|
Le dortoir des petits était une pièce rectangulaire, avec du carrelage blanc, les murs étaient peints en bleu.Au fond, dans le sol, une trappe de surveillance communiquait avec le réfectoire, et salle de jeux pendant les intempéries. Les sanitaires se trouvaient dehors en plein air, une cabane en bois, avec un toit de tôle, tout autour des tas d'excréments, il fallait faire attention à ses souliers, pour ne pas amener des déjections à l'intérieur et incommoder ses camarades. Pas de lavabos pour se laver les mains, on avait souvent des diarrhées. Souvent en hiver, pour éviter le froid, on restait confiner à l'intérieur, des petits incidents survenaient, on ouvrait les fenêtres pour aérer la pièce, on était glacé. Les moyens avaient un grand dortoir séparé en deux par une rangée de placards. Au fond un poêle à charbon qui fonctionnait le soir à l'heure du couché. Par manque de tirage il fumait, non alimenté la nuit, il était éteint le matin. En hiver, nous avions du mal à nous lever, à sortir du lit... Pour nous réveiller rapidement on nous enlevait les draps, les couvertures, toutes les fenêtres étaient ouvertes. Il y avait deux toilettes, certains ne se levaient pas la nuit, et s'oubliaient dans le lit. Une odeur d'urine régnait en permanence. Ils avaient pour matelas un sac avec dedans des feuilles séchées de maïs. Leur literie était journellement changée. La nuit après la ronde de surveillance vers une heure du matin, par manque de sommeil et de rêveries nous nous levions pour boire et pour aller au wc, souvent dans ce grand dortoir, nous nous perdions et nous terminions le sommeil à deux dans un lit. Le matin avant de se lever nous réveillâmes les intrus, pour éviter toute réprimande et préjugé. Les grands se lavaient au dortoir des moyens, dans un box où il
y avait une rangée de lavabos. Ils nous aidaient à nous
coucher en racontant des histoires marrantes...en faisant de l'humour.
Une fois les lumières éteintes, ils montaient "au ciel":
le dortoir en haut de la tour carrée. |
|||||||
| La cuisine était équipée
d'un fourneau à bois. Suivant les saisons, on avait des légumes
et des fruits qui venaient du verger, le vendredi du poisson (morue, sardine),
le dimanche du poulet ou du canard élevé au poulailler, pour
viande du pot au feu, langue aux câpres. Le soir de la soupe, du jambon,
des tranches de saucisson, du fromage... Comme dessert, de la compote et
des gâteaux secs. La nourriture était de bonne qualité,
toujours bien préparée, mais peu en quantité. A la
fin d'un repas il n'y avait pas beaucoup de restes... Notre IMC(indice masse
corporel) était normal, régulièrement nous étions
pesés, il n'y avait pas de cas d'obésité. |
![]() |
||||||