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L i b r a i r i e . .
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S é r i e M a n
i a S t a r s . . .
T i t r e i n c o n
n u . . .
Transcrit par Aeris
(Buffy's
Spirit)
Pour quelle raison avez-vous demandé
votre émancipation ?
L’explication est toute simple, ne croyez pas que c’est aussi
tranché que « J’ai divorcé d’avec mes parents ! » comme cela se
fait beaucoup dans le métier. En fait, toute ma vie, j’ai vécu à
Boston, même lorsque je tournais des films à l’âge de 7 ou 8 ans.
Ma mère est professeur à la Boston University et elle a toujours voulu
que je continue mes études. Lorsque mes notes n’étaient pas aussi
bonnes que mes prestations d’actrice, elle me disais : « Maintenant,
les films, tu oublies ! Je veux que tu retournes en cours, que tu ailles
à l’école, que tu aies de bonnes notes et que tu vives comme les
jeunes de ton âge ! ». Elle a toujours désiré ce qu’il y a avait
de mieux pour moi. Au lycée, j’ai obtenu mon diplôme, j’ai
assisté à la remise des prix et je me suis inscrite à l’université
de ma mère. Je voulais vraiment y aller ! Un jour, on nous a dit : «
Après le lycée, elle pourrait avoir de belles opportunités ». Tout
était donc parfaitement bien organisé, j’allais aller à l’université
et mon logement était prévu. Puis, ma mère a eu envie de s’installer
pendant un an en Roumanie pour écrire un livre. A ce moment-là, j’étais
assez grande pour sortir et avoir mon indépendance. Pour travailler
légalement, l’émancipation était la seule solution : il faut savoir
que les mineurs ont un quota d’heures, des horaires de travail à
respecter et Buffy colporte des tournages de nuit, ce qui est
formellement interdit aux mineurs. Mon émancipation n’est due qu’à
des raisons techniques.
Ca n’a pas été trop difficile pour votre mère d’admettre que vous
ne vouliez pas faire d’études plus poussées ?
Non, elle n’a pas été trop déçue. Ma famille est incroyable. Un de
mes frères est retourné à l’université après avoir servi pendant
trois ans dans la Peace Corps en Equateur ; il a changé d’orientation
à 27 ans. Un autre de mes frères est parti au Colorado pendant quatre
ans, tout le monde pensait qu’il s’était perdu à tout jamais dans
les montagnes, puis, il est revenu à Boston, s’est inscrit à l’université
et, à 26 ans, il s’est retrouvé parmi les meilleurs ! Dans ma vie,
je pense que, grâce à nos parents, nous avons tous une réelle envie d’apprendre.
Ma mère nous a toujours emmenés lors de ses voyages à travers le
monde entier. De toute façon, elle sait parfaitement bien que c’est
pour mon bien et <que si tel est mon destin, je retournerais à l’université.
Qu’aimeriez-vous étudier ?
J’y réfléchirai quand j’y serai [ rires ] ! C’est ce que tous
mes amis ont fait !
Il paraît que vous avez joué au théâtre en langage des signes ?
Exact. Je devais avoir 8 ans et j’avais un trac fou face au public. En
fait, j’ai toujours l’air de vouloir me mettre en avant devant les
objectifs de caméra, mais lorsqu’il s’agit de photo devant plein de
gens, là je suis terrifiée. A cette époque, il y avait une grande
école pour malentendants et non-voyants et ils composaient la majeure
partie de notre public. Alors, nous avons créé un spectacle dans
lequel les enfants étaient habillés tout en noir. Et ces enfants
faisaient de signes comme au début de Pinocchio.
Ca a dû être très dur à apprendre…
C’est vrai, mais pour les enfants c’est tout de même plus facile. A
9 ou 10 ans, on apprend très vite. Tous ces enfants ont dû apprendre
beaucoup de chansons pour la pièce et il était sidérant de voir ces
cinquante gamins sur scène…
Comment êtes-vous devenue l’un des personnages-clefs de Buffy ?
