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Supernatural Horror in Literature

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Maupassant
Lovecraft


La litt�rature fantastique

Genre difficile � d�finir, � cerner, mais �galement tellement facile � quitter. Depuis deux ans maintenant j'erre, cherchant simplement � d�finir le genre fantastique. J'ai vu des livres d'horreur, des livres merveilleux, des histoires o� l'impensable est synonyme de folie, mais tentant de d�finir le fantastique, je n'y arrive pas.

Le genre fantastique semble m�me bien plus que rare, insaisissable, lui-m�me bien myst�rieux. Il n'y a pas d'auteur de genre fantastique car les auteurs sont multiples, mais aussi car leur production fantastique n'est jamais l'ensemble de leur oeuvre, quelques histoires courtes, gu�re plus. Il n'y a pas de livres fantastiques ; la nature m�me du genre rend la nouvelle particuli�rement ais�e � cr�er, particuli�rement difficile � quitter sans imm�diatement entrer dans un autre genre. Le fantastique r�unit les genres qui lui sont reli�s, on ne peut l'ignorer. Mais en m�me temps il semble ne pas avoir d'existence � lui.

 

Related reviews
Le Horla
La Venus d'Ille

Certains �l�ments am�nent l'id�e d'une d�finition : D'une part un �l�ment essentiel est une description hyperr�aliste : le monde d�crit est le n�tre dans lequel apparaissent des �l�ments surnaturels qui provoquent la peur, avec une pointe d'horreur. Elle met en sc�ne la lutte entre le bien et le mal par la pr�sence d'�l�ments �trangers � notre monde. Le h�ros d'une oeuvre fantastique est un h�ros solitaire, pas comme le solitaire volontaire d'une oeuvre romantique, mais isol�, seul, rejet�, souvent le narrateur subjectif des �v�nements. Il est donc ais� gr�ce � ce point de vue subjectif d'amener la possibilit� d'une double interpr�tation. Une narrative courante est la double interpr�tation, qui laisse au lecteur choisir entre une interpr�tation rationnelle et une irrationnelle, l'explication rationnelle �tant souvent li�e � la folie du narrateur.


 

Selon Tzvetan Todorov, un conte v�ritablement fantastique doit maintenir le myst�re en ce qui concerne les �l�ments fantastiques, et ne pas permettre une interpr�tation symbolique, sans quoi le r�cit devient m�taphorique. Egalement, pour citer Ferreras, le fantastique ne doit pas se permettre de figures de style ni de m�taphores compliqu�es sans mettre en danger l'effet fantastique. La cl� de la description r�aliste d'un monde qui se veut celui du lecteur doit en effet �tre un style le plus clinique et r�aliste possible, avec, pour parler comme un linguiste, un lien simple et assez strict entre signifiant et signifi�. Cette simplicit� du style s'impose comme cons�quence directe de la narrative subjective.

Selon Todorov, qui a en partie inspir� ces notes, la double interpr�tation n'existe que le temps du r�cit car une fois le r�cit termin�, le lecteur choisit n�cessairement entre une explication rationnelle et une irrationnelle. C'est en grande partie vrai. De plus, il reste difficile pour l'auteur de maintenir une ambig�it� totale : le lecteur a n�cessairement le choix entre une explication surnaturelle ou naturelle une fois le r�cit termin�. Ce n'est pas le cas, m�me si l'ambiguit� existe pendant un long moment dans "The Shining". Parmi ces oeuvres, "La V�nus d'Ille", de Prosper M�rim�e, et bien s�r "Le Horla" de Maupassant, ou "The Portrait of Dorian Gray", d'Oscar Wilde. The Portrait of Dorian Gray parle d'un gar�on qui reste �ternellement jeune mais dont le portrait vieillit, mais surtout porte la marque de ses actes les plus r�pugnants : trahison de ses amis, go�t du lucre, plong�e dans la vanit�. Dorian Gray cache ensuite fanatiquement ce portrait qui d�voilerait le hideux secret de son �ternelle jeunesse, pacte avec les forces obscures tr�s proche de celui de Faust. Seul roman d'Oscar Wilde, repris � l'�cran plusieurs fois, mais qui laisse un go�t de reviens-y.

