Voyage

au pays des anges

à paupières de whisky

 

(Prologue)

 

Je désordre

Accuponcturé au cœur

Sous un nouveau pays d’ivresses

Le regard issé

                 sur des extases lèvreuses

       où des papillons perchés

             plantent des plumes

                               à l’innocence

 

Pendant qu’aux racines

                 mon histoire

                           ne cherche pas d’oreilles

Mais une plaine paisible

         capable

                       de bâtiser

                                       des sourires

 

Au hasard des autopsies

 

La tête

       migrateuse

           je thailande

       au pays des butterflies

                   souffleuses de nuages

   envautré dans des nuits ivreuses

         à patauger

           au ventre du soleil

       cherchant au hasard

                                 des autopsies

               la femme

                       avec un seul cœur

 

Dans la pénombre d’une table de billard

                 je contribue à mon inondation personnelle

   sous l’eau

               la musique et les rêves

                                 voyage plus vite

 

  • L’Ange aux paupières
  • de whisky
  •  

    Mon Ange

        aux oiseaux

        crusifiés de béton

      tatoué

        jusqu’aux rêves

      roule en parafolie

        sur des paysages

            tapissés de vertiges

     

     

    Mon Ange

      aux yeux bridés

        d’éclats de soleil

      aux jardins

        vaporeux

        à chaque coin de lèvres

      sait comment

          de ses doigts de plaisirs

      mettre des sourires

          à la solitude

     

     

    Mon Ange

        à paupières de whisky

      a trop de lits

      pour mettre des visages

            à ses amours

     

      sur sa route

        incertaine

      elle tend toujours l’haleine

            à l’impossible

     

     

    Mon Ange

        migrateur

      au parfum

        de coucher de soleil

      le corps déplumé

      ne plane plus

          au Sunny Bar

      à 3H40

        de la tristesse

      elle a mise les ailes

          vers d’autres

                folies

     

     

    Mon Ange

        belle à souffrir

      a fait de moi

        un papillon narcotique

     

    En manque de son pollen

      les ailes à pleuvoir

          collées

            à un mur de glace

       j’attends

        ses lèvres

          de printemps

     

      comme un fou

          assis

        dans une gare

      où les trains

          ne s’abreuvent plus

    Le dompteur de larmes

     

    Je suis celui

        qui fait pleurer les arbres

    Pleurer les oies

    Pleurer les roses

    Pleurer les rivières

        de toneaux en toneaux

      avec mes paroles

        embourbées dans l’automne

      à longueur de nuit

      à toutes les saisons

     

    Mon rire est une abeille

          sans ailes

      recroquevillée dans un champ

            de clous rouillés

    Je suis celui

        qui les fait pleurer

    Pleurer par les fenêtres

    Pleurer par les plafonds

    Pleurer par les serrures

     

    Imbibé jusqu’à la prunelle

      j’ai le cœur qui frappe

            à la gorge

      comme à une porte

        donnant sur un autre corps

     

    Le soleil

      dans la brume

        est un œil rouge

    Nous avons bu

    • et pleuré ensemble

     

        toute la journée

    Du temps

        je m’en fout

    Le printemps n’a jamais eu besoin

        • de mon avis
            • pour fleurir

    L’agonie des montagnes

     

    Il n’y a plus de gare

        dans mon regard

      que des trains d’émotions floues

            tiraillés à la temple

      Décoiffant l’herbe heureuse

          des parcs d’enfants

      où des serpents à béquilles

        convoitent le jardin

          de mes sourires

      avec un venin capable

      d’agoniser

          une montagne

    Ce soir encore

        dans ma chambre à soupirs

       je vais faire semblant de pleurer

     juste pour faire plaisir

         à ma tristesse

    Poussin à ventilateur

     

    Je suis à mourir

    À déplucher les arbres

        tranchés à l’écorce

    À déplumer la lune

        en broutant des silences

      sur un chemin d’ailleurs

      où le prestige s’exulte

        par une cheminée d’hirondelles

      se consumant

        de brûlure en brûlure

     

    Je suis la voix qui tremble

        accouplée au désordre

      dans un lit de solitude

        à vouloir dormir

        toute une saison

         

    La migration musicale

     

    Jazz d’ailleurs

    D’opium contrée

    Centre-villeuse

         à l’autre bout des feux

      où les regards coupe-froid

       de transes boudhique

      encentent les paroies

          • des désirs
          • innavouables

     

     

    Jazz de ciel

        ou d’enfer

      pendu à un piano

          à lèvres

      dont les papillons fous

          auront réussis

      à me traîner

            au large

    Nuits animale

     

    Caméléon

        des clowns de Rio

    Je me lézarde

        dans des chaos

          à épiderme

      où les femmes labyrinthes

        m’entraînent dans les couloirs

                de leur corps

      dans une sueur pornographique

      où la morale s’émoustille

            à en perdre

                l’équilibre

     

    À l’hôpital d’en face

    Les infimières affolées

      n’ont toujours pas trouvées

        le dentier de Sherlock Holmes

    Le Parfumeur de regrets

     

    Il y a tant d’ailleurs

          qui me tourmentent

      qui me fossilisent

          en homme de cirque

      qui me décoiffent

          aux vents des illusions

      en voulant épuiser

        • la tristesse

      dans des bars

          à sourires

      avant de marcher

          aux pieds d’alcool

            sur une route indécise

      crevant des forêts

          d’oiseaux en feuille

      pour parfumer le regret

      de m’être trompé de lèvres

      une nuit

          de trop grande

                solitude

    Embourbés de tes images

     

    Oui

    Je vais revenir

      mais je ne sais pas où

    Des éléphants-hélicoptères

        ont envahis ma brousse

    Je les entends ventiliser

        aux plafonds des hôtels

      où il fait chaud

        à suer des rivières

      où j’insomnise

        une autre nuit

        les rêves collés aux draps

        d’un lit

          à fleur d’amour

     

    Oui

    Je vais revenir

      mais je ne sais pas où

    Mon pays l’hiver

        ce n’est pas un pays

      c’est de la neige

          à perte de froid

      c’est l’agonie

        • des terrasses
      • le sommeil des prairies

      c’est le vent

        • à l’haleine polaire

      le soleil couche tôt

      • sur des voitures fumantes
      • aux fenêtres givrées
    • où les amoureux se perdrent
        • sous des manteaux religieux
    • rêvant au printemps
        • du matin au soir

     

    Oui

    Je vais revenir

      mais je ne sais pas où

    L’Asie a tant

    • de visages d’amour
            • à offrir

      de chemins à lèvres

        entre chaque rizières

      d’ombres à palmiers

        aux douceurs tropicaux

      où pousse le fruit de la passion

            sur des hectars

                de bonheur

     

    Oui

    Je vais revenir

        mais je ne sais pas où

     

    (Épilogue)

     

    Mon voyage

        est en fond de bouteille

    Mon corps demain

        flottera dans les vapeurs

          • d’une autre histoire

    Mais ma tête

        et mon cœur

        embourbés de tes images

      pour encore bien des jours

          resteront

        • près de toi
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    Féandre Bauçan

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