En des temps tr�s anciens, alors que Tol Eressea �tait encore attach�e dans la baie de Balar, un �tre merveilleux naquit sur l'�le. Les Anciens racontent que ce seraient Pal�rien, la Terre, et Vanw�, le Ciel, qui lui auraient donn� naissance. Son c�ur �tait pur, sa t�te remplie de bonnes et chastes intentions. Il n�avait qu�un r�ve: cr�er l�endroit parfait, o� il n�y aurait pas de guerres, pas de famines, o� le noir ennemi du monde n'aurait pas acc�s. Une terre dont seuls les c�urs aussi purs que le sien trouveraient le chemin. Il prit alors en ses belles mains ,que le vice n�avait jamais effleur�es, un bout de terre qu�il jeta dans l�oc�an. Une �le se forma, aussi belle qu�une femme peut l��tre le jour de son mariage. Ses monts �taient des pentes douces, ses for�ts de belles �meraudes �tincelantes, ses rivi�res des eaux azurs au go�t sucr�. Il nomma son enfant si loin de tout Outremer, signifiant � O� le mal ne va �. Et avant d�inviter les peuples d�Eressea � s�y installer, il cr�a une toute derni�re chose : il donna vie � une flaque d�eau, une motte de terre ainsi qu�un bout du ciel. Les trois �l�ments, r�duits � de minuscules particules, prirent formes humaines. Les trois personnages ainsi invent�s ressembl�rent en tous points � leur �l�ment. Un quatri�me apparut de l'union des trois autres, scintillant comme la lumi�re d'une lanterne. Le fils de Pal�rien, la Terre, �tait un homme fort, g�n�reux. Une carrure de guerrier, de grandes mains pr�tes aux gestuels, un visage intelligent. Il �tait casanier, peu enclin aux paroles inutiles, cherchant le pratique � tous objets. Le fils d'Oarista, l�Eau, �tait un homme au visage de gamin, longiligne, de teint p�le et le corps nerveux. Il ne savait quand dire non, savait �couter, �tait d�une na�vet� touchante. Un p�cheur. Le fils de Baradis, l'Air, �tait un homme grand, mince, rapide. Bavard, cr�atif, extraverti, excentrique �taient ses caract�ristiques. Il savait �tudier, apprendre. Un mage. Le Feu �tait un homme grand, mince, se faufilant partout. Il �tait bouillant, s�v�re, impatient mais juste et bon. Un artiste. L�homme leur donna � chacun une baguette magique, taill�e des branches d'un arbre se trouvant dans le jardin de Tynwel. Il les obligea � quatre r�glements tr�s stricts, qu�ils ne n�gligeraient que dans la mort : - Ne jamais tuer un autre sorcier, m�me accidentellement. - Toujours venir en aide � son prochain, peu importe la situation. - Toujours suivre son propre code moral, ne jamais se faire influencer par le Mal. - Toujours demeurer discret, utiliser ses pouvoirs que dans les situations critiques. Les quatre sorciers �l�mentaires �taient de m�me puissance. Et s�ils s�unissaient, leur force unie serait invinsible. Une telle union d�truirait � jamais le Mal de la surface d'Arda. |