Je vous offre The Black Cat, d'Edgar Allan Poe, une histoire dans la veine du Horla, un conte de la folie au sens le plus strict. La litt�rature de la folie ou de la double interpr�tation d�crit des �v�nements en laissant au lecteur le choix de l'interpr�tation, et la litt�rature d'horreur d�crit des �v�nements sanglants ou supernaturels sans laisser de marge � l'interpr�tation. Le film r�cent le plus r�ussi en termes de double interpr�tation est "The Others", film espagnol d'Alejandro Amen�bar. La double interpr�tation (rationnelle ou irrationnelle, naturelle ou surnaturelle) correspond parfaitement � l'�tat d'esprit de la fin du 19�me, o� les opinions �taient tr�s partag�es entre soci�t� traditionnelle et d�veloppement scientifique, foi religieuse et foi dans la science et ses m�canismes. La double interpr�tation dispara�t pratiquement au 20�me si�cle o� parfois la r�alit� d�passe la fiction. Il y a aussi des livres o�, � partir d'un postulat fantastique, l'auteur d�veloppe m�me une histoire d'amour tr�s conventionnelle (comme "Como agua para chocolate" de Laura Esquivel). Dans un monde qui est le n�tre (l'Am�rique de 1890), Laura Esquivel introduit un postulat fantastique, magique, m�me si il n'a pas pour effet de provoquer la peur. L'h�roine poss�de le pouvoir de faire passer ses �motions par sa cuisine. Cette histoire s'approche donc d'une histoire merveilleuse.

Dans certains cas, comme dans le genre insolite, l'auteur propose une situation qui demanderait � �tre expliqu�e par des faits irrationnels, mais r�sout le myst�re par une explication rationnelle. Un des meilleurs livres de ce genre insolite est "The Hound of the Baskervilles" de Conan Doyle, o� Sherlock Holmes �lucide le myst�re d'un �norme chien aux yeux de feu, et "Double Assassinat dans la rue Morgue" d'Edgar Allan Poe. On peut �galement citer le tr�s mauvais "Ch�teau des Carpathes" de Jules Verne, probablement �crit suite au succ�s de Dracula. Que ce soit un vampire, monstre de la nuit cr�� par Bram Stoker ou les entit�s myst�rieuses du mythe de Cthulhu, le monde est envahi par des forces qui d�passent la raison humaine. Lovecraft s'exprime dans son plus c�l�bre essai non-litt�raire au sujet des origines de la litt�rature fantastique. Selon lui, les cauchemards, les substances psychotropes et l'inconscient sont � l'origine des �l�ments d'horreur en litt�rature et en mythologie. L'oeuvre de Lovecraft soutient plus ou moins de fa�on implicite que ces hallucinations pourraient �galement exister r�ellement dans des dimensions diff�rentes de la n�tre auxquelles les divagations de notre esprit nous donneraient en fait acc�s. Des �l�ments fantastiques existent en fait depuis longtemps de fa�on marginale en litt�rature, et des gargouilles du Moyen-Age au fant�me de Hamlet, plongent dans nos peurs inconscientes et servent parfois de deus ex machina. (j'adore cette expression latine: un dieu dans une machine... genre ET ?).

Fant�mes n�s de la plume de M.R.James (The stalls of Barchester Cathedral) ou puissances obscures de celle de Stephen King ("The Shining"), notre monde est d�cid�ment bien peu s�r. Avec l'arriv�e de la r�volution industrielle, le Mythe de Frankenstein reprend le mythe grec de Prom�th�e et le modifie par la peur des sciences (n�e de la R�volution Industrielle). Les r�cits o� la science et ses dangers sont quelquefois gothiques, mais dans le groupe des �crits du Mythe de Frankenstein.

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