuve du certificat d'étude, il fallait faire moins de cinq fautes à la dictée, le zéro étant éliminatoire ainsi que pour le calcul.

Après beaucoup de difficultés, je décrochais le diplôme. C’était un exploit, reconnaissance officielle de la république... le certificat d'étude primaire, premier papier officiel reconnaissant mon savoir. Pour l'égalité des chances je devais passer un examen d'entrée pour les écoles publiques, car j'étais tout simplement un élève de l'école privée La Landelle précision figurant sur mon diplôme.

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