C’était plutôt inattendu ! Je ne faisais pas grand chose à la
télé depuis deux ans. Sarah Michelle Gellar et moi nous avons le même
impresario et je l’avais rencontrée quelques années auparavant. Au
départ, je ne devais tourner que cinq épisodes de la série et puis,
finalement, ça s’est prolongé. On m’a demandé : « Veux-tu être
la méchante de la nouvelle saison ? » et j’ai répondu « Oui, ce
serait génial ! ». Je savais que ça serait amusant et j’aimais bien
l’équipe. Nous avons créé ce personnage qui répondait aux attentes
des fans de la série, m^me si, parfois, j’ai l’impression que les
gens se méprennent : « Vous devez avoir le rôle de la méchante parce
que ça vous amuse de l’être ! ». Ca n’a rien voir avec ça
: si j’aime bien interpréter Faith, c’est parce que cela va un peu
plus loin que le « tout est blanc » ou « tout est noir ». Faith n’est
pas simplement mauvaise. Les gens qui l’observent sont vraiment
étonnants quand, parfois, ils ressentent de la sympathie ou de la
compassion pour elle. J’aime interpréter des femmes intéressantes et
toutes en contraste.
Les répercussions de Buffy sont incroyables !
Oui, c’est vrai.
Avez-vous eu des expériences intéressantes avec des fans de la série
?
Oui, avec celles qui ont pris le contre-pied d’être des filles
méchantes et qui aiment ce jeu [ rires ] ! Certaines personnes m’abordent
et me disent : « Vous êtes dure ?! » et moi je réponds : « Mais
non, ce n’est pas pour de vrai. Je vous jure que je ne suis pas comme
ça ! » mais, ça les émoustille tellement… D’ailleurs, je ne
comprends pas pourquoi on laisse voir cette série aux prisonniers des
quartiers de haute sécurité ou à des condamnés à mort. Je reçois
du courrier de leur part et je n’arrive pas à m’habituer à leurs
lettres [ rires ]…
Dans votre dernier film, « Bring It On » [ sortie française en mars
], vous êtes une pom-pom girl. L’étiez-vous quand vous étiez au
lycée ?
Jamais de la vie ! J’étais plutôt du genre à faire des serments
avec mes copines –serments que nous devions tenir jusqu’à la mort
afin de ne jamais laisser quelqu’un devenir une meneuse.
Pourquoi « Jamais de la vie » ?
Je ne sais pas. J’ai grandi avec trois frères plus âgés et jusqu’à
l’âge de 10 ans, je pensais que moi aussi, j’étais un garçon [
rires ] ! Je voulais avoir les cheveux en brosse et porter de vieilles
fringues. Et pom-pom girl, c’est plutôt un truc de fille, donc ce n’était
pas pour moi. Maintenant, je me sens plus féminine.
Vous avez l’air en forme, vous êtes sportive ?
J’ai grandi en jouant au football avec mes frères et leurs copains. J’ai
toujours aimé nager, j’adore la mer. « Bring It On » m’a rendue
plus athlétique, et depuis que le tournage est terminé, je fais de l’escalade
avec des amis en Californie. Vivre sur la Côte Ouest a certains
avantages : il y a des trucs super à faire !
Racontez-nous quelques anecdotes du tournage de ce film.
Vous savez, avec autant de filles sur le plateau, soigner son look
était primordial. Chaque fille devait être épilée à la cire. Le
corps devait paraître soyeux. Il y avait des conversations du genre :
« Ses jambes sont plus poilues que les miennes ». Mais, nous nous
sommes toutes très bien entendu. Tellement bien d’ailleurs que nous
sommes restées amies… Mes amis d’enfance sont restés sur la Côte
Est et c’est vrai que je suis ravie d’avoir un nouveau groupe d’amis.
Quand j’étais plus jeune, j’avais l’habitude d’avoir beaucoup
de copains garçons et ce film m’a appris qu’il n’y avait pas que
le sport qui existait, mais qu’il y a avait aussi des relation entre
filles. Il m’a appris à faire attention aux autres, à faire passer
leur bien-être avant le mien, à apporter mon soutien. Mon Dieu, j’en
ai appris beaucoup plus que je ne le pensais au départ.
Vos futurs projets vont-ils vous entraîner loin de Buffy ?
Non, absolument pas ! Soul Survivors sort en Janvier 2001 aux Etats-Unis.
Vous verrez, c’est un thriller psychologique super, avec Wes Bentley,
Casey Affkeck, Melissa Sagemiller et Luke Wikson. Ensuite, il y aura
Buffy et Angel, je suis très proche du créateur et des producteurs. D’ailleurs,
je plaisante toujours en leur disant : « Si vous trouvez une façon
sympa de ma récupérer alors nous en reparlerons… » J’aime faire
cette série et j’aime ces gens-là. Ils ont été tellement
épouvantables avec moi que je peux toujours avancer cette option et
ensuite… [ rires ] !
Propos recueillis par Robin Lynch
Transcrit par Aeris
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