Dimanche 6 Octobre 2002
Le samedi 5 octobre, était censé être pour tous les
nocturnes "laaaaa soirééée"...pourquoi? Paskil y'avait les Nuits
Blanches...
Après coup, c'était chiant que la soirée boups fut annulée, parce
qu'hônnetement, j'aurai eue un lieu où me délecter de l'ambiance, où
j'aurais sans doute pu me poser, et ignorer la fatalité de ma petite vie
(qui...entre parenthèses n'est qu'un vulgaire ratage MO-NU-MEN-TAL!)
Je ferais sans doute partie des seules personnes qui ralent sur cette soirée,
où les organisateurs n'étaient sans doute pas fautifs de la poisse qui me
suit, ni du temps POURRI qu'il y'avait, ni de l'amitié légère qu'on accorde
à ma personne (quand je dis légère, j'utilise encore des grands mots!!!
'TENTION!!!).
Alors voici une vue toute différente de cette nuit samedi/dimanche, pour ceux
qui se sont amusés, et à qui je voudrais foutre la grise mine, pour ceux qui
se sont amusés sans moi, et pour ceux qui sont restés chez eux (qu'ils
jubilent, je leur tendrais l'autre fesse).
Je téléphone à Leslie...qui me dit qu'il part chez
Pierre (il devait être aux environs de 20h30)...J'hésite à partir avec, je
dis que je n'ai pas trop envie de venir...mais je me dis que si je restais chez
moi...je regretterais peut-être...
21h30 Je retéléphone à Leslie, qui me dit qu'"ils" vont partir...je
leur donne rdv au Mont des Arts dans 35 minutes
22h00 Déguisée toute en fée, j'attends au mont des arts, sous la pluie, avec
un leger gilet et un leger pull...des ailes dans les dos, des papillons dans les
cheveux...J'en ai marre...déjà...j'aperçois Greg...toujours aussi chaleureux
qu'à son habitude...:(
22h15 Je téléphone à Leslie de mon GSM "Ah, les 35 minutes sont déjà
passées?". A savoir qu'il pleut plus abondamment
22h29 Un con m'aborde...jme dis que je vais me casser...j'en ai marre
22h30 J'aperçois Vincent avec Virginie...vu qu'ils sont trop loin de moi pour
que je crie (faudrait que j'hurle, et encore...j'avais pas trop l'humeure...),
je lui téléphone sur son g...ça réponds pas (ça raccroche...), je
re-téléphone: répondeur, je re-téléphone avant qu'il ne traverse
l'avenue...réponse. Je lui demande de se retourner, il me voit, je les
rejoins...Après maintes hésitations, je pars avec eux au Recyclart
23h20 Il pleut toujours, soirée Next, grosse file, mais moins qu'à celle du
mois passé...J'aperçois quelques personnes que je connais par-ci par là...
23h30 Coup de téléphone de Leslie, moi: "suis au recyclart"
23h55 Balade dans le tunnel qui est à côté du recyclart...odeur abominable,
peu de monde, pas de dj mais du son (on se fout de nous?)
00h35 Qui voilà...mais c'est Leslie et les autres (à savoir: Pierre, Thimothy,
Stéphane et Samir)...je laisse Leslie dans le vent (il était bourré pour pas
se rendre compte qu'il s'est écoulé près de 1h30 depuis qu'ils devaient venir
me chercher)
00h45 J'aperçois Seb et Pauline...je vais leur parler...
00h47 Les autres m'annoncent qu'ils vont à la...CHAIS MÊME plus...Soirée
Underground (bref...), Leslie part en bagnole, Vincent et Virginie à la rue
Blaes
00h48 Leslie me dit que je peux attendre là, il va demander à Stéphane de
venir me chercher
01h05 Seb désire s'acheter des clopes...mais il nie après avoir vu la
pluie...Pauline et lui s'éloignent de moi
01h20 J'hésite...je marche sous la pluie jusqu'à l'abribus attenant le
recyclart
01h05 Je pars sous le pluie
01h15 Je vais me réfugier au Young blabla Hotels dans l'espoir que Nico puisse
peut-être égayer la soirée et venir me chercher (sait-on jamais...)
01h18 Moui...il est coincé dans les embouteillages...ça me fait de plus en
plus chier de lui téléphoner...Je décide de ne plus lui téléphoner, ça ne
sert strictement à rien (il n'est pas un prince charmant, ni un lutin aux
pouvoirs magiques, il n'a pas le don de m'aider (ou il s'en rend pas compte)).
01h25 Des transports en commun nocturnes à bruxelles??? MON CUL OUI! QUE DALLE!
Arrivée au Sablon...il pleut encore plus...je suppose que mon maquillage
(léger, j'avais prévu...quand même) dégoulinait...mais à travers les
larmes, ça m'était égal
01h35 Arrivée Place Poelaert: crise d'asthme...j'essaye de me calmer, j'en ai
marre...
02h05 Arrivée chez moi, dégoulinante, grelottante, une tête à faire fuir
n'importe qui, et à afficher pour les campagnes de pub sur la famine dans les
pays asiat durant la mousson...à coup sur...ça marcherait...Devant la porte de
ma maison, coup de téléphone de Leslie pour me demander où je suis
"devant chez moi", lui qui me dit que c'est bien, parce que Stephan
veut plus venir me chercher...
A noter que je n'ai rencontré rien de spécifiquement joyeux, ayant un quelconque rapport avec cette manifestation qu'était La Nuit Blanche (on va me dire que c'était plutôt à Bxl qu'en périphérique...mais soit...).
Je contemple le ciel
gris...je n'aperçois aucunes étoiles...normal, il pleut. Je ne vois que ces
filets luminescents qui tombent sur mon visage...Je ferme les yeux et je me
transporte loin...très loin d'ici...Très loin de Bruxelles où je n'ai plus
l'impression d'être quoique ce soit...Où je suis la méprise de tous, où je
ne compte pour personne.
Des semaines qui jonglent bonne humeur et dégradation totale de l'égo.
Je pourrais contenter tout le monde, faire ce qu'ils veulent...pourtant, je
continue d'essayer de tracer la voie de ma vie par moi-même...Je ne me soumets
pas aux désirs des autres...A leur désir de voir un monde un peu plus parfait,
je ne mens pas pour leur être gré, je ne trompe pas pour ne pas jouer des
comédies aux autres, ni à moi-même.
Je suis prête à prendre le flambeau à la tête
d'un groupe...prête à adopter une doctrine, une philosophie...tout ce que vous
voulez, si j'y crois...Mais plaire aux autres, et laisser ma vie se guider à
leur bon vouloir m'est intolérable.
...ça serait si facile d'échapper à cette
difficulté de vivre au pied de laquelle je tombe à genoux tous les jours...Ce
serait si facile d'obéir docilement à leurs rêves...de n'être plus qu'une
partie de l'histoire qu'ils ont écrite pour vous...Jouer le rôle qu'ils vous
ont attribués dans leur vie, comme des petites poupées de bois au sein d'une
maison en carton pâte.
Pourtant, je ne sais quoi...tapisse tout de long mon humeur. Tapisse tout de
long le temps qui s'écoule à travers mes yeux...à travers ce que je respire,
à travers ce que je sens, je goûte, je touche...Laissez-moi vivre.
Il existe une tonne de livres sur l'adolescence, sur la difficulté de s'en
sortir, la difficulté de se marquer dans ce qu'on appelle "la
société" avec une vigueur si méprisante et pourtant si affective...Tu
l'aimes ce mot "société"! Tu peux cracher dessus ton venin, autant
que tu le souhaites, puisque la société te soumets sans que ne puisses rien y
faire...Et tu l'aimes ce mot "société" lorsqu'il s'agit de l'inclure
dans tes conversations de grand maître, avec un partèrre d'auditeurs à tes
pieds...ou même, l'inclure, ta "société" dans tes coups de geules,
parfois dits tout haut contre ce que tu crois être l'ennemi.
Il n'y a pas de société.
Il y'a juste nous.
Et là est tout le problème. A partir du moment où tu
te rends compte que ce n'est plus la guidance de
masse ou de groupe, mais la volonté de tout un chacun qui compte, tu te
retrouves paumé. Face à des milliards d'individus, et leur volonté (sachant
que beaucoup d'entre eux se plieront à une vague de pensée qui leur plaît, et
dans laquelle ils s'immergeront avec tant d'autre)...que représentes-tu?
Tu n'est rien...Tu n'est que de la merde.
As-tu la force de sortir de tout ce fumier?
As-tu la force d'hurler, de penser, de calculer, de
carpe diem (qui...entre nous, n'a rien d'une individualité), par toi-même?
Peux-tu, si ce n'est vivre avec les autres, penser autrement, et agir autrement,
quitte à te laisser seul? Quitte à te faire sentir solitaire...et le seul à
penser ainsi? Peux-tu continuer à vivre sans aucune attache, si ce n'est celle
que tu as toi-même pour ces choses?
Si tu réussis...alors...tu découvriras les joies et les malheurs d'être un être unique au monde...de par sa conception; de par ses conceptions.
écrites par mes soins...à savoir que cela se joue au piano, commence doucement, et devient de plus en plus violent...